03-07-08
Armées : Le grand malaise de la Grande Muette
Article de Christian Chaton publié le 2 juilet 2008
La démission du Chef d’Etat-Major de l’Armée de Terre, le Général
Bruno Cuche, après que Nicolas Sarkozy l’ait violemment pris à partie
lundi matin en sortant de l’hôpital où il avait rendu visite aux
blessés de Carcassonne, comme la tribune publiée le 17 juin dans le
Figaro par un groupe d’officiers généraux anonyme baptisé « Surcouf »
dénonçant la légèreté et les insuffisances du Livre Blanc sur la
défense, sont autant de comportements, inhabituels chez des militaires
habitués à l’obéissance au pouvoir politique, qui traduisent le profond
malaise de nos armées et l’incompréhension qui s’est installée entre
les militaires et le Président de la République, Chef des Armées.
Pour
bien percevoir ce qui se passe aujourd’hui il faut se rendre compte que
depuis 50 ans il n’y a pas d’institution qui ait connu autant de
réformes, de dégraissages, de révolutions même que l’institution
militaire qui dans le même temps a vu son prestige décliner et sa place
dans la Nation s’amoindrir.
Premier traumatisme, la Guerre d’Algérie dont nos armées, vainqueurs sur le terrain, sont sorties blessées après qu’une partie d’entre elles se soit dressée contre le pouvoir civil qui avait transformé cette victoire militaire en défaite politique.
Purges,
condamnations à mort ou aux travaux forcés, mises à pied, dissolution
de régiments entiers parmi les meilleurs ont durablement marqué
plusieurs générations de militaires.
Les plaies du drame
algérien encore ouvertes, nos armées, rentrées dans leurs casernes, se
sont tout entières consacrées à la préparation du scénario qui était le
plus probable dans les années 70, d’un affrontement majeur avec les
forces du Pacte de Varsovie sur le Théâtre Centre Européen.
Deuxième rupture avec
une partie de la société civile – certes moins douloureuse que la
Guerre d’Algérie, mais au moins aussi profonde et inscrite dans la
durée – les évènements de Mai 68 et leurs conséquences sociétales.
«
Jouir sans entraves », « Il est interdit d’interdire » sont autant de
mots d’ordre de l’époque qui ont entraîné un bouleversement des
rapports sociaux sur fond de laxisme et de permissivité à l’antipode
des valeurs d’Honneur, de Fidélité et de Patrie inscrites dans les plis
des drapeaux de nos régiments et dont les Armées sont les gardiennes
traditionnelles.
L’implosion en chaîne, entre 1989 et 1991, des régimes communistes d’Europe de l’Est a été perçue comme une victoire sans combats et sans appel du Camp de la Liberté sur celui de l’oppression , le triomphe planétaire du modèle libéral américain sur son rival soviétique, et a pu être interprété par certains intellectuels comme le début de la fin de l’Histoire et des affrontements.
A quoi sert une défense quand il n’y a plus d’ennemi(s) ? Les Européens, saisis de vertige face à ce vide stratégique et oublieux des leçons de l’Histoire, se sont empressés de répondre à cette question en réduisant progressivement leur effort de défense et en réduisant sensiblement le volume de leurs forces armées.
Mais
la nature est têtue ! L’émergence de nouvelles menaces a rendu notre
environnement encore plus dangereux que par le passé car plus
imprévisible. A ces nouvelles menaces, les grandes puissances, ou au
moins celles qui ont des ambitions sur la scène internationale, ont
répondu par un accroissement substantiel de leur effort de défense.
Toutes sauf les Européens dont la seule ambition historique semble
aujourd’hui se limiter à l’horizon gris de la courbe de croissance de
leur économie.
C’est dans ce contexte de cécité stratégique et
de réduction des moyens qu’est intervenue en 1996 la
professionnalisation des Armées, voulue par Jacques Chirac contre
l’avis de la plupart des chefs militaires.
Une des conséquences de cette véritable révolution a été de couper davantage encore l’Armée de la Nation en supprimant le lien organique qui les unissait grâce à la conscription.
Mais
au moins Jacques Chirac passait-il pour un fana-mili ayant conservé une
certaine idée de la France et du rôle de son Armée.
Tel n’est
plus le cas avec Nicolas Sarkozy, qui à ma connaissance n’a jamais
brillé pour son intérêt pour les questions de défense et la chose
militaire. Pas plus que son Ministre de la Défense Hervé Morin qui
apparaît aux yeux des militaires plus comme l’exécuteur des basses
œuvres de Bercy, dans le cadre de la Révision Générale des Politiques
Publiques, que comme le défenseur des intérêts de nos Armées.
Le
résultat de cette méconnaissance du monde militaire, et de l’absence de
vision stratégique du rôle de la France et de l’Europe dans le monde, a
produit le Livre Blanc sur la défense, qui prévoit
sur 6 ans un dégraissage de 54.000 personnels civils et militaires et
confirme les craintes de paupérisation globale exprimées par le Général
Cuche au mois de janvier 2008 dans une lettre adressée au Chef
d’Etat-Major des Armées, le Général Georgelin.
De la paupérisation de nos Armées à la démission du Général Cuche, en passant par l’affaire de Carcassonne, c’est à une véritable rupture entre l’Armée et ses chefs civils que nous en sommes en train d’assister.
Une rupture de plus après la Guerre d’Algérie, Mai 68, l’effondrement du communisme et l’abandon de la conscription !
27-05-08
Langues régionales : La vérité n’est pas toujours agréable à entendre
Article de Christian Chaton,
Conseiller Général du Haut-Rhin Alsace d'Abord publié le 27 mai 2008
L’inscription
par surprise d’une référence aux langues régionales dans le projet de
révision de la Constitution a été présentée comme une avancée
significative sur le long chemin de leur reconnaissance par la
République par quelques députés “basques”, “corses”, “alsaciens” ou
“bretons”.
La réalité est plus modeste puisque cette
inscription, toute symbolique, n’engagera finalement pas l’Etat à
grand-chose. Après tout le droit au travail est depuis longtemps
inscrit dans cette même Constitution, ce qui n’empêche pas 2,5 millions
de Français d’être sans emploi…
D’ailleurs, dans la foulée de
cette reconnaissance le gouvernement, par la voix de Christine Albanel,
s’est empressé de préciser que la ratification de la Charte Européenne
des Langues Régionales et Minoritaires n’était toujours pas à l’ordre
du jour.
Cette Charte, signée et ratifiée depuis longtemps par
la plupart des Etats européens, comporte effectivement un certain
nombre de dispositions contraignantes pour les Etats signataires, comme
par exemple la possibilité de s’exprimer en langue régionale dans
l’espace public.
De cette possibilité
il n’est toujours pas question en France (sauf en Alsace-Moselle du
fait de notre droit local), comme on a pu le constater lors du récent
débat sur les langues régionales à l’Assemblée Nationale. Tous les
députés qui ont commencé leur intervention par quelques mots dans leur
langue ont immédiatement été interrompus par le Président de séance,
qui à chaque fois leur a rappelé que la seule langue tolérée dans
l’Hémicycle était le français. Et chacun de s’exécuter sous peine de se
voir privé de parole…
Ainsi, les députés veulent introduire
dans la Constitution une forme de reconnaissance des langues
régionales, mais dans le même temps ils s’interdisent d’en faire usage. Ce raccourci illustre les limites de l’exercice de style de nos parlementaires.
Dès
lors, la question que nous devons nous poser est de savoir si nous
devons tout attendre de Paris, d’en haut, des partis nationaux et de
leurs représentants régionaux pour sauver ce qui peut encore l’être en
Alsace, et au moins maintenir (à défaut de développer) un certain
niveau de pratique de notre langue régionale dans ses deux aspects, les
dialectes alsaciens et leur expression écrite l’allemand standard ?
La réponse est bien évidemment non.
