Le blog de Yann Redekker

Un regard neuf sur une vieille idée : la Nation

13-06-08

Manuel Abramowicz, président de "Résistances", au chevet de terroristes des CCC

Logo_CCCBelgique et Chrétienté

Article de Alain Escada publié le 12 juin 2008

Samedi dernier, une centaine de personnes ont manifesté à deux reprises leur soutien aux personnes mises en détention dans le cadre d’une enquête pour terrorisme. A l’appel du Secours Rouge, une association extrêmiste de gauche co-fondée par Bertrand Sassoye, terroriste des Cellules Communistes Combattantes, les manifestants se sont d’abord rassemblés vers 18h devant la prison de Berkendael où ils ont hurlé des slogans en faveur de Wahoub Fayoumi, journaliste de la RTBF et activiste gauchiste.

Ensuite, les manifestants se sont rendus devant la prison de Saint-Gilles où sont incarcérés Pierre Carette et Bertrand Sassoye, tous deux terroristes des CCC, ainsi qu’Abdallah Ibrahim Abdallah. Puis les manifestants ont terminé devant la prison de Forest, où est détenu Constant Hormans, ex-truand.

Rappelons que Wahoub Fayoumi, Bertrand Sassoye, Abdallah Ibrahim Abdallah et Constant Hormans sont actuellement arrêtés dans le cadre d’une enquête sur leurs liens avec le parti communiste politico-militaire (PCPM), organisation italienne héritière du mouvement terroriste des Brigades Rouges. Le PCPM est suspecté d’avoir préparé des actes terroristes en Italie. Des perquisitions menées chez le chef du PCPM ont permis de découvrir des photos d’identité ainsi que des données anthropométriques concernant les quatre personnes arrêtées en Belgique. La justice italienne pense que ces informations devaient servir à la confection de faux papiers.

Rappelons aussi que Pierre Carette et Bertrand Sassoye ont commis de 1984 à 1985 une trentaine d’attentats revendiqués au nom des Cellules Communistes Combattantes (CCC), dont celui de la rue des Sols à Bruxelles qui tua deux pompiers. En 1988, Bertrand Sassoye avait été condamné à la perpétuité. En 2000, la justice lui accordait une libération conditionnelle. A sa sortie, il proclamait ne rien renier de ses engagements révolutionnaires.

Intéressons-nous maintenant aux manifestants venus soutenir ces personnes soupçonnées de participation à des activités terroristes. Des images diffusées à la télévision ont permis de reconnaître parmi les manifestants un certain Manuel Abramowicz. De qui s’agit-il ? Manuel Abramowicz travaille notamment pour le Centre pour l’Egalité des Chances et la Lutte contre le racisme, officine dépendant de l’Etat belge. Manuel Abramowicz est également le président de RésistanceS, une organisation d’extrême gauche autoproclamée “observatoire de l’extrême droite”.

Manuel Abramowicz, pourtant connu comme vieux militant trotskyste, est parvenu depuis plusieurs années à transformer ses écrits militants d’extrême gauche en sources de référence pour divers journalistes cherchant à rapidement pondre un article sur l’épouvantail d’extrême droite. Depuis quelques temps déjà, Manuel Abramowicz levait le voile sur la véritable nature de RésistanceS pour qui voulait y prêter attention. En effet, en marge d’un article consacré aux skinheads et publié par Résistances, des liens directs sont proposés vers des sites internet de redskins, skinheads d’extrême gauche. Dans un autre article vantant la “gauche radicale”, Résistances propose directement les liens vers les sites internet de la LCR (parti trotskiste) et du PTB (parti néo-stalinien dont l’hebdomadaire rappelait jusqu’il y a peu son souhait d’une révolution prolétarienne avec pour illustration une main brandissant une kalachnikov…). Chassez le naturel, il revient au galop !

En conclusion, plus aucun journaliste, plus aucun homme politique, ne pourra s’inspirer des écrits de RésistanceS et de Manuel Abramowicz sans se souvenir quelle idéologie extrémiste de gauche cela cautionne. Les membres des CCC n’étaient pas de doux rêveurs mais des terroristes assassins.

