France télévisions siège parisien

Delphine Ernotte la présidente de France Télévisions est clairement prise entre le marteau et l'enclume. D'un côté l'ex-dirigeante d'Orange a cherché à lutter pour réduire les réductions de coûts exigés par l'exécutif (50 millions d'euros). Ceci, selon le Figaro, par l'intermède d'amendements parlementaires au projet de Budget pour 2018 visant à regagner des moyens budgétaires. "La manœuvre a échoué et a exaspéré en plus haut lieu alors que l'État s'est engagé dans une réduction des dépenses publiques", écrit le quotidien.

De l'autre, la présidente de France Télévisions est sous la menace d'une motion de défiance de la rédaction du groupe public.

Par ailleurs, les fuites sur le projet de réforme de l'audiovisuel public, avec notamment la création d'une holding regroupant France Télévisions et Radio France et la suppression de France Ô, n'ont clairement pas arrangé les choses. Même si la ministre de la Culture Françoise Nyssen a assuré que ces pistes n'étaient pas validées et que Delphine Ernotte a elle-même livré un projet de réforme, bien moins radical, à l'horizon 2022.
150 postes en moins

C'est dans ce contexte explosif que la dirigeante travaille sur son propre plan d'économies qui devrait être présenté le 21 décembre prochain au conseil d'administration de France Télévisions. L'exercice est d'autant plus délicat que ce plan d'économies et notamment les possibles coupes sur l'information et les magazines (Envoyé Spécial, Complément d'enquêtes) sont la source de la colère des syndicats

Si le projet n'est pas encore finalisé, le Journal du Dimanche en livre ce 3 décembre les grandes lignes. Globalement le plan de Delphine Ernotte est d'arriver à réduire les économies dites de "structure" de 30 millions d'euros, selon le journal dominical. 150 postes devraient ainsi être supprimés l'an prochain pour générer 20 millions d'économies.

Concernant l'évolution de l'informationcomme rapporté mercredi par le directeur de l'information de France 2 Yannick Letranchant, dans une lettre aux salariés, le nombre d'ETP supprimés au niveau d'Envoyé Spécial et Complément d'enquête sera limité à trois. Il était auparavant question de dix ETP. "La réduction des frais de reportage et du nombre de pigistes, ainsi que des coupes budgétaires dans les rendez-vous d'info du week-end, 13h15 le samedi et 19h le dimanche" sont à l'étude, ajoute le JDD. Plus globalement 30 postes seraient supprimés sur l'information pour des économies évaluées à 5 millions d'euros soit 2% du budget de l'information (250 millions d'euros).

Pas de JO pour 2024?

Mais l'information ne sera pas le seul secteur à payer son tribut, loin s'en fait. Sur le sport, France Télévisions pourrait tout simplement renoncer à la diffusion des JO de 2024 organisé à Paris car le détenteur des droits, l'américain Discovery, serait beaucoup trop gourmand, au point que même l'Élysée s'en inquiéterait. Le groupe public pourrait par ailleurs lâcher certaines exclusivités sur le football (Coupe de France, Coupe de la Ligue). Dans tous les cas le sport à France Télévisions devrait être amputé de 7 à 8% de son budget( qui est de 230 millions d'euros).

Les contrats avec les boîtes de production pour les émissions de talk-show et les divertissements devraient aussi être renégociés à la baisse avec l'objectif d'arriver à une réduction de 4% de ce budget de 350 millions d'euros. "Drucker, Nagui, Ruquier: tous vont être mis à contribution", écrit le JDD. Les rediffusions vont par ailleurs être multipliées.

Le projet de Delphine Ernotte prévoirait aussi de renégocier l'ensemble des contrats techniques pour gagner 10 millions d'euros, et de supprimer celui avec Médiamétrie pour mesurer l'audience de France Ô. Enfin le groupe pourrait vendre deux immeubles qu'il possède à Boulogne-Billancourt et Paris (en dehors du siège dont il deviendra propriétaire en 2023).

Le 03/12/2017

BFM-TV