Cherbourg hydro

Situation ubuesque pour cette usine de fabrication d'hydroliennes à Cherbourg fermée un mois et demi après son inauguration. C'est l'incompréhension totale dans la Manche alors que l'EPR de Flamanville annonçait un an supplémentaire de travaux et une rallonge de 400 millions d'euros. C'est pour des questions financières que Naval Energie a lâché le site de 5.500 mètres carré qui devait permettre chaque année la construction de 25 hydroliennes.

Une décision étatique puisque l'État possède plus de 60% de Naval Group, la société d'industrie marine. Le projet avait été lancé en 2014 et certains accusent l'exécutif d'avoir cédé au lobby nucléaire.

"Cette filière d'avenir, l'État l'a tuée", c'est ce qu'affirme les élus locaux. Pour Hervé Morin, le président de la région Normandie, le coupable a un nom. "Celui qui faut montrer du doigt c'est celui qui grosso modo décide de tout, cet homme s'appelle Emmanuel Macron", assure-t-il. Une situation paradoxale alors que le ministre de la Transition Écologique, Nicolas Hulot, réclame une union sacrée sur le climat ce dimanche matin dans Le Journal Du Dimanche.

Sébastien Jumel, député communiste de Seine-Maritime, estime que cette fermeture de cette usine de fabrication d'hydroliennes est "l'illustration de l'incapacité de l'État à développer une stratégie de développement des énergies renouvelables en France". Il accuse l'État d'avoir sabordé cette usine en "faisant entrer la production d'énergie dans une logique d'actionnaire". Selon lui, l'État "joue au Monopoly au lieu d'agir pour la préservation de la planète". Sébastien Jumel espère que le projet verra malgré tout le jour pour que la France ait un mix énergétique. 

Par Yann Bouchery le 29/07/2018

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