Note YR : Si vous trouvez quelques ressemblances avec des événements qui se sont déroulés dans l'hexagone il y a peu de temps, c'est normal, les extrêmistes de gauches on le sait ne considèrent plus les frontières ! Il n'y a qu'a remplacer le sigle CCC par celui de AD et vous avez à peu de chose près la même histoire ...

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07-06-08

Belgique : un Flamand sur deux pour la partition du royaume

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édition du 7 juin 2008

La Belgique était déjà mal en point. Voici un sondage qui plombe encore plus son avenir. Pour la première fois, près de la moitié des Flamands se prononcent en faveur de l'éclatement du royaume dans un sondage publié samedi dans un journal néerlandophone.

A la question "Souhaitez vous que la Belgique éclate?", 49,7% des Flamands répondent "oui", 45,% "non" et 4,6% sont sans opinion, indique le sondage, réalisé pour le journal Het Laatste Nieuws auprès de 1.000 personnes habitant en Flandre , la région néerlandophone de la Belgique. Le commentaire du quotidien est lui aussi sans équivoque : "Que l'opinion publique flamande se radicalise à grande vitesse était clair depuis un moment déjà, mais c'est la première fois qu'une majorité de Flamands indique crûment que pour eux, la Belgique n'est plus une nécessité".

Eclatement du pays

Et d'enfoncer le clou en ajoutant qu'en septembre 2007, alors que la crise politique issue des élections du 10 juin 2007 dépassait déjà les 100 jours, les séparatistes n'étaient "que" 46,1% en Flandre, contre 49,6% en faveur d'une Belgique unie. En s'attachant au détail, le journal souligne par ailleurs que "ce sont surtout les personnes de plus de 65 ans et celles peu diplômées qui ont hâte de proclamer l'indépendance de la Flandre ".

En Flandre, région où vivent 60% des Belges, les élections de l'an dernier ont vu la victoire des partis souhaitant obtenir une très large autonomie pour leur région. Mais de difficiles pourparlers entre les deux communautés linguistiques n'ont toujours pas abouti à la réforme des institutions réclamée par la Flandre et le délai pour y arriver, fixé au 15 juillet, paraît irréaliste à la plupart des analystes. Les francophones redoutent en effet de perdre des transferts financiers en acceptant une plus large autonomie et craignent que cela n'entraîne l'éclatement du pays entre Flandre et Wallonie .

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05-04-08

Tout avait si bien commencé...

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édition du 3 avril 2008

Chacun des concerts de Yannick Noah est un rendez-vous unique à ne pas manquer.
Ses fans le savent et une fois de plus, le chanteur se produisait à guichets fermés à Forest National. Un public ravi par les 2h30 de prestation sans faille offert par la personnalité préférée des Français. Jusqu'à ce que Yannick Noah décide de jouer les prolongations des prolongations.

Pas besoin de première partie pour chauffer la salle. Une horloge géante égrénant les trois dernières minutes avant le début du concert s'en charge. Yannick Noah est accueilli par une foule en délire composée de nombreux enfants ébahis devant leur idole. Comme à son habitude, le chanteur fait preuve de beaucoup de générosité et très vite, c'est tout Forest qui se met à chanter et danser, emporté par la voix suave et l'énergie si communicative de Yannick.

Accompagné par six musiciens et trois choristes, Noah enchaîne les titres en toute décontraction, apostrophant de temps à autre le public et jouant avec lui. Les bras levés pendant "Ose!", le bassin déhanché sur "Destination ailleurs" ou "Saga Africa", le poing levé durant "Aux arbres citoyens", les spectateurs semblent se gorger des messages dont sont emprunts chacune des chansons de Yannick Noah. Et lorsque au bout de 2h30 de concert, l'artiste annonce qu'il a envie de continuer, le public applaudit et reste.

Après dix minutes de pause pour aller "boire un coup" (dixit Yannick), il revient assurer le spectacle et annonce une envie de faire la fête. Noah débute sur une reprise de "La Bombe humaine" de Téléphone et on dit bravo pour ces quelques minutes de nostalgie! Puis, c'est au tour de ses musiciens et choristes de s'emparer du micro et là, c'est un peu le casting de La Nouvelle Star, il y a du très bon, du moyen et du moins bon. Le groupe semble inépuisable, plus que les spectateurs qui commencent à quitter peu à peu la salle.

