Le blog de Yann Redekker

Un regard neuf sur une vieille idée : la Nation

02-07-08

Climat : il est déjà trop tard !

UsineAgoravox

Article de André Serra publié le 2 juillet 2008

L'auteur de cet article n'est en rien membre du FN ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique et il ne partage pas forcément les idées défendues ici.

Dans les faits, nous ne faisons que très peu de choses pour éviter la catastrophe climatique - nous ne tenons jamais les échéances successives que nous nous fixons - il est donc clair qu’il est trop tard, et que l’humanité n’échappera pas à une réduction considérable de sa population au cours du siècle qui vient, comme au temps des épidémies de peste, au pas si lointain Moyen Âge!

À propos de l’effet de serre, un de mes commentateurs m’écrit : « Personnellement, je pense qu’il est déjà trop tard. Nous avons ouvert une boîte de Pandore qu’il est impossible de refermer. Notre pollution a lancé la machine, mais maintenant elle s’alimente elle-même ».

J’abonde dans son sens. Comme il le précise, il faut continuer à lutter malgré tout, pour essayer de sauver ce qui peut l’être, mais en sachant le combat perdu d’avance.

Pourquoi ?

La réponse est malheureusement très simple :
La production des gaz à effet de serre qui provoque le changement climatique est fonction de deux paramètres :

  • la production moyenne de ces gaz par humain vivant sur la planète,
       
  • le nombre d’humains habitant la planète.
Ces paramètres se multiplient, naturellement, pour alimenter la croissance de l’effet de serre. Or leurs valeurs se sont considérablement accrues depuis 1947 :
  • la consommation de produits par humain a augmenté d’un facteur moyen de 25 depuis cette date [estimation personnelle, mais si je me trompe d’un facteur 2, ce qui serait déjà beaucoup, cela n’affecterait que très peu la conclusion de mon raisonnement],
  • de son côté, le nombre des humains est passé de 2 milliards en 1947 à 6,6 milliards aujourd’hui.
       

  Je vous laisse le soin de faire la multiplication tranquillement. Restez calme.

À ce stade, il me semble particulièrement évident qu’il faudrait agir sur ces deux axes pour avoir des chances d’éviter l’effroyable catastrophe qui se profile à notre horizon, mais pas seulement sur le premier [la production de gaz]. C’est pourtant ce que nous faisons… ou du moins ce que nous essayons de faire… très, très lentement.

Pourtant, nous devrions avoir pris conscience de ce phénomène depuis longtemps. Au début du XIXème siècle déjà, entre 1820 et 1830, un savant français dont j’ai oublié le nom avait mis en garde contre les dangers de l’industrialisation au charbon [on ne parlait même pas encore de pétrole à cette époque]. Mais sans rechercher aussi loin, un livre au titre significatif : « Halte à la croissance » inventoriait déjà les prémisses du drame sur lequel nous surfons actuellement en toute satisfaction. Il s’agissait de la publication d’un rapport commandé par le Club de Rome, fondé par Aurélio Peccei en avril 1968 avec quelques dizaines de savants de grande renommée répartis à travers le monde.

Son objectif n’était d’ailleurs pas typiquement centré sur les conséquences de l’effet de serre, mais d’une manière générale sur l’ensemble des dangers créés par une croissance galopante, dont ces chercheurs se rendaient bien compte qu’elle avait nécessairement une limite.

Construit avec les techniques de simulation mises au point par le MIT, et rédigé par Dennis et Donella Meadows au sein d’une équipe de savants exceptionnels, à Cambridge, au Connecticut, ce rapport, parut donc en 1972 sous le nom de « Halte à la croissance ». Il eut un très grand retentissement pendant quelques temps. Sur la planète, un grand nombre de personnes se sensibilisa aux problèmes soulignés par cette importante étude. Et puis plus rien !

Nous sommes impardonnables, car nous étions prévenus ! 36 années pratiquement  inactives !

Déjà, sur la consommation moyenne nos efforts ont été ridicules. Depuis les années quatre-vingt, au cours desquels la réalité du changement climatique a été amplement démontrée, on n’a fait que très peu de progrès : trop tard et trop peu. On a surtout produit beaucoup de bavardages débouchant sur l’ignominie de la reconnaissance d’un « droit de polluer ». On croit rêver !

D’ailleurs, nos tentatives se limitent à une recherche éperdue d’énergies de remplacement, en laissant complètement de côté l’utilisation des matières fossiles [pétrole, gaz et charbon] dans l’industrie chimique et pharmaceutique, qui absorbent une part croissante de ces matières.

Toutes les échéances fixées pour la réduction des gaz à effet de serre depuis Kyoto ont été régulièrement dépassées dans des proportions criminelles. On se croirait sur une scène de théâtre où des chanteurs habillés en soldats battraient la semelle sur place en chantant « Marchons ! marchons ! ». Mais pendant tout ce temps, la nature, elle, ne nous attend pas et tient, elle, ses échéances.

Quant au second paramètre, celui du niveau de la population, on ne fait rien du tout. Que pourrait-on faire d’ailleurs ? Par contre, on se soucie, sans y remédier beaucoup, aux problèmes posés par le vieillissement de la population. Car on ne cherche qu’à prolonger la vie, ce qui ne peut qu’accélérer la venue du krach climatique. Quelqu’un s’est insurgé contre moi à la lecture de cette phrase, l’interprétant comme une incitation au génocide des personnes âgées. Bien entendu il n’en est rien. Je voulais simplement souligner le fait que nous continuons à tout faire pour nous enterrer plus vite. D’autres actions de notre société sont de même nature : nous ne cherchons pas vraiment à diminuer la consommation d’énergie, mais surtout à remplacer celle-ci par celle d’autres vecteurs que les matières fossiles.

