NDA 06052018

«Emmanuel Macron nourrit la colère sociale». Le constat ne sort pas de la bouche de Jean-Luc Mélenchon, mais du président de Debout La France, Nicolas Dupont-Aignan. Invité dimanche du Grand-Jury RTL-LCI-Le Figaro, il s'en est pris à la geston économique du gouvernement:  "Une politique pour 3000 familles de privilégiés qui prend de l'argent à ceux qui consomment pour le donner à ceux qui fuient la France", tacle-t-il. Pas question pour autant d'adhérer au discours de la France insoumise, dont il ne «partage pas du tout les solutions». Mais force est de constater que dans le contexte actuel de grogne sociale, la gauche radicale a endossé le costume de premier opposant.

«Il y a un jeu entre Macron et Mélenchon, qui les arrange bien tous les deux. On enferme les Français dans ce tango. (...) Mais ceux qui souffrent commencent à comprendre la manipulation de l'opinion, qui conduit à la violence d'une extrême gauche dangereuse. On ne joue pas avec l'extrême gauche, et Macron joue avec Mélenchon», analyse Nicolas Dupont-Aignan.

Pour sortir de ce jeu à deux, «qui peut aboutir à des catastrophes», l'ex-candidat à la présidentielle en appelle à nouveau à l'union des droites, des Républicains au Front National. «Est-ce qu'on va continuer à croire que M. Wauquiez ou Mme Le Pen vont gagner tout seuls? C'est faux. Ces divisions sont artificielles, liées à la volonté d'avoir le pouvoir seul». Là où la gauche radicale mise sur le social, le président de Debout La France compte sur la thématique de l'immigration pour rassembler. À la recherche de 180 parlementaires pour signer sa proposition de référendum d'initiative partagée qui permettrait notamment d'interroger les Français sur le rétablissement des contrôles aux frontières ou la limitation de l'immigration familiale, il entend convaincre Républicains et frontistes. «Je fais [à Laurent Wauquiez et Marine Le Pen] la proposition d'une rencontre (...) Je leur dis: nos électeurs attendent l'union».

En vue des élections européennes de 2019, Nicolas Dupont-Aignan souhaite, avec ses alliés des «Amoureux de la France», proposer un «projet de redressement» de la France, qui pourrait être la base d'une «coalition alternative» en 2022. Il y a un an, «Marine Le Pen n'a pas gagné parce qu'on n'avait pas rassemblé suffisamment (...) Aujourd'hui, il nous faut d'abord un projet, ensuite une coalition. Et on verra la question du mieux placé en 2021

Par Jim Jarrassé le 06/05/2018

Le Figaro