Mais Yannick Noah en veut encore et alors qu'il ne reste plus que quelques centaines de personnes, les lumières se rallument invitant le chanteur à en rester là. Seulement voilà, l'ex-tennisman en a décidé autrement et lance un "On paiera les heures supplémentaires". Les techniciens hésitent, Yannick s'énerve et devient "insultant" ou "un peu lourd", au choix. Les techniciens obtempèrent mais lui demandent d'en finir. "Ta gueule!" leur a-t-il alors lancé. Le chanteur ayant plaisanté avec cette insulte durant le concert, s'agissait-il d'un "running gag"? Sans doute mais les techniciens avaient aussi sans doute vraiment envie de rentrer chez eux... Yannick Noah termine finalement le spectacle une demi-heure plus tard. Un concert de cinq heures qui se termine sur une fausse note. Parfois mieux vaut savoir s'arrêter à temps...

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25-03-08

Apartheid linguistique en Flandre

Belgique_scissionLibération via http://bruxelles.blogs.liberation.fr

Article de Jean Quatremer publié le 25 mars 2008

La commune flamande de Liedekerke a adopté un nouveau règlement qui autorise les responsables des « plaines de jeux » (jardins d’enfants) à refuser l’admission des enfants ne parlant ou ne comprenant pas le néerlandais. Le bourgmestre (maire) de la commune, le CD&V Luc Wynants (qui appartient donc au même parti qu'Yves Leterme, le Premier ministre belge), s’est justifié sur les ondes de Radio 2 : « quand il faut s’occuper d’un groupe d’enfants et les laisser jouer en toute sécurité, il est important qu’ils comprennent ce que les moniteurs leur disent. Dans le passé, nous avons eu beaucoup d’enfants qui venaient dans nos plaines de jeux, même de Bruxelles, et qui ne connaissaient pas le néerlandais ».

Cette histoire, rapportée par l’agence de presse belge Belga, montre comment, naturellement, mesure discriminatoire après mesure discriminatoire, la Flandre en vient à instaurer un véritable régime d’apartheid linguistique au nom de la défense de sa culture.

Frontière linguistique, puis séparation des partis politiques, des ordres professionnels, de la justice, de l’éducation entre Flamands et Francophones, puis interdiction des panneaux de signalisation en français, d’accès aux logements sociaux aux non néerlandophones, de vendre des terrains communaux aux non néerlandophones, de passer des annonces en français, de s’adresser en français à des commerçants, puis refus de nommer des maires francophones élus démocratiquement parce qu’ils ont envoyé des convocations en français à leurs électeurs francophones, etc, etc. Cette fois-ci, et pour la première fois, la Flandre s'attaque aux enfants. Ces discriminations ont fini par émouvoir le Conseil de l’Europe puis l'ONU. Mais en Flandre, Monsieur, on considère que ces étrangers ne comprennent rien à la complexité du pays.

Je suggère à la région flamande une mesure plus radicale : obliger les Francophones se rendant en Flandre à porter un signe distinctif sur la poitrine (un coq gaulois, par exemple) afin que les braves Flamands ne perdent plus un temps précieux à distinguer le bon grain de l’ivraie.  On saurait tout de suite à qui claquer la porte au nez. Et quels enfants chasser des jardins.

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04-01-08

Le Vlaams Belang crée des cartes d’identité wallonnes et flamandes

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édition du 4 janvier 2008

Le Vlaams Belang a offert aux parlementaires wallons, flamands et bruxellois une nouvelle carte d’identité, en guise de cadeau de nouvel an. Les parlementaires flamands et bruxellois ont reçu une carte d’identité flamande alors que les parlementaires wallons recevaient une carte d’identité wallonne dans leur boîte aux lettres.

“Tous les parlementaires des parlements fédéraux, wallons, bruxellois et flamands ainsi que tous les ministres ont reçu une carte d’identité personnalisée, avec leur nom, sexe, lieux de naissance et une photo. Les cartes sont précisément les mêmes que les cartes d’identité officielles, sauf qu’au lieu de Belgique, on peut lire Flandre ou Wallonie”, a indiqué Philip Dewinter.