Il est bien commode de dénoncer à longueur de discours les difficultés que
les représentants de l’Etat en Alsace, et en particulier l’Education
Nationale, font aux promoteurs du bilinguisme. Mes ces difficultés sont
somme toute logiques dans un pays qui s’est construit par l’exercice
d’un centralisme absolu, d’abord monarchique, puis jacobin. Je dirais
qu’elles sont de bonne guerre.
Plutôt que de rejeter la
responsabilité de notre acculturation sur d’autres, nous serions bien
inspirés de nous interroger sur nos propres responsabilités.
La
seule question qui mérite alors d’être posée est la suivante: que font
les Alsaciens, d’origine ou d’adoption, individuellement et
collectivement, et leurs représentants élus, pour sauvegarder leur
patrimoine linguistique, marqueur essentiel de leur identité ?
La réponse n’est pas agréable à entendre, mais elle est incontestable : pas grand-chose.
Ainsi,
le Conseil Général du Haut-Rhin consacre annuellement 0,2% de son
budget au bilinguisme. Je pourrais écrire la même chose du Conseil
Général du Bas-Rhin et du Conseil Régional d’Alsace.
Compte
tenu de la chute vertigineuse de la pratique de notre langue régionale,
et des enjeux économiques et géopolitiques qui lui sont liés, ces
moyens sont-ils suffisants ?
Ils sont dérisoires.
Mais
ils ne sont que le reflet du déficit de volonté politique de nos
“grands élus”, lui-même conséquence du désintérêt de la grande majorité
des Alsaciens pour leur langue et de leurs rapports complexes, et
complexés, avec leur histoire et leur identité.
La vérité n’est pas toujours agréable à entendre.
24-05-08
Attaque de la Piscine d’Hautepierre Il faut mettre la racaille hors d’état de nuire
Communiqué de Alsace d'Abord publié le 23 mai 2008
La piscine de Strasbourg Hautepierre a été attaquée vers 02H00 du matin par une voiture qui, projetée contre l’entrée, a immédiatement pris feu, dévastant le hall d’accueil des vestiaires et des bureaux et générant des dégâts particulièrement importants.
Alsace
d’Abord dénonce cet acte criminel et pré-terroriste contre un bâtiment
public qui s’inscrit dans la suite de précédents tout aussi scandaleux
comme l’incendie de l’Ecole Catherine du même quartier.
Ces
dégâts lourds priveront les habitants d’un équipement de loisirs alors
qu’approchent les beaux jours. Mais au-delà des aspects pratiques, ces
faits illustrent l’incapacité de l’Etat comme de la Municipalité à
faire clairement respecter la loi et l’ordre dans un quartier
strasbourgeois.
Il faut aujourd’hui clairement mettre la racaille hors d’état de nuire et libérer ces quartiers dont les honnêtes citoyens et contribuables sont aujourd’hui pris en otage par des délinquants impunis.
Jacques Cordonnier
Président d’Alsace d’Abord
23-05-08
Le Mouvement Normand prend date
Article de Maximilien Malirois publié le 23 mai 2008
Le 3 février 2007, en plein cœur de la Normandie, à Bernay, se tenaient les instances du Mouvement Normand (M.N.). Créé en 1969 et présidé par Didier Patte, le M.N. - qui s’achemine vers sa quarantième année d’existence - veut réunifier les entités administratives « Haute- » et « Basse-Normandie » en une seule et même région normande. Mais cet attachement à ce combat fondamental ne doit pas réduire le M.N. en groupe d’intérêts uniquement locaux.
Régionaliste sans bombe, ni fracas, partisan d’une
politique enfin pensée et active d’aménagement du territoire, le M.N.
est, à notre connaissance, le seul exemple de groupe d’influence
réussi. Qu’on ne lui cherche donc pas des slogans de campagne, car sa
vocation n’est pas électorale ou politicienne et, contrairement à Alsace d’abord de Robert Spieler, à la Ligue savoisienne de Patrice Abeille ou à l’Union démocratique bretonne
de Christian Guyonvarc’h, le M.N. n’est pas une formation politique. Il
cherche plutôt à influencer les décideurs, travailler les esprits,
attirer l’attention sur les retards de la Normandie, bref, à pratiquer
la métapolitique au quotidien. Il serait par conséquent vain de vouloir
le situer politiquement ; disons qu’il ne se considère ni de droite, ni de gauche, mais surtout… normand !
La proximité d’échéances capitales pour la France (les
élections présidentielles et législatives) incita la direction du M.N.
à faire le point sur un certain nombre de dossiers concernant en
priorité la Normandie morcelée. Ce travail a aboutit grâce à une
réorganisation interne qui répartit les différents sujets entre les
divers organes de réflexion spécialisés créés : les directorats.
Actuellement au nombre de huit, ces directorats colorés
couvrent l’ensemble des activités humaines de la Normandie et, aussi,
de la France, car, rappelons-le, les militants du M.N. ne sont pas des
séparatistes et n’ont pas l’intention de fomenter de quelconques nuits
bleues à Caen, Cherbourg ou Rouen… Ces Normands-là se sentent
pleinement Français et Européens ! Le directorat rouge traite des questions politiques, institutionnelles, régionalistes et décentralisatrices tandis que le directorat brun s’occupe des problèmes économiques et sociaux, le directorat vert de l’agriculture, de l’agro-alimentaire, de l’environnement, de l’écologie et des énergies, le directorat gris de la formation initiale et continue, de l’enseignement, de l’université et de la recherche, le directorat bleu des problèmes maritimes, fluviaux, balnéaires et de gestion de l’eau, le directorat pourpre de la culture, du patrimoine et des arts, le directorat orange des problèmes d’infrastructures, de communications et de transports. Enfin, le directorat noir se charge de l’insécurité sociale et sanitaire, des services publics, des médias et de la communication du M.N.
La réunion de Bernay a permis à chaque directorat de
débattre avec les autres directorats et les adhérents présents. De
toutes ces discussions est sorti un document important : le Forum de discussion au sein des instances du Mouvement Normand.
Sa lecture en est à la fois passionnante, plaisante et édifiante parce
que le non-Normand découvre les méfaits considérables de la division de
la Normandie en deux parties tronquées. On découvre que la S.N.C.F. ne
réagit pas à l’éventualité d’une thrombose ferroviaire dans la vallée
de la Seine entre Le Havre, Rouen et Paris. On y apprend que faute
d’une politique ambitieuse de maintien des services publics de plus en
plus contestés par le libéralisme oligarchique de Bruxelles, la
désertification des campagnes se poursuit sans susciter l’alarme des
autorités. La brochure donne d’autres exemples tout aussi éclairants
sur la déshérence actuelle de la Normandie. Nous préférons cependant
nous concentrer que sur quelques propositions faites par Didier Patte
et ses amis.
Le M.N. soutient que « l’émergence des agro-carburants
- que d’aucuns nomment bio-carburants - peut constituer une
diversification pérenne et sûre de la production agricole […] Les
agro-carburants […] peuvent assurer une indépendance énergétique de la
profession agricole (avec la bio-masse, le solaire, le petit éolien) ».
Cette prise de position justifiée ne signifie pas le rejet du
nucléaire, bien au contraire, puisque le M.N. est favorable à l’E.P.R.
Le cas intéressant de l’énergie montre que le M.N. se défie de tous les
intégrismes (vert ou du tout-nucléaire) et réclame la complémentarité
des sources énergiques renouvelables et atomique.
À tous ceux qui penseraient que le M.N. se complaît
dans l’analyse « normandocentrée », signalons-leur que, fidèle aux
Vikings fondateurs, le directorat bleu n’oublie
pas que le domaine maritime français est, grâce à ses onze millions de
kilomètres-carré, l’un des premiers au monde. Il aimerait par
conséquent que Paris réaffirme « la puissance politique de la France
sur des territoires contestés (comme l’îlot-atoll de Clipperton) et,
surtout, [soit] présente comme puissance maritime majeure (d’où
l’importance du programme Barracuda, assurant à Cherbourg un plan de
charge de plusieurs décennies) ».
