Police enseigne de commissariat

Depuis sa sortie de prison, en 2000, David R. n'avait plus eu à faire aux forces de l'ordre. Mais samedi, en fin de journée, cet homme de 45 ans a été placé en garde à vue dans le cadre de la disparition inquiétante d'Angélique, une adolescente de 13 ans. La jeune fille, qui habitait la commune de Wambrechies (Nord), avait disparu mercredi, après avoir laissé un mot à ses parents disant qu'elle rejoignait une amie. Aperçue pour la dernière fois mercredi à 16h30 dans le quartier de l'Agrippin, près de son domicile, «un jeune garçon l'avait vue partir avec un homme qu'elle semblait connaître», selon les indications du parquet de Lille.

C'est sur la base de ce témoignage, jugé «sérieux», que les enquêteurs sont remontés jusqu'à David R., un habitant de Wambrechies inscrit au fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions sexuelles (FIJAIS). Placé en garde à vue samedi après-midi, l'homme a très vite avoué, avant d'emmener les enquêteurs à l'endroit où il avait abandonné le corps de la jeune fille. Vers deux heures du matin, le corps dénudé d'Angélique avait été retrouvé dans une forêt de Quesnoy-sur-Deule, à six kilomètres de la commune où résidaient la victime et son meurtrier présumé.

Une condamnation pour viol

Dimanche, le parquet a annoncé que cet homme avait déjà été condamné. Sur le casier judiciaire du suspect interpellé figure «une condamnation datant de 1996 pour des faits commis en 1994, qualifiés de viol avec arme». En effet, David R. a purgé une peine de prison pour un viol sur une adolescente de 13 ans, dans le quartier de La Madeleine, une autre commune proche de Lille. Cette condamnation avait été inscrite au FIJAIS, créé par la loi du 9 mars 2004. Par ailleurs, le suspect a également été accusé «d'attentats à la pudeur aggravés», soit des agressions sexuelles et pour un «vol avec violence». Si le témoignage du jeune garçon stipulait qu'Angélique était partie avec «un homme qu'elle semblait connaître», c'est parce que David R. était un ancien voisin de la famille Six. L'homme a longtemps habité le même immeuble que l'adolescente et il réside aujourd'hui à seulement deux rues. Une source policière a confirmé qu'il «connaissait la victime».

L'homme de 45 ans, père de deux enfants, chauffeur de bus chez Transpole, le réseau de transports en commun de la métropole lilloise, aurait tenté de violer Angélique. Selon des sources proches du dossier, la victime se serait débattue, ce qui aurait conduit David R. à l'étrangler. Mais pour l'heure, les magistrats n'ont pas donné d'indications sur les circonstances exactes de la mort de l'adolescente. «Des éléments nous laissent penser qu'il y a eu une asphyxie, mais l'autopsie, qui doit avoir lieu lundi, devrait nous apporter plus d'informations sur les circonstances précises de la mort», a indiqué la source proche du dossier.

Beaucoup d'habitants de la commune de Wambrechies sont en état de choc. «C'est incompréhensible d'avoir un habitant délinquant sexuel et que personne n'avait été mis au courant», a dénoncé Michel Sas, premier adjoint au maire de Wambrechies. À proximité du domicile d'Angélique, dans un parc, un mémorial a été improvisé. Des dizaines de roses blanches y ont été déposées, ainsi que des messages «Angélique tu es formidable» ; «Tu nous manques fort» ; «Tout le monde est triste de t'avoir perdue». Une marche blanche sera organisée mardi 1er mai, à 14 heures à Wambrechies.

Par Valentine Arama le 30/04/2018 avec AFP

Le Figaro