mardi 27 octobre 2009
Loi 104 jugée inconstitutionnelle par la Cour suprême du Canada : la guerre contre notre identité nationale se poursuit
Article de Éric Tremblay ( chef du Parti Indépendantiste du Québec ) publié le 22 octobre 2009
Voilà, ce qui était prévisible vient de se confirmer : la Cour suprême du Canada (CSC), tribunal de dernière instance de la nation étrangère canadian, juge encore une fois inconstitutionnelle une de nos lois servant à défendre notre langue et notre identité nationales. Les sages canadians de la CSC ont déterminé que la Loi 104 pourtant adoptée démocratiquement à notre Assemblée nationale en 2002 pour colmater une brèche dans la Loi 101 violait le droit fondamental des enfants d’immigrants et des enfants de Québécois de poursuivre leurs études à l’école publique anglaise après avoir fréquenté l’école privée anglaise non subventionnée durant une année. Ce faisant, la CSC consacre le retour du libre choix de la langue d’enseignement publique au Québec pour ceux qui ont suffisamment d’argent pour violer la Charte de la langue française.
La CSC ordonne au gouvernement du Québec d’adopter d’ici un an une politique d’accommodement qui soulagera financièrement les parents qui désirent que leurs enfants reçoivent une éducation primaire et secondaire anglaise. Après une année au privé non subventionné, ces derniers pourront poursuivre leurs études en anglais aux frais de l’État et sur le bras des contribuables québécois. Ce droit à l’école publique anglaise vaudra aussi pour leurs frères et sœurs, ainsi que leurs descendants. Le tribunal de dernière instance de la nation étrangère canadian somme donc l’État québécois, notre État national, de mettre en place un autre dispositif légal afin d’assurer l’auto-assimilation de notre Nation.
Aux yeux des juges canadians de la CSC, exiger que les enfants d’immigrants et de Québécois fréquentent l’école publique française afin d’assurer la survie de notre Nation en terre d’Amérique est injustifiable dans une société libre et démocratique comme le Canada. Encore une fois, la CSC nous protège contre nous-mêmes. C’est pour notre bien que la Loi 104 doit être abrogée. Le gouvernement des juges d’Ottawa nous protège contre les dérives totalitaires de l’État québécois. Notre Nation doit réprimer ses pulsions racistes, xénophobes et intolérantes qui parfois se traduisent par l’adoption de lois fascistes, comme la Charte de la langue française, qui violent les droits individuels fondamentaux de tous les Canadians d’un océan à l’autre garantis par la Charte canadian des droits et libertés enchâssée dans la Constitution canadian de 1982. Que le gouvernement du Québec ait toujours refusé de signer cette constitution rapatriée unilatéralement par Ottawa n’y change rien. Le Québec est une province canadian. En bonne province, il doit donc se soumettre à la Charte canadian et à l’autorité de la CSC. Au Canada, la démocratie canadian a toujours préséance sur la démocratie québécoise. Voilà le destin d’une nation minoritaire comme la nôtre dont l’État a été conquis et annexé de force par une puissance étrangère. Voilà ce que produisent 250 ans de domination politique canadian.
Ce nouvel épisode de la guerre linguistique et identitaire menée par Ottawa contre notre Nation illustre parfaitement notre impuissance à NOUS gouverner nous-mêmes, à intégrer les immigrants à NOUS en leur imposant nos valeurs et à protéger notre langue et notre identité nationales. Alors que NOUS sommes devenus minoritaires sur l’Île de Montréal et sur le point de le devenir dans notre métropole nationale à cause d’une immigration massive pilotée par Ottawa qui majoritairement ne s’intègre pas à NOUS, mais à la fausse minorité anglaise du Québec, la CSC nous ordonne de peser sur l’accélérateur de notre assimilation en favorisant davantage l’accès des immigrants et des communautés ethnoculturelles aux institutions anglaises qui fait déjà des ravages. Le rouleau compresseur anglicisant et assimilationniste d’Ottawa carburant au multiculturalisme et au bilinguisme officiel canadians augmente la cadence et notre État, plus qu’impuissant à l’arrêter, est contraint d’entrer dans la danse folklorisante des nôtres. Tant que le Québec sera une province subordonnée à la puissance étrangère canadian, toutes nos lois adoptées démocratiquement à notre Assemblée nationale servant à assurer la pérennité de notre langue, de notre culture et de notre identité uniques au monde seront massacrées par la CSC. Camille Laurin, père de la Loi 101 agonisante, avait donc vu juste en 1977 lorsqu’il disait que sans l’Indépendance, la Charte de la langue française tomberait vite en désuétude. En effet, sans Indépendance, le Québec français est impossible. Notre Nation doit rapidement s’enfoncer cette vérité dans le crâne avant qu’il ne soit définitivement trop tard.