Dans une approche voisine, le directorat pourpre
souhaiterait « que la Normandie prenne la tête d’une action vigoureuse
en faveur de la promotion des langues d’oïl, de la défense de la langue
française et de la francophonie. À côté du français officiel subsistent
les langues régionales qui ont contribué à former la langue académique.
Nos relations privilégiées avec le Québec, celles que nous pourrions
avoir avec la Wallonie, nos affinités avec le picard et le gallo, nous
placent dans une position favorable pour jouer le rôle qui revient à la
Normandie ». Le directorat distingue par ailleurs fort excellemment les
langues enracinées (le breton, le corse, l’occitan, etc.) qui sont des langues françaises des langues communautaires issues de l’immigration (arabe, chinois, kabyle…). Or la Charte européenne des langues régionales et minoritaires ignore cette distinction essentielle, d’où l’approbation du M.N. que la France ne la ratifie pas.
Par l’intermédiaire du directorat rouge,
on s’aperçoit que le M.N. défend une ligne réformiste au sujet de la
carte administrative territoriale. « Le M.N., présentement, ne veut pas
la suppression des départements. Ils sont légitimes pour les fonctions
sociales qui sont leur spécialité et ils rassemblent des élus de
proximité. À l’inverse, nous concevions fort bien que les cantons
ruraux disparaissent et que la circonscription de désignation des
conseillers généraux soit la communauté de communes, dont le président
serait justement le conseiller général. Il faudrait que le secteur
urbaine conserve le système actuel des cantons. » Que les membres du
M.N. nous pardonnent d’être en désaccord avec cette analyse, car la
France souffre à la fois d’un trop grand nombre de communes dont
certaines ne comptent que trois électeurs (Leménil-Mitry en
Meurthe-et-Moselle), six habitants (Ourdon dans les Hautes-Pyrénées) ou
qui ont une trop petite superficie (Castelmoron-d’Albret en Gironde
avec 650 ha), et d’un empilement aujourd’hui inopérant de niveaux
administratifs (communes, intercommunalités, cantons, pays,
arrondissements, départements, régions). La révolution administrative
passerait par la suppression des cantons, des arrondissements et des
départements.
Sait-on que Marseille est le territoire de France qui
compte le plus d’échelons puisque ses dix-huit arrondissements urbains
forment, deux par deux, des secteurs dotés d’une mairie, et sont
partagés en cantons sans que leurs tracés respectifs ne coïncident ? Le
département est voué à la disparition. Déjà, à partir de 2008, les
nouvelles plaques d’immatriculation ne comporteront plus le numéro du
département.
Dans les zones rurales, le pays (ou district)
remplacerait les communautés de communes et le canton. Il garantirait
une répartition équilibrée des activités : dans ce village, l’école
primaire ; dans ce bourg, le collège à quatre cents élèves. Dans les
zones urbaines, une intercommunalité enfin respectueuse de l’histoire
des communes se substituerait avantageusement aux actuelles
agglomérations et autres régions urbaines. En Île-de-France, la
disparition des départements permettrait la formation d’un « Grand
Paris » englobant l’Île-de-France. Mais nous comprenons fort bien que
le M.N., engagé dans son combat pour unifier la Normandie, souhaite
avoir le soutien des puissants élus départementaux.
Pays et agglomérations seraient subordonnés aux régions
auprès desquelles ils seraient représentés par des sénats régionaux
composés de délégués de ces deux collectivités. Les attributions
sociales des départements reviendraient principalement aux pays et aux
agglomérations. Pays, agglomérations et régions seraient administrés
par des présidents élus au suffrage universel direct qui dirigeraient
des conseils exécutifs indépendants des assemblées (de pays,
d’agglomération et régionales) qui les contrôleraient néanmoins. Il ne
s’agit ici que de généraliser les institutions en vigueur en Corse.
Dans cette perspective d’autonomie, l’adoption d’un statut de l’élu
local serait nécessaire afin de lui permettre d’exercer pleinement ses
responsabilités. Bien entendu, le mandat serait unique (à l’exception
des « sénateurs » régionaux déjà élus des assemblées de pays ou
d’agglomération) et les citoyens auraient le droit de proposition
référendaire. Pour l’élection de l’assemblée régionale, peut-être
garderait-on la circonscription départementale ? C’est une possibilité
parmi d’autres.
L’enseignement est un domaine primordial, d’autant que
le M.N. veut promouvoir de nouvelles élites normandes. Outre la
création d’une « Université de Normandie » qui réunirait les
universités de Rouen et de Caen, le directorat gris « suggère la création d’un Campus anglo-américain en Normandie,
ayant pour mission d’accueillir des étudiants anglais et américains y
suivant une étape de leur cursus et des étudiants français » parce
qu’on oublie trop souvent que « la Normandie est la matrice du monde
anglo-saxon ». Plus que la décentralisation de l’Éducation nationale,
le M.N. demande sa régionalisation, « y compris dans la gestion des
personnels. Si l’État doit rester le garant (sourcilleux) de la qualité
et de la délivrance des diplômes et de la collation des grades
universitaires, l’heure est venue de confier aux régions la gestion
complète de l’enseignement, y compris supérieur, et de la recherche ».
Soit, mais cela implique au préalable la révision complète des modes de
recrutement des enseignants du secondaire et du supérieur. Quel avenir
en effet pour le caractère national des concours du C.A.P.E.S.
(Certificat d’aptitude professionnelle à l’enseignement secondaire) du
C.A.F.E.P. (le « C.A.P.E.S. » pour l’enseignement privé), des P.L.P.
(professeurs en lycée professionnel) et de l’Agrégation ? Ces concours
se régionaliseraient-ils comme le sont actuellement les concours des
professeurs des écoles du primaire ? Comment gérer l’excédent de
professeurs dans telle matière dans cette région (ou dans cette
académie) et la pénurie dans une autre ? Les mutations
inter-académiques seraient-elles finies ? La régionalisation
condamnerait-elle le jeune professeur tout juste titularisé de Provence
qui se retrouve en Z.E.P. au Val-Fourré à Mantes-la-Jolie à y enseigner
toute sa carrière alors que son collègue, plus chanceux, enseignerait,
lui, à Henri-IV ? La régionalisation souhaitable doit dans ce domaine
se montrer d’une très grande souplesse. En revanche, on ne peut
qu’approuver ce directorat quand il exige « l’organisation d’un
véritable enseignement de la culture normande, dès le primaire, dans le
premier et second degré du secondaire, dans l’enseignement supérieur ».
Le Forum de discussion au sein des instances du Mouvement Normand
montre la grande vitalité du M.N. qui s’exprime, dans le domaine de la
communication, par une presse dynamique dont le fer de lance est
l’excellent mensuel politique L’Unité Normande. Le
M.N. dispose maintenant sur la Toile un site fort bien fait. Tout est
entrepris afin de « promouvoir une opinion publique normande ». L’enjeu
va bien au-delà puisqu’il s’agit aussi « de libérer la parole dans un
pays où la liberté d’expression est de plus en plus formatée et
politiquement correcte. […] L’esprit conquérant procède toujours d’une
volonté de transgression. De plus, nous pensons que des polémiques, des
débats et des controverses, jailliront les idées et les consensus de
demain ». Merci au M.N. de résister au formatage généralisé des
esprits !
Grâce aux Éditions d’Héligoland, tous ceux qui
s’intéressent au sort des régions françaises en général et à la
Normandie en particulier, doivent consulter cette brochure remarquable
qui indique la fécondité porteuse du débat régional.
• Le Forum de discussion au sein des instances du Mouvement Normand, Éditions d’Héligoland, 2007, 112 p., 15 €.