On ne fait rien contre l’énorme vague qui menace l’humanité, et même on fait tout pour la grossir. Le mot « sacrifice » ne se rencontre jamais nulle part, ni dans les échanges relatifs aux accords de Kyoto, pas plus que dans la presse, car nous cherchons surtout à vivre et à fonctionner comme si l’effet de serre n’existait pas, et même à augmenter notre train de vie.

Beaucoup font des efforts, se déplacent en bicyclette, suppriment leurs vacances à quelques milliers de kilomètres de chez eux, cultivent leur terrain au lieu de le couvrir d’un gazon inutile, et d’y faire fonctionner un barbecue polluant. Mais ils sont si peu nombreux !

Nous rêvons debout en continuant de parler croissance, augmentation du niveau de vie, droits humains. Les manifestations en ce sens vont en s’amplifiant sans arrêt, et les hommes politiques tiennent le même discours, pour être élus. Si vous saviez combien elle s’en fiche des droits humains la nature !

Alors oui, à mon tour, je ne crois plus que la catastrophe du climat puisse être évitée. Il est trop tard, et d’ici un siècle l’humanité sera sans doute réduite à un petit demi-milliard d’exemplaires, comme aux temps des pestes qu’elle a connues dans le passé.

Vous souvenez-vous qu’à un certain moment du Moyen Âge, la population du monde connu avait fondu de moitié en quelques décennies, non par génocide ou par guerre, mais par maladie et famine ? C’est ce qui nous attend.

La nature va y veiller, et tous nos beaux traités de civilisés ergotant sur le droit de polluer (on n’est pas très loin des discussions sur le sexe des anges !) seront peut-être redécouverts par les descendants de quelques humains rescapés du carnage, dans quelques milliers d’années, sous les pierres de villes en ruine, recouvertes de végétation comme le temple d’Angkor avant sa restauration.

Ne haussez pas les épaules, c’est pour demain !

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03-05-08

Dalaïnopolis

dalai_lamaDelanopolis

édition du 27 Avril 2008

L'ivresse des altitudes himalayennes aurait-elle atteint la mairie de Paris ? Delanoë s'est en tous cas emmêlé les mantras dans cette affaire de citoyenneté d'honneur.


Résumons les faits. Voulant faire oublier ses contorsions lors du passage de la flamme olympique (voir ici) Delanoë s'est abandonné à une nouvelle fuite en avant médiatique en décernant à la hâte cette prestigieuse distinction à la réincarnation de Bouddha. Mais la question des relations sino-tibétaines est à peu près aussi simple à démêler que la question israélo-palestinienne. Ce savon diplomatique glissant a donc échappé quasi immédiatement aux mains peu expertes du maire et provoqué un beau tollé. Verts et Roses d'un côté, rouges et roses pâles de l'autre, sa majorité s'est divisée moins d'un mois après les élections. Grande première en France : on a vu un ambassadeur étranger ne pas hésiter à adresser une lettre à des élus pour leur demander officiellement de ne pas voter un projet de délibération. C'est sans doute la traduction chinoise du principe de libre administration des collectivités locales...

Ce pataquès était logique.
On ne s'improvise pas sinologue et la propension à tout ramener à des coups de com' a vite montré ses effets pervers. Cet épisode a eu le mérite de souligner l'inaptitude radicale de la « méthode » Delanoë, faite de bonne conscience, de quête anxieuse de l'opinion majoritaire et de méthodes publicitaires, à s'aventurer sur des sujets sérieux.

Pour conclure, rappelons ce proverbe tibétain, d'apparence fort simple et qui s'applique si bien à la com' se heurtant aux dures réalités : « si l'eau n'est pas agitée, elle devient claire ». On comprend mieux, grâce à cette sage parole venue d'Orient, pourquoi certains ont tant besoin d'agitation.

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25-03-08

Qui étaient les gauchistes en 1968 ?

mai68

Agoravox


Article de Léon publié le 25 mars 2008


L'auteur de cet article n'est en rien membre du FN ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique et il ne partage pas forcément les idées défendues ici.

Les « événements de Mai-68 » ayant en réalité commencé le 22 mars de la même année à Nanterre, ce samedi aurait dû être commémoré comme le quarantième anniversaire du début de ce gigantesque happening étudiant qui sera bientôt rejoint par la plus grande grève qu’ait jamais connu la France. C’est à cette occasion que le grand public entendra pour la première fois parler des « gauchistes » terme qui, encore aujourd’hui, reste relativement mystérieux. Pour contribuer à faire revivre ce moment particulier de l’histoire de France, cet article a pour ambition d’en faire un panorama succinct et... largement subjectif.

  Qualifié en son temps de “maladie infantile du communisme” par Lénine, le gauchisme des années 70 se compose d’un ensemble d’organisations et de groupuscules que l’on peut tenter de classer en trois tendances principales : les trotskistes, les maoïstes et les anarchistes.

Les trotskistes

La grande affaire des trotskistes, qui sont aussi anciens que Trotsky lui-même (qui a eu dès le début ses partisans), c’est leur opposition au choix effectué par Staline en faveur de la révolution dans un seul pays, qui a eu pour conséquence l’inféodation et l’instrumentation de tous les partis communistes du monde, à commencer par le PCF, à la politique étrangère de l’URSS. La plupart des organisations trotskistes en France sont issues du mouvement communiste.

On trouve d’abord le déjà ancien PCI (plus tard OCI et actuellement “Parti des travailleurs” dont le dirigeant historique est un certain « Lambert » [1], récemment décédé, d’où l’appellation de “Lambertisme” pour ce courant). Ce groupe assez mystérieux du fait de sa quasi-clandestinité a fait l’objet de beaucoup de fantasmes. Très professionnel et d’une rare efficacité, obsédé par l’auto-épuration, spécialisé dans « l’entrisme » au sein d’organisations de masses diverses (les syndicats, notamment à FO et à la FEN, mais aussi les francs-maçons ou les libres penseurs), il a retenu l’attention des médias lorsque l’on a su que Lionel Jospin en aurait plus ou moins fait partie dans sa jeunesse.

