Bay sipa

Editorial de Nicolas Bay, co-président du groupe ENL, paru dans « La lettre du Groupe Europe des Nations et des Libertés » du 18 juin 2018

Vendredi 8 juin, à son arrivée au Québec pour le sommet annuel du G7, Donald Trump a surpris ses partenaires en appelant à la reformation du G8, c’est-à-dire la réintégration de la Russie, exclue en 2014 après le rattachement de la Crimée. Giuseppe Conte, le nouveau président du Conseil italien lui a donné raison, fissurant davantage un front occidental anti-russe qui ne correspond pas aux intérêts des nations européennes.

Le lendemain, tandis que le G7 virait au fiasco, s’ouvrait en Chine un autre grand sommet annuel, celui de l’Organisation de coopération de Shangaï. Depuis 2001, cette organisation regroupe la ORussie, la Chine, l’Inde, le Pakistan et les quatre principaux pays d’Asie centrale russophones : le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan, et l’Ouzbékistan. Face à la débandade du G7, l’OCS, qui représente 42% de la population mondiale, a montré son unité.

De ces deux sommets, on peut tirer la conclusion suivante : les efforts de l’Union européenne pour isoler la Russie ont échoué et, lâchée par les États-Unis, c’est désormais l’Union européenne qui paraît plus isolée et déboussolée que jamais.

Ainsi, le jour de la rencontre historique entre Donald Trump et Kim Jong Un, mardi 12 juin, le Parlement européen étalait son impuissance dans un débat sur le retrait américain de l’accord concernant le nucléaire iranien. En effet, perdantes sur tous les tableaux, les nations européennes voient leurs intérêts économiques et énergétiques en danger dans ce pays stratégique qu’est l’Iran.

Je suis intervenu dans ce débat du mardi 12 juin pour appeler les dirigeants européens à défendre nos entreprises menacées par l’extraterritorialité du droit américain. Profitant de la faiblesse de l’Union européenne, les États-Unis nous forcent à respecter les sanctions qu’ils proclament unilatéralement, et nos entreprises ne sont plus libres de commercer avec des pays comme l’Iran… ou la Russie.

Combien de temps continuerons-nous à être les dindons de la farce ?

RN-ENL