Marine TF1 sept 17

Le départ du Front National (FN) de Florian Philippot, ex-vice-président du parti, perturbe la formation de Marine Le Pen. Chargé jusque mercredi soir de la communication et de la stratégie, l'eurodéputé a été remplacé jeudi à ce premier poste par David Rachline, qui dirigeait la campagne de la présidente frontiste dans sa course à l'Elysée. Marine Le Pen a aussi annoncé la nomination de trois porte-parole du FN : Julien Sanchez, maire de Beaucaire, Sébastien Chenu, député du Nord, et Jordan Bardella, conseiller régional d'Ile-de-France.

David Rachline, sénateur-maire de Fréjus, 29 ans, était réputé proche de Florian Philippot pendant la campagne présidentielle. Il ne reprend pas toutes les attributions de ce dernier, qui était vice-président du FN, également en charge de la stratégie.

Florian Philippot et ses proches ont annoncé jeudi leur départ d'un Front National "rattrapé par ses vieux démons" et rompu avec Marine Le Pen, qui a dénoncé en retour la stratégie de "victimisation" de son ancien lieutenant. "Je respecte sa décision mais je conteste formellement l'habillage qu'il effectue et les accusations qu'il porte", a déclaré la députée du Pas-de-Calais jeudi lors de l'émission Questions d'info LCP-AFP-Le Monde-franceinfo. Florian Philippot avait motivé jeudi sa décision par le retrait, par sa présidente, de ses missions de communication et de stratégie : "On m'a dit que j'étais vice-président à rien... Ecoutez, je n'ai pas le goût du ridicule, je n'ai jamais eu le goût de rien faire, donc bien sûr je quitte le Front National."

Marine Le Pen rassure sur l'état du Front national

"Le Front s'en remettra sans difficulté", a assuré Marine Le Pen qui juge être "la plus solide et la mieux placée" pour l'élection présidentielle de 2022. Elle s'est également formellement déclarée candidate à sa succession à la tête du FN lors du congrès prévu au mois de mars.

"Ces semaines de montée en tension", selon les termes de la patronne du parti, se sont cristallisées dans le refus de Florian Philippot d'abandonner la présidence de son association Les Patriotes. "J'ai quand même assez de bouteille politique pour avoir tout de suite compris qu'il ne s'agissait évidemment pas là d'un think-tank interne mais d'un parti politique, qui en avait d'ailleurs toutes les caractéristiques", a soutenu Marine Le Pen. Des "prétextes" pour l'eurodéputé, qui estimait ne pas avoir sa "place" dans le "nouveau projet" de refondation du Front National.

Hors du Front National, celui qui était jusque-là aussi patron du groupe FN au conseil régional Grand Est "va perdre son énergie". "Tous ceux qui ont pris cette route-là et mené une aventure solitaire ont disparu, a prédit la présidente du parti. Ca a été le cas de Bruno Mégret, ça a été le cas de Carl Lang et je pense pouvoir dire que ce sera le cas de Florian, et c'est la raison pour laquelle je regrette son départ."

Le principal intéressé a assuré vouloir continuer "à se battre". "Sous quelle forme, on verra bien, ce n'est pas le moment d'en parler."

Par Sarah Paillou le 21/09/2017 avec AFP

JDD