Que doit-on faire afin de garantir la pérennité de ce que NOUS sommes, une Nation française en terre d’Amérique et non une minorité canadian vivant dans une province bilingue en voie d’anglicisation ? Tout d’abord, l’Indépendance de notre Nation doit être déclarée par un vote majoritaire de notre Assemblée nationale à la suite de l’élection d’une majorité indépendantiste. Ensuite, une Constitution républicaine stipulant que le Québec est un État-Nation de langue française sera adoptée. Seul le français sera reconnu comme langue officielle et nationale du Québec. L’immigration sera réduite au niveau de notre capacité d’accueil qui actuellement est de 20 000 par année et l’État s’assurera que tous les immigrants sélectionnés maîtrisent le français et respectent nos autres valeurs fondamentales telles la séparation de la religion et de l’État, la laïcité de nos institutions publiques et l’égalité entre les hommes et les femmes avant de s’établir au Québec. Pour les immigrants déjà établis au Québec avant l’Indépendance, ils devront prouver qu’ils maîtrisent le français et respectent nos autres valeurs fondamentales avant d’obtenir la citoyenneté québécoise et le droit de vote qui s’y rattache. L’État appliquera une politique linguistique territoriale qui aura pour effet d’imposer le français dans tous les domaines de la vie publique et collective sur tout le territoire national. L’État ne financera qu’un seul réseau public québécois d’éducation fonctionnant en français des CPE à l’université. Les cégeps et universités publics anglais seront francisés. La Loi 101 s’appliquera aux garderies privées, aux écoles primaires et secondaires privées, au cégep et à l’université : les immigrants, les allophones et les Québécois seront obligés de fréquenter les institutions d’enseignement fonctionnant dans la langue nationale. Les Anglais qui auront décidé de demeurer au Québec après l’Indépendance et qui ne souhaiteraient pas profiter du réseau public québécois pourront fréquenter des institutions privées non subventionnées d’éducation dans leur langue. Ces institutions ne pourront cependant accueillir ni les Québécois, ni les allophones, ni les immigrants. L’État ne financera qu’un seul réseau public de santé fonctionnant en français. Il n’y aura qu’un seul CHU français à Montréal. Toutes les entreprises opérant au Québec devront fonctionner en français peu importe leur taille sous peine de lourdes amendes. L’État imposera l’unilinguisme français dans les domaines suivants : administration et services publics, justice, communications de l’État, administrations municipales, raisons sociales, affichage… Concernant la langue de travail, le français sera la seule langue obligatoire de travail. Aucun employeur ne pourra exiger la maîtrise de l’anglais ou d’une autre langue que le français pour occuper un poste au sein de son entreprise à moins de prouver hors de tout doute que ce poste requiert une maîtrise minimale de l’anglais ou d’une autre langue que le français en raison de son caractère international en tout ou en partie.
Voilà ce que l’État québécois doit faire pour assurer notre cohésion nationale et la paix sociale qui sont présentement menacées par les politiques assimilationnistes de l’État étranger illégitime, arbitraire et post-impérial d’Ottawa et les décisions anti-québécoises de sa cour suprême toute aussi étrangère et illégitime. Voilà ce que NOUS devons faire pour gagner la guerre linguistique et identitaire que NOUS livre l’État des Anglais. Les mesures proposées peuvent paraître radicales aux yeux de certains, mais elles sont nécessaires pour préserver ce que NOUS sommes. Le temps des vœux pieux, des politiques défensives et incitatives est révolu. NOUS devons nous assumer, nous tenir debout et passer à l’action. Il n’y a que deux possibilités pour l’avenir de notre Nation vieille de quatre siècles : l’assimilation dans la Province of Quebec ou la liberté dans la République québécoise indépendante de langue française. À NOUS de choisir !
dimanche 26 juillet 2009
L’héritage de Jacques Cartier
Le Devoir
Article de Pascal Alain publié le 25 juillet 2009
Jacques Cartier n’est certainement pas le « découvreur
du Canada », tel que décrit dans les anciens manuels scolaires
d’histoire. Sans vouloir réduire son rôle, certains faits doivent être
remis en perspective en ce 475e anniversaire de son passage en Gaspésie.
Jacques Cartier naît en 1491 à Saint-Malo, en Bretagne, pour décéder au même endroit en 1557, à l’âge de 66 ans. Même si nous ignorons tout de lui avant 1532, nous pouvons présumer certaines choses. Tout d’abord, Cartier est de toute évidence un homme de son temps, dans le sens où il a vécu la majeure partie de sa vie au XVIe siècle, siècle qui coïncide avec le mouvement des grandes explorations et des découvertes. À cette époque, les quatre puissances dominantes qui rêvent de voir leur métropole s’agrandir et s’enrichir par la conquête de colonies outre-Atlantique sont l’Espagne, le Portugal, la France et l’Angleterre.
Or le contexte de l’époque ne peut qu’influencer Cartier à prendre la mer, surtout lorsqu’on naît à Saint-Malo, où il est probablement très mal vu d’avoir le mal de mer ! Au XVIe siècle, Saint-Malo est une ville maritime dotée d’un port de mer fort important. C’est pourquoi on y aperçoit de futurs hommes de mer, tels des armateurs, des corsaires, des navigateurs, des explorateurs et, bien sûr, des commerçants qui espèrent tirer profit de la découverte des Amériques et du développement des échanges commerciaux. Pour ce qui est de la Bretagne, disons qu’elle se démarque. D’origine celte, les Bretons créent un royaume au IXe siècle qui devient ensuite un duché. Plus tard, soit en 1532, la Bretagne devient une « province réputée étrangère » unie à la France jusqu’à sa dissolution administrative en 1790. C’est pour l’une de ces raisons que Cartier nous est inconnu avant 1532, année où la Bretagne intègre le giron de la France et où le recrutement de navigateurs expérimentés devient chose possible pour la monarchie française.
