Bus chauffeur

Selon l’étude annuelle de l’Institut Randstad et de l’Observatoire du fait religieux en entreprise (Ofre) dévoilée mercredi, les cas « conflictuels et bloquants » sont en augmentation. Le mot islam n’est jamais prononcé.

Mais parmi les « comportements religieux » qui perturbent le bon fonctionnement des entreprises, sont essentiellement recensés le refus d’accomplir une tâche à l’heure de la prière ou pendant le ramadan, de saluer un homme quand on est une femme ou de travailler sous les ordres d’une femme quand on est un homme, ainsi que les prières ou les ablutions pendant les pausesTout le monde aura identifié les revendications traditionnelles des scientologues vegan.

L’enquête montre que deux tiers (65 %) des manageurs de l’Hexagone sont confrontés à ces revendications communautaristes et que des centaines de situations provoquent des tensions chaque jour : « Il y a crispation quand le salarié entend imposer ses contraintes religieuses et se braque dans une posture radicale. » Ah tiens ? On aurait pensé que c’était l’inverse et que la crispation venait essentiellement d’employeurs peu souples.

La RATP se vante d’avoir « diffusé des orientations qui rappellent l’importance du salut et du respect » : « La pédagogie et le rappel à la règle préconisés au cours d’entretiens de recadrage, en général suffisent à arranger les choses. » On n’en doute pas une seconde quand on se reporte à l’effarant témoignage de Ghislaine Dumesnil, machiniste RATP, sur cette entreprise publique islamisée où les barbus imposent de plus en plus la loi coranique : refus de ses collègues musulmans de lui serrer la main, de la regarder dans les yeux, de conduire un bus après qu’il ait été conduit par une femme.

« Salamaleycoum » à la cantonade, prières musulmanes dans les bus ou dans les locaux RATP, ablutions dans les lavabos collectifs et toilettes régulièrement bouchées par des gobelets en plastique utilisés par les employés pour purifier leur sexe avant d’aller se prosterner

Selon l’étude de l’Ofre, les chefs d’équipe et autres agents de maîtrise se disent dépassés par les difficultés du « travailler ensemble » dans de nombreuses entreprises. Beaucoup naviguent à vue, perdus dans un arsenal législatif qu’ils jugent flou malgré les restrictions prévues dans la loi Travail 2016. « Certains sont totalement délaissés par leur hiérarchie lors d’un litige », souligne la sociologue Fatima Achouri, « consultante spécialiste du fait religieux » (le nouveau job en vogue). Pour l’animateur Jean-Marc Sémoulin, « on peut faire passer plus facilement un message quand le regard que l’on porte sur son salarié est un regard de confiance et de respect ».

Que l’inverse soit totalement faux ne pose évidemment aucun problème.

Par Caroline Parmentier le 29/09/2017

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