20-05-08
Plaidoyer pour les langues régionales
Europae Gentes
Article de Jean-Pierre Dickes publié le 12 mai 2008
La question du nouveau statut de la Corse a déclenché une polémique bien dérisoire. Celle du statut des langues régionales.
Le projet prévoit la nécessité d’enseigner le corse dès l’école
primaire. Affolement général : pensez donc ! On voyait la Nation
s’effondrant par pans entiers, en train d’éclater, mise en morceaux. La République était en danger.
Enfilons en vitesse les hauts de chausses des sans-culottes pour
défendre la Patrie en perdition. La reconnaissance d‘une langue
régionale n’était que le prélude, ni plus ni moins, à la dissolution de
la France elle-même. Déjà menacée par l’anglais, la langue française voyait s’ouvrir un nouveau front qui la détruirait inéluctablement : celui du réveil des langues locales. Il ne resterait plus qu’à ramasser les miettes de notre pays.
« Ce n’est pas toi qui porte la racine, mais la racine qui te porte », Saint Paul (Romains l l, l 8)
Jean Pierre Dickes , novembre 2001
Et pourtant ! Quelle méconnaissance de la réalité France. Quelle méconnaissance de l’histoire des langues ! Quelle méconnaissance de l’histoire tout court... Mûri par le temps, « mon cher et vieux pays » comme disait De Gaulle est-il donc menacé par son Histoire elle-même ?
Qu’est donc le français ? Tout simplement une langue qui a réussi à en supplanter d’autres. Qu’est-ce qu’un parler régional ? « Une langue qui a eu des malheurs » répond Sainte Beuve.
Le celtique qui ne s’écrivait pratiquement pas a été noyé par le latin
dans un idiome nommé gallo-romain puis ultérieurement le roman. Ce
dernier prendra des formes différentes selon les régions : ainsi sont
nés les dialectes. Et ceux-ci prendront diverses formes dans de petites
collectivités naturelles comme un village. Ils deviennent alors des
patois.
Mais de tout temps, langues, dialectes, ou patois n’ont été que les reflets d’une communauté de vie. Le choc du temps a divisé progressivement les parlers de cette entité, appelée de nos jours France, en deux tendances linguistiques principales. Les langues d’Oïl au nord, et d’Oc au sud.
Ces mots se réfèrent à une manière de dire « oui » il y a 1500 ans ;
mais peut-être aussi disent certains de désigner... une oie.
Ainsi se détachent des tendances qui excluent toute limite
géographique précise. La transition entre le picard et le normand est
douce. Et entre le normand et le fran-cien parlé en Ile de France de
même. Les langues régionales ne se combattent pas, mais cohabitent notamment en littérature.
Les langues d’oïl se distinguent comme plutôt orientées vers la
communication et le commerce. Les langues d’oc sont plutôt utilisées
des troubadours. Le sentiment national n’existe pas durant notre premier millénaire. La maturation se fera ultérieurement. Et la continuité des connaissances est assurée par l’écriture qui est latine.
Avec les Carolingiens, l’histoire de notre pays se localise au nord de la Seine.
La Nation France
Le sacre d’Hugues Capet en 987 recentre l’exercice du pouvoir vers Paris.
Hugues porte la petite cape des abbés laïcs de Saint Martin de Tours.
Mais sa suzeraineté lui donne une apparence de pouvoir sur Ile de
France. Il est un seigneur un peu plus puissant qu’un autre. Et
l’unification de notre France aurait sans Louis XI probablement été
réalisée autour de la Maison de Bourgogne avec comme capitale Dïjon.
Quarante rois vont en mille ans faire éclore notre nation France ou plus exactement l’idée de nation qui y est attachée. Mais la monarchie n’est pas la dictature. « Le Roi en ses Conseils, le Peuple en ses Etats » écrivait Maurras. Le Roi est un fédérateur de républiques.
Il est là pour exercer la Justice, assurer la défense intérieure et
extérieure. Là s’arrêtent ses prérogatives. Il n’a nullement la
prétention de réglementer l’économie. Et les langues encore moins. Par
commodité, l’Edit de Villers Cotteret (1539) édicté par François 1er
impose l’usage du français pour la rédaction des actes officiels (jugements, actes d’état civil ou notariés). Il ne se positionne nullement contre les langues régionales. La Nation Française se définit comme « religio et regio ».
La religion et la région sont les espaces naturels d’épanouissement de
l’homme. Or qui dit regio dit langue régionale. À tel point même qu’une
région importante se définit précisément à partir du parler des hommes
: la langue d’oc, le Languedoc. Villers Cotteret reconnaît la
possibilité d’utiliser « le langage maternel ». Dans cette
France décentralisée, tout était encore possible, Les hommes
s’épanouissaient dans des collectivités naturelles dont la langue était
un des éléments fondamentaux. L’Etat respectait les particularismes régionaux. Les régions faisaient allégeance à l’Etat.
Vint alors le cataclysme qui allait détruire la fibre même de notre pays. La République naissante se déclare comme « une et indivisible ».
Fluviose an II (27 janvier 1794). Il pleut sur la France. Un certain Abbé Grégoire, député conventionnel s’est singularisé dès la première séance de la Convention en déclarant « les rois sont dans l’ordre moral ce que les monstres sont dans l’ordre physique ». En ce jour il prononça un discours « Sur la nécessité et les moyens d’anéantir les patois et d’universaliser la langue française ». Tout est dit.
La République n’a certes pas besoin de savants. Elle n’a pas besoin non
plus de langues régionales. Mais fallait-il les laisser vivre ? Or, c’est toute une richesse linguistique qui va disparaître.
Totalitarisme et République
La chape du centralisme va progressivement s’étendre noyant les hommes, les institutions. L’Etat régente tout, centralise tout, réglemente tout, impose tout, vend tout.
Véritable pieuvre macrocéphale, il absorbe sans vergogne tout ce qui
fait nos particularismes, nos identités. Par son emprise sur les
citoyens, notre pays est actuellement le dernier pays stalinien du
monde, Ainsi s’exprime le poète occitan Max Rouquette. Le jacobinisme a
littéralement tué notre pays. Il a eu vocation, entre autres, à
éradiquer les langues régionales. Or tuer une langue c’est détruire une partie du patrimoine de notre nation.
La République inscrivit sur le mur des écoles « Il est interdit de cracher et de parler breton »
. Et mes bons professeurs me collaient si j’avais le malheur de placer
un mot de mon picard natal en faveur duquel j’ai publié ultérieurement
des milliers de pages. Pauvre picard auquel la France doit toute une
partie de son vocabulaire, de sa toponymie et surtout de sa patronymie.
« Il n’est pas de pire crime contre un peuple que de vouloir lui supprimer la mémoire » écrivait Nietzsche. Or c’est ce crime qui se pérennise dans la destruction de nos Traditions. Les hussards de la République ont voulu « du Passé faire table rase ».
Et nos « Messieurs » n’avaient plus que leur dialecte pour galvaniser
leurs Chouans contre les colonnes infernales qui purgèrent la Vendée
par le feu et le sang. Barère qui présidait la Convention pendant le
procès de Louis XVI écrira que « le particularisme linguistique favorisait la Contre-révolution » .
Un vrai langage d’instituteur du début du XXème siècle. En 1900 les
curés flamands du Nord faisaient le catéchisme en néerlandais pour
s’opposer à cette centralisation républicaine qui allait faire main
basse sur tous les biens d’Église.
« Le centralisme démocratique » cher aux communistes a trouvé
son humus dans le jacobinisme. Le communisme n’est qu’un avatar
monstrueux de ce centralisme qui nous colle à la peau comme une tunique
de Nessus. Il fait de la France la lanterne rouge de l’Europe en
matière de décentralisation et le pays le plus imposé au monde. Il
prétend nous voler notre passé, faire de nous des déracinés.
