Marion Assemblée 5

Le 26 juillet 2016, le père Jacques Hamel était égorgé dans sa paroisse de Saint-Etienne-du-Rouvray. Vers 22h ce même jour, Marion Maréchal, alors député du Vaucluse, annonçait sur Twitter: «L'armée est en sous-effectif. Je vais postuler pour être dans la réserve en PACA». Sa candidature dans la réserve opérationnelle a néanmoins été refusée, au motif qu'elle était alors parlementaire au Front National.

Ce mercredi, Marion Maréchal a contesté cette décision devant le tribunal administratif de Lyon, d'après une information du Progrès . «Le rapporteur public, magistrat chargé de proposer une solution au litige, de l'avis du ministère, a préconisé le rejet de la demande de la jeune femme qui n'était ni présente, ni représentée par un avocat à l'audience», précise le quotidien situé à Lyon.

«Comme beaucoup de Français, je suis triste et révoltée, déclarait au Point au moment de sa candidature la directrice du nouvel Institut des Sciences Sociales Économiques et Politiques. Les événements m'imposent de donner pour mon pays. L'armée se porte mal, elle manque d'effectifs. Il faut montrer l'exemple. Il faut que les jeunes Français retrouvent de la cohésion patriotique. L'armée, c'est une belle école de la vieMarion Maréchal semblait alors obéir aux critères de recrutement de la réserve - avoir plus de 17 ans, être français, être en bonne forme physique et déclaré apte psychologiquement. La parlementaire recevait dans la foulée une convocation pour évaluer son aptitude, après avoir envoyé sa demande au commandement de la région Sud-Est des Armées.

D'autres députés déjà officiers de réserve

Mais, finalement, début février 2017un colonel lui annonçait par courriel que sa candidature était rejetée au motif que les «dispositions légales s'opposaient au recrutement d'un parlementaire». Le ministère de la Défense se fondait en droit sur l'article LO142 du code électoral aux termes desquels «l'exercice des fonctions publiques non électives [comme un poste dans la réserve opérationnelle, ndlr] est incompatible avec le mandat de député». «Malgré tout l'intérêt de la demande des parlementaires concernés et leur attachement à la défense de notre pays, il ne peut y être donné suite dans l'état actuel du droit», ajoutait le ministère.

La règle de droit paraît en effet claire. Mais son application a fait réagir Marion Maréchal car plusieurs parlementaires sont déjà officiers au sein de la réserve opérationnelle ou de la réserve citoyenne. «La réserve militaire [réserve opérationnelle] concerne les personnes pouvant intégrer, en cas de besoin, les forces armées en vue d'opérations militaires, alors que la réserve citoyenne s'adresse aux personnes souhaitant participer au renforcement du lien entre la Nation et les forces armées par des actions en direction notamment des collectivités locales ou du monde de l'éducation», explique le site service-public.fr.

Ainsi, le député PS Nicolas Bays est commandant au sein de la réserve opérationnelle dans l'Armée de Terre. «Alors que le service militaire n'existe plus, la réserve opérationnelle des forces armées représente aujourd'hui un lien fondamental entre la société civile et les forces armées», expliquait le député en 2013, alors qu'il participait au titre de commandant à l'exercice de l'OTAN «Steadfsat Jazz» en Pologne. Député LR jusqu'en 2017, l'ancien ministre des Sports Jean-François Lamour est quant à lui devenu colonel de la réserve citoyenne de l'Armée de Terre en 2015, rattaché au 1er Régiment d'hélicoptères de combat de Phalsbourg. Idem pour la députée socialiste du Gard, Françoise Dumas, nommée colonel au sein de la réserve citoyenne en 2016, rattachée au 4ème Régiment du matériel. Quant à Loïc Hervé, sénateur UDI de Haute-Savoie, il est officier au sein de la réserve de la Marine nationale depuis 2003, au grade de capitaine de corvette.

Par Alexis Feertchak le 27/09/2018

Le Figaro