Dans une lettre accompagnant la carte, le Vlaams Belang enjoint les politiques à travailler en 2008 à l’indépendance de la Flandre et de la Wallonie. “Par cette action, nous souhaitons montrer que l’indépendance concertée est possible”, a ajouté M. Dewinter. Toutes les photos et les données personnelles sont issues des sites internet des différents parlementaires. “J’espère que chacun verra le côté ludique de cette action et que nous n’aurons pas de problèmes avec le respect de la vie privée ou le droit à l’image”, a encore ajouté M. Dewinter.

“Nous n’avons pas diffusé d’informations vers des tiers. Si certains devaient faire des histoires, je trouverais cela mesquin.”
Les citoyens peuvent également faire une demande pour cette carte. “A partir de vendredi, n’importe qui pourra demander cette carte dans notre bureau du parlement flamand. Nous prendrons une photo et la carte d’identité sera préparée” a ajouté Philip Dewinter.

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07-12-07

Belgique : la crise commence à poser des problèmes

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Yves Daoudal

Article de Yves Daoudal publié le 7 décembre 2007

Près de six mois après les élections, la Belgique n’a toujours pas de gouvernement. Le gouvernement en place à l’époque continue de « gérer les affaires courantes », comme on dit. Mais il est paralysé. Il ne peut prendre aucune décision. Il ne peut même pas signer les décrets d’application des lois qui ont été votées avant les élections.

Le résultat est que les pompiers et les services d’urgence, qui attendaient les fonds fédéraux votés en mai, doivent « faire face à des restrictions à tous les niveaux », s’alarme le président de la fédération des pompiers et services médicaux d’urgence.

Il en est de même pour la police. Le président de l’Union des villes et communes de Wallonie a lancé un « cri d’alarme », pour la sécurité, mais aussi pour l’aide sociale. « La crise que traverse le pouvoir fédéral, jumelée au sous-financement chronique des pouvoirs locaux, a aujourd’hui de graves conséquences », dit-il.

Même les fédérations patronales commencent à s’inquiéter. « Nous perdons du terrain à l’étranger et les investisseurs hésitent à venir en Belgique. Le monde extérieur pense que la fin de la Belgique en tant qu’Etat est proche », dit la Chambre de commerce et d’industrie de Bruxelles.

Et la Banque centrale s’inquiète de voir que les comptes publics commencent à retomber dans le rouge, l’Etat ne pouvant pas prendre d’initiatives budgétaires face au ralentissement de la croissance.

   

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28-11-07

Le crépuscule des Belges ?

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Libération


Article de Jean Quatremer publié le 28 novembre 2007

La Belgique, champs clos d’un affrontement de plus en plus impitoyable entre Flamands et francophones, a-t-elle encore un avenir ?
Cette question, que se posent désormais de nombreux Belges montre la gravité du traumatisme que traverse le pays. Certes, il faudra encore quelques crises pour venir à bout d’un pays qui a connu de nombreux soubresauts. Mais son existence même est-elle encore justifiée alors que les deux grandes communautés linguistiques du pays n’ont eu de cesse de bâtir entre elles un mur, un mur manifestement en attente de frontières ?

D’abord Etat unitaire, le Royaume s’est transformé en fédération entre 1970 et 1993. Mais l’Etat fédéral a vu ses compétences à nouveau réduites en 2001. Chaque élection est l’occasion d’exiger de nouveaux transferts de souveraineté vers les régions (Flandre, Wallonie et Bruxelles). Cette fois, après les élections du 10 juin, il s’agit de transformer la Belgique en confédération. C’est ce que l’on appelle en Belgique, avec un sens certain de la litote, le «fédéralisme évolutif».

Arrogance. Le problème est que les francophones de Bruxelles et de Wallonie refusent d’aller plus loin. Mais il serait inexact de croire qu’il y a d’un côté les «méchants flamands» qui veulent prendre leur indépendance, et de l’autre les «gentils francophones» défendant l’unité de la Belgique. La frontière linguistique, qui a créé deux espaces unilingues en 1932 est une idée des francophones qui voulaient à toute force éviter de se retrouver dans un Etat bilingue, qui aurait pourtant scellé à jamais l’unité du pays. A l’époque, la Flandre, région pauvre et catholique, était ouvertement méprisée par une Wallonie riche, laïque et socialiste. On aurait tort de sous-estimer le régionalisme wallon et le refus des francophones d’apprendre le flamand, cette «langue de paysan». Pour donner une idée de cette arrogance francophone, il faut se rappeler que ce n’est qu’en 1930 qu’une université flamande a vu le jour, à Gand, et seulement en 1967 que la Constitution belge fut traduite en flamand… Mais, là aussi, il y a une part de fantasme flamand dans la façon dont est cultivé le souvenir de cette domination : le nord du pays oublie un peu vite que la bourgeoisie flamande était totalement francophone (c’était l’anglais de l’époque) et il confond une domination de classe avec une domination linguistique. Les ouvriers wallons n’étaient pas mieux traités par le patronat wallon que les ouvriers et paysans flamands par leur bourgeoisie…