Lutte ouvrière (LO) est une organisation inclassable et exclusivement française qui a longtemps végété d’une manière très isolée en développant une culture littérale et quasi-mystique de Trotsky, et pour qui le monde s’est figé en 1939, date des derniers écrits du maître. Pour les soixante-huitards, LO ce n’est pas tant Arlette Laguillier, que leur fête annuelle de Presles qui a constitué un point de rassemblement régulier, avec quelques autres comme le Larzac.

Le parti trotskiste qui a été le plus en vue ces années-là dans les luttes est sans doute la LCR (Ligue communiste révolutionnaire) qui eut dès cette époque Alain Krivine comme dirigeant (qui s’efface maintenant au profit d’Olivier Besancenot). Considérée comme un peu moins dogmatique que LO, la LCR s’intéressait essentiellement aux syndicats, seules organisations légitimes, à ses yeux, de la classe ouvrière.

De la LCR est issu le groupuscule Révolution, alias REVO. Ce mouvement se distinguait de la LCR par une plus grande attention aux “mouvements de masse” et, à ce titre, s’est beaucoup plus investi, par exemple, dans le féminisme ou la lutte des paysans du Larzac. Ce groupuscule fusionnera au bout de quelques années avec la GOP (Gauche ouvrière et paysanne) qui, elle, est issue du maoïsme, pour donner naissance à l’OCT actuelle (Organisation communiste des travailleurs).

Qu’y a-t-il de commun à ces groupes ? D’abord, et il ne faut pas l’oublier, une adhésion complète au marxisme et au léninisme, donc aux concepts de la lutte des classes, de l’avant-garde de la révolution prolétarienne, de la valeur-travail et tout le fourniment ; mais aussi une critique radicale du PC (dit “Stalinien”) et de ce qu’il a fait de l’URSS. « Au fond, le message trotskiste est simple : la révolution est possible, et si l’on analyse les causes de son échec en URSS, on comprend qu’elle ne peut pas se faire avec le Parti communiste. » (Dixit un ancien trotskard de mes amis...)

Les trotskistes malgré leur éclatement, même lorsque le nombre de leurs militants est très faible, restent des groupes très structurés, et avec une pensée à peu près “identifiable” puisque l’on dispose des écrits de Trotsky. En raison de leur côté très organisé (avec notamment l’entraînement à la clandestinité, les pseudonymes, l’apprentissage des mouvements de rue, de l’agit-prop), même avec le recul, il est difficile de les trouver vraiment « folkloriques », tant ils avaient des fonctionnements proches de ceux des sectes. Malgré une rude concurrence avec LO, et dans une moindre mesure à peu près tous les mouvements gauchistes, on attribuera probablement la palme du sectarisme aux lambertistes (vase clos, culpabilisation, glorification, endoctrinement, discipline, encadrement, cotisations gigantesques : 10 % du salaire minimum. On y notera avec amusement deux causes immédiates d’exclusion : fumer un pétard et suivre une psychanalyse...)

Les maoïstes

Chez les maoïstes, par contre, on trouve de tout, et il est encore plus difficile d’en dresser un paysage à peu près fidèle.

Le terme “mao” recouvre, en fait, la plupart des tendances et groupes gauchistes qui n’étaient pas trotskistes.
Contrairement à ce qui s’est produit avec l’URSS vis-à-vis des Partis communistes “frères”, le PC chinois n’a jamais soutenu, aidé ou dirigé aucun des groupuscules qui se réclamaient en France du maoïsme. On trouve chez ces gauchistes la fascination pour “la révolution culturelle” menée par Mao, et qui va rencontrer un certain écho auprès de ceux qui cherchent essentiellement à combattre le capitalisme sur le terrain de l’idéologie, de la culture. Ils sont favorables à la “spontanéité des masses” par opposition aux organisations structurées et préfèrent créer des “groupes d’action” ou des “coordinations” plutôt que de s’investir dans des syndicats (on les appelle d’ailleurs pour cela, par dérision, les “Mao-Spontex”). Ceux-là ont une attitude vis-à-vis des partis de gauche beaucoup plus radicale encore que les trotskistes, les mettant tous dans le même sac, allant jusqu’à considérer le PC et les syndicats noyautés par le PC comme les chiens de garde du capitalisme. Le mouvement le plus connu qui s’en réclame est la GP (Gauche prolétarienne) dont le dirigeant de l’époque a été Alain Geismar. La GP a bénéficié à maintes reprises du soutien actif et militant de J. P. Sartre. Ce sont aussi des membres de la GP qui sont à l’origine du journal Libération.

Il est à noter que ce mouvement, un peu avant les années 80, s’est interrogé sur l’opportunité de basculer dans le terrorisme sur le modèle des Brigades rouges italiennes et de la “Bande à Baader” en Allemagne, avant d’y renoncer et de s’auto-dissoudre. Seule une toute petite fraction a créé sur ses cendres les NAPAP (Noyaux armés pour l’autonomie populaire) puis, dans la foulée,Action directe qui s’est illustrée par de véritables actions armées et quelques attentats particulièrement sanglants entre 85 et 86, en particulier l’assassinat de Georges Besse, le PDG de Renault et du général Audran, responsable des affaires internationales au ministère de la Défense. Quatre d’entre eux seront arrêtés en 1987, condamnés à perpétuité et soumis à un régime pénitentiaire extrêmement dur dénoncé régulièrement par diverses associations et la Cour européenne des droits de l’homme. Il s’agit de Joëlle Aubron, Nathalie Ménigon, Jean-Marc Rouillan et Georges Cipriani. Joelle Aubron, atteinte d’un cancer, a été libérée pour des raisons de santé, elle est récemment décédée. Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon bénéficient depuis peu d’un régime de semi-liberté, seul Georges Cipriani est encore en prison. [2]

Un autre thème du maoïsme est de mettre sur un pied d’égalité les paysans et les ouvriers comme moteurs de la révolution (“Marcher sur ses deux jambes”), alors que ces derniers sont privilégiés dans le léninisme classique.