Explorateur plutôt que découvreur
Explorateur plutôt que découvreur, ce Jacques Cartier ? C’est mon avis. Du moins lors de son premier voyage. Lorsqu’il débarque en Gaspésie à l’été 1534, la péninsule est peuplée depuis au moins 8000 ans par des hommes et des femmes qui implanteront, au fil des siècles, des sociétés structurées. Ces Amérindiens ont apprivoisé le territoire ; ils fréquentent, habitent et nomment les lieux de cette vaste péninsule, de ce bout du monde appelé « Gespeg » dans leur langue. Cartier rencontre des centaines de Micmacs et d’Iroquois dans la baie des Chaleurs et dans la baie de Gaspé. Ces derniers semblent beaucoup moins effrayés que lui. Normal, puisque ces premiers Gaspésiens côtoient depuis un certain temps déjà des pêcheurs européens d’origines basque, bretonne et normande. Contrairement à Cartier, ces pêcheurs ne sont pas « commandités » pour remplir une mission. Ils naviguent discrètement dans nos eaux pour y prélever une ressource de plus en plus convoitée : la morue. Quant à Cartier, il a reçu un mandat officiel du roi de France, celui de « découvrir certaines îles et pays où l’on dit qu’il se doit trouver une grande quantité d’or et d’autres riches choses ».
Rien à voir avec la fondation d’une colonie française. C’est plutôt l’économie d’abord ! Le Malouin suit donc la route des pêcheurs, espérant trouver les richesses de l’Asie. Comment ne pas avoir en tête les « exploits » de l’Espagne qui, plus au sud, à la même époque, s’enrichit en exploitant et en exterminant des sociétés qui reposent sur l’or.
La prise de possession du territoire
Avant de retourner chez lui, Cartier fait planter au moins deux croix, mais celle de Gaspé revêt un caractère particulier. Comportant l’effigie du roi de France, elle symbolise la prise de possession d’un territoire habité depuis des milliers d’années, ce qui n’est pas sans déranger les Amérindiens. Pour les Iroquois qui se trouvent sur place et qui assistent à la cérémonie, un mélange de naïveté et d’incertitude se lit sur leur visage. Chez les Amérindiens, les notions de territoire, de frontière ou de propriété privée n’existent pas. Pour eux, la nourriture doit être partagée entre ceux qui en ont besoin. La mer et la terre sont des biens collectifs leur permettant de survivre. D’où leur étonnement et leur mécontentement.
Ne trouvant ni or ni épice, Cartier échoue dans sa mission, ce qui laisse la France perplexe. Le retour des commandites ne s’effectuera que quelque 70 ans plus tard avec Samuel de Champlain, qui reprend l’héritage laissé par son prédécesseur en fondant Québec en 1608.
L’héritage de Cartier
Ainsi, 475 années sont passées depuis le passage de Jacques Cartier. La contribution notable du navigateur consiste à décrire les lieux visités avec minutie et à nommer des lieux qui, à sa connaissance, ne l’ont pas encore été. J’habite dans ce merveilleux pays qu’est la Gaspésie. Ma voisine, c’est la mer, cette « baye de Chaleurs » nommée par Cartier lui-même lorsqu’il s’arrêta à Tracadièche, dit Carleton, le 9 juillet 1534.
Quant à cette croix — peu appréciée des Amérindiens qui sont témoins de l’enlèvement de deux des leurs par Cartier —, symbole mythique de la découverte du Canada, que représente-t-elle 475 ans plus tard ? Par cette croix, la France possédera l’argument pour revendiquer un immense territoire qu’elle perdra aux mains des Britanniques par la Conquête de 1760. Revient donc à Cartier l’action d’avoir posé les bases de la colonisation et du peuplement de la Nouvelle-France et, par le fait même, de la culture française en terre d’Amérique, culture toujours dominante dans cette partie du Canada où il s’est aventuré il y a 475 ans. Dans ses relations, Cartier nous a également légué une description fort intéressante des Premières Nations. Leur vie nous était inconnue jusqu’alors étant donné, entre autres, leur méconnaissance de l’écriture.
Si Cartier ressuscitait pour quelques jours, le choc serait brutal. Il apprendrait que le pays qu’il a exploré s’est considérablement développé grâce à Champlain, qui a pris la relève en fondant une colonie, aujourd’hui peuplée de 7,7 millions d’habitants. Il réaliserait qu’un peu plus de deux siècles après son passage, les Britanniques ont vaincu les Français en Amérique, mais que, malgré la défaite, les descendants des colons français, qui sont devenus des Canadiens, des Canadiens français, puis des Québécois, ont su éviter les nombreuses tentatives d’assimilation. Cartier serait étonné de constater que le Canada qu’il a découvert lors de ses trois voyages n’a plus rien à voir avec le Canada actuel. Le Canada a considérablement évolué dans ses dimensions géographiques au fil des siècles. Transformé en 1763 en province de Québec, ce Canada est devenu le Bas-Canada en 1791, pour s’unir avec le Haut-Canada (l’Ontario) en 1840 — à la suite de la parution du rapport Durham —, pour enfin prendre de l’expansion d’est en ouest par l’entremise du pacte confédératif de 1867. Le Canada est actuellement le plus grand pays de la planète après la Russie.
Enfin, si Cartier revenait nous visiter, une chose le ferait mourir à coup sûr. Le fait qu’une partie de sa Nouvelle-France, soit le Québec actuel, ait réussi un exploit peu commun : celui de refuser à deux reprises le privilège de choisir, par référendum, l’indépendance nationale comme voie d’avenir.
Allez, Cartier, bon vent !
jeudi 14 mai 2009
Vous êtes racistes !
Article de Richard Martineau publié le 13 mai 2009 On ne pas pas être plus clair. Vous êtes contre le port du voile dans la fonction publique?
