PS 03122016

Samedi, la convention nationale de la Belle alliance populaire s'est cherchée un candidat et quelques rivalitées sont réapparues.

«On se donne rendez-vous dans six mois à l'Élysée!» C'est par ces mots qu'un parlementaire proche de Manuel Valls a pris congé des journalistes qui l'interrogeaient samedi. Et pour cause: bien que la Grande convention nationale de la Belle alliance populaire visait au rassemblement de la gauche face au programme de François Fillon, et alors qu'aucun des candidats déclarés n'était présent, les rivalités de la primaire se sont toutefois invitées dans les rangs du Paris Event Center (XIXe).

En effet, le renoncement surprise de François Hollande a relancé les guerres de chapelles socialistes. Premier personnage impacté: le premier ministre, qui prépare sa candidature pour 2017 et pourrait se lancer dès dimanche. «Il n'y a pas le feu au lac», a beau prévenir le député du Val d'Oise, Philippe Doucet, d'autres pressent au contraire le chef du gouvernement d'annoncer sa décision dans les prochaines heures.

C'est le cas du sénateur-maire d'Alfortville (Val-de-Marne), Luc Carvounas, selon qui Valls est aujourd'hui le seul en mesure de rassembler son camp. «Au moment ou il sera candidat, cela se fera très naturellement», veut-il croire, assurant que Martine Aubry fera partie des premières à «prendre ses responsabilités» et se ranger derrière lui. Sous couvert d'anonymat, un autre vallsiste va encore plus loin et fustige violemment les postures d'Arnaud Montebourg et Benoît Hamon: «ça n'est pas à la hauteur… Ce sont des sous-sous courants de sous-sous Congrès portés par des sous-sous leaders», dit-on. «Il faut des réponses à la hauteur de ce qu'a fait François Hollande».

Unanimement salué, à la tribune comme dans les travées, le geste du chef de l'Etat semble cependant laisser une grande partie des socialistes orphelins. À commencer par ses soutiens, qui restent pour l'instant prudents sur le candidat qu'ils choisiront de rallier pour la primaire. «Manuel Valls a sous-estimé le ressentiment des hollandais, et surestimé sa propre capacité à s'imposer aux yeux de tous», confie une source élyséenne. Enigmatique, une autre ajoute: «J'ai le sentiment qu'une autre candidature va émerger…» Ancien chef adjoint du cabinet de François Hollande, Christophe Pierrel décrypte ces messages codés: «Il existe un espace entre Manuel Valls et Arnaud Montebourg, que seules trois personnalités peuvent combler: Stéphane Le Foll (Agriculture), Marisol Touraine (Santé) et Najat Vallaud-Belkacem (Education nationale).»

Si le premier devait initialement intervenir samedi mais a finalement été retenu au Mans, ce n'est pas le cas de ces deux dernières, qui ont d'ailleurs été les plus acclamées de la journée. «Najat présidente !», a-t-on même entendu, après que l'ancienne porte-parole du gouvernement a pris la parole. Autre preuve de son succès: le fait que bon nombre de militants aient quitté la salle après son discours, n'attendant même pas celui du premier secrétaire du PS, Jean-Christophe Cambadélis. Sa collègue de la Santé a elle aussi fait forte impression…

En déplacement à Abou Dhabi, François Hollande, vraisemblablement attentif à ce qu'il se passe, a reçu pour seul résumé de la journée un court SMS signé de l'un de ses conseillers: «Marisol Touraine combative et très applaudie».

Par Arthur Berdah le 03/12/2016

Le Figaro