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Après les "gorilles" du général de Gaulle et la fameuse "cellule élyséenne" des gendarmes de Mitterrand, le chargé de mission de Macron… Entre fantasmes et réelles turpitudes, la gestion de la sécurité des présidents de la République française n'arrive pas à se défaire des soupçons de "barbouzerie" qui traduit la volonté de plusieurs chefs de l'Etat sous la Ve République d'être entourés d'hommes à eux. Comme François Mitterrand en son temps, même si ce n'est pas pour les mêmes raisons, Emmanuel Macron témoigne d'une certaine méfiance à l'égard des policiers qui a favorisé la montée en puissance d'Alexandre Benalla.

A chaque président son équilibre précaire entre policiers et gendarmes

Jusqu'à la création du GSPR (Groupe de sécurité de la présidence de la République) en 1983, la sécurité présidentielle était assurée par les policiers du service des "VO" (voyages officiels). François Mitterrand a, lui, choisi les ­gendarmes du GIGN du commandant Prouteau. Jacques Chirac a, par la suite, privilégié la parité police-gendarmerie. Un équilibre rompu par Nicolas Sarkozy aux profits des policiers. Avant un retour à l'équilibre avec François Hollande.

Aujourd'hui, la "guéguerre" entre flics et pandores semblent appartenir au passé. Le GSPR, ­dirigé par le colonel de gendarmerie Lionel Lavergne et secondé par un policier, est une structure relativement autonome qui reste rattachée à la Police nationale via le Service de la protection (SDLP). Il comprend 77 personnes (conducteurs de sécurité, officiers de sécurité, précurseurs lors des visites préparatoires, chargés de l'organisation des déplacements…), gendarmes et policiers d'élite.

A chaque président sa personnalité et sa "docilité" relative par rapport aux impératifs de sécurité

Si Nicolas Sarkozy – qui avait intronisé un proche, le ­préfet Michel Besnard, qui l'a suivi depuis le ministère de l'Intérieur, à la tête du GSPR – se pliait volontiers aux ­desiderata de ses anges gardiens, les relations ont été plus conflictuelles avec son successeur, le président "normal" François Hollande. Et surtout avec la ­patronne du GSPR qu'il avait nommée, Sophie Hatt, très soucieuse de son autonomie avec le SDLP et la Place Beauvau.

Une réforme de la sécurité présidentielle projetée

Mais la sécurité présidentielle ne s'arrête pas aux officiers de sécurité à oreillette. Fruit de l'histoire et du maillage administratif français, la sécurisation du palais de l'Elysée est ainsi assurée ­intra-muros par les militaires de la Garde républicaine et par les policiers de la préfecture de police dès que l'on passe le porche.

A l'extérieur de l'enceinte, le GSPR doit ­régulièrement composer avec le SDLP lors d'événements extraordinaires. D'où le souhait ­d'Emmanuel ­Macron de réformer l'ensemble pour créer une structure unifiée. Parmi les architectes de ce projet, un certain Alexandre Benalla.

le 22 juillet 2018

JDD