Surenchère. C’est donc en partie sur un malentendu que s’est bâtie la revendication identitaire flamande. Mais la machine folle était lancée. La fixation d’une frontière linguistique définitive, en 1962-1963, à la demande des Flamands qui voulaient sanctuariser leur territoire, a rapidement produit ses effets délétères : dans les années 70, tous les partis politiques belges se sont scindés en deux, Flamands d’un côté, francophones de l’autre, rapidement suivi par les ordres professionnels : la justice, etc. A l’époque, personne n’a perçu que la disparition des partis politiques fédéraux impliquait que chacun voterait au sein de sa communauté et, surtout, que les élus n’étaient plus responsables que devant leur propre communauté. Cela ne pouvait qu’alimenter la surenchère nationaliste. Pis : les Flamands étant majoritaires, ils dominent forcément la chambre des députés et le poste de Premier ministre leur revient de fait. Les francophones sont ainsi privés du droit de sanctionner le principal dirigeant du pays… Dès lors que l’on vote selon son appartenance linguistique et que les droits de la minorité ne sont plus vraiment assurés, on n’est plus vraiment en démocratie. Mais, sans le retournement de la situation économique entre le sud (victime de la crise de la sidérurgie) et le nord (qui s’est lancé dans les services et les activités innovantes et exportatrices), les Flamands auraient sans doute moins été demandeurs d’autonomie. La frustration identitaire ajoutée à la soif de revanche sur une Wallonie enfin à terre a produit un cocktail détonnant.

Sursaut. D’autant que la Flandre cherche actuellement à parachever son unité territoriale et linguistique en remettant en cause les droits obtenus par les francophones d’utiliser le français en certaines circonstances pourtant limitées. En consolidant sa frontière, elle prépare ainsi l’avenir à une possible scission, ce que les francophones commencent à comprendre. Dans le même mouvement, elle veut transformer la Belgique en une simple confédération, une forme légère d’Etat central qu’elle entend conserver tant qu’elle y trouvera intérêt. Elle estime que la Wallonie, qui n’a pas su se moderniser, engluée dans un clientélisme politique entretenu par un Parti socialiste idéologiquement archaïque, est un boulet dont elle entend se débarrasser. Le refus francophone d’aller plus loin dans le démantèlement de l’État est tellement tardif qu’on voit mal comment il pourrait empêcher la Flandre d’obtenir satisfaction. La volonté de vivre ensemble semble avoir quitté ce pays. Le sursaut en faveur de l’unité ne pourra venir que de Flandre. On n’en voit pas le signe annonciateur.

 

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17-11-07

"Vous parlez français ? - Neen."

VilvoordeLe Monde

Article de
Marion Van Renterghem publié le 17 novembre 2007

Quand le train de banlieue s'ébranle en direction de Hal ("Halle" en flamand), quelques tags défilent sur les murs de la gare de Bruxelles-Midi, tels des SOS solitaires dans une Belgique au bord de l'explosion : "Soyons différents, restons unis." La belle affaire ! A Hal, jolie ville de 35 000 habitants située en Flandre, juste à la frontière linguistique et dans cette fameuse périphérie de Bruxelles que les Belges appellent "BHV" (Bruxelles-Hal-Vilvorde), le conseil communal a mis les points sur les "i" : tout écriteau en français est prié de disparaître de la voie publique.

 

Des entreprises de travaux communaux affichaient leurs panneaux en deux langues, français et néerlandais, voire en français tout court. "Déviation" au lieu de "Omlegging", par exemple. Un réflexe naturel dans cette banlieue flamande de Bruxelles, officiellement néerlandophone, mais bilingue de fait, et peuplée d'au moins 15 % de francophones.

