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Les révélations s'enchaînent dans l'affaire Alexandre BenallaAlors qu'Emmanuel Macron a tenté mardi de mettre fin à la polémique en parlant devant sa majorité, la classe politique continue de réagir et de nouvelles informations découlent des auditions des membres de la majorité. Récap des principaux rebondissements de cette journée du 25 juillet.

Emmanuel Macron s'exprime devant la presse

Emmanuel Macron a accusé mercredi les médias d'avoir "dit beaucoup de bêtises" sur l'affaire Benalla, en marge d'un bain de foule à Bagnères-de-Bigorre (Hautes-Pyrénées). "Vous avez dit ces derniers jours beaucoup de bêtises sur soi-disant des salaires, des avantages. Tout cela était faux", a lancé le chef de l'Etat à des journalistes de BFMTV et CNEWS. "Il a fait une faute. Il a été sanctionné", déclare le chef de l'État sur des images diffusées par BFMTV. "C'était à mes yeux proportionné", ajoute-t-il. "Je suis fier de l'avoir embauché à l'Elysée, car je considère que c'était quelqu'un qui était dévoué et qu'il avait un parcours différent", explique-t-il encore.

Salaire intégral perçu

Lors de son audition par la Commission des lois du Sénat, le directeur de cabinet d'Emmanuel Macron a ainsi révélé qu'Alexandre Benalla avait perçu l'intégralité de son salaire au mois de mai 2018, soit quelque 6 000 euros mensuels net, et ce malgré la mise à pied de deux semaines décidée à son encontre après les événements du 1er mai à l'origine du scandale. « En revanche, ses 15 jours de suspension feront l'objet d'une retenue sur les droits à congé qu'il avait en reliquat au titre de l'année 2017 », a précisé Patrick Strzoda. Et d'insister : « Il a de très nombreux jours de congé auxquels il a droit. Dans son solde avant licenciement ses congés ne seront pas payés. »

Ces révélations sur un salaire intégralement perçu par Alexandre Benalla viennent toutefois contredire les informations précédemment apportées par Bruno Roger-Petit. Le 19 juillet dernier, le porte-parole de l'Élysée avait affirmé qu' Alexandre Benalla avait été « mis à pied pendant 15 jours avec suspension de salaire ».

Perquisition à l'Élysée

Mercredi en fin d'après-midi, LCI a révélé qu'une perquisition était en cours dans le bureau d'Alexandre Benalla au palais présidentiel. Une perquisition en présence de l'intéressé et confirmée par la présidence française. Débutée en milieu d'après-midi, cette perquisition a pris fin vers 20 heures.

Pas de mission de sécurité

Interrogé par la Commission d'enquête de l'Assemblée nationale, le chef du Groupe de sécurité de la présidence de la République (GSPR) a pour sa part assuré qu'Alexandre Benalla n'avait « aucune » mission de sécurité auprès du chef de l'État. Il avait davantage un rôle de « chef d'orchestre » dans l'organisation des déplacements du président. Selon Lionel Lavergne, les missions de l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron étaient les suivantes : la gestion des invitations du 14 Juillet, la participation à l'organisation des déplacements officiels du chef de l'État et celle des déplacements non officiels.

Et d'insister : Alexandre Benalla « assurait la coordination des différents services qui concourent à l'organisation d'un déplacement, parmi lesquels la sécurité », mais aussi « la presse, l'audiovisuel, l'intendance ». Lionel Lavergne a également précisé que l'ancien conseiller était le lien entre le cabinet présidentiel et les services de sécurité, une sorte de « premier contact », mais qui ne disposait « d'aucune autorité ». « Il n'y a pas d'officine ou de police parallèle à l'Élysée », a martelé le patron du GSPR. Alexandre Benalla n'était pas « hors de contrôle », mais « respectait sa hiérarchie ».

L'ignorance du patron de la police

Mercredi matin, c'était au tour d'Éric Morvan, d'être auditionné par la Commission des lois du Sénat. Le directeur général de la police nationale a affirmé qu'il avait appris dans Le Monde, le 18 juillet dernier, la présence d'Alexandre Benalla sur la manifestation du 1er mai, place de la Contrescarpe à Paris. « Je n'étais pas dans la boucle apparemment restreinte de ceux qui savaient. L'IGPN [l'Inspection générale de la police nationale, NDLR] pas davantage », a précisé Éric Morvan.

« Entre le 2 mai et la parution de l'article du journal Le Monde, je n'ai pas été mis au courant », a-t-il ajouté. Le directeur général de la police nationale a par ailleurs précisé qu'il n'était pas anormal de n'avoir pas été mis au courant de la mise à pied d'Alexandre Benalla dans la mesure où celui-ci n'était pas l'un de ses employés. « Je n'ai pas de pouvoir disciplinaire sur lui. » Selon lui, l'ancien Monsieur Sécurité d'Emmanuel Macron est un individu qui « a un peu perdu les pédales, qui a eu un peu la grosse tête ».

La version de Gibelin contredite

Auditionné par la Commission d'enquête de l'Assemblée nationale, Éric Bio-Farina, commandant militaire de la présidence de la République, a affirmé que le directeur de l'ordre public et de la circulation (DOPC) à la préfecture de police de Paris s'était entretenu avec Alexandre sur sa présence à la manifestation du 1er mai. « Au cours de cette discussion », lors d'un déjeuner le 25 avril dernier, Alain Gibelin et l'ancien conseiller à la sécurité ont « échangé sur les équipements qui seraient fournis à Alexandre Benalla pour qu'il puisse participer à ladite manifestation. C'est tout ce dont je me souviens », a expliqué Éric Bio-Farina.

Des déclarations qui contredisent la version donnée par Alain Gibelin aux députés, lundi soir. Le patron de la DOPC avait alors affirmé qu'il n'avait nullement été informé de la participation de l'ancien collaborateur d'Emmanuel Macron à cette manifestation parisienne. Il avait également expliqué ne pas savoir d'où provenaient le brassard de police et le poste radio que possédait Alexandre Benalla le 1er mai.

Macron ne s'exprimera pas devant les Commissions

Devant la presse, à l'issue du conseil des ministres, Benjamin Griveaux a pour sa part exclu une quelconque prise de parole par le chef de l'État devant les commissions d'enquête parlementaires, et ce alors que les députés de l'opposition demandent notamment de pouvoir entendre plus de protagonistes de l'affaire Benalla, dont Alexis Kohler, secrétaire général de l'Élysée, qui sera auditionné jeudi par le Sénat. Benjamin Griveaux promet toutefois que « toutes les leçons » de l'affaire Benalla seront tirées par le gouvernement et que des « changements profonds » interviendront dès la rentrée.

Le 25/07/2018 avec AFP

Le Point