mardi 1 décembre 2009
Grippe A : l'alerte maximale envisagée en France
édition du 1er décembre 2009
Lundi, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot, a évoqué la possibilité que la France passe bientôt au niveau 6 du plan de pandémie grippale. Dix nouveaux décès ont été enregistrés depuis vendredi, «avec des personnes qui pour la plupart n'avaient ni facteur de risque, ni problème particulier». Mme Bachelot s'est empressée toutefois de rappeler que ce plan a été imaginé au moment de la grippe aviaire et qu'il constitue avant tout une «boîte à outils». «Il y a des outils dans le niveau 6 qui peuvent d'ores et déjà être utilisés, par exemple l'interdiction des rassemblements. Mais ça ne veut pas dire qu'on (les) utilisera forcément tous», a-t-elle expliqué sur RMC. « La décision de passer au niveau 6 est envisagée mais pas pour demain», expliquait de son côté Didier Houssin, directeur général de la santé. En France métropolitaine, 2 762 000 personnes ont été touchées par la grippe A. On dénombre 86 décès (plus 28 dans les collectivités d'outre-mer), 305 cas graves dont 101 sont encore en réanimation parmi lesquels 20 % d'enfants de moins de 15 ans.
Ce que prévoit le niveau 6 :
• Le ministère de l'Intérieur à la tête des opérations
Le passage au niveau 6 pourrait amener des changements dans l'organigramme de la gestion de la pandémie. Le ministère de l'Intérieur pourrait prendre la main et être appelé à piloter les nouvelles mesures, ces dernières étant toujours décidées dans le cadre de la cellule interministérielle de crise. La Place Bauveau serait également chargée de coordonner les actions conduites au niveau départemental et municipal.
• Rassemblements, réunions publiques et déplacements limités
Le plan prévoit toute une série de mesures barrières visant à freiner et à limiter l'extension de la pandémie. Est citée en priorité la fermeture des crèches, des établissements d'enseignement et de formation, des internats et des centres d'accueil de mineurs. Des mesures indispensables dont l'efficacité est démontrée pour limiter la contagion lors d'épidémies grippales, selon les rédacteurs du plan. L'interruption ou la réduction de certains transports locaux, lieux potentiels de transmission du virus, est également indiquée. Les spectacles, les rencontres sportives, les foires et salons ainsi que les rassemblements festifs pourraient eux aussi être suspendus. Ce type de décision s'inscrirait dans une vraie perspective de santé publique à la différence des récents reports de match de foot motivés avant tout par le fait que plusieurs footballeurs étaient infectés par le virus H1N1. Le plan envisage la suspension de la distribution de documents publicitaires par porteurs.
• Visites et accès limités à certains lieux publics
Le plan évoque la possibilité de restreindre les visites et les accès aux établissements hospitaliers, aux maisons de retraite, aux prisons et aux établissements sociaux et médico-sociaux.
• Mesures d'isolement et port de masques
Les opérations de vaccination des dernières semaines ont éclipsé plusieurs mesures d'hygiène qui avaient été abondamment évoquées au début de l'épidémie. Le passage au niveau 6 pourrait remettre à l'ordre du jour le port de protections respiratoires par les personnels de santé ou le port du masque chirurgical par les personnes indemnes dans les espaces publics qui pourrait être rendu obligatoire dans certains lieux.
• Distribution de sacs plastiques à lien pour les déchets des malades
Le plan tient par certains côtés du catalogue à la Prévert. «Les Français ont l'habitude de construire des cathédrales technocratiques et d'essayer de faire rentrer la réalité des choses dans des mesures administratives», ironisait Roselyne Bachelot lundi sur RMC. Exemple, quelques lignes après avoir évoqué la mise en place du contrôle des prix qui pourrait être décidée sur proposition du ministre des Finances, le plan envisage de déroger aux prescriptions techniques applicables aux véhicules funéraires et, en cas de pénurie, de distribuer des sacs plastiques à lien pour les déchets des malades à domicile.
lundi 30 novembre 2009
Afghanistan: Sarkozy ambigu
JDD
Article de Gaël Vaillant publié le 30 novembre 2009
Alors que Barack Obama doit détailler sa stratégie militaire en
Afghanistan mardi, Nicolas Sarkozy a réaffirmé le soutien de l'armée
française sur le terrain, sans évoquer de renforcements des troupes,
pourtant demandés par les Etats-Unis.
