Tegner LR

Erik Tegnér a 24 ans. Il s'adresse volontiers à la jeunesse "identitaire"Il défend sans complexe les positions de l'Italien Matteo Salvini ou du Hongrois Victor Orban sur les migrants.

Il se dit candidat à la présidence des Jeunes RépublicainsJe précise qu'il se "dit" candidat. Parce qu'en réalité, on ne sait pas encore s'il sera en mesure de remplir les conditions pour l'être, notamment en termes de parrainages. Pour tout vous dire, on n'est même pas sûr à ce jour que l'élection, pourtant programmée les 14 et 15 octobre prochains, aura bien lieu.

Mais dans l'intervalle, ce jeune homme propre sur lui aura réussi, quoi qu'il arrive, à se faire remarquer, puisqu'il prône donc l'union des droites, jusqu'à Marine Le Pen. Et ce non seulement dans l'indifférence totale de la direction du parti, mais avec un certain succès dans le milieu politique. Contre la doxa officielle des Républicains

Laurent Wauquiez s'y est engagé plusieurs fois publiquement : il n'y aura pas, sous sa présidence, de rapprochement avec le FN. Ceci étant dit, ses détracteurs (son ex-numéro 2, Virginie Calmels, ou encore Jean-François Copé, dans Le Point cette semaine) lui reprochent de trop laisser faire, de laisser s'installer cette idée malgré tout, au prétexte de ne pas vouloir écarter ceux qui en parlent, tant qu'ils ne sont pas passés aux actes.

Au mois d'avril dernier, il avait, par exemple, choisi de ne pas sanctionner l'ancien ministre Thierry Mariani qui s'était prononcé en faveur d'une alliance politique avec le Rassemblement national.

Soutenu par la droite de la droite

Or on a beau pouvoir douter de sa sincérité, ou au minimum de la cohérence du parcours d'Erik Tegnér, quand on constate qu'il y a un an seulement il signait une tribune intitulée "La droite doit refuser toute alliance avec le FN". Force est de constater qu'il a réussi à s'adjoindre le soutien de plusieurs personnalités de la droite de la droite.

Et pas n'importe lesquelles : le député Sébastien Chenu (certes un ex-UMP, mais porte-parole du parti de Marine Le Pen), le patron de Debout La France en personne, Nicolas Dupont-Aignan, ou encore l'essayiste souverainiste Paul-Marie Couteaux, pour ne citer qu'eux. La plupart de ces personnalités sont d'ailleurs annoncées à la soirée de lancement de sa campagne le 5 septembre prochain. 

Hasard ou pas ? On notera au passage que le protégé de Laurent Wauquiez chez les Jeunes RépublicainsAurane Rehanian, qui avait déclaré notamment que les enfants nés d'une PMA "ne devraient pas exister", passerait presque pour un modéré en comparaison. S'il n’a pas déclaré sa candidature pour l'instant, il est à ce jour le seul candidat sérieux à la présidence des Jeunes Républicains.

Par Pauline de Saint-Rémy le 28/08/2018

RTL