Militaires gare-Saint-Charles

Boulevard Voltaire

Par JP Favre-Bernadac * le 05/10/2017

Arrivée de Lyon, elle était heureuse, Laura, de fêter son anniversaire àMarseille avec sa cousine Maurane.

La première, âgée de 20 ans, était en école d’infirmière, l’autre, à 21 ans, était étudiante en troisième année de médecine.

Hélas, une autre personne, venant de débarquer de la capitale des Gaules, a éteint leur joie et leur vie. Ce 1er octobre à 13 h 30, Ahmed H. les a assassinées à l’arme blanche sur le parvis de la gare Saint-Charles. Quelques instants plus tard, il était lui-même abattu par une patrouille militaire de l’opération Sentinelle alors qu’il se ruait dans leur direction. L’homme était armé d’un couteau d’une vingtaine de centimètres ainsi que d’un plus petit couteau de cuisine en inox. Il avait, à plusieurs reprises au moment de l’attaque, hurlé « Allah Akbar ».

Qui est ce terroriste qui a délibérément ôté la vie à deux jeunes filles ?

Appréhendé, il avait déclaré être né le 9 novembre 1987, vivre à Lyon et être divorcé, mais le plus important est qu’il était en situation irrégulière. Arrêté à sept reprises depuis 2005, il avait été remis chaque fois en liberté.

Cette impéritie démontre l’incompétence manifeste de certains membres de la Justice et de l’administration préfectorale. Sa dernière arrestation avait eu lieu deux jours avant les meurtres, vendredi dernier, à Lyon : il avait été mis en garde à vue pour un vol à l’étalage et avait fourni un passeport tunisien aux forces de l’ordre. Au terme de sa garde à vue, le samedi après-midi, et de manière incroyable, ce clandestin avait était une nouvelle fois libéré.

Comment des magistrats et des fonctionnaires qui connaissaient la situation administrative de cet homme ont-ils pu le laisser repartir ? Pourquoi ce laxisme ambiant présent partout en France ?

Simplement parce que le nombre de clandestins qui se baladent sur le territoire français explose. Se faufilant à travers les frontières, ils submergent les services, rendant impossible la mise en place de mesures légales de reconduite aux frontières. Face à cet exemple tragique, la preuve est manifeste que les autorités ferment les yeux.

Cela fait douze ans je dis bien douzeque cet homme se déplaçait dans notre pays en situation irrégulière, et cela faisait sept fois qu’il était arrêté sans qu’aucune mesure restrictive ne soit prise.

En revanche, ce qui intéresse en premier lieu nos médias est de savoir comment il s’est radicalisé, s’il est véritablement un combattant du califat, quels sont ses liens avec Daech… Les réponses n’ont pas grand intérêt. Ce qui est important est que ce jour-là, il s’est transformé en islamiste mortel.

Mohamed Sifaoui expliquai, lundi sur Canal+, qu’à partir du moment où le tueur criait « Allah Akbar », il était relié de façon officielle ou circonstanciée à l’État islamique.

Depuis Merah, dont le procès du frère se déroule actuellement, les terroristes prolifèrent. On a des citoyens français et des étrangers, des isolés et des groupes, des délinquants et des non-délinquants, des hommes et des femmes, des toqués et des lucides, de purs Français et des Français d’origine maghrébine, des revenant de Syrie et d’autres qui n’ont jamais quitté la France.

Pourtant, ils ont tous un point commun… je vous laisse deviner lequel.

Notre gouvernement, pendant ce temps, par la voix chevrotante du ministre de l’Intérieur, se désole et attend les résultats de l’enquête.

Plutôt que de contempler la tour Eiffel éteinte par Hidalgo ou les bougies allumées par des « padamalgame », je préfère, quant à moi, envoyer à l’Élysée les photos des deux adolescentes, avec cette mention au dos : « Ne cherchez pas, le seul complice du tueur, c’est l’État. »

Alors, faites comme moi, l’envoi à un président de la République est gratuit. La réception de milliers de ces portraits ouvrira peut-être les yeux de notre « illusionniste ».

* L'auteur ou les auteurs du présent article ne sont en rien membres du FN, du RBM ou d'un mouvement de cette famille politique -à la connaissance du BYR- et ils ne partagent pas forcément les idées défendues ici.