Vous trouvez que le voile islamiste est un signe d'oppression des
femmes ? Vous êtes xénophobe. Le spectre du racisme Pardonnez-moi de revenir sur le sujet une troisième fois de
suite, mais en tant qu'homme qui a le sort des femmes à coeur (je suis
père de deux filles, après tout, et je suis marié à une femme de tête),
je ne peux rester silencieux devant de telles affirmations. J'en ai ras-le-bol de voir des éditorialistes et des
chroniqueurs brandir le spectre du racisme et de la xénophobie dès
qu'on remet en question certaines pratiques culturelles et/ou
religieuses. L'écrivaine bangladaise Taslima Nasreen est menacée de mort
parce qu'elle condamne l'islamisme et le port du voile. Elle est
raciste ? La Québécoise d'origine algérienne Djemilah Benhabib a été
menacée de mort à l'âge de 20 ans car elle condamnait l'islamisme et le
port du voile. Elle est raciste ? La Canadienne d'origine ougandaise Irshad Manji est menacée de
mort car elle condamne l'islamisme et le port du voile. Elle est
raciste ? L'écrivaine iranienne Chahdortt Djavann est menacée de mort car
elle condamne l'islamisme et le port du voile. Elle est raciste ? La Somalienne Ayaan Hirsi Ali est menacée de mort parce qu'elle condamne l'islamisme et le port du voile. Elle est raciste ? Toutes ces femmes sont racistes, c'est ça ? Elles réveillent toutes le vieux fond xénophobe de leur peuple ? Le vrai courage Y a quand même une limite à crier au racisme à tort et à travers ! Les cinq femmes que je viens de vous nommer RISQUENT LEUR VIE TOUS LES JOURS POUR DÉFENDRE LEURS CROYANCES FÉMINISTES. C'est quand même plus courageux que tout ce qu'ont fait Michèle Asselin et Françoise David au cours de leur vie, non ? Qu'est-ce qui est le plus audacieux, selon vous ? Se mettre le
monde islamiste à dos et faire l'objet d'une fatwa, ou militer pour
Québec Solidaire et se faire interviewer par Jean-Luc Mongrain ? Ces militantes féministes ont fait preuve d'un courage exemplaire. Pourtant, les papesses de la Fédération des femmes du
Québec n'ont jamais pris leurs expériences et leurs témoignages en
considération lorsqu'elles ont voté pour permettre le port du voile
dans la fonction publique. JAMAIS. C'est comme si ces femmes n'avaient rien vécu, rien dit, rien écrit. Faut le faire, non ? Notre vieux fonds de naïveté Que nous disent ces cinq femmes ? Que le voile n'est pas un simple morceau de tissu, comme nous le
répètent les tenants du multiculturalisme gnan-gnan, mais un drapeau que les Islamistes plantent sur la tête des femmes pour dire au monde :
«Regardez, nous sommes là ! Et nous sommes de plus en plus nombreux !» La journaliste de La Presse dit que les gens qui considèrent le
voile islamiste comme un signe d'oppression «réveillent le vieux fond
de xénophobie des Québécois.» Mais que dire de notre vieux fond de naïveté, de notre vieux fond de bonasserie ? Ah oui, c'est vrai : on n'a pas besoin de le réveiller, celui-là. Car il ne s'est jamais endormi. Il est toujours prêt à fouetter notre conscience et à nous condamner à l'enfer dès que nous osons déplier le dos. Et critiquer le clergé.
Hier, dans La Presse, la journaliste Michèle Ouimet a écrit: «Le voile est un sujet délicat qui réveille le vieux fond xénophobe des Québécois.»
samedi 4 avril 2009
Khomeini a gagné
Chronique de Richard Martineau du 4 avril 2009 publié dans le Journal de Montréal Le 12 février dernier, je consacrais ma
chronique au vingtième anniversaire de la fatwa lancée par l'ayatollah
Khomeini contre l'écrivain Salman Rushdie. « Vingt ans plus tard, le monde a-t-il changé? » demandai-je. Oui.
Les leaders arriérés n'ont plus besoin de lancer des fatwas pour faire
taire les écrivains et les journalistes. «Ceux-ci se taisent eux-mêmes. Ils ont tellement peur de se
faire agresser (ou de passer pour des racistes) qu'ils ferment leur
gueule et prennent leur trou.» Eh bien, la réalité est encore plus terrible que ce que j'avançais.
Non seulement les écrivains s'autocensurent, mais l'ONU elle-même a
donné raison à Khomeini en s'agenouillant devant les extrémistes
barbus. Croyez-le ou non, mais le 26 mars dernier, le Conseil des droits
de l'homme de l'ONU a voté une résolution exhortant les États membres à
«combattre réellement la diffamation de toutes les religions en
général, et de l'islam et des musulmans en particulier». Ce texte, soumis par le Pakistan au nom de l'Organisation de la
conférence islamique, a été adopté par 23 voix pour, 11 contre (les
pays de l'Union européenne, le Chili et le Canada) et 13 abstentions. Comme l'affirme avec raison l'organisme Reporters sans frontière sur son site Internet: 1) Cette résolution est scandaleuse. Sous prétexte de
lutter contre les discriminations, les Nations unies demandent aux
médias de ne plus critiquer les religions, et notamment l'islam. C'est
inacceptable pour tous ceux qui ont à coeur de défendre la liberté
d'expression. 2) Toutes les libertés doivent être défendues avec la même
force. Il n'est pas acceptable que les Nations unies prennent parti de
manière si outrancière pour une liberté au détriment d'une autre. Cela
va à l'encontre de tous les principes constitutifs de cette
organisation. 3) En votant une résolution qui cherche à étouffer la critique
de la religion musulmane, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU
vient de montrer, une fois encore, son incapacité à lutter efficacement
pour la défense des droits de l'homme. Le fantôme de Khomeini doit rire dans sa barbe. En effet, l'ONU vient de lui donner raison. Les extrémistes musulmans ont recours à la menace et au meurtre quand un esprit libre ose critiquer leur religion ? Au lieu de punir ces assassins, on oblige les démocraties à se
fermer la gueule et à restreindre la liberté d'expression de leurs
citoyens. Quel manque flagrant de courage... Au lieu de punir les brutes qui nous terrorisent, on fait la
carpette devant eux et on change NOTRE façon de vivre et de penser pour
LES accommoder ! Cibole! Quand cessera-t-on de faire des courbettes devant ces
illuminés qui utilisent la religion pour asservir et terroriser ceux
qui ne pensent pas comme eux? Parlant d'arriérés... Aux dernières élections israéliennes, deux femmes ont été élues.
