Masque peste

En  annonçant avant-hier sa volonté de restreindre les libertés sur internet au nom de  la lutte contre les fausses nouvelles, Emmanuel Macron n’innove en rien constate Bruno Gollnisch, mais place ses pas dans ceux des commissaires bruxellois. A terme,  il s’agit de de criminaliser encore plus avant les rétifs à l’idéologie libérale-libertaire, au cosmopolitisme  et au mondialisme laïque et  obligatoire, tout en désignant la Russie comme le Grand Satan chargé  de tous  les mauxresponsable  de toutes les basses manœuvres contre  nos sociétés si impeccablement démocratiques….  Dans les faits, toute critique  de l’Europe actuelle sera ainsi supposée appartenir au registre  des fausses nouvelles. Nous évoquions en septembre dernier l’action de  Mariya Gabriel membre du PPE (Parti populaire européen),  nouvelle commissaire au numérique qui  est saisie  de ce dossier.  « Il est évident, disait-elle,   que nous avons besoin d’une approche européenne, en plus des pratiques et lois nationales. » « Si nous ne mettons rien en place, les exemples d’abus ne feront que se multiplier. Il est réellement important d’assurer ce type de cohérence au niveau européen. » Et nous citions aussi  Jean-Claude Junckerprésident de la Commission européenne  « qui avait demandé à sa nouvelle commissaire de se pencher sur la question des  fake news (fausses nouvelles)  dans la lettre de mission qu’il lui a adressée en mai ( …) :  La Commission doit examiner les défis que créent les plateformes en ligne pour nos démocraties en ce qui concerne la dissémination d’informations fausses et initier une réflexion sur ce qui pourrait être fait au niveau européen pour protéger les citoyens » (sic).  

Euractiv précise encore  dans un article publié ce matin que si proposition préparée par la Commission européenne sera a priori « moins radicale » que celle évoquée par  Emmanuel Macron,  Mariya Gabriel,   lors « d’une conférence de presse en novembre,   a annoncé que sa stratégie couvrirait divers secteurs, puisque les fake news menacent autant les médias audiovisuels que la presse écrite ou en ligne.  La désinformation évolue en même temps que la technologie  (…).  Les  fake news  sont une maladie contre laquelle l’Europe doit se  vacciner » a encore déclaré Mme Gabriel.

« Emmanuel Macron n’est pas le seul dirigeant européen désireux d’accélérer la mise en place de mesures réglementaires contre les fake news. En octobre, les chefs d’État des 27 États membres – seul Mariano Rajoy n’a pas participé au sommet – ont approuvé un document appelant à accélérer les efforts pour  renforcer l’intégrité de nos sociétés libres et démocratiques à l’ère du numérique  (…) L’Allemagne a adopté une loi controversée l’année dernière imposant de lourdes amendes aux entreprises de médias sociaux si celles-ci ne suppriment pas rapidement les contenus illégaux, y compris les discours de haine. Cette loi a poussé Facebook a embauché l’année dernière des centaines de personnes en Allemagne pour surveiller les publications des utilisateurs, repérer les informations illégales et les supprimer

Derrière les nobles intentions humanistes affichées, nous assistons à un nouvel épisode de cette  course contre la montre engagée  entre les tenants d’un vieux Système européiste  qui fait eau de toute part,  et le souhait  des peuples européens  d’une prise en compte de leurs  aspirations nationalessouverainistes et identitaires. Cette crainte d’une réveil des nations libres  était perceptible dans le discours d’Emmanuel Macron le 3 janvier. Il a ainsi qualifié de « propagande »  toute contestation de la doxa dominantepropagande at-il ajouté,   « parfois même financée par certaines démocraties illibérales. » 

Cette notion de  démocraties illibérales  n’est bien sûr pas neutre et renvoi à l’alternative à cette construction européiste… foncièrement  antireuropéenne dans  son essence,  qui est aujourd’hui battue en brèche  par des exécutifs nationaux à la tête d’Etats membres de l’UE. Sur son blogue, (article repris sur le site dE&R), Alain de Benoist indique que cette  « notion d’ illibéralisme »,  «qui n’est pas antérieure à la fin des années 1990», «est extrêmement intéressante». «(Le président hongrois Viktor Orbán s’y est référé en 2014 pour défendre l’idée que l’idéologie ne doit pas être l’élément central des jugements que l’on porte sur l’organisation de l’État. Les médias en ont conclu que le Premier ministre hongrois voulait justifier la  dérive autoritaire  de son régime (…)  Je pense pour ma part qu’on devrait plutôt se référer au populisme : une démocratie illibérale est une démocratie qui prend la souveraineté du peuple au sérieux

«Depuis des décennies, on cherche à nous faire croire que libéralisme et démocratie sont une seule et même chose. La démocratie libérale serait donc la seule forme possible de démocratie. Mais en réalité, c’est exactement le contraire (…). Lorsque le peuple comprend que ceux qui prétendent les représenter ne représentent plus rien, et que la représentation équivaut à une captation de la souveraineté populaire par la souveraineté parlementaire, il cherche à décider par lui-même de ce qui le concerne. Sonne alors l’heure de la démocratie illibérale. »

«Ce qui se passe actuellement en Autriche (la coalition gouvernementale  entre conservateurs de l’ÖVP et nos amis nationaux du FPÖ, NDLR) va bien sûr dans le sens de l’ illibéralisme et je pense qu’il y a tout lieu de s’en réjouir» ajoute encore M. de Benoist . (…) La grande question qui se pose est de savoir si l’Autriche va s’intégrer au groupe de Visegrád, qui associe déjà la Hongrie, la Pologne,  la République tchèque et la Slovaquie. On verrait alors resurgir quelque chose qui ressemblerait à une nouvelle mouture de l’empire austro-hongrois et qui, surtout, pourrait constituer à terme l’embryon d’une Europe illibérale, en tous points opposée par ses valeurs et ses principes à l’actuelle Europe  de  BruxellesLe conflit entre les deux entités est déjà perceptible. Une autre question fondamentale, maintenant que l’après-Merkel a commencé, étant de savoir si l’évolution présente de l’Autriche n’annonce pas d’une certaine manière ce qui pourrait se passer dans l’avenir en Allemagne.» 

Une application de la  théorie des dominos en quelque sorte,  qui verrait la mitteleuropa basculer à terme dans le camp d’une franche alternative politique au suicide de l’Europe européenne auquel nous conduisent les forces obscures du mondialisme. Dans ce combat là, la France, le peuple français sont  amenés, nous le croyons,  à jouer un rôle essentiel, c’est  la raison d’être du Front National d’y prendre toute sa part.

Le 05/01/2018

Bruno Gollnisch