Fianso Autoroute

Le temps d'une après-midi, le bad boy du rap français est devenu gentil garçon repenti. Appelé à la barre devant le tribunal de Bobigny, en Seine-Saint-Denis, le rappeur Sofiane« exprimé de forts regrets » pour la « mauvaise inspiration » qui l'a poussé à bloquer la circulation sur l'autoroute A3, le 6 avril 2017, pour installer des tables de café sur l'asphalte et tourner son clip « Toka » (vidéo ci-dessous).

Un geste qui n'était « pas prémédité » selon lui. Il aurait été pris dans les embouteillages, à 19h, alors qu'il se rendait sur les lieux du tournage du clip, et aurait improvisé cette scène avec quatre amis, qui comparaissaient avec lui lundi. Arrêter la circulation sur l'autoroute« c'est quelque chose [qu'il a] vu toute [sa] jeunesse dans les mariages », rapporte-t-il. Le procureur confirme que c'est une pratique assez courante dans le département.

Les explications ne sont toutefois pas satisfaisantes aux yeux du parquet, qui rappelle l'énorme succès du clip (32 millions de vues sur YouTube), qui a propulsé Sofiane sur le devant de la scène du rap. Le procureur a ainsi requis contre lui 4 mois de prison avec sursis, tandis que son avocat défendait sa « liberté d'artiste » et ses choix « qui dépassent le commun des mortels. » La présence dans la voiture du matériel vidéo et des cameramen ne laissent pas de doute sur la volonté de provoquer du rappeur, attestée par son parcours artistique.

Car Sofiane-Fianso comparaissait le jour même pour une autre affaire de délit d'entrave à la circulation. Le 24 avril, trois jours après avoir été déféré pour son clip « Toka », il récidivait avec un clip « Pégase » où on le voit entouré d'une importante foule et de plusieurs véhicules de luxe, qui ont bloqué certaines voies dans la cité des 3 000 d'Aulnay-sous-Bois. Un regroupement « imprévu » selon le rappeur, qui jure que ce rassemblement était tout à fait spontané...

Une bravade de plus pour le parquet, qui requiert cette fois trois mois de prison ferme pour cette manifestation « parfaitement organisée », qui met en lumière le « fonds de commerce » du rappeur. Son avocat s'est, lui, insurgé contre un « dossier vide » et a déclaré à la sortie de l'audience qu' « il y a tellement de délinquance en Seine-Saint-Denis qu'on ne peut pas juger tout le monde pour tout et n'importe quoi. » 

Le jugement sera rendu le 5 février prochain.

Le 22/01/2018

Valeurs actuelles

Note BYR : Il doit être ahurissant l'avocat du rappeur !