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Dans un article paru ce mercredi, Mediapart revèle que le siège du Parti socialiste, rue de Solférino à Paris, est en proie à une crise en interne. Une crise sociale dont pâtiraient de nombreux salariés et dont la direction a pris conscience, au point qu'elle a commandé un audit sur la situation, dont les résultats sont attendus dans le courant du mois de novembre. Pour cela, elle a fait appel à un prestataire extérieur, le cabinet Syndex, spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux.

Dans son article, résultat de plusieurs mois d'entretiens, le média en ligne évoque notamment des témoignages d'employés à bout, une succession d'arrêts maladie, des propos "humiliants" ainsi qu'une gestion "clanique", organisée autour des plus proches collaborateurs de Jean-Christophe Cambadélis, le premier secrétaire du parti.

Départs et arrêts maladie

"Entre avril 2016 et l’été 2016, trois assemblées générales (AG) du personnel ont été organisées coup sur coup à Solférino – une quatrième réunion a eu lieu avec Jean-Christophe Cambadélis. À chaque fois, les salariés présents ont exprimé leur malaise", précise Mediapart

Cette situation, la direction du parti en reconnaît les détails à demi-mot, évoquant tout de même un "malaise", mais démentant par exemple le nombre des départs.

D'après les informations recueillies par Mediapart, une vingtaine de départs ont été enregistrés durant la période où se sont déroulées les assemblées générales. Huit personnes auraient aussi été arrêtées par leur médecin ou par un médecin de travail. La direction du parti, elle, évoque douze départs, sur 120 salariés, et parle d'un "sujet compliqué" à propos des arrêts maladie.

L'impression de "travailler dans le vide"

Parmi les éléments à l'origine de cette mauvaise ambiance, les témoignages des salariés évoquent un sentiment d'exclusion du processus de décision, qui serait confié à un petit noyau de personnes jugées "de confiance", comme le mettait en avant un tract interne de la CGT publié par L'Express. Perte d'autonomie, perte de confiance... Certains parlent aussi d'une impression de "travailler dans le vide". Une situation d'autant plus dure à supporter qu'elle a fait déchanter des salariés qui voyaient d'un très bon œil l'arrivée de Jean-Christophe Cambadélis en 2014, lorsqu'il a pris la tête du parti par intérim et succédé à Harlem Désir

Parmi les proches du premier secrétaire, une personne en particulier semble avoir contribué à ce climat délétère. Quand ils évoquent Karine Gautreau, d'abord recrutée comme cheffe de cabinet puis devenue directrice de la communication de Solférino, plusieurs témoignages font état de "violences verbales" envers des salariés, de "pressions" et de mails tardifs. Mais comme le précise Mediapart, qui a contacté la principale intéressée, celle-ci se trouve elle-même en arrêt maladie pour "burn-out".

"C'est devenu l'horreur"

Refusant de commenter les problèmes de personnes, la direction du parti attribue la crise à deux facteurs, développe Mediapart: "l’un conjoncturel – la déprime politique des militants socialistes –, l’autre structurel  – les mutations des métiers politiques."

"La déprime est aussi liée à ce que font Hollande et le parti. On ne sait pas où ils vont, s’ils sont encore de gauche et s’ils l’ont jamais été", "actuellement, au PS, il y a autant de gens qui veulent partir que dans les cabinets ministériels", témoignent deux permanents, cités par Mediapart.

La situation est également difficile à vivre parce que les conditions des salariés sont, sur le papier, très bonnes.

"C’est pour cela, aussi, que cela fait du mal de dire tout ça. Mais c’est vraiment devenu l’horreur", explique un des salariés interrogés. "Ce n’est plus un parti. C’est un village Potemkine", résume un socialiste. 

Le 05/10/2016

BFM-TV