Mariano Rajoy

"Nous espérons que dans les heures qui viennent (...) vous répondrez avec la clarté que tous les citoyens exigent", a écrit le premier ministre espagnol Mariano Rajoy à Carles Puigdemont, soulignant qu'il n'avait plus que trois jours jusqu'au jeudi 19 octobre, à 10 heures, pour revenir dans le droit chemin.

Il répondait ainsi à une lettre du président catalan, lui indiquant son souhait de "dialoguer pour les deux prochains mois", refusant cependant de préciser noir sur blanc si sa région avait ou non déclaré l'indépendance, et demandant une réunion en urgence avec Mariano Rajoy. Les deux parties semblent toujours afficher des positions irréconciliables.

Le parquet a aussi requis dans la même journée le placement en détention provisoire du chef de la police de CatalogneJosep Lluis Trapero, dans le cadre d'une enquête pour "sédition" menée à Madrid. La juge d'instruction en charge du dossier doit décider en fin de journée si elle suit ces réquisitions.

14 hauts fonctionnaires régionaux arrêtés

L'enquête porte essentiellement sur des faits survenus le 20 septembre : des milliers de manifestants s'étaient massés devant l'un des bâtiments perquisitionnés par la Garde civile à Barcelone, après l'arrestation de 14 hauts fonctionnaires régionaux.

Trois véhicules de la Garde civile avaient été détruits et les manifestants avaient empêché la sortie des agents jusqu'au petit matin, selon le parquet. La justice soupçonne les Mossos d'Esquadra - la police catalane - d'avoir laissé faire.

La maire de Barcelone contre l'indépendance

"Une immense majorité de la population veut qu'on en finisse avec cette situation d'incertitude qui est mauvaise pour tout le monde", a réagi l'influente maire de Barcelone Ada Colau, appelant Carles Puigdemont à renoncer à toute déclaration unilatérale.

Bien que la société catalane soit divisée sur l'indépendance, le président catalan estime avoir un "mandat" pour faire sécession en s'appuyant sur le référendum d'autodétermination interdit qui s'est tenu le 1er octobre.

Les séparatistes affirment avoir remporté ce référendum émaillé de violences policières avec 90% des voix et un taux de participation de 43%.

Par Martin Planques le 16/10/2017

RTL