Hal ne fait pas partie des six "communes à facilités" de la périphérie bruxelloise, situées en Flandre et tenues d'accorder des facilités linguistiques aux minorités francophones. "Ces panneaux en français nous valaient des réactions de mécontentement", explique Dirk Pieters, bourgmestre (maire) de la ville. En septembre, le conseil municipal a décidé à l'unanimité de remplacer chaque inscription en français par un panneau en néerlandais.

Demandez en français le bureau du bourgmestre, à la maison communale de Hal. La dame de l'accueil vous répond longuement en flamand, à renfort de grands gestes inutiles. "Vous ne parlez pas français ?", s'étonne-t-on. "Neen" (non). On insiste : "Vous ne parlez pas français, ou vous n'avez pas le droit de le parler ?" Une longue phrase en flamand, des gestes.

Le bourgmestre vient à sa rescousse, cordial, dans un français parfait. "Théoriquement elle n'a pas le droit, en effet." Il rappelle la loi belge dite "sur l'usage des langues" : dans l'administration et les bâtiments publics, on parle néerlandais en Flandre, français en Wallonie, les deux à Bruxelles, et enfin allemand dans la région située à l'est du pays. La décision de retirer les inscriptions en français, explique-t-il comme à regret, n'est donc "qu'une simple application du droit".

A Hal, l'application du droit se visite. Promenez-vous dans cette ville pleine de commerces où adorent flâner Bruxellois et Wallons voisins. Vous ne verrez plus un mot de français : la mairie a recommandé aux commerçants de supprimer cela de leurs vitrines. Douce "recommandation" qui, non suivie, leur vaudrait tout de même 250 euros d'amende. On ne verra donc plus "soldes", mais seulement "solden" ou... "sales", puisque certains esprits malicieux feignent d'avoir compris que le mot anglais n'était, lui, pas interdit. C'est le cas de Serge Hulsmans, un commerçant à la double origine néerlandophone et francophone : "Cette démarche est ridicule. Près de la moitié de mes clients sont francophones."

Franchissez maintenant le seuil de l'Athénée royal de Hal, établissement scolaire public - donc flamand. Dans la cour de récréation, celui qui s'avise de parler français à son copain est puni. Comme un quart des élèves sont francophones, les punitions tombent tous les jours : elles consistent à faire des exercices de néerlandais, à nettoyer la cour ou à aider les plus petits à la cantine. Quant aux nombreux parents francophones qui préfèrent envoyer leurs enfants à l'école flamande, afin de les rendre bilingues et parce que le niveau des écoles flamandes est réputé meilleur, qu'ils n'espèrent pas un tête-à-tête en français avec un professeur. Tant pis pour ceux qui, marocains, cambodgiens, français ou belges maîtrisant mal le néerlandais, ne peuvent pas comprendre les difficultés de leur enfant : les professeurs n'ont pas le droit de s'adresser à eux en français.

Dans l'établissement, cette question est un sujet de débat infini : peut-on s'autoriser, dans certains cas, une entorse à la règle ? La directrice de L'Athénée, Patricia Van Eekenrode, se veut ouverte. "Je dis aux professeurs : mieux vaut parler néerlandais, mais soyez souples. Le message est plus important que la langue utilisée." Plus intransigeant, le secrétaire de la "Middenschool", Dirk Uytterschout, a hésité longtemps avant de daigner nous répondre en français. "On est obligé d'être strict. Ici, c'est toujours une lutte pour ne pas voir disparaître notre langue. Et si trop d'élèves parlent mal néerlandais, le niveau de l'école flamande baisse fatalement." Une mère francophone a retiré son fils de l'établissement. Et traité la directrice de "raciste linguistique".

Côté flamand, l'application du droit se radicalise à l'extrême. En particulier dans cet arrondissement bizarre qu'est BHV, noeud stratégique des tensions actuelles. Bruxelles s'étend, jusqu'à se confondre dans la couronne de communes flamandes qui l'entoure. Majoritaires en Belgique (60 %), les néerlandophones sont très minoritaires à Bruxelles (20 %). Les nombreux habitants de la capitale qui viennent s'installer en banlieue importent avec eux ce que les Flamands voient comme une menace : la langue française. Un poids lourd face au néerlandais, soutenu par seulement 16 millions d'habitants aux Pays-Bas, 6 millions en Flandre et 150 000 à Bruxelles (sans compter les quelques milliers de néerlandophones du nord de la France).

