Parlement français

Lors des jours qui suivirent son élection à la présidence de la République, tout à son euphorie, soutenu, comme aujourd'hui, par une presse aux ordres tellement elle est sujette aux décisions budgétaires des autorités et autres publicitaires, Emmanuel Macron annonçait la mise en chantier d'une réforme constitutionnelle qui allait littéralement bouleverser le cadre de notre vie publique

Au final, le Premier ministre Edouard Philippe nous annonce en premier lieu "qu'il ne s'agit pas de revenir à la IVe République, ni de passer à une VIe République, mais de revenir aux sources de la Ve République". De fait en lieu et place d'une réforme constitutionnelle énorme et synonyme de véritables avancées pour notre démocratie, il s'agit tout simplement d'une série de mesurettes visant à donner un peu de "poil à gratter", "du pain et des jeux" aux éditorialistes et autres journalistes spécialisés mais, hélas, qui ne rapprochera aucunement les Français du monde politique et de leurs institutions.

Il n'est par exemple aucunement fait allusion au référendum d’initiative populaire, qui semble, à nos yeux de citoyens, la base de la démocratie.

Particulièrement dans le viseur d'Emmanuel Macron, le Parlement verra donc  le nombre de ses membres baisser de 30 % (de 577 députés à 404 et de 348  sénateurs à 244) dès la prochaine législature, une limitation du cumul à trois mandats consécutifs, mais comme la mesure semble très peu populaire auprès de certains parlementaires de la majorité et de la fausse opposition, décision a été prise de la rapporter à l'année 2032... dans 14 ans !, la limitation du droit d'amendement des députés semble en revanche acquise, cette mesure est censée  selon monsieur Philippe "renforcer l'efficacité de la procédure législative"..., le Conseil économique, social et environnemental (Cese)  lui verra  son nombre de sièges réduit de moitié.

La spécificité corse sera inscrite dans la Constitution, marquant là, un précédent inédit, qui risque bel est bien, d'ouvrir une boite de Pandore que l'on aura sans doute bien du mal à refermer. Donner une visibilité à la Corse, parfait, mais l'on ne pourra pas protester longtemps et s'opposer sérieusement lorsque d'autres régions de notre pays exigeront également une reconnaissance particulière. Je pense en particulier à la Bretagne et à l'Alsace.

Enfin, le plus gros morceau, celui qui semble avoir été impulsé par le Modem, allié du parti présidentiel, voulait que le gouvernement propose d'introduire une dose de proportionnelle à l'Assemblée nationale. Mais face aux exigences du Président du Sénat, Gérard Larcher, LR et de celui de l'Assemblée nationale, François de Rugy, un écologiste rallié au macronisme, qui ne voulaient surtout pas d'un bouleversement synonyme pour eux de pertes d'effectifs et donc d'influence,la dose, s'est métamorphosée en une goutte puisque seulement 15 % des députés restants (en 2022) seront élus avec ce mode de scrutin ce qui équivaut à 61 personnes.  

Dans un communiqué publié hier, les élus FN  au Palais Bourbon écrivent "cette mesurette cosmétique ne renouera pas le lien entre les Français et la politique. Les députés du Front National rappellent que l’un des engagements présidentiels de Marine Le Pen était d’instaurer le scrutin proportionnel à toutes les élections."

En effet, comment affirmer que l'ensemble des idées politiques présentes dans notre pays seront équitablement représentées au Parlement alors que seule une portion congrue pourra être élue avec le mode proportionnel

Je reprends à mon compte une expression qu'Emmanuel Macron  aura utilisée lors du fameux débat télévisé de l'entre-deux tours de l'élection présidentielle de 2017 : c'est de la poudre de perlimpimpin.

GS