Mais pour ne pas choquer leurs lecteurs, deux revues juives
ultraorthodoxes ont «effacé» la tête de ces politiciennes sur la photo
officielle du gouvernement !Pas étonnant que la situation ne débloque pas au Moyen- Orient... Vous n'êtes pas tannés des extrémistes religieux, vous ? Moi si.
Et quoiqu'en disent les pleutres de l'ONU, je vais continuer de
critiquer tous ceux qui diffament MA religion, c'est-à-dire: la liberté d'expression, l'égalité entre les sexes... Et le droit de me raser.
samedi 28 février 2009
Réponse du PI à M. Sarkozy
Communiqué du Parti Indépendantiste du Québec du 5 février 2009
Monsieur Sarkozy,
Vos récents propos concernant les indépendantistes québécois ont choqué bon nombre de Québécois et de Québécoises. Et à juste titre.
En tant que Président de la République de France, les paroles que vous prononcez publiquement lors d’événements tels que la remise de la Légion d’honneur deviennent « l’opinion officielle de la France ». Par conséquent, il est de votre devoir d’être prudent et modéré dans vos propos afin d’éviter toute embrouille politique, particulièrement avec vos alliés.
Nous considérons que les propos que vous avez tenus lors de la remise de la Légion d’honneur au Premier Ministre du Québec, Monsieur Jean Charest, sont inappropriés dans la bouche d’un politicien français qui s’exprime publiquement, particulièrement de la part de son Président. Votre incompréhension notoire du contexte politique québécois vous porte à faire des erreurs grossières qui causent un préjudice à l’ensemble de la nation québécoise.
Les indépendantistes font partie du contexte politique québécois depuis la conquête de 1759, date à laquelle la France nous a abandonnés à notre sort. Ils ont d’ailleurs récemment fait élire plusieurs chefs d’État, dont certains de grande envergure tels René Lévesque et Jacques Parizeau ainsi que de très nombreux députés. Et ils le continuent de le faire !
Depuis 250 ans, nous forgeons le jour de notre libération. Il n’est pas sage de votre part de venir vous interposer de manière aussi irrespectueuse dans notre avenir politique.
Au nom de tous les Québécois qui vous ont entendu les insulter et tenir des propos inexacts et tendancieux, nous vous demandons des excuses officielles et publiques. Le peuple Québécois est un peuple pacifique, amical, ouvert, chaleureux et accueillant. Il ne mérite pas que des politiciens tels que vous, M. Sarkozy, salissent leur réputation devant le monde entier.
Par ailleurs, puisque vous semblez l’ignorer, nous vous soulignons que la France a signé la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux qui déclare dans sa Résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies que :
1. La sujétion des peuples à une subjugation, à une domination et à une exploitation étrangères constitue un déni des droits fondamentaux de l’homme, est contraire à la Charte des Nations Unies et compromet la cause de la paix et de la coopération mondiales. 2. Tous les peuples ont le droit de libre détermination ; en vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et poursuivent librement leur développement économique, social et culturel.
Référence : http://www2.ohchr.org/french/law/independance.htm
Or, vous n’êtes pas sans savoir que le Québec est actuellement sous la domination d’un assemblage illégitime appelé le « Dominion of Canada » qu’on nous a imposé de force après avoir d’abord été une colonie française puis une colonie britannique. À ce titre, la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux de l’Organisation des Nations Unies s’applique à notre cas.
La France a également signé le Pacte international relatif aux droits civils et politiques qui dit clairement que :
1. Tous les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes. En vertu de ce droit, ils déterminent librement leur statut politique et assurent librement leur développement économique, social et culturel. 2. Pour atteindre leurs fins, tous les peuples peuvent disposer librement de leurs richesses et de leurs ressources naturelles, sans préjudice des obligations qui découlent de la coopération économique internationale, fondée sur le principe de l’intérêt mutuel, et du droit international. En aucun cas, un peuple ne pourra être privé de ses propres moyens de subsistance. 3. Les États parties au présent Pacte, y compris ceux qui ont la responsabilité d’administrer des territoires non autonomes et des territoires sous tutelle, sont tenus de faciliter la réalisation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, et de respecter ce droit, conformément aux dispositions de la Charte des Nations Unies.
Référence : http://www2.ohchr.org/french/law/ccpr.htm
Par conséquent, notre indépendance est un droit reconnu par l’Organisation des Nations Unies. Et vous devriez, en tant que pays signataire de ces ententes internationales, faciliter la réalisation de notre droit de disposer de nous-mêmes ; ce que vous ne faites pas actuellement.