A côté de ces maoïstes dits “Spontex” il y a les “Mao-Stals” qui ont la particularité d’être les seuls “gauchistes”à se réclamer de l’héritage stalinien, et qui considèrent, par exemple, que la période de légère décrispation de l’URSS sous Khrouchtchev est une trahison pure et simple de la révolution ! Il convient de noter, en effet, que contrairement à l’URSS, la Chine n’a jamais procédé à une quelconque “déstalinisation”. On trouve dans ce courant très bizarre la GOP (Gauche ouvrière et paysanne) et leur alliance avec Revo pour former l’OCT laisse rêveur...

Les Mao-Spontex sont peut-être les plus représentatifs de l’esprit de Mai-68, à la fois radical, imprévisible, bouillonnant et capable du pire comme du meilleur, mais c’est juste une impression personnelle. Il est à noter que, si bien peu parmi les gauchistes ont réellement lu Trotsky, pour les maoïstes la situation est beaucoup plus simple : il n’y a rien à lire, à moins de considérer les célèbres “Pensées” du Grand Timonier et son « petit livre rouge » comme de la doctrine politique, ce qui est à l’évidence très exagéré.

Les anarchistes

Ceux-là aussi existent sous des formes diverses depuis le XIXe siècle. Ce sont le plus généralement des individualistes qui ont comme objectif la disparition de l’État et qui développent un discours sur l’autonomie, l’autogestion, l’antimilitarisme et l’anticléricalisme (“A bas l’État, les flics et les patrons/curés...”). Ils disposent de plusieurs “organisations” [3]encore que le terme soit à utiliser avec précautions en ce qui les concerne : la Fédération anarchiste et la CNT qui, elle, prend sa source en Espagne avec le renouveau de l’anarchisme après Franco. Se réclament aussi vaguement de l’anarchisme des “autonomes” violents et à peu près incontrôlables dans les manifestations.

Mais, incontestablement, les anars les plus attachants et les plus originaux de cette époque ont été les Situationnistes. Il s’agit d’une avant-garde artistique et politique créée à la fin des années 50, qui voulait rendre la vie “intégralement poétique” et qui a fini par considérer que le prolétariat était le seul, à travers la révolution, en mesure d’atteindre un tel objectif. Les situationnistes, qui n’ont rien représenté comme poids sur le plan politique ont, en revanche, énormément contribué à l’imaginaire de Mai-68 à travers leurs slogans dévastateurs du genreIl est interdit d’interdire ou Sous les pavés, la plage et qui ont été largement diffusés au cours des événements.

Voici, à titre d’exemple, une citation de l’Internationale situationniste pour comprendre son rapport au militantisme organisé du gauchisme marxiste : “La révolution cesse dès l’instant où il faut se sacrifier pour elle. Ceux qui parlent de révolution et de lutte de classes sans se référer explicitement à la vie quotidienne, sans comprendre ce qu’il y a de subversif dans l’amour et de positif dans le refus des contraintes, ceux-là ont dans la bouche un cadavre.”

Même s’il est difficile de les ranger sous l’étiquette “gauchistes” au sens marxiste du terme, il ne faut pas passer sous silence le rôle parfois important des chrétiens de gauche qui se sont exprimés à travers le syndicat CFDT, et qui ont souvent fréquenté le PSU [4] comme parti politique, mais qui ont aussi, comme à la fac de droit de Paris, été des organisateurs de la grève et de la contestation étudiante. Parmi les travailleurs, ils ont joué un rôle essentiel dans l’extraordinaire épopée des Lip à Besançon, dont l’un des leaders aux côtés de Charles Piaget, Jean Raguenès, était un prêtre-ouvrier dominicain...

Deux mouvements très importants attendront le début des années 70 pour se manifester et ne sont pas encore repérables en Mai-68, même s’ils en sont des prolongements directs : le féminisme et la pensée écologiste.

Il convient, enfin, d’expliquer que tous ces gauchistes ne représentaient au final qu’un très petit nombre de vrais militants et que les jeunes qu’ils parvenaient à mobiliser régulièrement dans des luttes diverses se disaient vaguement marxistes ou révolutionnaires, parfois chrétiens et révolutionnaires mais, au mieux, n’avaient lu que Le Manifeste du Parti communiste de Marx, peut-être quelques lignes de Lénine, Trotsky Rosa Luxembourg ou Bakounine, avaient vaguement entendu parler de Marcuse et de Reich, étaient un peu attirés par les  beatnicks et les hippies ou les mouvement communautaires à la Lanza del Vasto et se promettaient d’éduquer leurs enfants façon “Summerhill”. Mais leur “gauchisme” était en réalité une sorte de fourre-tout contestataire, mélange d’utopie, de générosité, de violence assumée et de non-violence rêvée. Et l’appartenance à tel groupe plutôt que tel autre était bien souvent le fruit du hasard, d’une rencontre, d’un copinage...

    [1]  Il s’agit de son « pseudo », son vrai nom est Pierre Boussel

[2] J’ai toujours trouvé étonnante la proportion très élevée des femmes dans ces mouvements violents, que ce soit Action directe, l’ETA, les Brigades rouges ou la bande à Baader...