Alors que les armées de l'OTAN semblent s'enfoncer un peu plus dans le
bourbier afghan face à des taliban experts en guérillas, Nicolas
Sarkozy ne semble pas vouloir accéder aux demandes des Américains. En
effet, il s'est refusé à évoquer un renforcement d'effectifs lundi,
lors d'une cérémonie de prise d'armes aux Invalides, à Paris. Selon LeMonde.fr,
la secrétaire d'Etat américain, Hillary Clinton, a demandé à son
homologue français Bernard Kouchner, lors d'une conversation
téléphonique jeudi dernier, que la France envoie 1500 hommes à Kaboul
En revanche, Nicolas Sarkozy a réaffirmé que les soldats français déployés en Afghanistan y seraient maintenus "aussi longtemps que nécessaire": "Renoncer, ce serait laisser le champ libre au terrorisme et à la violence barbare des fanatiques", a-t-il déclaré. Mais le locataire de l'Elysée a aussi rappelé que cinq soldats français étaient morts cette année en Afghanistan.
Interrogé sur France Inter, le ministre de la Défense, Hervé Morin, a enfoncé le clou, affirmant qu'il n'était pas question d'augmenter les effectifs: "La France considère qu'elle a fait un effort extrêmement important [3400 militaires français sont sur le terrain] et qu'il n'est pas pour l'instant question d'augmenter les effectifs", a-t-il déclaré. Une prise de position que Nicolas Sarkozy a réitéré dans un entretien téléphonique qu'il a eu avoir avec son homologue américain lundi soir. "Cette conversation a fait apparaître une très grande convergence de vues sur tous les sujets évoqués", évoque toutefois un communiqué de presse évasif de l'Elysée.
A la veille de l'annonce de ses choix stratégiques pour l'Afghanistan, Barack Obama semble vouloir s'assurer du soutien de ses alliés. Il leur a d'ailleurs transmis, lundi matin, les principales mesures qu'il compte détailler mardi soir à la télévision américaine. Il pourrait annoncer l'envoi de 30 000 soldats supplémentaires, en renfort des 68 000 militaires américains présents. Selon plusieurs sources anonymes, un calendrier de retrait est également évoqué.
Si la Russie et la France semblent soutenir assez mollement l'effort de guerre américain, le Premier ministre britannique, Gordon Brown, a confirmé pour sa part qu'il allait y porter de 9000 à 9500 le nombre des militaires britanniques. Ces renforts d'un demi-millier d'hommes seront déployés avant la fin décembre dans la province méridionale du Helmand, un des principaux fiefs des taliban, où l'armée britannique est engagée dans de rudes combats contre l'insurrection islamiste. L'Italie, l'Allemagne et la Chine, également engagées auprès de l'Otan, ne se sont pas encore exprimées sur la relance voulue par les Etats-Unis. Londres accueillera le 28 janvier prochain une réunion internationale sur l'Afghanistan afin de débattre de la meilleure sortie de conflit à adopter.
dimanche 29 novembre 2009
Déraillement du train Moscou-Saint-Pétersbourg: 25 morts, selon un nouveau bilan
Yahoo actualités
édition du 29 novembre 2009
Le déraillement vendredi soir du train Moscou-Saint-Pétersbourg (nord),
dû selon les autorités russes à une bombe placée sur les voies, a fait
25 morts, selon un nouveau bilan communiqué dimanche par le ministre
des Situations d'urgence, Sergueï Shoigu.
Il a ajouté que 26 autres personnes étaient
toujours portées disparues, tout en signalant que certaines pourraient
s'en être sorties indemnes ou ne jamais être montées dans le train. Le
ministère a ensuite fait savoir qu'il n'y avait que 12 disparus.
D'après la ministre de la Santé Tatiana Golikova, 85 personnes étaient encore hospitalisées dimanche matin, dont 21 dans un état grave. Six ressortissants étrangers figurent parmi les blessés, dont un Belge et un Italien, a-t-elle ajouté.
Les familles des victimes décédées ont commencé à les identifier dimanche, à la morgue de l'hôpital de Tver, localité importante la plus proche du lieu de l'accident survenu près d'Ouglovka, à environ 400km au nord-ouest de Moscou et 250km au sud-est de Saint-Pétersbourg.
D'après le chef du Service fédéral de sécurité (FSB), Alexandre Borotnikov, le déraillement a été provoqué par l'explosion sur les voies d'un engin explosif d'une puissance équivalente à sept kilos de TNT. Des restes de la bombe ont été retrouvés sur les lieux, a-t-il expliqué samedi. Aucune revendication crédible n'est pour le moment parvenue aux enquêteurs.