Ce n’est qu’une question de temps avant que nous accédions à notre indépendance. Et nous y parviendrons avec ou sans votre aide.
Parce que nous constatons que, pour la deuxième fois de notre histoire, la France nous laisse tomber. Cela nous oblige à beaucoup de créativité, de résistance et d’entêtement mais ça nous rend également plus forts.
Et suffisamment forts pour exiger que vous, Monsieur Sarkozy, Président de la République de France, vous excusiez à la face du monde entier pour nous avoir publiquement insultés et avoir tenus à notre égard des propos mensongers et inexacts qui vous ont probablement été colportés par des gens peu scrupuleux qui n’hésitent pas à utiliser leur argent et leur pouvoir pour corrompre les gens mal informés et avides de célébrité, tel que vous.
Le Parti Indépendantiste attend donc, en son nom propre ainsi qu’au nom du peuple Québécois, des excuses formelles de votre part en tant que Président de la France. Et nous n’accepterons rien de moins, soyez-en assuré.
D’ici là, vous n’êtes pas le bienvenu chez nous sur nos terres. Avec des amis tels que vous, le Québec n’a pas besoin d’ennemis.
Vive le Québec libre !
samedi 21 février 2009
Quand les colonies servaient de monnaie d’échange
Article de Johnatan Tremblay publié le 19 février 2009
2009 marque, on le sait très bien maintenant ( !), le 250e anniversaire de la bataille des plaines d’Abraham. Une victoire britannique qui a annoncé la fin de la présence française en Amérique du Nord.
Certains groupes d’intérêts (artistes, politiciens, etc) et des particuliers ont vivement réagi à l’idée d’une commémoration de cette confrontation à Québec, tantôt pour la dénoncer, tantôt pour l’appuyer. L’idée a finalement été écartée cette semaine.
Mais à côté de ce débat sans issue sur la pertinence de reproduire ce face-à-face britanno-français, il vaut tout de même encore la peine de s’arrêter à quelques facettes de cette bataille, surtout en ce qui a trait à son importance contextuelle en 1759. L’histoire est fort instructive et rassurante quant à notre résilience collective.
Il faut remonter l’histoire jusqu’en 1756, en Prusse (Pologne actuelle), loin des trônes français et britanniques, et encore plus des colonies d’Amérique. Le roi Frédérick II de Prusse a envahi la Silésie, une province autrichienne. L’affaire provoque un conflit armé entre les deux royaumes et suscite des alliances stratégiques et militaires. La France se rallie à l’Autriche, l’Angleterre choisit de son côté l’envahisseur prusse. Cette escalade européenne de déclarations de guerre entraîne dans son sillon les empires coloniaux. La Nouvelle-France allait donc inévitablement affronter la Nouvelle-Angleterre, chose qui n’inquiétait pas nécessairement les pays protagonistes en Europe.
Une simple monnaie d’échange
Pour la France, ses possessions territoriales n’avaient que peu d’importance. Le Roi Soleil, Louis XIV, avait activement ignoré la Nouvelle-France lors de son règne (1643-1715) et ses successeurs firent de même. Les colonies représentaient surtout une monnaie d’échange lors des nombreuses guerres survenues entre 1600 et 1700.
La coutume était en effet que le perdant d’un conflit cédait certaines possessions territoriales au royaume victorieux, système qui a perduré jusqu’à la Première Guerre mondiale (1914-1918). C’est ainsi que le roi Louis XV a laissé les soldats français se défendre plutôt seuls à Québec, n’envoyant que de maigres renforts constitués de soldats inexpérimentés. Il a préféré conserver la majorité de ses troupes pour défendre la patrie française contre les invasions amphibies de l’Angleterre de 1757-1759. Le roi a en conséquence confié la défense des intérêts à son général le plus distingué parmi ceux qui étaient déjà présents de l’autre côté de l’Atlantique, en l’occurence le marquis Louis-Joseph de Montcalm.
De l’autre côté de la Manche, Londres s’était déjà doté d’un système parlementaire, et donc, le roi ne pouvait légiférer que sur très peu. Pour le premier ministre Pitt et pour les élus britanniques, la guerre contre l’Autriche et la France représentait une occasion exceptionnelle d’accroître la portée de leur empire mondial. Leur participation terrestre en Europe resta assez modeste pendant la guerre puisque leur cible de choix demeurait les possessions coloniales françaises et espagnoles autour du globe, incluant les terres fertiles de la Nouvelle-France.
C’est pourquoi Pitt, de son côté, choisit le général James Wolfe, soldat parmi les plus décorés de l’ère malgré son jeune âge, pour mener l’assaut. Le héros militaire eut le mandat d’assiéger et de prendre les bastions de Louisbourg, Québec et Montréal.
Le 13 septembre 1759, Wolfe et un petit contingent de soldats britanniques ont vaincu Montcalm et sa maigre force défenderesse sur les plaines à Québec.
Par la suite, la France a poursuivi la défense de son territoire, un échec marqué par le manque total de renfort naval aux soldats de Québec. Finalement, tous les partis signèrent le Traité de Paris en 1763, ordonnant la fin de cette « Guerre de Sept ans ».
