Brakhlia

Ce 5 septembre, BFMTV diffusait un reportage signé par Salhia Brakhlia sur la fête du cochon à Hayange. Les interviews ont été tronquées, le montage et la voix off sont d’une partialité révoltante : un véritable reportage de propagande.

La méthode de montage et de narration du reportage est inhabituelle pour BFMTV : la journaliste se montre à l’écran dans une espèce de mise en scène théâtrale, le ton est ironique mêlant moue dégoûtée, sarcasme et commentaires pleins de sous-entendus. En fait, Salhia Brakhlia appartient à cette nouvelle catégorie de journalistes sortie de « l’école Canal+ », elle a œuvré pendant six ans au « Petit Journal », temple de « l’infotainement » : un mélange entre véritable information, divertissement et dérision.

Salhia Brakhlia n’a pas aimé la fête du cochon. Pour elle, une fête populaire est forcément beauf et de mauvais goût. La décoration, les ballons en forme de cochon relèvent « de la lourdeur ». La journaliste se moque sur un ton sarcastique du « traiteur à tête de cochon » et termine par cette remarque ironique : « c’est sympa, ils ont de l’imagination, ils font des éclairs en forme de cochon ».

A-t-on déjà vu un journaliste rire grassement des Pères Noël en chocolat ? A-t-on déjà vu un journaliste ironiser sur les bonbons en forme de citrouilles pour Halloween ? A-t-on déjà vu un journaliste critiquer la finesse des animations de la « deudeuche » estampillée Cochonou pendant le Tour de France ?

Non, ne nous y trompons pas, ce n’est pas le produit dérivé, ni le déguisement qui écœure la journaliste, mais le cochon lui-même.

Problème, à la fête du cochon, il n’y a que du cochon. Pour l’ex-journaliste du « Petit Journal » c’est un scandale car « ça écarte pas mal de gens puisque l’on ne mange que du cochon… musulmans et juifs pour ne citer qu’eux ». Autrement dit, le maire de la ville pratiquerait la ségrégation religieuse. La fête du cochon dite aussi « tue-cochon » est pourtant une fête éminemment populaire. Elle est répandue dans toute l’Europe depuis l’antiquité et est organisée dans de nombreux villages. Elle n’est interdite à personne, et l’on n’avait encore jamais vu de plainte pour ségrégation.

Salhia Brakhlia s’exclut elle-même de cette fête populaire, non pas par goût comme elle le déclare l’antenne (« Et si je n’aime pas le cochon ? ») mais à cause de sa religion incompatible avec certaines traditions françaises. Son combat est religieux et tourne autour de la communauté musulmane. Le pire dans cette histoire, c’est que c’est une récidiviste. En août 2016, elle réagissait sur Twitter au soutien qu’apportaitManuel Valls (alors Premier ministre) aux mairesqui interdisaient le burkini. Pour elle, le sujet était mineur et irritait sa religiosité : « Sinon il n’y a pas plus important pour un Premier ministre ? »

Salhia Brakhlia voulait voir dans cet événement populaire un événement politique. La mairie d’Hayange est une mairie Front National. Les participants à cette fête sont donc pour elle, non seulement des beaufs, mais aussi des racistes d’extrême droite. Il ne manquait plus qu’un néo-nazi pour finaliser ce reportage avec un point Godwin. Coup de chance, les équipes de Salhia pensent en avoir filmé un : Un homme tend furtivement un bras à deux reprises. Pour la journaliste c’est bon, c’est dans la boîte, il faut diffuser les images en criant au nazi.

Manque de chance, le bras tendu est le bras gauche et le salut nazi se fait avec le bras droit. Pour Salhia Brakhlia, un bras levé à Hayange, même si c’est un bras gauche est un salut nazi, Front national oblige.

Par ce reportage d’inspiration « Petit Journal », Salhia Brakhlia a donc diffusé sur BFMTV un bobard dans son essence pure. Il sera sûrement retenu pour la prochaine cérémonie des Bobards d’Or.

Par Hervé Grandchamp le 12/09/2017

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