Le Nevski Express, train luxueux fréquenté par une clientèle d'hommes d'affaires et de responsables politiques, transportait quelque 633 passagers et 20 membres du personnel de bord entre Moscou et Saint-Pétersbourg, la deuxième ville du pays. Trois des 14 voitures ont déraillé, alors que le train roulait à près de 200km/h. AP
jeudi 26 novembre 2009
Bachelot : «L'épidémie de grippe A s'accélère»
Le Parisien
édition du 26 novembre 2009
L'épidémie de grippe H1N1 «s'accélère de façon encore plus brutale», a
déclaré, d'un ton un peu alarmiste, la ministre de la Santé, Roselyne Bachelot ce jeudi. L'Institut national de veille sanitaire a ainsi recensé ainsi 22 nouveaux décès en une semaine dus au virus H1N1.
Ce qui porte à 68 le nombre de décès depuis le début de l’épidémie.
«L'augmentation de l'incidence de la grippe s'accompagne, hélas sans
surprise, de celle des formes graves et des décès», constate Bachelot.
Six personnes qui ont succombé à la grippe A ne présentaient aucun facteur de risque connu. «Nous étions sur un rythme de 8 à 10 nouveaux décès par semaine» avant cette «accélération» de l'épidémie, a rappelé la ministre.
Vaccination : une dose suffit
L'objectif visé par le gouvernement d'une vaccination générale de la population devrait être facilité par le passage à une seule injection, officialisé jeudi. «Sur la base des recommandations de l'Agence européenne du médicament, la vaccination sera effectuée avec une seule injection à l'exception de certaines tranches d'âge», a précisé la ministre. «Les jeunes de moins de 9 ans en particulier recevront toujours deux injections car la protection immunitaire est plus difficile à obtenir pour eux.»
Plus de 2,7 millions de Français déjà infectés par le virus
Mercredi, le réseau des Grog (groupes régionaux d'observation de la grippe) a estimé que 2 726.000 personnes ont été infectées par le virus de la grippe A en France depuis le mois d'août. Selon ce réseau, 712 000 cas ont été recensés la semaine dernière en France métropolitaine, contre 410 000 la semaine précédente.
La campagne de vaccination
aussi s'accélère. Au soir du samedi 21 novembre, 305 000 personnes au
total avaient bénéficié du vaccin. Ce jeudi, elles sont 750.000.
Les moins de 13 ans les plus touchés
Le réseau Sentinelles-Inserm, qui ne prend en compte que les grippes avec fièvre d'apparition brutale dépassant 39°, a communiqué ses propres estimations mercredi. Selon lui, 1.782.000 personnes touchées par la grippe ont consulté leur généraliste, en onze semaines d'épidémie. La semaine dernière, l'âge médian des cas était de 13 ans (de 7 mois à 96 ans), c'est-à-dire que la moitié des personnes malades avait moins de 13 ans.
Au niveau régional, les régions les plus touchées la semaine dernière étaient les suivantes : Limousin (1 275 cas pour 100 000 habitants), Champagne-Ardenne (1 164), Rhône-Alpes (1 134), Nord-Pas-de-Calais (1 074), Franche-Comté (814), Centre (665), Provence-Alpes-Côte-d'Azur (657), Languedoc-Roussillon (602), Pays-de-la-Loire (590), Poitou-Charentes (588), Midi-Pyrénées (576) et Haute-Normandie (568).
Le Mistral mouille à Saint-Pétersbourg
Ria Novosti
Saint-Petersbourg, 23 novembre 2009, Ria Novosti
Le porte-hélicoptères français Mistral est arrivé lundi pour une visite
de travail à Saint-Pétersbourg, en prévision d'une possible acquisition
par la Russie d'un navire de ce type, rapporte le correspondant de RIA
Novosti sur place.
Le chef d'état-major adjoint des forces
navales russes, Oleg Bourtsev avait auparavant annoncé à RIA Novosti
que le commandement de la flotte jugeait nécessaire d'acquérir un
porte-hélicoptères de ce type et de construire quatre autres navires
sous licence française.
Ces navires, destinés à appuyer des
opérations de débarquement, de maintien de la paix et de sauvetage,
doivent équiper les flottes russes du Nord et du Pacifique, estiment
les militaires. Leur utilisation dans la lutte contre les pirates, au
large des côtes somaliennes par exemple, est également possible.
Une
rencontre de travail début octobre à Moscou entre les ministres de la
Défense des deux pays, Anatoli Serdioukov et Hervé Morin, avait permis
d'espérer l'issue fructueuse des négociations sur l'achat par la Russie
d'un navire de type Mistral.
Selon les médias français, le coût du navire se situera entre 400 à 500 millions d'euros.