Les Flamands en ont marre. Même le roi des Belges, qui est aussi le leur, ne parle qu'approximativement leur langue, pourtant officielle dans le pays. Les hommes politiques flamands savent tous s'exprimer en français, alors que la plupart de leurs homologues francophones ne se risquent pas au néerlandais. En Flandre, l'apprentissage du français est obligatoire en première langue alors que les élèves wallons ont, eux, le choix entre l'anglais et le néerlandais. Les Flamands trouvent normal de parler français en Wallonie, les Wallons font rarement l'effort en Flandre. Dans la périphérie bruxelloise, s'indigne Mark de Mesmaeker, échevin (adjoint au maire) de Hal, " les services d'urgences médicales sont francophones. Les médecins ne savent pas interroger les Flamands dans leur langue. L'autre jour, une femme est morte parce que les ambulanciers sont arrivés trop tard : au téléphone, ils ne comprenaient pas l'adresse en néerlandais."

La frustration linguistique est déterminante dans les derniers coups de force des politiques flamands et dans la crise qui place la Belgique, depuis plus de cinq mois, sans gouvernement fédéral. Elle s'ajoute au sentiment de revanche, déjà ancien, d'une Flandre devenue économiquement supérieure à la Wallonie. En jouant sur les susceptibilités et les symboles, les politiques font monter la fièvre. Les habitants ne se retrouvent pas dans ces batailles. Fatiguée par les interdits, Sandra Zalamema, francophone, a retiré ses enfants de l'école flamande et ne veut plus faire ses courses à Hal. "Je suis fâchée."

La moitié des Flamands ne soutiennent pas la séparation de la Belgique. Mais tous critiquent ceux, parmi les francophones, qui se comportent chez eux en terrain conquis. Et revendiquent "un peu de respect pour notre langue".

Raoul, un menuisier francophone de Hal, n'est pas seul à le comprendre : "Ils sont chez eux, je suis chez eux. La langue officielle est le néerlandais. La parler est bien la moindre des politesses !" Attablé dans le même bistrot, Kris, néerlandophone, l'approuve. "Pourquoi devons-nous toujours faire l'effort de parler français chez nous ? Je sais faire la différence : à un Français, à un Marocain, je réponds toujours volontiers en français. A un Belge, je parle en néerlandais. Et s'il me dit qu'il ne comprend pas ma langue, je lui dis : "Eh bien, je vais vous aider à l'apprendre."

 

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15-11-07

La Belgique existe-t-elle ?

Petit_coq_wallon Petit_lion_des_FlandresLes 4 Vérités

Article de Pierre Lance publié le 13 novembre 2007

« Les récentes élections belges ont montré une progression et un durcissement des positions nationalistes wallonnes et nationalistes flamandes. Les responsables belges continueront-ils de nier l’évidence et de  s’entêter à croire que la Belgique “existe” ? Je l’ai dit et je le répète : la Belgique n’existe pas. Il existe une patrie flamande et une patrie wallonne, qui seront tôt ou tard indépendantes, tôt dans la sagesse et la lucidité ou tard dans la violence et dans le sang, mais qui le seront inéluctablement. »

J’écrivais cela en octobre 1971 dans la revue « L’Hespéride » (dont les principaux articles sont dans mon livre « L’Avenir des Gaulois »). Aujourd’hui, 36 ans plus tard, l’interminable querelle linguistique belge revient sur le devant de la scène, empêchant depuis plus de 150 jours la formation d’un gouvernement. Le temps passe vite, mais l’Histoire est longue. La Belgique n’a survécu en tant qu’État unitaire que grâce à la lente et cahotante construction de l’Europe, dans laquelle les politiciens belges se sont impliqués, précisément parce qu’elle leur semblait une planche de salut pour la Belgique toujours menacée d’explosion. Bruxelles étant devenue la capitale de l’Europe en gestation, cela seul a prolongé l’existence de la Belgique.