Étant victorieux, les Prusses ont pu conserver la province de Silésie qu’ils avaient obtenue, déclenchant ce conflit d’une portée mondiale. En effet, le grand victorieux fut l’Angleterre qui a acquis les possessions françaises en Orient, en Inde et à l’Est du Mississippi. Pour Québec et la Nouvelle-France, le parlement de Londres a donné le choix à Louis XV de la conserver en échange de la Guadeloupe, petite île productrice de sucre. Louis a refusé et donc le Nouvelle-France est devenue britannique et la France a gardé sa petite île des Caraïbes.
En conclusion, malgré l’importance phénoménale que représente la bataille des plaines d’Abraham pour les Québécois de 1759 et d’aujourd’hui, ce ne fut qu’un conflit corollaire à une guerre lointaine.
Mais finalement, malgré le peu d’importance qu’accordait le trône français à la Nouvelle-France lors de la guerre, le français se porte aujourd’hui assez bien en Amérique du Nord et sa mixité linguistique et culturelle a permis au Québec de développer une culture bien florissante et distincte de ses géniteurs français.
vendredi 13 février 2009
Les patriotes craignent une véritable bataille
Jamais depuis dix ans, voire depuis la création du Québécois en 1996, la ferveur souverainiste n’a été aussi vive.
Les livres et les T-shirts à caractère patriotique s’envolent comme des
petits pains chauds. Nul doute que l’idée de commémorer la victoire de
Wolfe a mis le feu aux poudres. Même chez les modérés.
«J’ai jamais rien vu de tel. Du monde de partout, tout le temps. Les
gens nous appellent, les dons de cent dollars, on en a tous les jours.
Des lettres d’appui, on en a reçu plus de 3300 en trois jours», nous
a-t-il dit, hier.
Appréhensions
Le RRQ prépare son plan de match pour saboter le projet de la
Commission fédérale des champs de bataille nationaux de célébrer le
250e anniversaire de cet événement qui a fait basculer le Canada aux
mains des Britanniques en 1759.
«Une opportunité unique et ponctuelle pour accroître la visibilité du
gouvernement fédéral dans la ville de Québec», signale le dernier
rapport annuel de la commission (qui ne nous a pas rappelé, hier).
Que les fédéralistes veuillent bomber le torse met le cinéaste Pierre
Falardeau hors de lui. «On va leur en faire un hos… de party. On va
aller leur brasser le cul aux loyalistes», nous a-t-il dit, hier.
Les jeunes
«Eux autres, ils jouent pour gagner, avec de l’argent. Nous autres, on
se promène avec des balounes, pis on fait des chansons. Mais là, les
fédéralistes, ils veulent montrer qu’on s’est fait fourrer à l’os. Ça
marche plus», ajoute-t-il, intarissable.
«Il n’y a qu’en Irlande du Nord où on voit les protestants
parader pour commémorer la défaite des catholiques. Et on sait ce que
ça donne», dit-il encore.
Pour Patrick Bourgeois, les risques de violence sont grands. Lui-même
reçoit des menaces ces temps-ci. Les souverainistes appréhendent aussi
l’intervention éventuelle de la police, comme aux premiers jours du
mouvement souverainiste.
«On me dit qu’on va me péter la gueule si je débarque à Québec. On va
avoir besoin d’un gros dispositif de sécurité parce qu’il y a trop de
monde qui s’en promet. Ça risque de virer en Samedi de la matraque
Prise Deux», craint-il.
Le Réseau résistance du Québécois profite toutefois de cette
controverse et a désormais des antennes à Sherbrooke, Gatineau,
Trois-Rivières, Montréal, etc. Tous ses membres, des milliers
maintenant, promettent de converger vers Québec au jour J.
Canoë
Article de Michel Hébert publié le 12 février 2009
La commémoration de la bataille des Plaines
d’Abraham profite au mouvement souverainiste mais plusieurs caressent
des projets de violence extrême.
«Si les deux camps restent braqués, ce ne sera pas joli sur les
Plaines, cet été», laisse tomber Patrick Bourgeois, militant du Réseau
Résistance du Québécois, une branche radicale du mouvement
souverainiste du Québec. «Mais c’est sûr que, nous, on ne lâchera pas»,
ajoute-t-il.
lundi 9 février 2009
Son Altesse impériale Nicolas 1er
Article de Bernard Fournelle publié le 7 février 2009
Après quelques jours de recul, force est d'admettre que le nouvel empereur autoproclamé de tous les Français de France joue une fois de plus à l'apprenti sorcier.
Son Altesse impériale clarifie sa pensée et sa position à l'égard du Canada et du Québec. Sous l'influence d'un magnat de la haute finance et de la presse écrite canadienne, il pontifie solennellement que le Québec et le Canada ne font qu'un, qu'il ne voit pas l'intérêt de scinder un si bel ensemble et qu'il nous aime beaucoup: les Québécois comme des frères et les Canadiens comme des amis. Grand bien lui fasse, jusque-là, c'est une opinion qui en vaut bien d'autres surtout en sachant qui lui souffle les réponses.
Mais son Altesse toute impériale, ajoute du même souffle que les Québécois se cantonnent dans un sectarisme dépassé et poursuit en nous faisant une leçon bien sentie de morale.
Aux dires de ce monsieur qui se veut l'émule de Napoléon, en nous référant à la définition du Petit Robert, les Québécois souverainistes, entre autres et surtout, seraient «des adhérents intolérants d'une secte religieuse, professant des opinions étroites et faisant preuve d'intolérance en politique, religion et philosophie». Il trouve répugnant ce sectarisme dépassé, ce n'est pas sa tasse de thé, qu'il dit. N'en jetez plus, la cour est pleine.