Un couple dîne à la Maison Blanche... sans invitation
édition du 26 novembre 2009
Un couple non invité a réussi à pénétrer dans la Maison Blanche, mardi soir, à l'occasion d'un dîner officiel en l'honneur du Premier ministre indien Manmohan Singh, sans être inquiété par les services de sécurité, révèle le Washington Post.
Le Secret Service, chargé de la sécurité à la Maison Blanche, a ouvert une enquête sur l'incident, a-t-on appris mercredi soir.
"Selon les premiers éléments, un point de contrôle qui n'a pas suivi la procédure pour vérifier que le couple figurait sur la liste des invités, a été identifié", a indiqué à l'AFP Edwin Donovan, agent au Secret Service.
Mais le couple est "passé par les portiques de sécurité et les autres niveaux de sécurité, comme tous les invités au dîner" a-t-il ajouté.
Le Washington Post précise que le couple, Tareq et Michaele Salahi, aspire à participer à un show de TV réalité dans l'État voisin de Virginie du Nord.
Le couple a fait état de son imposture sur Facebook en publiant une photo d'eux en compagnie du vice-président Joe Biden, du responsable du personnel de la Maison Blanche Rahm Emanuel et d'une présentatrice de télévision, Katie Couric.
2012 : un film passé au crible par des scientifiques
Le Nouvel Observateur
édition du 26 novembre 2009
Pour tous ceux qui n'auraient pas vu le film 2012,
rappelons brièvement l'enchaînement catastrophique qui menace la Terre.
Le Soleil, pour une raison inconnue, se met à émettre plus de
neutrinos, les particules produites lors de la fusion des atomes légers
dans son cœur. Ces neutrinos, qui habituellement traversent la Terre
sans encombre, se métamorphosent en rayonnement micro-onde. Et
commencent à chauffer le cœur de la Terre. Le magma remonte alors
violemment, déclenchant éruptions volcaniques, séismes, dérive des
continents, tsunamis...
Les neutrinos : une étrange transformation en micro-ondes...
Pour le physicien Michel Cribier du CEA, spécialiste des neutrinos, "les
spéculations sur une corrélation entre le flux de neutrinos et
l'activité solaire mesurée par le nombre de taches solaires ont été
l'objet de débats plus que passionnés depuis les premières mesures
longues des neutrinos solaires (vers 1975). Bien que dans certains cas,
on puisse voir (avec la foi) une relation avec le nombre de taches
solaires pour certaines époques, toutes les études statistiques
sérieuses n'ont rien montré de convainquant."
Le flux de neutrinos n'est donc pas périodique comme peut l'être la
présence ou la disparition de taches solaires. Le premier phénomène est
interne et met en œuvre les réactions de fusion nucléaire. Le second
s'observe en surface et est lié à des mouvements de convection.
La transformation de neutrino en micro-ondes qui chaufferaient le noyau
de la Terre est encore plus étrange. Les particules ne se
métamorphosent pas en rayonnement. Le seul phénomène qui s'en
rapprocherait concerne une particule hypothétique, l'axion,
qui a la capacité de se transformer en photon en présence de forts
champs magnétiques. Mais cette théorie n'a pas pu être vérifiée pour
l'instant.
Un volcanisme spectaculaire... et inventif
Anthony Finizola, volcanologue à l'Institut de Physique du Globe de
Paris (Equipe Géologie des Systèmes Volcaniques), détaille et critique
les différents phénomènes géologiques présentés à l'écran.
Yellowstone
Les manifestations en surface du réchauffement du noyau terrestre
débutent à Yellowstone (E-U) : ce point est pour le moins surprenant,
car, supposons que le noyau de la Terre commence à chauffer et que le
manteau terrestre devienne de plus en plus fluide ; alors le magma
emprunterait dans un premier temps les cheminées volcaniques déjà
ouvertes, celles des volcans en activité par exemple. Il est donc
probable que les premières manifestations se situent au niveau d’Hawaii
ou de la Réunion –volcans aujourd’hui en activité (et en relation avec
des remontées magmatiques provenant de la partie externe du noyau)-
plutôt qu’à Yellowstone.
De plus le bombement de terrain, précurseur de l'explosion, qui s’étend
sur une superficie de 10 km2 est beaucoup trop faible par rapport aux
évènements apocalyptiques qui vont suivre.
