Levothyrox-merck

Le changement devait passer inaperçu : une nouvelle couleur sur les boîtes, comme un petit dépoussiérage cosmétique. C’est ce que disaient les pharmaciens en délivrant la nouvelle formule de Levothyrox.

Lorsqu’ils disaient quelque chose. Car eux-mêmes, tout comme les médecins, n’étaient pas vraiment au courant, aucune communication spécifique n’ayant été faite à ce sujet. Ce qui ne devait être qu’un changement mineur est en train de se transformer en bombe pour les autorités sanitaires. Car les signalements d’effets secondaires pleuvent depuis qu’a été mise en place la nouvelle formule du Levothyrox, ce médicament prescrit pour soigner les déficiences de la thyroïde, pris par trois millions de personnes en France.

En mars 2017, à la demande expresse de l’Agence nationale de la sécurité du médicament (ANSM), le laboratoire Merck mettait sur le marché une nouvelle version du Levothyrox. Le principe actif n’a pas changé, la modification concerne un excipient, le lactose, qui a été remplacé par du mannitol et de l’acide citrique. L’ancien stock devant être écoulé, les nouvelles boîtes n’ont été mises en circulation que peu à peu. En parallèle, chez les patients, les effets secondaires explosent : fatigue intense, vertige, crampes, perte de cheveux… Des patients quin’ont pas fait immédiatement le rapprochement avec le Levothyrox, ne sachant pas que la formule avait été changée.

Au début, personne n’a bougé, espérant que tout rentrerait dans l’ordre en faisant le dos rond. Mais devant l’avalanche de témoignages il a bien fallu que les autorités sanitaires se réveillent. On a dit que leseffets secondaires s’estomperaient avec le temps, qu’ils étaient peut-être causés par une psychose. Que la nouvelle formule était excellente (la preuve !).

Une pétition mise en ligne en juin pour demander au laboratoire de revenir à l’ancienne formule comptabilise aujourd’hui plus de 200 000 signatures. Du côté de Merck, on indique qu’il est hors de question de revenir à l’ancienne formule, celle-ci étant plus « stable » et donc plus sûre : « Pour la très grande majorité des patients la transition entre l’ancienne et la nouvelle formule s’est très bien passée. »Quid des autres ? D’après Le Figaro, près de1 500 effets indésirables graves ont été recensés depuis deux mois. « Nous comprenons la détresse des patients, mais il n’y a pas de solution miracle. Il faut voir avec son médecin s’il y a un besoin de nouveau dosage, et si ce n’est pas le cas, il faut attendre que le corps s’habitue. »

Les malades crient au scandale, Anny Duperey – également victime des effets secondairesen tête. Et lesautorités sanitaires s’enfoncent. Une mauvaise publicité dont n’avait certainement pas besoin le ministre de la Santé, Agnès Buzyn, après lesvives réactions que suscite sa volonté de rendre obligatoires onze vaccins.

Dans l’une comme dans l’autre affaire le schéma reste le même : il faut serrer les dents et faire confiance, même si les faits montrent l’inverse de ce que l’on nous dit !

Par Anne Isabethle 08/09/2017

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