[3]  Le « Mouvement du 22 mars » de D. Cohn-Bendit est à rattacher à cette mouvance

[4] Le PSU est un parti politique à l’histoire très complexe, né dans les années 60 autour des thèmes de l’anticolonialisme et de l’antigaullisme, dont le secrétaire général le plus célèbre a été Michel Rocard, et qui, à partir de 1968, est devenu un parti contestataire et autogestionaire. Il s’est auto-dissout en 1989

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23-03-08

Propos chaotiques

Voynet_MontreuilLe journal du Chaos

édition du 22 mars 2008

Chantal Sébire s’en est allée finalement comme elle l’avait souhaité
. L’a-t-on aidé à mourir ? Qu’importe. Le rôle de la médecine n’est pas de laisser impunément souffrir les gens au prétexte du silence de la loi. Il y aurait beaucoup à dire sur ce qui est ou non permis au travers de la loi, tant nos législateurs d’aujourd’hui légifèrent sur n’importe quoi, pressés qu’ils sont par l’opinion ou les circonstances. Passons.

Concernant l’euthanasie, loin de moi l’idée de vouloir l’ériger en système. Je pense que c’est un droit dont devrait disposer les individus ayant toute leur raison. On pense bien sûr au cas de Mme Sébire, mais il peut s’agir aussi d’un enfant que l’on sait non viable dès l’accouchement. Les parents devraient pouvoir choisir le destin à donner à ces enfants sachant qu’ils seront toute leur vie à la charge de la société. Cela d’ailleurs pose la question de savoir non ce qu’est la vie, mais ce qu’elle doit signifier. Les Grecs et les Romains avaient tranché avec bon sens et sans état-d’âme. Mais, dans nos sociétés lacrymales, les pleureuses républicaines sont à l’ouvrage.

De cette semaine également très lacrymale pour la droite du moins, je retiendrai l’élection de Dominique Voynet à Montreuil et qui a viré l’archéo-stalinien Jean-Pierre Brard. Dieu sait si cette greluche n’est pas ma tasse de thé, mais d’avoir tarter Brard et le parti socialiste réunis, je lui reconnais là un joli fait d’armes. Demain va être un autre jour, car les cocos locaux ne vont pas lui faire de cadeaux, notamment le personnel communal dont la plupart doivent être encartés.

Le nain élyséen commence à devenir inquiétant en matière de politique étrangère. Il entrerait dans ses intentions d’envoyer 1600 soldats supplémentaires en Afghanistan. Contre l’avis même du chef d’état-major des armées, le général Georgelin qui sait depuis longtemps que c’est un bourbier (américain) inextricable. L’Afghanistan, c’est simple, il faut se barrer et napalmer les champs de pavot. Mais Sarko l’Américain pense le contraire.
Tiens, sa Cécilia d’hier se remarie aujourd’hui à la synagogue de New York avec son milliardaire de Richard Attias.

Autre pomme de discorde : le Tibet. Il est vrai que les Chinois sont en train d’éradiquer la culture tibétaine. Mais, le monde est en guerre permanente. Et les Américains n’ayant jamais réussi à faire tomber la dictature nord-coréenne, je ne vois pas comment on empêcherait la Chine de coloniser le Tibet. En fait, ils font comme les Incas jadis, ils procèdent à des transferts de populations. C’est radical. Les Turcs, plus barbares, violaient les femmes pour qu’elles enfantent… du Turc !

Enfin, dernière joyeuseté et autre facétie élyséenne, le renvoi de Georges-Marc Benamou du château pour la Villa Médicis à Rome. Ce qui m’étonne, c’est justement que l’on s’étonne et notamment la gauche caviar qui a toujours fonctionné au copinage et au mépris de toute justice tant soit peu républicaine. Mais, Bénamou à Rome est-ce pire que Léotard à la Culture ? La villa Médicis en a vu et en verra d’autres. Est-ce pire aussi que le pistonnage éhonté de Bernard Kouchner qui veut coller sa copine de Libération, Elisabeth Lévy-Willard, juive sioniste compulsive, comme attachée culturelle à l’ambassade de France à Tel Aviv !

Allez, souriez !

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07-03-08

Une piscine publique réservée aux ''nageurs homosexuels'' !

AquafoliesLe Perroquet libéré

édition du 6 mars 2008

Dimanche 9 mars auront lieu à la piscine Château-Landon les Aquafolies, des "olympiades nautiques" pour homosexuels que les lecteurs du Perroquet connaissent bien
(cliquer ici).

Une manifestation sportive sans doute indispensable qui se déroule dans une folle ambiance (cliquer ici). De quoi justifier que la municipalité privatise ainsi une piscine un jour de grande affluence alors que chacun sait que Paris manque cruellement d'équipements et notamment de piscines.

Fort à propos, les Aquafolies s'arrêtent à 18 heures (cliquer ici), ce qui laissera aux participants à ce rendez-vous sportif incontournable le temps d'aller voter pour remercier ceux qui leur permettent de bénéficier gratuitement de tels passe-droits.


Quant à ces ringards d'hétérosexuels, qu'ils ne viennent pas se plaindre : la piscine leur sera royalement ouverte de 8h00 à 10h00. Mais, pour eux, c'est payant : 2,60 euros...

Pour contacter la piscine Château-Landon, téléphoner au 01.55.26.90.35

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23-02-08

Contre la droite bling-bling, Delanoë ressort la gauche caviar

Delano__roiLe Perroquet libéré

édition du 20 février 2008

L'auteur de cet article n'est en rien membre du FN ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique et il ne partage pas forcément les idées défendues ici.

Les "talents de Paris" se mobilisent pour Bertrand Delanoë.
Au menu : people, gros contribuables, obligés en tout genre et... caviar !

C'est plus fort que lui : même dans une campagne municipale axée sur la proximité et les sujets du quotidien, il faut que ça brille. Qu'on fasse la fête. Le 18 février, Bertrand Delanoë réunissait un parterre de gens connus s'intitulant modestement les "Talents de Paris" pour montrer aux Parisiens qu'en matière de mondanités aussi, il a "un temps d'avance".

Ils étaient rassemblés au musée des Arts Forains, autour d'un buffet alimenté à grand renfort de foie gras et de caviar. Comme quoi, même à gauche, l'obscénité de ceux d'en haut s'affiche de façon décomplexée. Il n'est pas inintéressant de se pencher un peu sur ces fameux "Talents de Paris". Inutile d'y chercher des artisans : ils ne rentrent pas dans la définition...