Sans compter qu’en prémices de l’événement de Yellowstone, il y a
l’ouverture d’une faille gigantesque non loin de là, engloutissant
voitures et piétons. Le mécanisme à l’œuvre est un mouvement
d’extension de la croûte terrestre, puisque les deux lèvres de la
faille s’écartent l’une de l’autre. Or, les failles en extension
correspondent à des mouvements tectoniques particuliers qui n’ont rien
à voir avec une remontée de magma ponctuelle provenant du noyau…
Celle-ci aurait dû créer un réseau de fractures concentriques en
compression plutôt qu’une seule faille en extension…
De même, lorsque l’activité terrestre s’emballe, le héros et sa fille
partent, en camping-car, à la recherche de la carte des régions
émergées. Ils affrontent alors ce qui ressemble plutôt à champignon
atomique, en fait une éruption volcanique de type de celle qu’a connu
le Mont Saint Helen en 1980. Or, si l’intérieur de la Terre est si
chaude -on évoque 1700 °C- la lave doit être très fluide et s’épancher
sur les pentes du volcan plutôt que de donner lieu à une éruption
explosive. Les scénaristes mélangent ici deux types de volcanisme bien
différents.
Au cours de cette scène, nous assistons aussi à une grosse erreur
balistique : les bombes volcaniques arrivent plutôt en rase-motte alors
qu'elles devraient tomber verticalement, car très certainement
projetées très haut par l'éruption.
En revanche, seul point positif, le célèbre geyser, ancien volcan de
point chaud laisse échapper d’abord une grande quantité de vapeur.
C'est correct scientifiquement, car du point de vue géologique, c’est
d’abord l’eau qui s’évapore et se trouve éjectée, avant l’épanchement
de lave…
Tsunami
Plusieurs tsunamis surviennent au large des côtes chinoises et
indiennes. Ce fait est en contradiction avec la logique du film : en
effet, un tsunami est toujours généré par un séisme, qui est la
conséquence de la tectonique des plaques. Cela suppose donc que la
lithosphère de la Terre, cette partie rigide formée de la croûte et
d’une partie du manteau supérieur garde sa rigidité et au gré du
déplacement des plaques jointives, accumule par frottement des
contraintes pour les relâcher brutalement lors de séismes. Or, tout
indique par ailleurs (basculement de la marge des continents) qu’à
cause de la chaleur du noyau terrestre les continents sont réduits et
ont perdu leur rigidité en surface, donc à fortiori en profondeur, on
peut imaginer que l’accumulation des contraintes tectoniques par
frottement, dans un tel contexte, n’est que peu réaliste.
Grosso modo, la température maximum de la lave (en surface) mesurée est
de 1350°C. On n’a en effet jamais mesuré de température atteignant (en
surface) 1700°C. Cela dit, comme il s’agit d’une remontée très rapide
dans un contexte de réchauffement du noyau, pourquoi pas imaginer une
température atteignant 1700°C. Etant donné la très mauvaise
conductivité thermique des roches et la rapidité de la remontée, la
lave pourrait remonter en surface en gardant une température
particulièrement élevée, jamais mesurée jusqu’à présent.
Un dérèglement du noyau
Au final, que se passerait-il si le noyau de la Terre se mettait à chauffer de manière totalement extravagante ?
A cause de la mauvaise conductivité thermique des roches du manteau, le
transfert de chaleur se ferait de manière très lente, le transfert
durerait quelques dizaines de millions d’années. La température du
noyau est aujourd’hui estimée à plus de 5000°C. Mais si elle s’emballe,
le manteau deviendrait bien plus fluide qu’aujourd’hui. Du coup les
mouvements de convection qui animent le manteau et qui sont le moteur
de la tectonique des plaques , les déplaçant aujourd’hui de quelques
centimètres par an, accéléreraient. Ainsi dans le film la Chine s’est
déplacée de 2500 km en trois ans ! Cette température excessive
réduirait aussi la partie cassante de la croûte. On assisterait dans un
premier temps à une baisse puis à une cessation de la fréquence des
séismes profonds. Seuls les séismes superficiels persisteraient. Tout
cela affecterait en profondeur le fonctionnement de la machine Terre.
Comment construire autant d'arches salvatrices en 6 mois ?
Arnaud Delloye, architecte à Paris, complète cette critique du film en
s'intéressant aux effets des catastrophes. «Dans l'ensemble, le film
est assez réaliste d'un point de vue architectural et structurel. Il y
a cependant quelques petites invraisemblances :
Maison
Tout d’abord, lorsque le héros du film, Jackson Curtis, comprend qu’une
catastrophe va se produire, il se précipite chez son ex-femme pour
qu’elle le suive, avec ses enfants. A ce moment-là, toute la maison
s’ébranle, puis s’écroule, à l’exception d’un mur, qui étrangement
reste intact. Ce n’est simplement pas possible.
