Macron Burkina-Faso

Hier en visite officielle à Ouagadougou (Burkina-Faso) où il est intervenu  devant plusieurs centaines d’étudiants, Emmanuel Macron a appelé les Africains à s’émanciper, à porter l’effort vers un meilleur accès à l’éducation des jeunes filles, prôné un changement de nom  du franc CFAdénoncé « l’obscurantisme religieux », invité à une baisse-de-la-fécondité-obstacle-au-développement, célébré  « un patrimoine africain (qui)  ne peut pas être prisonnier de musées européens »… En écho à ses propos polémiques  prononcés en Algérie lors de la campagne présidentielle, M. Macron a réaffirmé que «les crimes de la colonisation européenne sont incontestables. »

Pour autant, il a tenté  de minorer ce jugement  en s’abstenant de parler de « crimes contre l’humanité »  et  en  relevant  qu’il y avait eu aussi «  des grandes choses et des histoires heureuses » dans cette histoire commune. « Notre responsabilité n’est pas de nous y enferrer, de rester dans ce passé, mais de vivre l’aventure pleine et entière de cette génération ». « Ce n’est pas simplement un dialogue franco-africain que nous devons reconstruire ensemble, mais bien un projet entre nos deux continents, une relation nouvelle repensée à la bonne échelle» entre l’Afrique et l’Europe, a-t-il encore dit. « Je ne suis ni dans le déni, ni dans la repentance. »

Emmanuel Macron a assuré également  qu’il n’y avait  «plus  de politique  africaine de la France », la  fameuse et  très décriée françafrique qui reste,  quoi qu’il en dise,  une réalité  qui consiste également  trop  souvent en une aide au développement… de la corruption, mais une politique de la France en Afrique…nuance.  Une affirmation qui fut déjà  énoncée par Nicolas Sarkozy en 2010  à l’occasion du 25ème  sommet Afrique-France à Nice. Un  sommet alors présenté par M. Sarkozy comme  celui  de la « rénovation » et de la rupture avec les anciens et traditionnels  réseaux  de la françafrique.  Dans les faits, il était alors plus prosaïquement acté du recul de l’influence  française  dans nos anciennes colonies qui s’expliquait déjà par la montée en puissance des  anglophones,  de la concurrence de plus en plus agressive de la Chine et de pays émergents.

Ne pas être dans le déni a consisté aussi pour l’actuel  président de la république a affirmé sa volonté de frapper les réseaux de passeurs  qui déversent  des  flux massifs d’immigrés clandestins -rebaptisés migrants ou réfugiés en novlangue–  vers l’Europe.

Tout n’est pas faux dans ce qu’a affirmé Emmanuel Macron tant il est vrai que c’est par une collaboration commune que les Etats africains et la France notamment devront résoudre le problème crucial de l’immigration massive. Une donnée essentielle  prise en compte depuis très longtemps par le Front National  qui a toujours plaidé,  dans ses différents programmes de gouvernement,  pour une vraie et saine  politique de codéveloppement, condition  sine qua non pour fixer les populations dans leur pays d’origine. Et il est d’autant plus urgent  de la mettre en place quand on sait que la population du continent africain va doubler d’ici 2050 et que sa jeunesse rêve massivement de partir vers une Europe fantasmée, vue comme  une terre de Cocagne.

Autant dire que  comme le relève  le site Euractiv, l’immigration sera certainement le thème central de la rencontre aujourd’hui et demain à Abidjan (Côte d’Ivoire) entre les dirigeants des 28 États de l’Union européenne et leurs 27 homologues de l’Union africaine  qui « discuteront de l’avenir des relations entre les deux blocs, et en particulier des investissements à consentir pour la jeunesse. »

Certes est-il précisé, « l’UE insiste cependant sur le fait que le sommet n’est pas dédié à l’immigration, mais au partenariat et à l’aide au développement.  Je voudrais souligner qu’il ne s’agit pas d’un sommet sur l’immigration, mais sur le partenariat entre l’Union africaine et l’UE , a répété Federica Mogherini, (responsable  de la diplomatie européenne).  Cela dépasse de loin les questions migratoires, mais pourrait bien sûr nous donner l’occasion de lancer des actions communes sur la situation des migrants en Libye, et pas seulement aujourd’hui, parce que cette situation dure depuis des années. »

Il est aussi justement rappelé que  « l’UE finance des programmes et initiatives de développement en faveur de nombreux pays africains. La majeure partie du financement provient du Fonds européen de développement (FED), qui dispose d’un budget de 30,5 milliards d’euros pour la période 2014-2020. Le 23 novembre, la Commission européenne a défini des domaines d’investissement concrets pour son plan d’investissement extérieur. Le nouveau plan mobilisera 44 milliards d’euros d’investissements durables pour l’Afrique et les pays voisins de l’UE. »

Reste qu’aussi conséquente que soit cette aide ou qu’elle puisse l’être dans le futur,  au regard des efforts financiers que nous pourrons consentir, le défi migratoire reste énorme et problématique à très court terme constate Bruno Gollnisch. Nous en subissons déjà de plein fouet les conséquences.  Il  s’agirait d’agir concrètement, rapidement contre l’immigration massive. Ce qui passe, ici et maintenant,  par une vraie politique de coercition, par une défense de nos frontières que l’Europe  bruxelloise défend très mal, paralysée par son idéologie mondialistedroit-de-l’hommiste et cosmopolite.

En fin de semaine, à l’instar des xénomaniaques bruxellois  et des lobbies immigrationnistes , le pape François déclarait que  « ceux qui fomentent la peur des migrants, parfois à des fins politiques, au lieu de construire la paix sèment la violence, la discrimination raciale et la xénophobie, sources de grande préoccupation pour tous ceux qui ont à cœur la protection de chaque être humain. »  Un avis qui s’inscrit dans la  ligne de son message du 15 août dernier, annonçant la Journée mondiale du migrant et du réfugié prévue  le 14 janvier 2018,  ou il appelait  à l’accueil prodigue des immigrés clandestins par les européens

Et bien nous, nous pensons exactement l’inverse!  

Ce n’est pas en tiers-mondisant l’Europe que l’on aidera l’Afrique et les Africains qui peuvent, qui doivent, qui espèrent  se construire un avenir sur la terre de leurs ancêtres.

En réalité, ceux qui fomentent la peur de ce qu’ils appellent le repli sur soi, le plus souvent à des fins politiques, qui discriminent les défenseurs de nos identités, qui criminalisent notre droit à rester nous-mêmes, qui encouragent le grand remplacement,  refusent en fait  de construire la paix,   préparent, même à leur corps défendant,  la guerre de tous contre tous et sèment une violence  et un racisme constitutifs des sociétés multiculturelles.

Le 29/11/2017

Bruno Gollnisch