Louis XIV et Colbert

« Il y a toujours une tragédie au bout de la bêtise humaine » notait Benoist-Méchin. Cette réflexion est à méditer à l’heure ou le phare de la pensée Louis-George Tin, à la tête d’une coquille vide communautaire mais très médiatique, le Cran (Conseil représentatif des associations noires de France) persiste dans son négationnisme historique. En l’espèce dans sa relecture simpliste, anachronique de notre passé pour mieux  culpabiliser le gaulois. Une entreprise qui reçoit comme d’habitude le soutien intéressé d’une certain nombre de lobbies frayant dans les eaux troubles du mondialisme militant. Dans une tribune publiée dans Le Monde (après celle qui lui a été offerte dans Libération après les événements  de Charlottesville) résume pour sa part David Namias sur le site de BFMTV, M. Tin  expose de nouveau « les raisons pour lesquelles il faudrait abandonner la référence »  au ministre Colbert.  

« Celui qui fut avec le Code noir l’un des législateurs de l’esclavage, reconnu, en France, crime contre l’humanité depuis 2001. » Une loi portée en son temps par l’ex militante indépendantiste guyanaise Christiane Taubira, devenue comme chacun le sait sous le quinquennat de François Hollande un des ministres les plus impopulaires de la Ve république. « Les noms de bâtiments ne servent pas à garder la mémoire des criminels, ils servent en général à garder la mémoire des héros » affirme M. Tin  dans cette tribune  « qui prend pour appui le déboulonnage des statues à la gloire des généraux sudistes américains (…)  pour exposer ses doléances » et signée notamment par  « le philosophe (?) Louis Sala-Molins, le journaliste Harry Roselmack ou le footballeur Lilian Thuram. » 

Membre du Haut conseil pour l’intégration (HCI) et du collectif  Devoirs de mémoires, militant pour une « République multiculturelle et postraciale », fait officier de la légion d’honneur par François Hollande en 2013,  Lilian  Thuram est-il, comme le président du Cran,  le mieux placé  pour nous donner des leçons de fierté,  d’Histoire?  En novembre 2007, souvenons-nous,  à l’occasion du match de foot France-Maroc au stade de France où notre hymne national avait été copieusement sifflé par un public majoritairement maghrébin, Lilian Thuram, alors capitaine de l’équipe de France, avait déclaré que « les sifflets, ( ne le choquaient) pas plus que ça, il faut se poser la question Pourquoi?  Ce sont des raisons d’ordre historique, il y a un mal-être dans la société. Et c’était peut-être le moment, inconsciemment, de faire passer un message. » Message que M. Thuram avait fait également passé  en août 2006, lorsqu’il avait invité dans ce même stade pour la confrontation entre la France et l’Italie, 70 immigrés clandestins  expulsés du squat de Cachan.

Dans cette tribune du Monde, résume encore BFMTV,  Louis-Georges Tin affirme encore que « louer la qualité du ministre de Louis XIV qui a redressé l’économie du royaume en oubliant que Jean-Baptiste Colbert a aussi légiféré, en posant les fondements du Code noir, pour permettre le développement de l’esclavage est un argument bancal. C’est, développe-t-il, comme de saluer Pétain vainqueur de Verdun en oubliant celui de l’Etat français et de la collaboration avec le régime nazi. »

La comparaison ne doit rien au hasard mais tout à l’actualité dont s’inspire ici le président du Cran. D’une  épuration l’autre, et pour le coup franchement bancale,  le site de cette même chaîne relevait  que le maire de New York, Bill de Blasio, dont l’inculture crasse  et/ou la soumission au politiquement correct sont assez ahurissantes,  a affirmé sur twitter qu’ «Après les événements violents de Charlottesville, la ville de New York va étudier tous les symboles de haine présents sur son territoire ».  «La plaque commémorative en l’honneur du maréchal Pétain, collaborateur nazi, située sur la promenade du Canyon of Heroes, sera la première que nous retirerons.  » « Comme les autres noms apposés sur la célèbre avenue, précisait BFM, le maréchal français avait eu l’honneur d’une parade sur la célèbre avenue, en 1931 »…en tant que vainqueur de Verdun et artisan majeur  de la victoire sur l’Allemagne…  Bref, un utilisateur de twitter, réagissant aux vœux du président du Cran et de ses amis  pose la bonne question : « Et pourquoi pas carrément débaptiser la France tant qu’on y est ? On pourrait la renommer pays d’accueil ou Hall de gare. »