Bâtiment
Commence ensuite une course effrénée en voiture, à travers une ville où
tous les bâtiments s’abattent. Dans une scène délirante, la voiture
s’engouffre sous un immeuble, dont les poteaux en béton se tordent en
«S». Un tel mouvement n’est pas possible : le béton n’accepte aucune
torsion ; au pire, il peut plier sous la pression.
Basilique Saint-Pierre à Rome
Un peu plus tard, tandis que les catastrophes s’accumulent, on assiste
à la chute de la coupole de la basilique St Pierre, à Rome, qui tombe
sur la foule rassemblée à son pied. Ce n’est pas réaliste : cette
coupole devrait s’effondrer verticalement sur la basilique, sauf si la
totalité du sous-sol est soulevée puis basculée. Les architectes
calculent la répartition des charges pour qu’elles s’appliquent
verticalement, pour éviter tout mouvement de torsion. Il peut arriver,
cependant, qu’un bâtiment bascule entièrement sur le côté, comme on l’a
vu à Shanghai (Chine) récemment. Mais dans ce cas, c’était parce que le
terrain meuble, situé près d’une rivière, n’était pas adapté à la
construction.
Electricité
Vers la fin du film, un séisme secoue Washington. Juste après la
secousse, les héros (dont le président des Etats-Unis) se relèvent et
découvrent les dégâts dans la lueur des lampes électriques encore
allumées ici et là. En réalité, lors d’un séisme, ce sont les réseaux –
électriques notamment –qui sautent en premier. Il ne pourrait pas y
avoir une seule lampe allumée dans la ville.
Les arches qui sauvent les humains
La fin du film met en scène des arches d’acier immenses, réalisées en à
peine 6 mois. Là, il y a de nombreuses incohérences. Il y a d’abord un
problème d’échelle non maîtrisée. On peut estimer, par comparaison avec
les installations, qu’une seule de ces arches fait environ un kilomètre
sur 300 mètres de large. Or, il est prévu d’y loger seulement 70 000
personnes, soit l’équivalent d’un grand stade de foot. On pourrait
sauver beaucoup plus de monde !
Et puis on peut se poser des questions quant à la construction de
telles arches en seulement 6 mois. Serait-ce possible? Non,
certainement pas. Ce n’est pas un problème de main d’œuvre, mais de
matière première. Il n’y a pas, actuellement, sur le marché de stocks
d’acier suffisants pour réaliser de tels ouvrages. Et a fortiori
d’acier trempé, un matériau qui demande beaucoup de préparation. Dans
tous les cas, je ne vois pas comment on pourrait ne serait-ce que
concevoir un projet aussi colossal en aussi peu de temps. Même si une
armée d’architectes et d’ingénieurs s’y attelait jour et nuit, il
faudrait au minimum six mois de préparation!
Ensuite, les concepteurs décident de construire les arches les unes à
côté des autres. Ce n’est pas très intelligent: si une vague doit
déferler jusqu’à elles –ce qui est prévu–, elles vont forcément se
heurter les unes les autres. C’est ce qui se passe dans le film,
d’ailleurs…
Lorsque l’une des arches entre en collision avec l’Everest, des roches
s’écroulent sur elle, sans faire exploser ses vitres: actuellement,
personne ne sait fabriquer des vitres qui résisteraient à de tels
impacts. Il n’y a que l’acier qui pourrait résister à de tels chocs.
Une dernière petite incohérence, que je trouve très drôle. In extremis,
l’arche reprend la mer et évite une collision fatale. Ses moteurs se
remettent en marche et éjectent une bouffée de fumée noire vers le
ciel… Des vaisseaux aussi sophistiqués, appelés à rester en mer de
longs mois, fonctionneraient donc à l’énergie fossile? Ont-ils
embarqués des stocks colossaux de charbon ou de pétrole? N’aurait-il
pas été plus judicieux d’utiliser un moteur nucléaire, à l’instar des
brise-glaces ? »
Propos recueillis par Azar Khalatbari, David Larousserie et Sylvie Rouat
Sciences et Avenir
19/11/09
La vente d'un navire de guerre français à la Russie inquiète
Article Isabelle Lasserre de publié le 26 novembre 2009
Un peu plus d'un an après la brève guerre en Géorgie, le pays négociateur du cessez-le-feu d'août 2008, régulièrement violé par Moscou, s'apprête à vendre des bateaux de guerre à la Russie. Certains, assurément, y verront un symbole politique embarrassant.
