Election europeenne

Hier, Gérard Collomb  n’a pas été très disert lors de sa présentation devant la presse de l’évolution des chiffres de la délinquance depuis le mois de janvier, telle qu’établie par le ministère de  l’Intérieur. Les statistiques établissent une  très forte  hausse des violences contre les personnes ( Coups et blessures volontaires +7,5%) dont les  femmes sont particulièrement victimes; un  autre signe tangible du laxisme d’Etat,  de  la tiers-mondisation, de  l‘ensauvagement  de notre société plurielleLe même jour M. Collomb regrettait au micro de BFMTV/RMC qu’Emmanuel Macron et son gouvernement aient « peut-être manqué d’humilité »,   cause selon  lui de la dégringolade du  président de la République et de ses ministres  dans  les enquêtes d’opinion. Crise d’humilité qui n’est pour le coup certainement pas l’explicitation du  revirement de l’élue en marche  Yaël Braun-Pivet.  Candidate à la succession  de  François de Rugy à la  présidence   de l’Assemblée nationale  face à Richard Ferrand, éclaboussé dans l’affaire dite des mutuelles de BretagneMme Braun-Pivet avait dit  tout le mal qu’elle pensait de ce dernier,  un homme incapable d’incarner le  renouvellementElle s’est finalement ralliée à son panache gris...en même temps

Le dernier sondage Ifop pour Paris-Match, CNews et Sud Radio (publié mercredi)  indique en tout cas, par rapport à la précédente enquête du mois de juin,  un recul assez net des intentions de vote en faveur du parti présidentiel  pour les européennes de mai 2019. La liste macroniste recueillerait 20 % des suffrages (- 3 points) , talonnée par celle du RN (18%, – 2 points), suivie par la liste LR (15%, inchangé) et LFI (14%; + 3 points).

C’est dans ce contexte qu’Emmanuel Macron présentait mardi à la Grande Synagogue de Paris,  dans le cadre de Roch Hachana (les fêtes du Nouvel an juif qui débutent dimanche), ses vœux aux représentants communautaires  officiels, devenant le premier président de la République à participer à cette cérémonie. S’il n’a pas pris la parole (au nom du respect de la  laïcité ont indiqué l’Elysée et  le grand rabbin Haïm Korsia), M. Macron a été assez vivement interpellé par le président du consistoire, Joël Merguiqui a ici tenu des propos assez habituels dans sa bouche depuis plusieurs années.

M. Mergui ne s’est pas contenté en effet  de demander le soutien de l’Etat pour la création  du Centre européen du judaïsme qui doit voir le jour à Paris l’année prochaine.  Il a surtout  insisté sur la situation sécuritaire, le  fait que « (les) rabbins refusent que la paternité des actes antisémites », en « pleine  recrudescence » selon lui, soit attribuée « à des déséquilibrés»:  «Jusqu’ou ira la mauvaise conscience de notre société, à tout accepter, à tout pardonner ?» «Par peur de stigmatiser, de commettre un amalgame coupable, la France a perdu des années dans sa lutte contre l’islamisme radical». Il a estimé en outre qu’il existe également une montée en puissance  sur internet de la « parole anti-juive », avec comme corollaire une   émigration  des juifs de France vers Israël (Alya ) dans des proportions jamais atteintes.  Pour faire bonne mesure, et par souci de (mauvaise) symétrie, MM Mergui et Korsia ont entonné également le couplet convenu sur leurs peurs devant la forte poussée électorale des  populismes  et « la montée des racismes en Europe. ».

Le lendemain, par souci d’équilibre (?), Emmanuel Macron recevait à l’Elysée les  représentants  du Grand Orient de France (GODF), secte à laquelle appartient notamment  son ministre des cultes Gérard Collomb et  des principales obédiences  de la franc-maçonneriepour les rassurer sur son attachement indéfectible à la laïcité

La philosophe Chantal Delsol  avait   créé l’émoi chez les bien-pensants le 21 août en déclarant  sur l’antenne de France Inter qu’« avant d’être une richesse (l”arrivée massive des migrants était)  surtout une menace culturelle. » Nouveau Grand Maître du GODF, le gaulliste de gauche Jean-Philippe Hubsch  prévenait pour sa part, au moment de son intronisation trois jours plus tard, que les frères ne souhaitaient pas que la république mette le holà à la poursuite de l’immigration. M. Hubsch a rappelé la nécessaire   «solidarité » des  maçons  du Grand Orient  vis-à-vis  des migrantsdes  réfugiésdes immigrés . Et prévenu que cette immigration  torrentielle devait être acceptée par les Français et les Européens  « Il ne s’agit pas là d’un phénomène ponctuel, mais d’un changement complet du monde dans lequel nous vivons.  Il faut que l’on sache les accueillir… »

Cette question du choix entre une Europe hors-sol, grande ouverte  à tous les flux de biens, de capitaux, de populations, s’enlisant dans sa doxa globaliste mortifère, l’impasse ultra libre-échangiste,  sera bien celle que nos compatriotes, et leurs voisins européens devront se  poser en mai prochain.

Le site euractiv   indiquait aujourd’hui à ses lecteurs  que « le président europhile français (sic) cherche à mettre en place une campagne pan-européenne de progressistes pour faire face à la déferlante de nationalistes anti-immigration (…). Le terme  progressiste,  choisi par Emmanuel Macron est déjà utilisé par le groupe des socialistes et démocrates (S&D) au Parlement européen. »  « L’idée c’est qu’il puisse y avoir une forme de coalition pour l’élection qui rassemble les progressistes sur une plateforme commune qui peut aller au-delà des appartenances politiques bien structurées qu’on connaît », explique une source à l’Élysée, citée par Reuters. On est dans un moment européen grave où il faut savoir se recomposer parce que le camp nationaliste lui ne va pas hésiter à se recomposer, il ne faut donc pas rester prisonnier des étiquettes politiques, ajoute cette source.»  Une évidence en effet,  si l’on part du principe, comme Marine,  les nationaux, Bruno Gollnisch l’affirment depuis maintenant plusieurs décennies, que le vrai clivage, qui traverse (parfois)  les état-majors des  partis du Système et  (souvent ) leur clientèle électorale est entre les tenants progressistes du cosmopolitisme d’essence mondialiste d’un côté,  et de l’autre  les patriotes attachés à l’enracinement, à la  pérennité du  modèle national.

Le 07/09/2018

Bruno Gollnisch