Les Français justement constate Bruno Gollnisch ne veulent pas que leur pays soit définitivement transformé  en hall de gareou en « hôtel » comme le souhaite et l’a dit Jacques Attali,  le mentor d’Emmanuel Macron.   Le site RT  rapportait le sondage Ipsos publié le 16 septembre, « une légère majorité de Français (53%) pense qu’il y a trop d’immigrés en France. C’est moins qu’en 2016 (57%), mais plus que la moyenne des autres pays sondés (48%) et que l‘Allemagne (50%), qui a vécu l’arrivée de pus d’un million de migrants ces deux dernières années (…). Plus significatif encore : seuls 14% des sondés en France estiment que l’immigration a un impact positif sur leur pays. Dans le détail, 16% pensent qu’il s’agit d‘une bonne chose pour l’économie  et ils sont 55% à estimer que l’immigration met trop de pression sur les services publics. En outre, 49% des Français jugent que l’immigration force leur pays à adopter des changements qui leur déplaisent , un chiffre en baisse de 5 points par rapport à 2016, mais toujours plus élevé que la moyenne mondiale (44%).  »

« De plus, 61% pensent que la plupart ne sont pas vraiment des réfugiés et viennent en France pour des raisons économiques. Par ailleurs, 75% des sondés pensent que des terroristes se cachent parmi les réfugiés (…) Enfin, les Français jugent très sévèrement la gestion de la crise des réfugiés par leurs autorités, puisque seuls 12% des Français pensent que la France a bien réagi. »

C’est dans ce contexte que certains décrivent avec une joie gourmande  un FN  qui serait en train de se déchirer autour de la question de la place  de l’euro dans son  programme et du lancement par Florian Philippot de l’association Les Patriotes. Marine a tenu à clarifier la situation ce matin sur RTL en insistant sur l’importance de « la grande œuvre de refondation » du Mouvement national . «Il n’y a pas de crise »  au FN a-t-elle (r)assuré.  «Il (Florian)  sait que la création des patriotes au moment des législatives a créé une forme d’émoi et certaines inquiétudes auprès des adhérents . » «Il est évident que s’il passe son temps à faire la communication des Patriotes, les adhérents du Front National vont se sentir orphelins»

Autant dire qu’à l’aune des défis qui nous attendent,  les attaques portées contre Florian au motif qu’il a dîné dans un restaurant  de couscous à Strasbourg sont peu finaudes, même si ledit repas symboliserait aux yeux de certains son peu d’appétence et d’intérêt pour la défense de l’identité charnelle de notre pays, les  questions liées à l’immigration,  ce que l’intéressé conteste formellement.

Certes, s’il est évident que ce ne sont pas les restaurateurs Marocains qui menacent le devenir de la France,  le goût de nos compatriotes pour le couscous (plat délicieux s’il en est)  est souvent  utilisé par nos adversaires comme preuve des bienfaits de l’ouverture de notre pays aux flux migratoires venant du sud. En avril 2012, dans son discours  Porte de Versailles, Jean-Luc Mélenchon l’avait repris à son compte : « Je le dis et j’en suis fier : tout le monde mange des merguez et du couscous dans ce pays, l’intégration est réussie !» (sic).  Plus sérieusement, Henri Guaino rappelait ces dernières heures sur Sud radio que la popularité du couscous en France doit au moins autant  à l’arrivée en métropole après 1962  de nos compatriotes Français d’Algérie qu’à l’immigration maghrébine

Pieds Noirs qui ont été nombreux à monter des restaurants de couscous (plat pied noir par excellence !!!) , dont un certain nombre baptisés l’OASis étaient fréquentés assidûment par les nationaux et étaient un clin d’oeil assez transparent à leur nostalgérie française…

Citons pour mettre tout le monde d’accord cette célèbre formule de Gault et Millau, qui aura l’adhésion de tous les frontistes et plus largement de tous les Français, peuple amoureux de la bonne chère… et de  la mesure:  «Le nuoc-mâm dans le cassoulet, l’harissa dans la choucroute et le ketchup dans tout, nous font entrevoir les limites du métissage des cultures ».

Bref il n’y a pas plus de raison de débaptiser les lycées Colbert que d’accepter une immigration-invasion planétaire ou de créer artificiellement un couscousgate au FN  ! A bon  entendeur !

Le 19/09/2017

Bruno Gollnisch