Exposé depuis lundi à Saint-Pétersbourg, le porte-hélicoptères Mistral est l'un des fleurons de la marine nationale, le plus gros navire de guerre français après le Charles-de-Gaulle (200 mètres de long, 32 de large). Surnommé «le couteau suisse» pour ses qualités de polyvalence, il peut transporter une quinzaine d'hélicoptères, treize chars Leclerc ou un petit millier d'hommes. Il est aussi doté d'une capacité de commandement et d'un hôpital de 70 lits.
«Le Mistral, c'est le nec plus ultra en matière de BPC (bâtiment de projection et de commandement)», résume un marin. Un bijou que de nombreux pays nous envient. C'est bien pour cela que les Russes, qui cherchent à se doter d'une force d'attaque amphibie et rapide, le veulent. Les négociations sont aujourd'hui entrées dans leur phase finale. Après avoir fait une offre, les Français attendent une réponse de Moscou «dans les prochaines semaines». À terme, le contrat devrait concerner cinq Mistral.
Si Moscou et Paris se félicitent, la vente du Mistral fait grincer des dents dans les anciennes républiques soviétiques, surtout le long de la mer Noire, où les tensions avec Moscou sont récurrentes. Les voisins craignent que la Russie utilise les navires de guerre français dans la Baltique et dans la mer Noire pour contrecarrer l'extension de l'Otan à l'est et faire reculer l'influence occidentale dans son ancienne arrière-cour.
Les Géorgiens, qui se sentent toujours menacés par le nouvel impérialisme russe, réclament l'annulation du projet. «La Russie veut restaurer son statut de grande puissance en rétablissant son influence sur les anciennes républiques d'URSS. Le Mistral est un bateau d'assaut formidable pour attaquer la Géorgie ou les pays Baltes. C'est comme si on donnait une arme de pointe à un bandit. Voilà pourquoi nous avons peur », explique Alex Rondeli, le président de la Fondation géorgienne pour les études internationales et stratégiques.
«Nu, sans système d'armes»
Commentant la décision de son pays, le commandant de la marine russe, l'amiral Vyssotski, l'a d'ailleurs carrément reconnu, se référant à l'invasion de la Géorgie en août 2008 : un tel navire aurait permis à la flotte de la mer Noire «d'accomplir sa mission en 40 minutes au lieu de 26 heures» ! Les pays Baltes, eux aussi, s'inquiètent. Le chef de la diplomatie estonienne, Urmas Paet, exige de savoir si le bateau sera fourni «avec ou sans équipement de haute technologie».
À Paris, on minimise ces critiques en rappelant que le navire sera fourni aux Russes «nu, sans système d'armes». «On ne peut pas dire qu'on veut créer un continent de stabilité avec la Russie, bâtir un partenariat avec elle, tenter de rallier Moscou sur les grands dossiers du moment, comme le nucléaire iranien, et refuser de leur vendre des armes. Ce serait en contradiction avec notre discours », défend une source proche du dossier.
La nécessité de fournir du travail aux chantiers navals de Saint-Nazaire aurait pesé lourd dans la décision et fini par vaincre les réticences initiales de l'Élysée. Face à cette perspective économique et financière, le code de bonne conduite européen sur les exportations d'armes, qui stipule la nécessité «de prévenir l'exportation d'équipements qui pourraient être utilisés à des fins de répression interne ou d'agression internationale ou contribuer à l'instabilité régionale» n'a pas fait le poids…
Edwige Antier a-t-elle favorisé le séjour de clandestins ?
LCI
édition du 26 novembre 2009
De cette pédiatre et élue UMP, députée de Paris des 8e et 9e
arrondissements, on connaît surtout sa proposition de loi contre les
châtiments corporels, qui a fait naître des sourires au sein de son
propre parti en prônant l'interdiction de la fessée. Bernadette Chirac
elle-même est montée au front en défendant implicitement les vertus de
la fessée. Mais Edwige Antier pourrait voir son nom cité dans un dossier tout à fait différent et autrement plus polémique, celui de l'immigration clandestine.
Selon RTL, l'élue UMP est dans le collimateur de la
police judiciaire parisienne. Elle est soupçonnée - sans être encore
mise en examen - d'aide illégale au séjour de clandestins chinois. Sur
les quatre dernières années, elle aurait ainsi apporté son aide à près
d'un millier de ressortissants chinois. Tous auraient été invités
officiellement en France, et Edwige Antier aurait régulièrement mis en avant, selon RTL, ses fonctions politiques pour justifier des "coopérations techniques et culturelles" franco-chinoises. Le hic, c'est qu'une fois en France, les fameux invités ne seraient jamais repartis.