On y trouve en revanche pas mal de gens qui ont en effet de bonnes raisons d'aimer le maire de Paris. Ceux qui bossent pour lui par exemple : Fabien Galthié, recasé à l'Hôtel de Ville après sa retraite d'international de rugby, Jean-Michel Ribes, nommé à la tête du théâtre du Rond-Point par la municipalité, Lionel Stoleru, président du CODEV par les bonnes grâces du maire, ou encore Alain Geismar, ex-membre du cabinet de Bertrand Delanoë.

Il y a aussi ceux qui, pour diverses raisons, peuvent dire merci à Bertrand Delanoë : Luc Besson (merci pour la responsabilité du film de promotion des JO, même s'il a déplu au CIO...), Cabu (merci pour l'expo de mes dessins à l'Hôtel de Ville et dans le bulletin municipal), Alain Cayzac (merci pour la subvention municipale du PSG), Max Guazzini (merci pour le stade Jean Bouin), Orlando (merci pour l'hommage à Dalida), Elie Semoun (merci pour le Show-Case), Line Renaud (merci pour la place Loulou Gasté), ou Nadine Trintignant (merci pour la place Marie Trintignant). Ils sont trop nombreux pour être tous cités...

Et il y a ceux dont on ne sait pas bien quel "talent" leur vaut d'être là, comme Mazarine Pingeot, "écrivain et professeure" ou Tristan Mendès-France, "blogueur". Un talent héréditaire, sans doute.

Beaucoup de gros contribuables (spéciale dédicace à Pierre Bergé, BHL et Max Théret dont ceux qui se souviennent des scandales financiers du mitterrandisme finissant n'ont peut-être pas oublié le nom) en tous cas, et même quelques habitants de Neuilly sans doute venus pour saluer les efforts de Bertrand Delanoë en faveur du Grand Paris. A l'heure de l'ouverture, la gauche caviar intégre aussi des personnalités d'habitude marquées à droite comme la chiraquienne Line Renaud et le patron de Pink TV, Pascal Houzelot, ex-collaborateur de Chirac ensuite recasé dans l'état-major de TF1.

Il fallait être là pour compter vraiment. C'est sans doute pour ça qu'il y a eu des incrustes comme Gérard Miller qui se pavane devant la caméra du Parisien alors que son nom n'est pas au nombre des "200 Talents". Un nombre qui n'est pas sans rappeler les 200 familles dont la gauche reproche sans cesse à Françoise de Panafieu d'être l'héritière.


Gauche caviar contre droite bling-bling, ça promet pour 2012...

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18-02-08

Sarkozy se moque des handicapés

Handicap Agoravox

Article de La Taverne des poètes  publié sur Agoravox le 14 février 2008

L'auteur de cet article n'est en rien membre du FN ou d'un autre mouvement de cette famille de pensée politique et il ne partage pas forcément les idées défendues ici.

Jacques Chirac a eu ce courage de réformer la loi de 1975, ce monument ! Ce ne fut pas une tâche facile, mais cela a donné la loi Handicap du 5 mars 2005. Malheureusement, Nicolas Sarkozy n’a pas le même souci des personnes handicapées. La loi du plus fort, la loi des plus riches, semblent ses seuls credo.

Les décrets d’application de la loi de 2005 ne sortent pas. Le gouvernement a placé ses "urgences" ailleurs, en particulier dans le "paquet fiscal". Si les retraités bénéficiaires du minimum vieillesse sont soignés in extremis à cause de l’échéance des municipales (parce qu’ils votent assez nombreux pour l’UMP), les personnes handicapées n’intéressent pas Sarkozy : 1,1 % de revalorisation de leur allocation ! Quant à l’emploi des handicapés, alors que le gouvernement Villepin considérait que la fonction publique devait devenir "exemplaire" dans ce domaine, le gouvernement actuel s’en contrefiche.

6 % de handicapés dans l’administration, mission possible ?

A l’instar de l’Agefiph, un fonds commun aux trois fonctions publiques (Etat, territoriale, hospitalière) a été créé par la loi de mars 2005 sous le gouvernement Villepin. Il est abondé par les employeurs publics ne respectant pas l’obligation d’emploi de 6 % d’agents handicapés. Le FIPHFP (Fonds pour l’insertion des personnes handicapées dans la fonction publique) joue le même rôle que l’Agefiph (le fonds du secteur privé) : les contributions versées par les employeurs publics qui ne respectent pas le taux de 6 % de salariés reconnus handicapés sont reversées à celles qui agissent pour le recrutement ou le maintien des personnes handicapées dans l’emploi. En tout cas théoriquement, car, dans son rapport annuel, rendu public le 6 février, la Cour des comptes critique la gestion et les résultats du FIPHFP : "une question demeure sur l’emploi des fonds collectés par le FIPHFP", souligne-t-elle. Ainsi, en 2007, le fonds "ne devrait avoir dépensé que moins de 5 millions sur les 182 millions d’euros collectés depuis sa création, soit un taux d’utilisation de 2,7 %". Pour la Cour des comptes, il est nécessaire de "repenser les modes d’intervention du fonds" et de mobiliser les crédits "à des fins de formation et de sensibilisation" (guide, plate-forme d’information, etc.).

Alors que la loi impose un taux d’emploi de 6 % de personnes handicapées, la fonction publique n’affichait en 2006 qu’un taux de 3,55 %. Cela va-t-il s’améliorer ? Pas sûr, puisque ce taux est même en baisse : 3,77 % en 2007. Dans le privé, on fait mieux : 4,4 %. La question de la gouvernance du fonds pose aussi un sérieux problème qui a conduit en 2007 à la démission de son directeur.

