Marine TF1 sept 17

Après une pause médiatique, Marine Le Pen redescend dans l'arène. La femme politique doit à la fois réaffirmer sa légitimité de patronne du Front National et incarner l'opposition à Emmanuel Macron. Mais Jean-Luc Mélenchon occupe déjà ce terrain...

Elle s'était faite discrète depuis sa défaite au second tour de la présidentielle et s'était accordée une cure médiatique. Ce 7 septembre, Marine Le Pen a choisi le plateau de TF1 pour sa rentrée politique, alors que le Front National (FN) est sorti très affaibli de l'année électorale 2017. Pour Marine Le Pen, il s'agit non seulement de réaffirmer son leadership, contesté, mais aussi d'incarner l'opposition. La dirigeante frontiste a ainsi annoncé une grande tournée auprès des adhérents du Front National, afin notamment d'expliquer la «philosophie» d'Emmanuel Macron. «Le macronisme [...] c'est le salarié jetable», a-t-elle déclaré, avant d'ajouter : «Ce que nous voulons, c'est la France durable».

Pour cela, le Front National ne peut compter que sur huit députés seulement. Une déconvenue de taille alors que Marine Le Pen, en campagne, avait affiché son ambition pour le FN de devenir la première force politique d'opposition, à défaut de remporter la présidentielle. Or, pendant l'été, Jean-Luc Mélenchon n'a presque pas pris de vacances et La France insoumise, forte de ses 17 députés, occupe le terrain médiatique.

Un Front national toujours divisé

Fin juillet 2017, Marine Le Pen avait déjà tenté de redonner de l'élan à un parti exsangue. Une réunion à huis-clos des dirigeants du parti n'avait toutefois abouti qu'au report à la rentrée des grands sujets qui divisent le FN. Parmi celles-ci, la question de la sortie de l'euro, considérée par certains, dont le Secrétaire général du Parti Nicolas Bay, comme responsable de la défaite du Front. Marqueur des divisions internes, Florian Philippot avait pour sa part menacé du tac au tac de quitter le parti au cas où celui-ci abandonnerait le projet de sortir de la monnaie unique européenne. Dernier épisode en date illustrant la zizanie au sein du FN, Gilbert Collard, député apparenté, s'en prenait le 6 septembre à la «boursouflure de l'égo» de Florian Philippot.

Marine Le Pen devrait donc s'atteler à la reprise en main de son parti, tout en s'efforçant d'occuper le terrain politique. Sur BFMTV le 5 septembre, Jean-Luc Mélenchon affirmait que le FN n'était pas en mesure d'incarner l'opposition. «Il ne faut pas confondre agitation parlementaire et action politique», a répliqué la dirigeante ce 7 septembre.

«Des gens qui ne servent à rien», avait-il ainsi lancé, parlant des députés frontistes. Marine Le Pen va-t-elle démontrer le contraire ?

Le 07/09/2017

RT France