Contactée par la radio, l'élue UMP a démenti toute aide au séjour irrégulier d'étrangers en affirmant n'avoir fait que son travail. Toujours selon RTL, elle pourrait être entendue prochainement par la police.
mardi 24 novembre 2009
Le foulard de la discorde dans les tribunes publiques de l'Assemblée
LCI
édition du 24 novembre 2009
" Pour être admis dans les tribunes, le public doit porter une tenue correcte. Il se tient assis, découvert et en silence." Voici l'article 8 du règlement de l'Assemblée nationale
qui fait débat depuis quelques jours chez les députés. Les uns veulent
l'appliquer à la lettre, les autres rappellent que la disposition est
dépassée et donc devenue pour ainsi dire obsolète. Tout est parti de la
présence le 12 novembre dans les tribunes ouvertes au public d'une
jeune femme arborant un foulard islamique. Un foulard
devenu incident. Car aussitôt, le député centriste François Rochebloine
interpelle le président de séance. A leur tour, plusieurs députés
protestent. Avant d'écrire au président UMP de l'Assemblée, Bernard Accoyer, pour que "le règlement soit appliqué" car le port d'un foulard en séance y "est formellement interdit".
Dans une lettre adressée à tous les députés dont TF1News a eu copie, le
président de l'Assemblée répond à ses collègues qui s'en "sont émus": "Certes, l'article 8 dispose (que le public) doit se tenir ‘découvert'". Mais ajoute deux arguments l'empêchant de l'appliquer à la lettre : rien dans le règlement "n'autorise le président de séance à refuser l'accès des tribunes du public à une personne pour ce motif". Et surtout, "cette prescription, vieille de plus d'un siècle, ne saurait (...) être opposée au port du foulard".
Et le président de rappeler que ladite règle voulait seulement à l'époque qu'un "homme retire son couvre-chef" en séance publique, et qu'elle "n'a d'ailleurs jamais trouvé à s'appliquer ni aux femmes portant une coiffure, ni au port de signes religieux", comme le voile des religieuses. Le président de l'Assemblée rappelle enfin aux députés que "si
le port de signes ou de tenues manifestant une appartenance religieuse
a été interdit par la loi, c'est dans les seuls écoles, collèges et
lycées publics, ce qui signifie bien, a contrario, qu'il est autorisé
dans les autres lieux publics" et que "notre institution doit satisfaire à l'exigence constitutionnelle de publicité des débats". En clair, Bernard Accoyer affirme qu'en l'état actuel il ne peut refuser le port d'un foulard dans les tribunes.
Seulement voilà, l'argumentaire est retoqué par Jean-François Copé. Le président du groupe UMP s'est "joint"
aux protestations de ses collègues. Et en a profité pour réaffirmer sa
position en faveur d'une loi sur l'interdiction du port de la burqa.
Une mission d'information a été mise en place à l'Assemblée, qui doit
publier son rapport en janvier.
Et la polémique s'est poursuivie mardi soir lors d'une réunion du groupe UMP à huis clos. C'est la députée UMP Françoise Hostalier, connue pour son engagement en faveur des droits des femmes et des sans-papiers, qui a pris le leadership du 'mouvement', faisant savoir qu'elle n'est pas d'accord avec l'interprétation du président de l'Assemblée devant ses collègues du groupe majoritaire, qui l'ont applaudie. Elle a réclamé la modification du règlement de l'Assemblée pour que le port du voile islamique soit interdit dans les tribunes du public dans l'hémicycle. "Alors qu'on tient un débat sur l'identité et les valeurs de la République, si on n'est pas exemplaire à l'Assemblée sur ces thèmes-là, où peut-on l'être ?", a-t-elle ensuite déclaré à l'AFP. "Ce sont les femmes musulmanes elles-mêmes qui nous demandent d'être fermes sur ces principes" face à "la montée des intégrismes", a-t-elle affirmé.
Pas mécontent de prendre le contrepied du président de l'Assemblée, Jean-François Copé a salué l'initiative de Françoise Hostalier, tandis que le député de l'Ain, Michel Voisin, répondait à l'argument avancé par Bernard Accoyer selon lequel le règlement concernait seulement les couvre-chefs et non les religieuses. "C'est faux !", a-t-il lancé, rappelant qu'en février 2000, un aumônier militaire et une religieuse qui l'accompagnaient avaient dû retirer, l'un sa croix, l'autre son voile. Réponse à toute cette polémique de Bernard Accoyer lors de cette réunion, selon son entourage : il fera "le point sur cette mesure ancienne".


