Paris attentat mai 2018 1

Après la stupeur, la panique et l’intervention pleine de sang-froid, longue d’à peine neuf minutes, ayant permis de neutraliser l’homme qui, dans la soirée du 12 mai, a tué un passant et en a blessé quatre autres à coups de couteau, dans le quartier de l’Opéra à Paris, place, désormais, à l’enquête. L’identification de l’assaillant a été, dans les heures qui ont suivi l’hospitalisation des victimes, élevée au rang de priorité absolue.

"Nous mettrons tout en œuvre pour identifier l'auteur, pour pouvoir châtier celles et ceux qui auraient pu lui porter aide et assistance. Demain, peut-être, nous en saurons plus et la justice pourra communiquer sur la réalité des faits et ce sur qu'était la volonté de celui qui a commis ce crime horrible", a déclaré le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb, dans la nuit.

Rapidement, l’agence A’maq, l’agence de presse de Daech, citant une "source de sécurité (sic)" a revendiqué l'attaque et indiqué que "l’auteur de l’attaque au couteau dans la ville de Paris est un soldat de l’État islamique, il a mené l’opération en réponse aux appels à cibler les pays de la coalition" internationale. Plusieurs témoins, en tout cas, l’ont distinctement entendu crier "Allah ou akbar" durant l’attentat. Sur cette base, et celle du mode opératoire, c’est la section antiterroriste du parquet de Paris qui a été saisie.

Sur l’assaillant lui-même, peu d’éléments ont filtré dans un premier temps. Ceux qui l’ont vu, allongé au sol après avoir été abattu, décrivent un homme jeune, barbu, à l’épaisse chevelure noire. Dimanche matin, les premiers éléments d'identification ont permis de déterminer qu'il s'agissait de Khamzat Azimov, un homme en Tchétchénie, en novembre 1997, et naturalisé français en 2010. Il a grandi dans une famille de réfugiés à Strasbourg, dans le quartier populaire d'Elsau où vit une importante communauté tchétchène, selon une source proche du dossier. Il est également titulaire d'un Bac ES, obtenu en 2016. 

Il n’avait aucun antécédent judiciaire, mais avait été fiché S pour radicalisation. Selon nos informations, il avait été entendu par la Section antiterroriste de la brigade criminelle en avril dernier, en raison de ses liens supposés avec un homme dont l'épouse était partie en Syrie.

Faisait-il partie d’une "filière tchétchène" ? En 2015, six hommes originaires de cette République du Caucase (dont deux possédant la nationalité française et quatre réfugiés politiques), soupçonnés d'avoir mis en place une filière d'envoi de djihadistes en Syrie, ont été arrêtés. Les parents de l’assaillant sont tous deux en garde à vue ce dimanche matin.