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L’appel au secours a été entendu. Pour venir en aide au Rassemblement National (RN) pris pour cible par les juges, les sympathisants, les adhérents et même les simples électeurs du parti de Marine Le Pen sont apparemment prêts à mettre la main à la poche, tant le déni de justice leur paraît flagrant.

C’est la réponse assez unanime qu’enregistre actuellement la présidente du RN, après l’annonce de la saisie par la justice des deux millions d’euros d’aide publique, une aide à laquelle le RN, comme les autres partis, a en principe droit. Cette saisie a visiblement pour but de le mettre en faillite, malgré les onze millions de voix du second tour de la présidentielle (ou à cause de ce score « trop inquiétant »).

Rappelons qu’à l’origine de cette saisie, il y a des poursuites dans le cadre d’un « possible système » organisé par l’ex-FN, pour rémunérer des permanents avec les fonds européens réservés à l’embauche d’assistants parlementaires. Une pratique que l’on retrouve dans tous les partis,affaires liées plus spécialement aux questions européennes et actions au profit du parti s’interpénètrent, par essence. Le dossier est monté en mayonnaise. Il n’a pas encore été définitivement tranché mais bien entendu, aux yeux de certains juges, le RN est déjà condamné. Comme nous l’écrivions dans Présent du 10 juillet, pour le parti national, pas question de présomption d’innocence.

Pour les deux juges d’instruction très politisés du Parquet national financier à l’origine de la saisie – Claire Thépaut, militante du syndicat gauchiste de la magistrature, et Renaud Van Ruymbeke, qui passe pour sympathisant de ce même syndicat, et en charge de l’affaire –, c’est haro sur le RN. Un « coup d’Etat » des juges, dénoncé par Marine Le Pen. D’où ce sursaut, cette détermination des sympathisants RN à venir en aide à « leur » parti.

Pour éviter la faillite du Rassemblement National, et refusant l’idée que « les juges puissent mettre à genoux le parti à quelques mois des élections européennes » (comme l’explique un adhérent RN), les sympathisants piochent en masse dans leurs économies. « On a l’impression qu’en France, à moins d’être zadiste, islamiste ou délinquant en col blanc, on est persécuté par la justice (…) L’objectif des magistrats est clairement politique et pas judiciaire », s’indigne un autre militant, prêt à verser sa contribution. Tout comme ce lecteur-donateur de Présent habitant dans les Yvelines (qui, son quotidien préféré une fois lu, le « redistribue » dans les boîtes aux lettres de ses voisins) : « Même si je n’ai pas de gros moyens, non seulement je soutiens du mieux que je peux le journal Présent, mais, en plus, je suis prêt à donner quelques euros de ma poche au parti national. Quitte à me priver d’une sortie avec des amis. »

Les petits ruisseaux font les grands fleuves : depuis l’appel au secours, lancé par Marine Le Pen, les dons affluent. Dimanche, le Rassemblement National annonçait avoir déjà récolté 300 000 euros, provenant de plus de 5 000 donateurs.

Ce coup de Jarnac de juges qui s’érigent en décideurs de l’offre politique, à la place des électeurs, « ne fait que renforcer la détermination des militants qui ont le sentiment que le pouvoir en place emploie des méthodes déloyales », explique Gilles Ardinat, conseiller RN de la région Occitanie à un journaliste du Monde.

Face à cet acharnement politico-juridico-financier, le temps presse. D’autant que le 9 juillet dernier, la justice a annoncé de nouvelles mises en examen, dont celle de l’eurodéputé  Nicolas Bay.

Par Pierre Malpouge le 18/07/2018

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