Juncker commission

Ainsi donc, la «consultation citoyenne» a parlé: 84% des Européens ne veulent plus du changement d’heure été-hiver, annonce fièrement la Commission européenne. À sujet anodin, grande opération démocratique. Jean-Claude Juncker se félicite de la participation de «millions de personnes» et il conclut: «Lorsqu’on consulte les citoyens sur quelque chose, il convient ensuite de faire ce qu’ils souhaitent

Quelle hypocrisie! Quelle désinvolture envers le citoyen!

Arrêtons le ridicule: on parle ici d’une pseudo-consultation menée au creux de l’été et qui a touché 4,6 millions d’internautes, soit 0,9% de la population européenne… Si la Commission et son président avaient la moindre considération pour l’opinion des gens, cette mascarade leur ferait honte.

Présenter l’opération comme une participation citoyenne à la prise de décision est grotesque.  Car la démocratie est exigeante: elle requiert des débats, des citoyens informés, des procédures de vote non manipulables et contraignantes. Or la consultation organisée par la Commission européenne est à l’opposé de tout cela. Si ce genre d’opération devait se généraliser, ce ne serait qu’un instrument de plus aux main des technocrates pour chercher l’aval populaire quand cela les arrange.

Bien sûr, la question de l’heure d’été est folklorique et on est tenté d’en rire. Mais Jean-Claude Juncker est à la tête d’une importante institution censée protéger les principes fondamentaux de la démocratie. S’en souvient-il encore ? 

Par Alain Rebetez (correspondant à Paris de la TDG) le 02/09/2018

La Tribune de Genève