Lagny-sur-Marne mosquée

Les accès de la mosquée de Lagny, fermée sous l'état d'urgence, ont été à nouveau barrés par la mairie après qu'une vingtaine de musulmans l'ont réinvestie en début de semaine.

Deux ans après la fermeture de la mosquée de Lagny-sur-Marne, identifiée en décembre 2015 comme un foyer islamiste, la mairie est toujours aux prises avec des fidèles qui réclament une solution de repli pour pouvoir prier. «Nous avons constaté qu'un groupe s'était réinstallé dans la mosquée depuis lundi», explique le directeur de cabinet du maire, Pierre Tebaldini. «Le maire a pris un arrêté rappelant l'interdiction de pénétrer dans les lieux et nous avons pris les mesures nécessaires pour faire cesser le trouble.» Jeudi matin, les services municipaux ont donc installé des grilles de chantier autour de la mosquée rue Jean-Mermoz pour en interdire l'accès.

10 départs en zone irako-syrienne

Des fidèles musulmans réclament un lieu de prière depuis plusieurs mois. Ils ont multiplié les prières de rue place Marcel-Rivière, jusqu'à obtenir, en mai dernier, un terrain inoccupé appartenant à l'Etat. Ils priaient alors sous des tentes, visées par des cocktails Molotov en août dernier. La communauté d'agglomération a racheté le terrain lundi, dans le but d'en faire un «pôle solidaire» pour accueillir des associations caritatives. Les fidèles ont donc accepté de quitter les lieux. Mais une vingtaine d'entre eux ont investi les locaux de l'ancienne mosquée. «Aucune convention ne lie la ville propriétaire du terrain à ces personnes-là», explique Pierre Tebaldini «L'arrêté de fermeture pris par la préfecture n'a pas été reconduit, puisque l'association propriétaire des locaux a été dissoute. Mais nous sommes désormais dans un no man's land juridique...», s'agace le directeur de cabinet.

Pendant plusieurs années, plusieurs islamistes radicaux ont fréquenté la mosquée de Lagny-sur-MarneElle a été dirigée par Mohammed Hammoumi avant son départ pour l'Egypte en décembre 2014. Il est soupçonné d'y avoir tenu des propos antisémites, d'avoir lancé des appels au djihad armé et provoqué le départ d'une dizaine de jeunes qui ont rejoint les rangs de l'Etat islamique. Après une vaste opération policière, les locaux ont été fermés en décembre 2015. Dans la foulée, 22 individus avaient fait l'objet d'une interdiction de quitter le territoire et neufs profils «radicalisés» avaient été assignés à résidence.

L'Association des musulmans de Lagny a été dissoute et les locaux ont été fermés par arrêté préfectoral. En juin, trois individus qui fréquentaient les lieux ont été mis en examen dans le cadre d'une filière de recrutement pour le djihad en zone irako-syrienne. L'un d'entre eux, Nabil Aissaoui, est apparu comme le «lieutenant» de Mohamed Hammoumi. En charge de l'école coranique de la mosquée, il est aujourd'hui placé sous contrôle judiciaire... Ce qui ne l'a pas empêché d'occuper, jusqu'au mois dernier, un poste d'encadrant au club de foot de la ville.

Par Edouard de Mareschal le 30/11/2017

Le Figaro