Migrants Paris

Les dirigeants de plusieurs pays de l'Union européenne se réunissent dimanche à Bruxelles pour une "réunion de travail informelle", quelques jours avant un sommet des 28 sur l'asile et les migrations. Si on ne connaît pas encore la liste complète des pays participant, l'Elysée a confirmé qu'Emmanuel Macron y serait, et le Premier ministre maltais Joseph Muscat a aussi annoncé sa venue. L'Allemagne, l'Autriche, l'Italie, la Bulgarie, l'Espagne et la Grèce devraient aussi y participer. Les Européens se divisent depuis des mois sur l'orientation à donner à la réforme du système d'asile. Les dirigeants européens avaient fixé le sommet de fin juin comme horizon pour trouver un compromis, mais cette issue semble devenue improbable.

Des désaccords sur la relocalisation des migrants

La modification du règlement de Dublin sera au coeur des discussions. C'est cette législation qui confie principalement la charge du traitement de la demande d'asile aux pays entrée dans l'UE, faisant peser un fardeau disproportionné sur l'Italie et la Grèce par exemple. Mais personne n'est d'accord sur la manière de transformer cette législation :

Emmanuel Macron et Angela Merkel, qui se sont rencontrés mardi, ont annoncé qu'ils travaillaient à un accord entre plusieurs pays de l'espace Schengen pour rétablir les règles de Dublin entre certains pays sur une base volontaire.

La Commission européenne propose de réformer le Règlement de Dublin en instaurant notamment une répartition automatique des demandeurs d'asile dans l'UE.

Cette solution est jugée insuffisante par les Italiens notamment, qui veulent une répartition permanente des migrants, et totalement inadmissible par les pays dits de Visegrad (Hongrie, République tchèque, Pologne, Slovaquie), qui veulent garder leurs frontières hermétiques.

Deux options pour sortir de l'impasse

"En juin nous n'aurons pas de résultat sur la réforme de Dublin, c'est clair, car le point de relocalisation des réfugiés bloque. Mais on peut faire mieux sur Frontex et les actions extérieures", expliquait la semaine dernière une source à l'Elysée citée par l'AFP.

Pour sortir de l'impasse, l'UE envisage en effet la création de "plateformes régionales de débarquement" en dehors du territoire de l'Union pour les migrants secourus en mer. Objectif, faire baisser la pression migratoire en Europe (qui a déjà considérablement diminué depuis 2015) pour convaincre les pays de l'UE les plus réticents d'accepter un partage plus équitable de la charge de l'asile. Aucun pays n'est cité dans le texte européen pour la localisation des "plateformes", mais une source européenne a indiqué à l'AFP que la Tunisie faisait partie des lieux envisagés, tandis que le nom de l'Albanie a souvent été associé à ce type de projets.

A trois jours du sommet, les Européens ne semblent être d'accord que sur un seul point : la nécessité de "renforcer la protection des frontières extérieures" de l'UE. Le sujet a été abordée en fin de semaine dernière entre Emmanuel macron et Giuseppe Conte lors de leur rencontre à Paris. L'idée est de faire de Frontex "une police des frontières européennes en augmentant fortement ses effectifs", avait indiqué l'Elysée.

Le 20/06/2018 bavec AFP

JDD