Une absence de volonté gouvernementale

Et que fait le gouvernement ? Sarkozy, qui accorde facilement de sa personne pour donner du retentissement à quelques faits divers (et même à sa vie privée), n’a pas daigné s’en occuper. C’est le ministre du Budget , Eric Woerth, qui doit aller au charbon pour dire quoi ? Eh bien, qu’il "prend acte" ! Nous voilà bien avancé. Il annonce pour 2008 une promesse qui ne sera pas tenue (mais le sarkozisme nous y habitue...) : "une hausse d’au moins 25 % des recrutements de personnes handicapées par rapport à l’année précédente".

Cette promesse peut-elle être tenue ? Evidemment que non ! Il faut compter sur le fait que 1 500 agents TOS et DDE ont été transférés aux départements. Avec cet effectif plus important, la barre des 6 % sera encore plus difficile à franchir. Mais il faut tenir compte surtout de l’indifférence du gouvernement pour cette question.

Sarkozy poursuit sa route dorée, étincelante de richesses étalées, favorise les plus forts, les plus riches, ses amis, et laisse sur le bord du chemin les pauvres (pouvoir d’achat en berne, plan banlieue bidon), les malades (franchises médicales), les personnes handicapées. Et sur ce dernier point, il faut aussi rappeler la situation dramatique des autistes dans notre pays.

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10-02-08

Enquête sur les HLM de Neuilly

Neuilly_sur_SeinePolitique.net

édition du 8 février 2008


La loi sur le renouvellement urbain (SRU) impose aux agglomérations d'avoir au moins 20% de logements sociaux d'ici à 2020. Si la France connaît une forme de ghettoïsation en banlieue, c'est en raison de l'absence de mixité sociale : les communes du 93 multiplient les Habitats à Loyer Modéré (HLM) quand les communes comme celle de Neuilly refusent d'en construire. Aujourd'hui, l'ancien fief de Nicolas Sarkozy compte 3,2% de HLM. Dans un dossier publié par Le Monde 2, Monique et Michel Pinçon-Charlot, deux sociologues spécialisés dans l'étude de la bourgeoisie, ont enquêté pour savoir qui habitait dans les HLM de Neuilly. Et leurs conclusions sont surprenantes.

Les retards de Neuilly-sur-Seine dans la construction de HLM

La ville de Neuilly compte 3,2% de HLM, bien loin des 20% réglementaires. La commune préfère payer l'amende plutôt que de construire des logements qui viendraient bouleverser l'équilibre social d'une ville qui s'est considérablement embourgeoisée au cours des vingt dernières années. Depuis 2001, la commune a toutefois fait un effort en doublant le nombre de logements sociaux : de 391 en 2001, le nombre est passé à 954 en 2007 selon les chiffres communiqués par la commune au magazine Le Monde 2. Malgré cet effort, la ville est loin de remplir ses objectifs en matière de construction HLM. En 2004, son amende a été augmentée de 54% faute d'avoir construit un nombre suffisant de HLM entre 2002 et 2004. En effet, tous les 3 ans, la politique du logement de la ville de Neuilly est évaluée par l'Etat. Si l'effort consenti n'est pas suffisant, l'amende est majorée. Mais la municipalité sortante sait parfaitement utiliser tous les dispositifs de la loi pour en détourner l'objectif premier. En effet, la loi SRU stipule que si les investissements de la ville sont supérieurs à l'amende, alors la commune est dispensée de la payer. De fait, excepté en 2004, Neuilly n'a jamais eu à payer l'amende.

Une liste de locataire sous le sceau du secret

Qui sont les habitants de ces 3,2% de HLM à Neuilly ? Depuis des années, l'opposition de gauche réclame la liste à la mairie. Et à chaque fois, le maire et ses adjoints bottent en touche en refusant de communiquer la liste. Au cours de l'enquête de la journaliste du Monde 2, une demande a été formulée auprès de la DDE (direction départementale de l'équipement) des Hauts-de-Seine pour obtenir l'inventaire des logements sociaux. Mais la DDE a refusé de rendre public cette liste.

A ce jour, une seule liste a circulé : celle établie par deux étudiantes en 2006 grâce à un document obtenu auprès du service de l'urbanisme de la mairie. Un technicien avait bien voulu leur communiquer cette liste. Pourquoi la mairie refuse-t-elle de rendre public la liste des logements sociaux ? Certainement parce que les locataires de ces HLM ont un profil assez particulier.

Des bâtiments de standing dispersés dans toute la ville

Au cours de leur enquête, la journaliste du Monde et les deux sociologues sont parvenus à identifier quelques immeubles HLM. Et surprise, alors que la plupart des villes concentre leurs HLM au même endroit, il n'y a pas de quartier HLM à Neuilly. Tous les bâtiments considérés comme HLM sont dispersés au quatre coins de la ville et ne correspondent pas à l'image habituelle que l'on peut s'en faire. A Neuilly, les HLM ne sont pas des grandes barres mais des immeubles de standing qui se fondent aux autres. Sans la liste, il est impossible de les reconnaître : immeubles des années 1920 avec des façades en brique, constructions des années 1960 en forme de cube avec terrasse et jardins intérieurs.

Les locataires des HLM de Neuilly : châtelains, chefs d'entreprise, cadres supérieurs


Plus surprenant encore, le profil des locataires de ces HLM. Premier indice de l'anomalie, les parkings. On y trouve des 4 x 4, BMW, des coupés Alfa Roméo de collection. Deuxième indice : les riverains. La mixité sociale n'est pas vraiment la caractéristique première de ces immeubles. Il suffit de parcourir les rues pour comprendre qu'il ne s'agit pas de même population que dans les banlieues du 93. Et pour cause, en recoupant les adresses des HLM, les noms des détenteurs des lignes fixes et les listes du recensement électoral, la journaliste et les deux sociologues ont découvert qu'il y avait parmi les locataires de ces HLM des personnes très aisées. Des membres de la noblesse et de la grande bourgeoisie logent dans ces "habitations à loyer modéré" : fils de comtes, propriétaires de résidence secondaire, cadres supérieurs et PDG d'entreprises, des responsables du conseil général des Hauts-de-Seine.