Au nom de la sacro-sainte unité nationale on a fait disparaître les langues locales.
C’est une véritable hécatombe. Les Bretons bretonnants ne seraient plus
que six cent mille à comprendre leur langue. Un cinquième de la
population. Malgré les écoles où l’on enseigne le breton, cette langue
tend à disparaître aidé en cela par la télévision instrument d’Etat ;
lequel veille scrupuleusement à niveler les esprits. Le politiquement
correct ne saurait supporter que le parler correct. Les dialectes sont
faits pour les paysans attardés et ignares. Vivement la fourmilière.
Totalitarisme de la pensée et de son expression qui prétend gouverner
en supprimant les particularismes. Combien de temps encore
endosserons-nous la soutane mitée de l’Abbé Grégoire ? La République
rendra-t-elle aux Français le droit à la différence. « Si tu es différent de moi tu m’enrichis » disait Saint Exupéry. Du « politiquement correct » à Métropolis, il n’y a que quelques longueurs de couloirs.
Une ouverture de l’intelligence
Ayant plaidé pour ma langue locale lors de multiples conférences, je me
suis trouvé souvent face à des V.I.P., des décideurs, dirait-on. La
question qui était posée était toujours la même. « Vous nous parlez de votre picard. Mais à quoi cela peut bien nous servir à l’heure de la mondialisation de l’économie ». La réponse commençait toujours de la même manière. «
Rendez-vous dons un mois. Après le patois, je vous donnerai une autre
conférence dont le sujet sera : Qu’est-ce que le français ? » . Apologie qui eut toujours autant de succès que la précédente. Défenseur inconditionnel du picard, il est normal d’être un défenseur inconditionnel du français.
Prenons de la graine chez les Québécois. Le panneau de signalisation
routière « stop » n’est guère utilisé. Il est écrit « Arrêt ». On range
sa voiture dans un parcage et l’on fait son magasinage (en France
shopping).
Puis il fallait expliquer. Tout homme a le droit de
s’épanouir dans une communauté naturelle qui lui est propre. Pour lui
voler ce droit, on a fait disparaître toutes les Traditions qui
faisaient la vie locale. Mgr Lefebvre expliquait un jour que lors
de son installation à Ecône la plupart des jeunes gens étaient habillés
au quotidien en costume valaisan. Vingt ans plus tard, ils étaient tous
en jeans et en blouson. Traditions qui disparaissent. Or quel plaisir
était pour moi d’écouter discuter en patois les mémères à la
borne-fontaine. Joie de vivre dont nous sommes définitivement privés.
Mais plus encore l’usage d’une langue locale surajoutée à une langue
officielle est un prodigieux moyen d’ouverture précisément à
l’apprentissage et à l’usage des langues. Il se présente que ma famille
paternelle, aussi loin que l’on puisse remonter dans le temps, est
luxembourgeoise. Le dialecte luxembourgeois, devenu langue officielle
était depuis toujours le moyen de communication au Grand Duché.
Mais
dès le primaire, l’allemand et le luxembourgeois sont appris à part
égale. Si bien qu’à neuf ans un écolier possède déjà trois langues. En
France, il en possède à peine une. L’usage d’une langue régionale apparaît comme une habilitation, une ouverture de l’esprit vers d’autres cultures. C’est ainsi que ce petit pays ouvert à deux cultures est devenu le plus prospère au monde.
Il est possible aussi de trouver une explication au stupéfiant
développement de la Catalogne et des Iles Baléares. L’usage du catalan
est un moyen idéal pour développer l’esprit. Il est une ouverture à
d’autres mentalités et bien sûr un apprentissage à l’usage des langues
étrangères notamment romanes et latines. Et qui pense, à part quelques
hurluberlus qui représentent un cent millième de la population, que
l’usage du catalan va conduire à l’indépendance ou à une séparation
d’avec l’Espagne. Tout au contraire. Si on empêche les langues régionales de vivre, il ne peut en sortir qu’un ressentiment vis-à-vis de la mère patrie.
L’avenir appartient aux peuples qui résisteront à la mondialisation.
Les autres disparaîtront. L’Europe - par delà ce que l’on peut en
penser sur le plan politique - l’a instinctivement senti. En 1992 elle
éditait au numéro 148 de la série des traités européens « La Charte européenne des langues régionales ou minoritaires ». En préambule il est écrit que «
la protection de langues régionales ou minoritaires historiques de
l’Europe dont certaines risquent au fil du temps de disparaître,
contribue à maintenir et à développer les traditions et la richesse
culturelle de l’Europe ». Et de fait cette charte tend à éviter la
dissolution des entités nationales ou régionales dans un vaste magma,
passage obligé vers la mondialisation.
Notre français se trouvera littéralement démuni contre l’anglais quand il n’y aura plus de langues régionales. Elles en sont la première ligne de défense, le rempart. Un des derniers espaces de liberté face au « centralisme démocratique ». L’« amour sacré de la patrie » et de la nation passe par celui de la terre natale, du terroir. Il nous appartient de méditer cette sublime pensée de Péguy : «
J’aime ma famille comme mon village ; j’aime mon village parce que
j’aime ma province, et si j’aime ma province c’est que j’aime la France
».
10-05-08
Langues régionales en France : un projet de loi pour faire illusion
Jeune Alsace
édition du 10 mai 2008
Le 7 mai, à l’initiative notamment du député UMP breton Jean-Marc Le
Fur et de quelques autres députés alsaciens toujours bien timides, les
langues régionales étaient en discussion à l’Assemblée.
Un évènement en soi
Etant
donnée la haine que la République voue aux langues régionales, ce débat
était en soi un évènement. Les langues régionales rappellent à la
République qu’au-delà de la France « Une et Indivisible », rêvée à
Paris, il y a des patries charnelles. Elles sont bien réelles, elles
existent bel et bien même si les Constitutions françaises successives
en ont décidé autrement, en établissant notamment que « la langue de la
République est le français », prétexte à la condamnation à mort des
langues régionales.
Il faut bien comprendre que la France est
un cas unique en Europe occidentale, qu’elle est rappelée à l’ordre
régulièrement par diverses institutions internationales à propos de son
jacobinisme exacerbé qui, sous prétexte d’égalité, a relégué
l’enseignement des langues régionales à la sphère privée. Il est
amusant que la donneuse de leçons qu’est la République française soit
sans cesse attaquée à propos de son non respect des principes des
Droits de l’Homme en la matière. Savez-vous que pour les autres pays,
les Alsaciens, les Bretons, les Flamands, les Occitans, les Basques,
les Corses, sont des « minorités ethniques » ? Des minorités ethniques
menacées dans leur existence. Or, en droit français, un Alsacien, ça
n’existe tout simplement pas.
De vains espoirs : pas de modification de la Constitution
Lors
du débat inédit du 7 mai, des députés ont osé exprimer avec passion ce
qu’ils avaient sur le cœur. Un député catalan a même osé s’adresser à
l’auditoire dans sa langue, il fut vite réprimandé par le
Vice-Président de l’assemblée, venu rappeler qu’il est « interdit de
s’exprimer autrement qu’en français dans l’hémicycle ».
Le
Breton Jean-Marc le Fur a quant à lui demandé une loi ayant des
conséquences concrètes en matière d’éducation, de médias, d’Internet et
de signalétique.
Tous nourrissaient l’espoir bien vain que la
Constitution française soit modifiée, afin de pouvoir mettre en
application la Charte européennes des langues régionales et
minoritaires, qui s’applique seulement à des langues traditionnellement
employées par les ressortissants d’une partie d’un État européen
(ainsi, les langues employées par les récents immigrants provenant
d’États non-européens sont exclues). La charte propose un grand nombre
d’actions différentes que les États signataires peuvent entreprendre
pour protéger et pour favoriser les langues historiques régionales et
de minorités.
