Mai 68 usine

Si certains s’interrogeaient encore sur l’opportunité ou non de commémorer les événements de mai 68, les anciens « maos », ces bons bourgeois qui accaparent aujourd’hui le pouvoir et dont les funestes idées se sont partout imposées, ont d’ores et déjà tranché pour euxEn effet, et bien que Mai 68 ait précipité le déclin de notre pays, l’usine pétrochimique que l’on appelle Centre Pompidou et qui centralise ces commémorations a donné jeudi le coup d’envoi à toute une série de « festivités » auxquelles ne participeront pas moins de neuf institutions.

De manière emblématique, c’est l’université Paris Nanterre, cette tumeur bolchevique sur notre sol, véritable palette regroupant toutes les nuances de l’extrême gauche, qui se voit attribuer la première place dans l’ordre protocolaire. Nanterre, transformée en véritable lieu de pèlerinage pour des bourgeois de gauche qui, pendant une année entière, pourront renouer avec leur jeunesse lors d’une multitude d’événements, allant du « Printemps des utopies et des libertés » aux « Déambulations 68 » des Journées du patrimoine 2018. Le but étant, nous dit-on, de « réinventer l’esprit de 68 » !

Aux Beaux-Arts de Paris, ce sont affiches (notamment de l’Atelier populaire), peintures, sculptures, installations, films, photographies, tracts, revues, livres ou encore magazines qui seront présentés lors d’une exposition intitulée « Images en lutte : la culture visuelle de l’extrême gauche en France (1968-1974) ». Tandis que, de son côté, la Bibliothèque nationale de France, avec son exposition « Icônes de Mai 68. Les images ont une histoire », permettra aux bobos de se prosterner devant le célèbre portrait de Cohn-Bendit faisant face à un CRS ou encore La Marianne de 68. Quant à la Cinémathèque française, elle rendra un hommage appuyé à ce compagnon de route du Parti communiste et admirateur du régime cubain que fut l’écrivain et réalisateur Chris Marker, par le biais d’une grande exposition.

En même temps, Mai 68 ayant aboli toute distinction entre le bien et le mal, le vrai et le faux, le beau et le laid, on ne s’étonnera pas de voir le palais de Tokyo, ce temple de l’art contemporain, figurer en bonne place parmi les participants. Ici, le « graffeur » Escif a même été invité pour l’occasion à déployer à l’arrière du bâtiment « une peinture monumentale sur laquelle il va reproduire les écritures qui accompagnaient les révoltes étudiantes de Mai 68 et les graffitis tracés clandestinement par les visiteurs dans les toilettes du Palais » !

 

Dans la même veine, le Centre Pompidou prévoit, lui, un « revival » qui, sous l’appellation de « Mai 68-Assemblée générale », consistera en une « occupation permanente du Forum sur plus de trois semaines sous forme d’expositions, débats, performances, projections, ateliers »…

Par Franck Deletraz le 19/01/2018

Présent