Qim Torra

C'est une nouvelle bataille dans la guerre entre Madrid et Barcelone. Le gouvernement central a refusé la liste de treize noms proposée pour le nouveau président Quim Torra afin de constituer son gouvernement. Ce dernier avait décidé d'y inclure des noms d'exilés ou de prisonniers, ce que n'a pas du tout apprécié le premier ministre, Mariano Rajoy.

Il ne fallait pas en attendre moins de Quim Torra, viscéralement opposé à l'Espagne, farouche défenseur de l'indépendance et proche de l'ancien président Carles Puigdemont. Ce dernier est en exil à l'étranger depuis la tentative de sécession du 27 octobre 2017.

Deux prisonniers, deux exilés

Ainsi, il avait désigné Jordi Turull et Joseph Rull, actuellement en prison, respectivement au département de la Présidence et à celui des Territoires. Les deux avaient annoncé qu'ils acceptaient la charge qui leur était confiée dans des messages identiques sur leur compte Twitter.

Quim Torra avait également choisi de nommer Lluis Puig et Toni Comin, actuellement en Belgique pour échapper à des poursuites, aux départements de la Culture et de la Santé.

Sur les treize membre du gouvernementdont le site de La Vanguardia donnait la liste, on ne comptait que trois femmes.

L'avertissement de Madrid

Son nouveau président désigné, la nommination du gouvernement devait pourtant permettre à la Catalogne d'avancer, après la déclaration d'indépendance ratée. C'était sans compter sur «ces provocations» de Quim Torra, qui savait pertinament que Madrid ne pouvait laisser passer de telles nomminations. Le gouvernement central, qui s'était déjà opposé à l'accession de l'exilé Puigdemont à la présidence, avait prévenu qu'il s'opposerait à la désignation d'exilés et de prisonniers. Madrid en a le pouvoir puisque la région a été placée sous tutelle peu après la déclaration d'indépendance. En outre, la justice aurait sans doute refusé aux prisonnier le droit de quitter leurs cellule pour exercer leurs fonctions.

Lundi, Rajoy a demandé à Torra de former un gouvernement «viable». «La Catalogne a besoin d'un gouvernement viable», d'un «gouvernement qui respecte la loi» et «qui soit capable de dialoguer sérieusement», a insisté Rajoy. «La loi est la règle du jeu», a-t-il insisté.

Après son accession à la présidence, Quim Torra avait lancé un appel au dialogue à Mariano Rajoy, le chef du gouvernement central. Ce dernier avait répondu: «Bien sûr que je vais recevoir le président de la Généralité s'il me le demandeLes deux hommes ont un premier sujet de discussion tout trouvé.

Le 21/05/2018 

Le Figaro