Que nenni ! Point de modification de la Constitution, comme on pouvait s’y attendre. La ministre de la culture, Christine Albanel, a affirmé que « ratifier la Charte est contraire à nos principes ; l’appliquer serait difficile, coûteux et d’une portée pratique pour le moins discutable ». Le droit à la différence n’est donc pas un principe républicain ? Quand il s’agit de défendre les minorités visibles ou sexuelles pourtant la France est la première à parler de notre si belle République riche de ses différences ! Par rapport au coût, nous avons des tas de solutions à proposer pour faire des économies : on pourrait arrêter d’entretenir les vagues d’allogènes accueillies en France, mais on pourrait aussi transférer de réels pouvoir aux régions, et notamment que les impôts des Alsaciens restent en Alsace, comme ça la France n’aurait pas à se soucier du coût incommensurable (on l’imagine) de mettre en place la Charte. La ministre de la culture a ajouté que la ratification de cette charte « implique la reconnaissance d’un droit imprescriptible de parler une langue régionale, notamment dans la sphère publique ». Et c’est grave docteur ?
Un projet de loi histoire de faire illusion
Mais,
tout de même, pour faire illusion, et que nos députés puissent rentrer
chez eux en faisant croire qu’ils ont obtenu quelque chose, on nous
promet une loi qui servira de « cadre de référence » aux langues
régionales. Chic alors, on va avoir un cadre de référence ! La plupart
de nos députés UMP alsaciens, fidèles à leur lâcheté et leur
inconsistance, feignent de se réjouir d’une grande avancée. C’est « un
pas en avant » pour Jean-Philippe Maurer. Mais cher Jean-Philippe, ça
fait 60 ans que l’on fait des petits pas en avant, que l’on gagne par
exemple une heure d’enseignement par-ci par là, pour en arriver à quel
constat ? Combien de jeunes pourraient rédiger le présent article en
allemand ou en alsacien, combien le comprendraient ? Alors bien sûr ce
sont les familles alsaciennes qui n’ont aussi pas rempli leur rôle dans
la transmission du dialecte, mais on leur a dit qu’il était « chic de
parler français » et on a supprimé notre Muttersprache de
l’enseignement. Pendant ces décennies où nos politiciens se sont
réjouis de petits pas, nos identités ont avancé à grands pas vers la
mort souhaitée par la République. Ce sont des grands sauts qu’il nous
faut, et pour cela il faut oser tenir tête à la République et pas se
réjouir lorsque celle-ci, une fois de plus, nous humilie !
Lors
de la campagne présidentielle, le candidat Sarkozy avait exprimé sa
volonté « de réfléchir ensemble aux propositions très concrètes que
l’on pourrait retenir pour sécuriser une fois pour toute la situation
des langues régionales de France ». Cette loi n’est même pas encore
votée mais nous savons que ce sera un mensonge de plus. Même le député
socialiste alsacien Armand Jung ne s’y trompe pas (et c’est dire…), il
affirme que cette loi fait « miroiter de faux espoirs ».
Maintenir notre culture vivante, ça se passera ici, pas à Paris
Pour
obtenir quelque chose de la France il faudra tenir une ligne cohérente,
ambitieuse, et ferme. Mais l’on ne doit pas se contenter de la vaine
attente d’une loi miraculeuse venant de la République (ou pourquoi pas
plus tard un règlement ou une directive européenne ?). Il faut
provoquer les choses, mais il faut surtout les vivre. Puisque nous ne
pouvons pas aujourd’hui espérer pour nos enfants une éducation dans la
langue qui devrait être la leur, c’est à nous d’utiliser les réseaux
culturels existant, d’initiative généralement privée, pour que nos
enfants et nous-mêmes puissions vivre notre culture comme il se doit.
C’est à nous aussi d’innover. Nous devons développer l’esprit
communautaire, et c’est un véritable devoir de faire l’effort
d’apprendre l’alsacien, de le partager, de le parler, même s’il est
imparfait. La torche qui maintiendra la flamme de notre culture bien
vivante, elle est ici, pas à Paris.
Et quand certains pessimistes penseraient que le déclin de la langue est inéluctable, sachez que l’impulsion politique a pu faire revivre des langues qui n’étaient plus parlées, comme le Gaélique en Irlande ou…l’Hébreu en Israël ! C’est de ce pouvoir politique dont les autres régions d’Europe bénéficient, maîtresses de leur politique d’éducation, que le salut viendra.
Ce ne sont pas des lois françaises qu’il faut réclamer, mais le droit de faire des lois alsaciennes.
29-04-08
Entretien avec Jacques Cordonnier, le nouveau président d’Alsace d’Abord
Entretien avec Jacques Cordonnier, le nouveau président d’Alsace d’Abord publié le 29 avril 2008
Alsace d’Abord a souvent été à la pointe du combat identitaire et régionaliste.
En 2009, le mouvement régionaliste fêtera même ses 20
années d’existence. « On n’a pas tous les jours 20 ans » dit la
chanson. Pour Alsace d’Abord, cet anniversaire est donc l’occasion
d’écrire une nouvelle page du régionalisme alsacien avec, à sa tête, un
nouveau président : Jacques Cordonnier.
Européen pragmatique et régionaliste ambitieux,
l’homme entend rassembler autour de lui celles et ceux qui souhaitent
assumer clairement leur amour d’une identité alsacienne et contribuer
au développement politique, économique, culturel et social de l’Alsace.
Retour au politique pour Alsace d’Abord, retour à l’essence du
régionalisme et volonté de faire de l’Alsace une région pionnière dans
la quête de nouvelles libertés institutionnelles illustrent les propos
d’un président à découvrir.
Jacques Cordonnier,
le comité directeur d’Alsace d’Abord vient de vous confier la
présidence du mouvement régionaliste. Vous succédez à son fondateur le
plus connu, Robert Spieler. Mais vous étiez vous-même parmi ses
fondateurs ?
C’est en 1989 qu’une douzaine de
personnes, sous l’impulsion de Robert Spieler, ont décidé de créer un
mouvement politique nouveau, atypique dans le paysage politique
alsacien. Je faisais partie de ce groupe. Très rapidement, le nombre
d’adhérents et de militants a augmenté. La plupart de ceux qui ont
participé à la création d’Alsace d’Abord en sont encore membres
aujourd’hui.
Pourquoi avoir choisi de créer un parti au lieu de défendre vos idées au sein d’un parti national existant ?
Depuis
longtemps, j’avais fait le constat, avec Robert Spieler, que les
responsables politiques alsaciens appartenant aux grandes formations
nationales, de droite comme de gauche, consacraient plus d’énergie à
appliquer en région les consignes de Paris qu’à défendre les intérêts
des Alsaciens. Avant Alsace d’Abord, je n’avais jamais appartenu à
aucun parti politique, car aucune structure ne proposait le programme
qui correspondait à mes idées : une région forte dotée d’une grande
autonomie, la plus grande indépendance possible vis-à-vis de Paris,
l’accélération de l’intégration européenne, une opposition déterminée
et sans concession à l’immigration non européenne. Le pari de créer un
parti local - régionaliste, européen et identitaire - il y a presque
vingt ans, était un pari difficile. Nous avons dû faire face à des
obstacles considérables : problèmes de financement, difficultés d’accès
à la presse locale, aucun accès aux médias nationaux. En dépit de ces
écueils, nous sommes entrés au conseil municipal de Strasbourg en 1989.
Puis en 1992, et en 1998, Spieler et moi avons été élus au conseil
Régional d’Alsace.
La démission de Robert Spieler est une page qui se tourne. Comment l’analysez-vous ?
