Erdogan tribune 2

"Nous pourrions y entrer en une nuit", a plastronné le chef de l'Etat turc devant les cadres de son parti. L'objectif serait de déloger de cette région du Nord-Est irakien quelques centaines de combattants du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, ­qu'Ankara considère comme terroriste. La chose n'est pas à prendre à la légère : ces derniers jours, les soldats turcs ont pris pied dans le Nord irakien, s'emparant d'une trentaine de villages. Fort de sa victoire dans le canton d'Afrin, dans le Nord-Ouest syrien, il y a quinze jours, ­Erdogan semble pris d'une soif inextinguible de conquête.

Il a plusieurs fois assuré que son armée  allait partir à l'attaque de Manbij, ville clé aux mains des FDS, les Forces démocratiques syriennes, coalition dominée par les kurdes des YPG, pendant syrien du PKK.

Emmanuel Macron semble très isolé

Qui peut aujourd'hui arrêter le "sultan" Erdogan? Sans doute pas les Américains, jusqu'alors protecteurs des FDS avec qui ils ont combattu l'Etat islamique. Donald Trump a indiqué cette semaine vouloir retirer rapidement ses troupes de Syrie. Le secrétaire d'Etat à la Défense James Mattis a ajouté mercredi que le PKK devait quitter le Sinjar irakien. Une manière d'approuver les plans turcs.

De leur côté, l'Iran et la Russie, parties prenantes du conflit syrien, ont réchauffé leurs relations avec Ankara depuis plusieurs mois. Une réunion entre les trois pays est programmée mercredi en Turquie.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron semble très isolé. L'idée d'un déploiement de forces spéciales françaises autour de Manbij aurait été évoquée jeudi à Paris lors d'une rencontre avec une délégation liée aux FDS. Même si elle n'a pas été confirmée par Paris, l'entourage du chef de l'Etat prévient : "Nous tenons compte des intérêts sécuritaires de la Turquie, mais il est inacceptable que leur opération aille plus loin, notamment à Manbij." Mais la realpolitik pourrait avoir raison de ces positions de principe. Dans sa lutte contre le djihadisme, Paris a besoin de la Turquie, que ce soit en matière de renseignement ou pour l'extradition de ressortissants français interceptés sur son sol. Ankara l'a bien compris et met la pression. Samedi, son ministre de la Défense expliquait que tout déploiement de forces françaises dans le Nord syrien serait considéré comme "une invasion". 

Par Antoine Malo le 01/04/2018

JDD

Note BYR : Ils sont bien loins les principes droits de l'hommiste avec certains dirigeants de ce monde monsieur Macron !