La Belgique est un État artificiel, fabriqué de toutes pièces en 1830. Après la chute de Napoléon, le Congrès de Vienne de 1815 avait rattaché les pays belges au royaume des Pays-Bas, sur lesquels régnait Guillaume d’Orange. Grave erreur qui amalgait la Wallonie catholique et francophone à un ensemble néerlandais protestant. Cela ne pouvait pas tenir. Une révolution éclate à Bruxelles le 23 septembre 1830. Elle est conduite par les bourgeois et les libéraux francophones contre le pouvoir orangiste, accusé d’une oppression à la fois religieuse et linguistique sur les élites belges, principalement francophones. L’indépendance est proclamée le 4 octobre 1830 par le gouvernement provisoire et un Congrès national est élu le 3 novembre par un collège électoral de 30 000 électeurs seulement (en majorité francophones), soit à peine plus de 1/100 de la population adulte.

Ce Congrès promulgue une Constitution le 7 février 1831 et choisit le français comme unique langue officielle, nouvelle erreur qui marginalise la population flamande majoritaire. Les ferments de la discorde sont dès lors réunis. Depuis, la Belgique survit.

En 1830, il fallait créer une République indépendante de Wallonie et laisser les Flamands dans le royaume hollandais, dont ils partageaient la langue et la culture. Et c’est encore ce qu’il faudrait faire aujourd’hui. C’est étrange comme les hommes répugnent toujours à la partition, qui est pourtant la solution idéale à tous les conflits ethniques porteurs de guerres civiles. On s’entête à vouloir ficeler ensemble des peuples différents, alors que le « chacun chez soi et maître chez lui » est la source naturelle de la paix et de l’entente entre les nations. (Je me suis toujours demandé pourquoi les Pieds-Noirs ne s’étaient pas regroupés pour constituer au Maghreb une République autonome. Il paraît que Charles de Gaulle était favorable à cette idée.) L’Afrique est déchirée par des guerres tribales parce que ses États et leurs frontières sont artificiels car issus de la colonisation et coupent des ethnies en morceaux rattachés n’importe comment à d’autres morceaux d’autres ethnies. On dirait un puzzle dont les pièces auraient été découpées par un géographe dément et ne pourraient jamais s’emboîter correctement.

Quant à la Belgique (tout comme d’ailleurs l’Irlande du Nord), elle ne parviendra jamais à trouver une paix civile solide si elle n’est pas capable de tirer les conséquences d’une réalité incontournable : elle est composée de deux peuples différents de culture et de tempérament, mais qui peuvent très bien être amis, à la condition de n’être pas collés de force l’un à l’autre comme des frères siamois. Les Flamands sont des Germains et les Wallons sont des Gaulois. (On devrait d’ailleurs les appeler des Gallons, comme nous disons Prince de Galles pour Prince of Wales et Guillaume pour William). Des Germains et des Gaulois peuvent très bien fraterniser, mais certainement pas vivre ensemble, comme trois millénaires de conflits gallo-germaniques le prouvent abondamment.

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11-11-07

54% des Français pour le rattachement de la Wallonie à la France

Belgique_scissionAltermedia Belgique édition du 10 novembre 2007

Quelque 54% des Français se disent favorables au rattachement de la Wallonie à la France en cas d’éclatement de la Belgique, indique un sondage à paraître dans l’hebdomadaire Le Journal du Dimanche. 10% des personnes interrogées y sont “tout à fait favorables” et 44% “plutôt favorables”, selon cette enquête d’opinion réalisée par l’institut Ifop. Ce taux atteint les 66% dans les régions et départements français du nord (Région Nord-Pas-de-Calais, Ardennes, Meuse). Environ 41% ne sont pas favorables “au rattachement de la Wallonie, c’est-à-dire des provinces francophones, à la France”, et 5% ne se prononcent pas.

Alors que la Belgique attend depuis 5 mois la formation d’un nouveau gouvernement, la crise s’est aggravée mercredi lorsque des députés flamands (néerlandophones) ont usé, pour la première fois, de leur majorité pour voter un texte visant à réduire certains droits des francophones vivant dans la périphérie flamande de Bruxelles. Jeudi, un sondage indiquait que 43% des francophones de Belgique estimaient que ce coup de force marquait le début du démantèlement du pays.

Ce sondage Ifop a été réalisé par téléphone les 8 et 9 novembre auprès d’un échantillon national représentatif de 958 personnes adultes (méthode des quotas). (belga)

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