La
modification du mode de scrutin aux élections régionales, imposée par
Raffarin et Sarkozy en 2004 pour des raisons de basse politique, a eu
des conséquences fâcheuses pour notre mouvement. Malgré un renforcement
en hommes et en structures avec le ralliement d’autres élus
régionalistes et identitaires, malgré des scores en forte progression
aux élections régionales et cantonales, nous n’avons eu qu’un seul élu
: Christian Chaton qui est devenu conseiller général du Haut-Rhin. Peu
de temps après, après avoir démissionné une première fois de ses
fonctions de président d’Alsace d’Abord, Robert Spieler a fait des
choix tactiques et stratégiques qui n’étaient plus en adéquation avec
le programme d’Alsace d’Abord. Sa récente décision de participer à la
constitution d’une structure politique nationale n’était plus du tout
compatible avec les principes fondateurs d’Alsace d’Abord.
Comment allez-vous écrire l’avenir d’Alsace d’Abord ?
Les
élections municipales et cantonales de 2008 n’ont pas été favorables à
notre mouvement. Mais c’est la vie politique qui est ainsi, avec des
échecs et des succès. Je reste fidèle, en cette période difficile, aux
idées et aux valeurs qui ont toujours été le ciment du mouvement
régionaliste. Le message que j’ai adressé à nos élus, nos militants et
nos adhérents est un message d’espoir. Nous devons avoir de grandes
ambitions pour notre mouvement et pour l’Alsace. Des ambitions à la
hauteur de la justesse de nos idées.
En Alsace, on
entend parler de l’Eurodistrict voulu par Roland Ries le maire PS de
Strasbourg. Les mémoires politiques strasbourgeoises rappellent que
c’est une idée lancée par Alsace d’Abord.
En effet,
le projet d’Eurodiscrict Strasbourg-Kehl était au centre de la campagne
électorale que Robert Spieler et moi-même avons menée aux municipales
de 1989. Alsace d’abord a toujours été en pointe sur les grandes
questions institutionnelles dont dépend l’avenir de l’Alsace. Nous
avons ainsi été les premiers, et nous sommes toujours les seuls, à
demander la fusion du Conseil Régional et des Conseils Généraux. Les
responsables alsaciens de l’UMP et du PS n’ont pas fait grand chose
pour pousser le dossier. Mais nous allons nous employer à redonner
vigueur à ce projet, car il est essentiel pour notre région.
Alsace d’Abord 2.0 commence avec votre élection, quelles vont être vos premières décisions ?
Lors
de la récente réunion du comité directeur, j’ai soumis plusieurs
projets qui m’apparaissent indispensables pour redéployer le mouvement
Alsace d’Abord : création d’un bulletin de liaison qui paraîtra
régulièrement, création de groupes de travail fonctionnels – finances,
communication, adhésions -, organisation de réunions régulières des
cadres et militants sur tout le territoire alsacien. Je ne veux plus
que le mouvement soit aussi centré sur Strasbourg que par le passé. Ces
tâches nous occuperont largement d’ici la fin 2008. Un groupe de
travail aura la mission particulière de préparer le congrès de 2009,
congrès qui sera celui du 20è anniversaire du mouvement Alsace d’Abord.
J’attache aussi beaucoup d’importance à l’action et au développement de
Jeune Alsace, le mouvement de jeunes proches de nous qui s’est beaucoup
renforcé et implanté des deux dernières années. Je veux que nous les
aidions dans leurs actions et les guidions dans leur réflexion.
L’Alsace
est une région frontalière située au coeur de l’Europe. Certains
perçoivent dans votre élection un retour à un régionalisme tel qu’il
est inscrit dans la charte d’Alsace d’Abord.
Le
transfert accru de pouvoirs et de moyens propres de l’État vers
l’Alsace a toujours été à mes yeux la condition du rayonnement et de la
prospérité de notre région. Avoir gommé cet aspect de notre programme a
été une erreur. Le fait régional et l’idée européenne sont au cœur de
notre programme ; nous avons donc le devoir et l’obligation de faire
connaître notre charte le plus largement possible.
Comment imaginez-vous le développement d’Alsace d’Abord et ses rapports avec des formations politiques proches de vous ?
Le
développement d’Alsace d’Abord est entre nos mains, et nos mains
seulement. Si nous agissons avec intelligence, imagination et
persévérance, si nous maintenons la cohésion entre nos cadres et nos
militants, alors nous connaîtrons le succès. Il n’y a pas, en Alsace,
d’autres partis qui aient un programme proche du nôtre. Par conséquent,
il n’y a pas de partis proches de nous. Ce qui signifie que lors des
prochaines échéances électorales, ils seront tous nos concurrents.
Quel message lanceriez-vous à une personne qui se sent régionaliste et qui hésite à vous rejoindre ?
Toutes
les personnes qui vivent en Alsace et qui aiment leur région, qu’elles
soient Alsaciennes de souche ou d’adoption, et qui éprouvent le besoin
d’agir, ont naturellement leur place parmi nous. Chacun, bien sûr,
donnera le temps qu’il lui sera possible de consacrer à ses idées. Il
n’y a pas de petite ou de grande contribution. La fierté de vivre dans
une région à forte identité et le sentiment d’appartenir à une
communauté agissante sont des sentiments exaltants. Ceux qui nous
rejoignent ont en plus le sentiment d’être utiles. Utiles à l’Alsace,
utiles à eux-mêmes, utiles à leurs enfants.
Entretien réalisé par Novopress Alsace
23-04-08
De la négritude à la bretonnité
Article de Marie Duvell publié le 21 avril 2008
Aimé Césaire est parti. Homme de la gauche rouge foncé, père du concept identitaire de la négritude, anti-colonialiste (Discours sur le colonialisme) et poète, c’est, à en lire la presse française, un Grand Homme qui s’en va !
Loin
de remettre en question la valeur littéraire d’Aimé Césaire, on est
cependant choqué de voir que le concept de la négritude est retenu par
tous comme l’idée essentielle de l’oeuvre de l’homme de lettres.
La
Grande Presse et la Mémoire Collective oublient une part importante de
son travail : celle qui dénonce la colonisation française et ses
néfastes conséquences. Césaire fait ainsi le parallèle entre le
colonialisme à la française et la période nazie :
« Oui, il vaudrait la peine d’étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d’Hitler et de l’hitlérisme et de révéler
au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXe
siècle qu’il porte en lui un Hitler qui s’ignore, qu’Hitler l’habite,
qu’Hitler est son démon, que s’il le vitupère, c’est par manque de logique, et qu’au fond, ce
qu’il ne pardonne pas à Hitler, ce n’est pas le crime en soi, le crime
contre l’homme, ce n’est pas l’humiliation de l’homme en soi, c’est le
crime contre l’homme blanc, c’est l’humiliation contre l’homme blanc,
et d’avoir appliqué à l’Europe des procédés colonialistes dont ne
relevaient jusqu’ici que les arabes d’Algérie, les coolies de l’Inde et
les nègres d’Afrique […] »
La France rend aujourd’hui hommage à un homme qui a pourtant écrit le pire sur elle !
On note surtout la posture schizophrène de la caste politique française
qui sélectionne, encore et toujours, ce qu’il est politiquement correct
de penser selon le temps et les crises ! Ferait-on tel hommage si les
banlieues peuplées d’immigrés étaient moins source de problèmes ?
… Et de demander aujourd’hui que le Grand Homme repose au Panthéon ! …
Et là,… o c’hoarzhin emaoc’h ?, … les politiques français voudraient
déplacer en métropole un homme qui a toujours dit l’Amour et la fierté
qu’il avait pour son île et ce qu’il pensait du colon français !
Mais…
Il y a quelques années, un autre homme disait son Amour du Pays « Ici plus que partout ailleurs, le poète précède le tribun. Il n’est de libertés réelles, établies, qui n’aient d’abord été imaginées. L’esprit sur la route marche devant les peuples ». Cet homme-là disait tout autant son dégout du colonialisme français :
Je suis Celte. Je suis Breton.
