Circulation Paris-Ile-de-France

Payer plus pour rouler moins et moins vite, voilà le «réjouissant» programme auquel les automobilistes seront conviés en 2018, que nous vous détaillons ci-après. Une bonne nouvelle toutefois, à partir du 1er janvier, les ménages souhaitant remplacer leur vieille guimbarde par un véhicule neuf ou d'occasion moins polluant, pourront recevoir une prime de 1.000 euros, voire 2.000 euros s'ils sont non imposables.

Pour en bénéficier, la voiture mise au rebut devra être un modèle d'avant 1997 s'il s'agit d'un modèle essence, ou d'avant 2001 s'il s'agit d'un diesel. La voiture achetée devra être neuve et émettre moins de 130 g/km ou d'occasion à condition de porter une vignette Crit'Air 0, 1 ou 2. Cas particulier contrecarrant cet élan de générosité, la voiture électrique verra l'an prochain sa prime revue à la baisse: 2.500 € contre 4.000 € en 2017.

Hausse du malus écologique

Pour financer ces largesses, l'Etat pourra notamment compter sur un malus écologique qui se durcit encore à partir du 1er janvier. Si les voitures électriques conservent un bonus de 6.000 €, les hybrides rechargeables n'ont plus droit à aucune aide.

On relève surtout que le seuil de déclenchement du malus est désormais fixé à 120 g/km au lieu de 127 g/km, ce qui a bien sûr des répercussions sur tout le barème. Exemple, une voiture émettant 150 g/km sera taxée de 2.300 € contre 1.373 € en 2017. Le supermalus passe ainsi de 10.000 € à 10.500 €, et démarre à 185 g/km au lieu de 191 g/km.

Malus pour les occasions

Jusqu'à présent, seules les occasions émettant plus de 200 g/km de CO2 étaient également frappées d'un malus. En 2018, il sera déterminé par la puissance fiscale: 100 € de 10 à 11 CV, 300 € de 12 à 14 CV et 1.000 € pour les 15 CV et plus.

Paradoxalement, ce malus appliqué aux voitures vieilles d'un an sera réduit d'un dixième par année écoulée, ce qui va à l'encontre du but recherché: rajeunir le parc. Mais, nos édiles n'en sont pas à une approximation près, qui ont instauré un malus indexé sur les seules émissions de CO2.

De fait, ils continuent d'encourager les ventes de diesels émetteurs de NOx qu'ils souhaitent pourtant voir disparaître du paysage automobile. Vous avez dit schizophrène?

Taxe sur le haut de gamme

Les amateurs de voitures de sport vont devoir payer un lourd tribut à leur passion. Les acheteurs de voitures haut de gamme, neuves ou d'occasion, dont la puissance fiscale dépasse les 35 CV devront en effet s'acquitter d'une nouvelle taxe de luxe qui s'appliquera sur les cartes grises et s'ajoutera bien sûr au malus.

Elle débutera à 500€ pour un modèle de 36 CV, et progressera ensuite de 500€ par cheval fiscal, jusqu'à un maximum fixé à 8 000€ pour les 51 CV et plus. À noter que les véhicules ayant la mention «collection» sur leur carte grise en seront exemptés.

Augmentations de tarifs tous azimuts

Fidèle à la tradition, la nouvelle année débutera aussi avec son classique cortège d'augmentations de tarifs. À commencer par celle des carburants. L'avantage fiscal accordé depuis des décennies au diesel va progressivement être réduit. Mais, plutôt que de baisser le prix de l'essence, l'Etat a bien sûr choisi de moins l'augmenter que le diesel: +3,9 centimes pour le sans-plomb, + 7,6 centimes pour le gazole.

Dans le même temps, les compagnies d'assurances et leurs cabinets prévoient une hausse des primes de 2 à 3%. Quant aux sociétés d'autoroute, elles attendront février pour appliquer une augmentation qui, selon les tronçons, serait comprise entre 1 % et 2 %. Elles auraient tort de se priver. En réduisant de 90 km/h à 80 km/h, la vitesse autorisée sur le réseau secondaire, l'Etat va certainement leur envoyer de nouveaux clients.

Un coûteux passage à 80 km/h

La baisse de 90 km/h à 80 km/h de la vitesse sur route n'est pas encore actée mais, selon le magazine Auto Plus, si ce projet aboutit, il remplira les caisses de l'État. Le bilan des cabines radars placées, depuis deux ans, sur des zones ou la vitesse a été abaissée de 90 km/h à 80 km/h, laisse en effet apparaître qu'elles ont flashé quatre fois plus. Dans ces conditions, Auto Plus avance que, rapporté à l'ensemble des cabines implantées sur les routes, cela représenterait une manne de 335 millions d'euros minimum en provenance des PV.

Adieu le PV de stationnement, bonjour le FPS

Comble de malchance, ne pas rouler coûtera aussi plus cher en 2018. Nous voulons parler du stationnement payant. Les 800 villes où il a été instauré fixent désormais le coût du stationnement et récupèrent la gestion des PV rebaptisés FPS, pour Forfait Post-Stationnement. Leur montant passe de 17 € à 50 € (35 € si vous payez dans les trois jours).

Un contrôle technique plus cher

Le 20 mai 2018, les règles du contrôle technique obligatoire vont évoluer pour suivre les directives européennes. Ainsi, le nouveau contrôle va porter sur 606 points: 139 défaillances mineures, 340 défaillances majeures et 127 défaillances critiques.

Selon les professionnels du secteur, son coût devrait augmenter de 15% à 20%, et il faut s'attendre à un nombre accru de contre-visites facturées entre 10 € et 30 €. Pour bien démarrer cette année 2018, nous conseillons donc à tous ceux qui doivent passer leur voiture au contrôle cette année de le faire avant le 21 mai. Ce sera toujours ça de gagné.

Par Thierry Etienne le 29/12/2017

Le Figaro