Comment expliquer cette anomalie ? A Neuilly, les terrains disponibles pour la construction de HLM sont rares et chers. Pour augmenter la part de logements sociaux, certains anciens immeubles issus du parc privé ont été transformés en HLM. Or, la loi autorise les locataires à rester dans leur logement même s'ils ont des revenus supérieurs au plafond des ressources pour l'attribution de HLM. Le maire assure que dans ce cas de figure, la mairie applique des surloyers. Il n'en reste pas moins que les HLM de Neuilly n'ont rien avoir avec les HLM classiques. D'ailleurs, là-bas, on préfère les appeler des "logements familiaux".

Source : Pascale Kremer, "Enquête sur les HLM de Neuilly", Le Monde 2, 26 janvier 2008






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01-02-08

Serbie : le second tour indécis

kostunicaYves Daoudal

Article de Yves Daoudal publié le 31 janvier 2008

La journée d’hier a été la plus importante de l’entre deux tours de la présidentielle serbe : elle a été marquée par la prise de position de Vojislav Kostunica, par le débat télévisé Tadic-Nikolic, et par la visite d’un commissaire européen.

A l’issue du premier tour, nombre de commentateurs disaient que le choix de Kostunica serait capital. C’est-à-dire que s’il soutenait Tadic, c’est à coup sûr celui-ci qui remporterait l’élection.

Or Vojislav Kostunica, Premier ministre et chef du parti démocrate serbe, a refusé de soutenir le président sortant : « Boris Tadic a rejeté notre proposition d’élargir notre accord de coalition et nous ne pouvons pas le soutenir lors de cette élection, a-t-il dit. Dans le même temps, je veux dire clairement que nous ne soutenons pas non plus le candidat du parti radical. Notre message est que le peuple doit décider seul de ce qu’il va faire. »

Lors du débat télévisé, Tadic s’est déclaré « profondément convaincu que seule une politique d’intégration à l’UE permettra à la Serbie de se développer ». Nikolic a défendu une politique de « deux voies, la première complètement ouverte vers la Russie , la deuxième vers l’UE qui contient de nombreux obstacles ». Il a ajouté que la Serbie devait « parler ouvertement à l’UE : la Serbie n’a qu’une condition : entrer dans l’UE entière », c’est-à-dire avec le Kosovo... dont l’UE a programmé l’imminente indépendance. Tadic a réaffirmé qu’il n’accepterait jamais un Kosovo indépendant, mais il n’a toujours pas expliqué comment la Serbie peut entrer dans l’UE qui aura reconnu le Kosovo indépendant...

Le même jour, le commissaire européen Franco Frattini est venu vanter l’UE et l’accord de coopération agité comme une carotte devant l’âne serbe : «  Je suis persuadé que l’avenir de la Serbie est au sein de l’UE... Nous venons d’inviter la Serbie à signer avec l’UE un accord politique qui pour la première fois fait mention du mot “membre“ de l’UE... » L’accord sur les visas aura un « résultat tangible et visible » pour les citoyens serbes... « Notre offre politique à la Serbie signifie que nous ouvrons les portes et les fenêtres de l’Europe... »

    

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24-01-08

Métro, une Pravda parisienne ?

Bertrand_le_magnifiqueLe Perroquet libéré

édition du 23 janvier 2008

Une interview de l'auteur d'un livre sur Bertrand Delanoë a subi un drôle de régime minceur entre sa version internet -très critique sur certains aspects- et sa version papier, nettement plus favorable au maire de Paris. Le Perroquet Libéré a comparé les deux versions. Edifiant !

Dans la soirée du 22 janvier, le site internet du journal gratuit Métro a mis en ligne une interview du journaliste Yves Stefanovitch au sujet de son livre Bertrand le Magnifique (cliquer ici). Un ouvrage semble-t-il très critique sur certains aspects de la politique de Bertrand Delanoë et qui épingle notamment son goût exacerbé pour la communication. Un péché mignon qu'il partage avec Nicolas Sarkozy...

L'analyse d'Yves Stefanovitch, qui revient sur les défauts de Bertrand Delanoë et son goût du pouvoir a de quoi irriter le maire de Paris que l'on sait très attentif à son image.


Or, en page 9 de la version papier distribuée à plusieurs centaines de milliers d'exemplaires à l'entrée des bouches de métro le 23 janvier au matin (cliquer ici), on trouve une variante de l'interview : son titre a été changé, l'entretien a été carrément délesté de deux questions et quelques coupes subtiles ont rendu le jugement d'Yves Stefanovitch moins cassant à l'égard de Bertrand Delanoë. Ainsi, il n'est plus question des hausses d'impôt annoncées par Delanoë ni de l'intervention de l'Hôtel de Ville dans la gestion quotidienne de la mairie du 12ème... Et il ne semble pas que le manque de place soit la principale raison de ces "retouches" puisque quelques ajouts ont été insérés -comme le caractère "ultraperformant" du service communication de la mairie (une signature des retouches ?) ou une deuxième référence au fait que Delanoë est un "bosseur"- de même qu'une colonne de réaction de la municipalité.

Pour faire gagner du temps à ses lecteurs, Le Perroquet Libéré a procédé à une lecture comparative entre les deux versions.
- dans la version internet, les passages en bleu sont ceux qui ont été retirés dans la version papier;
- dans la version papier, les passages en jaune sont ceux qui ont été ajoutés par rapport à la version internet.

Le résultat se passe de commentaires.

Bienvenue à Paris, ville qui fut jadis connue pour la liberté d'expression et l'indépendance de la presse

Posté par Redekker à 00:09 - ├ Sur la Toile - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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