Je suis le barde condamné.
Ma démence fait ma force.
Parfois, au fond de l’ivresse, flamboie la voyance ».
Mais celui-là quand il est parti, personne n’a jamais souhaité le mettre au Panthéon, là où l’on admet les Grands Hommes seulement !
Cet homme-là, c’était Xavier Grall. « Et c’est alors que je me suis re-bretonisé, dans le plaisir et dans les larmes car, enfant j’avais reçu une éducation française ». « Mais enfin, ce rapatriement si ardemment désiré, voici que je le réalisais et que les pluies mortelles se jetaient à ma face, que je trouvais un peuple affaissé, sans rêve et sans projet, voici que la Bretagne se résignait à suivre ses maîtres sans trop rechigner ».
Le départ de Xavier Grall, dont les qualités poétiques n’échapperont à personne, n’a jamais suscité autant d’éloges que celui d’Aimé Césaire. Xavier Grall repose en terre bretonne et c’est heureux !
Pour la France, la bretonnité vaudrait-elle moins que la négritude ?
Diouzh penn ar pratik … ?
19-04-08
Bravo Silvio ! Succès de la Ligue du Nord. Analyse
Colmar d'Abord
Article de Roland Vernizeau publié le 17 avril 2008
Avant d'analyser de plus près le cas de la Ligue du Nord, saluons
tout d'abord la victoire de notre ami Silvio Berlusconi ! Cohn Bendit a
vu dans l'évènement, je cite " le retour d'un clown" sur le devant de
la scène. Cet accès d'aigreur de gauche ne peut que nous réjouir. De
fait Silvio Berlusconi est un personage flamboyant, qui horripile le
microcosme des intellos et saltimbanques parisiens; vous savez ces gens
qui vont soutenir les " sans papiers" ( En fait ils sont bourrés de
papiers illégaux), ruisselant de bijoux et dégoulinant de bons
sentiments, et qui ensuite vont dîner au Fouquet's.....sans inviter les
illégaux bien sûr.
Berlusconi n'a pas cette hypocrisie, il nage dans le fric et n'en fait pas mystère, il essaie même de tourner la loi à son avantage s'il le peut. Bref, le Cavallere est un peu Condottiere sur les bords. Il est trop peu gaulois à mon goût et n'est pas du tout ma tasse de thé. Mais cela ne l'empêche pas d'être le seul homme politique italien qui a essayé de réformer l'état et la société les plus décadents d'Europe, juste devant notre république jacobine et nos écuries d'Augias ( Pour les nettoyer notre Nicolas a oublié son karcher).
De plus, et même s'il est un phénomène de foire typique d'une
société décadente et corrompue, Berlusconi a cependant l'immense mérite
d'agir en fonction du principe de réalité dans un monde qui se berce
d'illusions politiquement correctes. Souhaitons lui donc bonne chance,
à lui et à Umberto Bossi, son allié de la Ligue du Nord, qui est aussi
le nôtre.
Là encore il faut rétablir l'image que nos médias de
gauche donnent de lui. Umberto Bossi n'est pas un enragé xénophobe et
une menace pour l'unité italienne. Il n'est pas non plus anti européen,
mais il est contre la bureaucratie de Bruxelles autant que celle de
Rome. Il ne demande pas l'indépendance de l'Italie du Nord, il demande
simplement une fédéralisation de la fiscalité italienne, afin que le
nord, qui travaille dur, ne le fasse pas surtout au profit d'un sud
gangrené par la Mafia et qui engloutit les subventions dans les sables
de la corruption.
La Ligue du Nord traduit le ras le bol de populations laborieuses qui veulent récupérer le fruit de leur travail, en estimant à juste titre, qu'elles sauront mieux le dépenser sur place plutôt qu'en le laissant disparaître dans les caisses d'un état central en faillite.
Est-ce que cela ne vous rappelle pas quelque chose en Alsace ? Si tel est le cas, il ne peut s'agir que d'une
coïncidence bien sûr.
Dossier à suivre......
Si nous
examinons maintenant la raison électorale du succès d'Umberto Bossi,
elle est à chercher dans l'acceptation par ce dernier de la
bipolarisation de la vie politique italienne. Cette bipolarisation est
semblable à celle qui prévaut partout en Europe. Sauf que,
contrairement à Le Pen au plan national, ou aux bébés Le Pen alsaciens,
Umberto Bossi,le patron de la Ligue du Nord, a toujours compris que
seule sa participation à une alliance des droites pouvait le conduire à
la victoire. Les faits lui ont donné raison, mais aussi le système
électoral italien qui rend les alliances obligatoires.
En Alsace la leçon doit être tirée. Toute attitude hostile à l'UMP, ou marquée par des positions extrémistes, ne peut que conduire à l'échec. Le départ de Robert Spieler de la direction d'Alsace d'Abord devrait permettre enfin une réflexion sur ce point. Ou alors faudra-t-il aller chercher le sieur Bossi pour expliquer l'évidence à ceux qui confondent l'action métapolitique et l'action électorale ? Et qui ensuite ne comprennent pas pourquoi ils ne recueillent que 2,17 % des voix ?
01-04-08
Pas de citrouille pour Nicolas
Solidarité Alsacienne
Article de Chantal Spieler, présidente de Solidarité Alsacienne publié le 27 mars 2008
Tu sais qu’on a eu les foies, Nicolas ! Du bar du Goujon fidèle à
Tarascon-sur-Ariège au bureau du chef du protocole de l’Elysée, toute
la France avait le trouillomètre à zéro pendant ces deux jours de
visite à haut risque de dérapage protocolaire, dans un royaume où
l’étiquette est un vaste champ de mines.
C’était pour toi une
occasion rêvée de redorer ton blason. Tu t’en es plutôt bien sorti,
malgré une photo de Carla très peu couture diffusée dans les journaux
anglais, malgré quelques tics et trémoussements, malgré tes regards de
gamin émerveillé qui passe directement de Disneyland à un vrai palais
avec une vraie reine. L’entente cordiale en est toute ragaillardie.
Tu
as su contenir tes pulsions tactiles et c’est bien. Ne pas tripoter la
reine, ne pas lui péter la bise ou lui pincer les fesses en fin de
banquet, bien ! Tu n’as pas bu l’eau des rince-doigts et ne t’es pas
mouché dans la nappe, bien ! Et s’il est vrai que le prince Philip
s’enquiquine à mourir depuis des lustres dans cette cour empesée, tu as
résisté à la tentation de lui raconter une bonne blague bien graveleuse
pour essayer de le décoincer. Et si, oui, tu as été pris de pitié pour
ce pauvre Charles, tu as aussi évité de faire remarquer à l’un de tes
ministres présents (ce qu’une oreille indiscrète aurait forcément
entendu) que ta meuf est nettement mieux roulée que cette brave Camilla
emplumée et plâtrée de fard.
Tu as su exporter notre french
touch d’exotisme en faisant promener face à face Rachida et Rama en
carrosse (pas très à l’aise les pauvrettes, d’abord elles ne peuvent
pas s’encadrer et puis il est vrai que, n’étant pas tombées dans le
chaudron quand elles étaient petites, elles étaient peu préparées à
fréquenter les grands de ce monde.) Tu me diras que si on y avait mis
Bachelot et Boutin dans le carrosse, c’était la casse assurée et
l’incident diplomatique qui va avec.
Allez, un petit reproche tout de même. Tu as pensé à remiser Ray-ban, Rolex et portable pour te présenter devant les deux chambres réunies, ça c’est bien. Mais tu as peut-être un peu excessivement ciré les pompes des parlementaires britanniques qui n’ont peut-être pas ta promptitude sentimentale. Et passer de l’entente cordiale à l’entente amicale le temps de traverser l’atlantique sera sans doute pour eux tout aussi difficile à avaler qu’un plat de cuisses de grenouilles.






