Fleury-Mérogis prison

Après deux heures d'immobilisation jeudi, à la mi-journée, dans la cour de ce centre pénitentiaire de l'Essonne, les 123 prisonniers ont fini par regagner leurs cellules dans l'après-midi.

La tension monte à tous les étages dans les prisons de France. Depuis l'agression par un islamiste de trois surveillants à Vendin-le-Vieil, la semaine dernière, les surveillants se mobilisent. Jeudi matin, ceux qui réclament plus de moyens et une meilleure prise en charge des détenus radicalisés étaient encore plusieurs centaines à bloquer les différents établissements pénitentiaires de l'Hexagone.

À Fleury-Mérogis, dans l'Essonne, le mouvement a été particulièrement important: l'entrée de la prison a été bloquée par environ 200 personnes, selon les estimations des syndicats sur place. Ces manifestations ont eu des conséquences directes comme le retard des extractions de prisonniers ou l'annulation des rencontres aux parloirs. Dans cette maison d'arrêt, la plus peuplée d'Europe (4300 détenus) les détenus ont, eux aussi, décidé de se manifester, jeudi.

Manifestation non-violente

À la fin de la promenade, aux alentours de midi, 123 d'entre eux ont refusé de regagner leurs cellules, selon l'Administration pénitentiaire au Figaro. Selon les informations dont nous disposons, les prisonniers - des détenus de droit commun - sont restés immobiles dans la cour pendant deux heures. Comme le veut la procédure, entre vingt et trente agents des équipes régionales d'intervention et de sécurité (ERIS) ont ensuite été déployés et les prisonniers ont commencé à regagner leurs cellules vers 14 heures. En prévision d'éventuels incidents, des Eris sont en permanence en situation de renfort sur un autre bâtiment de la prison. L'action menée s'est faite sans violence, et s'apparente plus à une grève qu'à une mutinerie, même si une source syndicale affirme que «les détenus ont montré leur colère, en tapant sur les portes, en insultant le personnel». Pour autant, ceux-ci ne revendiquaient «rien en particulier», assure l'Administration pénitentiaire.

Selon une source au Figaro, la cause de cette mobilisation est bien le focus médiatique fait ces derniers jours sur les prisons, et en particulier celle de Fleury-Mérogis. «Les prisonniers savent très bien qu'on parle beaucoup des prisons en ce moment. Ils veulent renverser les médias en leur faveur», indique la même source. Du côté de l'Administration pénitentiaire, on certifie que ce genre d'événement est «habituel» et arrive «souvent lors de problèmes de cantines, de chauffages dans les établissements».

Par Etienne Jacob le 18/01/2018

Le Figaro