Prison de Fresnes

L’incident est pris particulièrement au sérieux par l’administration pénitentiaire. Dans la nuit de mercredi à jeudi, une dizaine d’hommes cagoulés ont incendié trois voitures et un scooter appartenant à des surveillants pénitenciers, dans l’enceinte de la prison de Fresnes, dans le Val-de-Marne. Selon les premiers éléments de l’enquête, les véhicules étaient stationnés au pied des logements dédiés au personnel et à leur famille. « C’est la première fois qu’un tel acte de malveillance se produit sur le domaine de l’établissement », confie à 20 Minutes une source au sein de l’administration pénitentiaire.

Les images de vidéosurveillance, transmises au commissariat de l’Haÿ-les-Roses, en charge de l’enquête, montrent un petit groupe organisé, visiblement déterminé à détruire ces véhicules. Au-delà du préjudice matériel, ce sont les intentions de ce commando qui interroge. Ont-ils un lien avec un détenu en particulier ? Ont-ils spécifiquement visé certains membres du personnel pénitencier ? S’agit-il d’une simple provocation ? Pour l’heure, aucune piste n’est privilégiée, les quatre propriétaires des véhicules travaillent dans différents secteurs de la prison. Mais selon nos informations certains membres du personnel s’interrogent sur un possible lien avec une tentative d’évasion déjouée la semaine dernière par le renseignement pénitentiaire.

« On a peur pour nos familles »

Dans ce contexte de grande tension, les surveillants craignent l’escalade. « Le sentiment d’insécurité est grandissant, aujourd’hui on a également peur pour nos familles », s’émeut Frédéric Godet, délégué à Fresnes du syndicat Ufap-Unsa pénitentiaire. Et de rappeler qu’en 2015, un surveillant avait été menacé avec une arme devant chez lui. Un travail de sécurisation du domaine en cours, des panneaux de trois mètres sont en train d’être installés tout autour du parc pénitencier mais pour l’heure certaines zones ne sont protégées que par un petit muret. « Il faut que la sécurisation du site aille plus vite, les gens ne peuvent pas rester dans ces conditions », poursuit le délégué syndical.

Les bandes de vidéosurveillance ont été transmises aux enquêteurs. Démarre désormais un long travail de recoupements pour tenter d’identifier les individus cagoulés. Comme c’est le cas dans ce genre d’affaires, les enquêteurs travailleront sur les différentes images à disposition pour tenter de mettre en lumière des signes distinctifs des personnes impliquées. En attendant, l’administration pénitentiaire réfléchit à un dédommagement financier des propriétaires des véhicules incendiés.

Par Caroline Politi le 01/06/2018

20 Minutes