Cantat

Condamné et emprisonné pour « homicide involontaire » il y a 13 ans pour le meurtre de sa compagne et actrice Marie Trintignant frappée, cognée à mort un soir d’abus de produits illicites dans une chambre d’hôtel de Vilnius, Bertrand Cantat,chanteur et ex-leader du groupe Noir Désir, revient (en solo) sur le devant de la scène musicale avec un nouveau single (en attendant la sortie de l’album prévue début décembre) : L’Angleterre.

Dans ce nouveau single, mis en ligne vendredi dernier, le chanteur frappeur bordelais, qui atoujours revendiqué son engagement politique et forcément politiquement correct, notamment contre le Front national ou encore les méfaits du libéralisme, est donc de retour. Un retour façon donneur de leçons dans une veine politico-sociale de circonstance et passe-partout.

Tout y passe : le Brexit, les « migrants », les Printemps arabes, les désillusions

Avec son titre L’Angleterre, qui se veut un brûlot politique, Bertrand Cantat, que le remords et les fantômes liés au drame de Vilnius ne semblent pas trop gêner, dénonce l’égoïsme occidental face « au drame des migrants attirés par un pseudo-Eldorado les condamnant à un esclavage moderne », tout en évoquant le Brexit à la manière d’un Miss Maggie (1985), chanson elle aussi « engagée » de Renaud.

Moraliste et poète à deux balles, la chanson met en scène des êtres humains dont les rêves se brisent sur les frontières de l’indifférence – « Tu veux traverser le Channel / Tu veux voir le bout du tunnel / C’est l’Angleterre mon petit frère / Il n’y a rien à faire / On dit que les temps ont changé / Ce n’est pas le cas des Anglais / I want my money back. »

Si l’Angleterre est sa cible principale, la France n’échappe pas à sa vindicte. Et le bonhomme de stigmatiser le gouvernement français : « Ça donne des idées aux Français / On a mieux que Theresa May / Et les vaches sont bien gardées (…) Tu peux crever dans la jungle / On n’a rien foutre de ta gueule / Tu vas rester planté là. » Tout ça sur des envolées de violons et des chœurs pop. La chanson « à texte » ras du plancher s’est paraît-il rapidement classée 2e sur iTunes.

A coup sûr, les gros médias à genoux devant la médiocrité crasse ne manqueront pas de faire la promo de celui qui restera un assassin.

Par Pierre Malpouge le 09/10/2017

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