Marine France 2 191017

Les « observateurs », les journalistes, quoique, bien sûr, impartiaux et non-partisans, de attendaient avec une jubilation gourmande la prestation de Marine Le Pen sur France 2, guettant la défaillance avec l’œil malsain de ceux qui ne regardent le trapéziste que pour assister à sa chute. Ils en ont été pour leurs frais ! Sereine, dominant ses sujets, sans précipitation ni excès, ce sont ses contradicteurs qu’elle a gênés par sa force tranquille au service de convictions intactes pour défendre la France et les Français.

Ses interlocuteurs, il est vrai, n’ont pas brillé par leur talent ou la pertinence de leurs propos. On a vu l’ancienne patronne du Medef, Laurence Parisot, lui chercher querelle sur le féminisme alors qu’elle est la seule femme chef de parti. On a entendu cette dame nous expliquer qu’afin que les femmes aient toute leur place dans l’entreprise, il fallait commencer par donner aux hommes un plus long congé de paternité. Il y eut aussi ce médecin cégétiste qui a interpellé la présidente du Front National sur la vaccination, bavard, mais pas assez, car s’il nous a révélé que la tuberculose, éradiquée, refait surface en Seine Saint-Denis, il a omis de nous dire pourquoi et quelles populations en sont le vecteur

Grâce à une grève à France 2, Marine n’a pas pu aller visiter une association de banlieueelle aurait rencontré des jeunes de « minorités ethniques » bien sous tous rapports : c’est l’appartement-témoin qu’on fait visiter aux politiques en immersion dans les « quartiers difficiles » pour leur montrer que tout ne va pas si mal.

Et, enfin, nous eûmes le morceau de bravoure, le débat avec Gerald Darmanin, ministre de l’Action et des comptes publics (du budget !). Il a été désigné comme volontaire après que de plus capés que lui eurent refusé de débattre avec Marine Le Pen sous des prétextes fallacieux. L’un, Bruno Le Maire, s’est justifié en se disant trop absorbé par le débat budgétaire, l’autre, Xavier Bertrand, invoquant sa nécessaire présence à son Conseil régional, tandis qu’un autre encore, Laurent Wauquiez, ne pouvait, a-t-il assuré, distraire un instant de sa campagne pour la présidence de LR.

C’est pourquoi ce fut un second couteau de l’équipe de réserve. On nous annonçait un débat politique et Darmanin en fit une controverse d’expert-comptablesans vouloir offenser cette honorable corporation – avec un attachement fétichiste à la taxe d’habitation, sommant la présidente du FN de se prononcer toutes affaires cessantes, cela lui paraissant plus important que la lutte contre le terrorisme dont il n’a dit mot. Il a qualifié l’ISF d’« impôt idiot » que, pourtant, aucun des gouvernements qu’il a soutenus n’a abrogé.

Mais on attendait la présidente du Front National à propos de l’euro sur lequel elle aurait trébuché lors de son affrontement avec Macron. Les choses, aujourd’hui, sont claires : « Je considère que l’euro continue à être négatif pour la France » mais les Français ne voulant pas d’un retrait brutal, elle prône un retour progressif des « souverainetés » à la patrie, tout au long du quinquennat, culminant dans une « souveraineté monétaire » recouvrée.

On le voit, ce qui a évolué, c’est le calendrier et non pas sa position, inchangée, sur le caractère néfaste de l’euro.

Par Guy Rouvrais le 20/10/2017

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