Gendarmes mobiles Notre-Dame-des-Landes

Les gendarmes mobilisés depuis le 9 avril sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes en ont-ils ras-le-bol ? Oui, répond Gendarmes et Citoyens, association professionnelle nationale militaire créée en 2008 pour "défendre les intérêts collectifs et individuels des militaires de la gendarmerie".  

Dans une tribune publiée lundi sur son site internet et sa page Facebook, intitulée "Gendarmes mobiles contre immobilisme politique : combien de temps encore ???", l'association dénonce l'enlisement en cours des forces de l'ordre engagées à Notre-Dame-des-Landes (2500 militaires sont mobilisés, selon le ministère de l'intérieur) et évoque "l'inquiétude grandissante des gendarmes sur place" face aux violences subies (plusieurs dizaines d'entre eux ont été blessés à ce jour) et face aux ordres reçus qui ne seraient qu'une fermeté "de façade".

"Maintenir l'ordre ou le rétablir, lorsque les objectifs sont clairs, la gendarmerie sait faire. C'est plus compliqué quand les consignes sont manifestement de réaliser de telles opérations sans entrer en contact avec ceux qui n'ont aucun respect pour l'état de droit" est-il écrit dans cette tribune.

"On s'interroge sur l'incohérence entre le discours de fermeté tenu par nos  politiques dans les médias et la réalité sur le terrain", explique à France Bleu Loire Océan Thierry Guerrero, président de Gendarmes et Citoyens, lui-même sous-officier de gendarmerie : "déblayer le terrain et avancer, ça on sait le faire, il n'y a pas de souci. Le problème c'est que derrière, il faut le tenir le terrain et quand on vous donne l'ordre de reculer et de ne plus tenir le point que vous avez dégagé, ça sert à rien, ça n'a aucun intérêt."

La crainte de l'enlisement sur la ZAD

L'association Gendarmes et Citoyens dénonce donc "une démission du politique", un "manque de courage". La "grogne" monte dans les rangs, depuis que la préfète de Loire-Atlantique Nicole Klein a laissé du temps (jusqu'au 23 avril) à ceux qui ont un projet agricole individuel sur la ZAD pour régulariser leur situation. Pour le maréchal des logis chef Thierry Guerrero, cette annonce "a un peu mis le feu aux poudres" et fait craindre un enlisement : "le maintien de l'ordre sur la ZAD est quelque chose de très compliqué et lorsque ça s'inscrit dans la durée, c'est extrêmement usant et fatigant pour les militaires". Le militaire ajoute que s'il communique aujourd'hui, "c'est parce que l'inquiétude des gendarmes sur le terrain à Notre-Dame-des-Landes est massive".

Par Antoine Denéchère le 17/04/2018

France Bleu