Que ce monsieur qui est à mille lieues de la réalité proclame son attachement pour un Canada uni, fort et assimilateur, c'est son droit. Qu'il subisse une influence à sens unique d'un porte-étendard d'un fédéralisme dépassé, c'est aussi son droit; on ne juge pas de ses fréquentations. Certains médias français dénoncent régulièrement ses accointances douteuses.
Mais de toute sa hauteur et de sa condescendance, qu'il se permette de traiter une grande partie de Québécois de sectaire, c'est dépasser les limites du savoir-vivre et de la décence. Mais il en n'est pas à sa première transgression, en faire la liste serait lui accorder une importance qu'il ne mérite pas. Déjà, de consacrer plus ou moins 500 mots à ce sinistre individu, c'est payer très cher son importance toute aléatoire.
Que son Altesse impériale sévisse dans l'Hexagone, il a été élu, les Français doivent l'endurer jusqu'en 2012. Nous, nous avons Stephan Harper, à chacun sa peine.
Il se voit plus grand que nature pour une «xième» fois. Son Altesse aime beaucoup les caméras. Il a joué le super-héros, il est un président bling-bling, il veut dompter un capitalisme sauvage, il se voit le défenseur de la veuve et de l'orphelin tout en muselant les médias, en mettant sous sa botte les réseaux de télévision, en privilégiant les nantis au détriment de la classe laborieuse et nous pourrions enligner plusieurs législations à caractère douteux.
Donc entendre son Altesse impériale faire la morale aux Québécois en sachant les reniements, les trahisons et les tergiversations de son parcours politique, c'est une ironie à faire brailler une statue de marbre.
Que monsieur Sarkozy sévisse en France, au demeurant en Europe, les Français l'ont voulu ainsi, mais de grâce gardez-le pour vous. Nous avons enduré George W. durant huit ans dans notre cour arrière. Chers amis Français, faites en sorte de ne pas trop l'exhiber, sinon nous allons vraiment devenir sectaire.
En conclusion, nous pourrions dire comme le dicton: Sarkozy n'est pas la France tout comme «une rose ne fait pas le printemps».
mardi 9 décembre 2008
Une majorité à l'arraché
Article de Denis Lessard publié le 8 décembre 2008
C'est de justesse que Jean Charest a gagné son pari. Le Parti libéral l'a emporté hier et a décroché, à l'arraché, le mandat majoritaire qui lui avait échappé il y a 18 mois.
Une troisième victoire consécutive, c'est une première au Québec depuis Maurice Duplessis, en 1952. Mais c'est une bien courte majorité pour Jean Charest, qui a dû composer avec la performance surprenante du Parti québécois. M. Charest avait besoin de 63 sièges pour être majoritaire; il en a obtenu 66. Cette récolte, bien maigre par rapport aux prédictions, est une véritable douche froide pour les stratèges libéraux, qui misaient sur plus de 70 circonscriptions. Le PLQ n'a recueilli que 42% des suffrages, moins que ce que prédisaient les sondages. Le PQ a obtenu de bien meilleurs résultats que prévu avec 51 sièges et 35% des voix, sept points de mieux qu'en 2007. Pour l'ADQ, qui doit se contenter de sept députés, c'est une descente en vrille, de 31 à 17% des votes. Son chef Mario Dumont a d'ailleurs annoncé hier soir sa démission comme chef du parti qu'il a fondé.
Autre première, Québec solidaire fait finalement son entrée à l'Assemblée nationale. À sa deuxième tentative, Amir Khadir a défait le péquiste Daniel Turp dans Mercier, huit ans après la fondation du parti de gauche par Françoise David.
Le taux de participation à ces élections, extraordinairement faible, aura fait mentir bien des augures. En dépit d'un vote par anticipation record la semaine dernière, seulement 57,3 % des Québécois se sont rendus aux urnes hier, le taux le plus bas depuis 1927. Le taux de participation avait oscillé de 78 à 70% au cours des trois dernières élections générales.
Selon Jean Charest, les Québécois «ont reconnu la nécessité d'avoir un gouvernement de stabilité» en confiant un mandat majoritaire au PLQ. Devant les siens, à Sherbrooke, il a soutenu hier soir que, face à la «tempête économique» mondiale, l'élection de son gouvernement «permet de dégager un consensus» sur sa priorité: l'économie.
Sans surprise, l'Action démocratique, qui avait obtenu 41 sièges il y a 18 mois, s'est effondrée. Son score est insuffisant pour que le parti soit reconnu à l'Assemblée nationale. Ses 17% sont plus faibles d'un point que son résultat aux élections de 2003.
Devant cette déconfiture, Mario Dumont a sur-le-champ annoncé qu'il quitterait sous peu son poste à la tête du parti qu'il a fondé il y a 14 ans. «Les Québécois ont tranché, nous acceptons ce verdict. Dans ce contexte, j'assume devant les Québécois et nos candidats défaits toute ma responsabilité et vous ne serez pas surpris de m'entendre vous dire que je ne serai pas à la tête de mon parti lors des prochaines élections générales au Québec», a déclaré M. Dumont devant ses partisans à Rivière-du-Loup.
Il promet de rester «au cours des prochaines semaines» afin que la transition se passe sans heurts. «Le temps est venu pour moi de tourner la page et de retrouver les miens. L'ADQ a été aujourd'hui et demain un moteur de changement dont le Québec a besoin.»
Le PQ «a retrouvé sa fougue»
Avec Pauline Marois à sa tête, le PQ revient en force à l'Assemblée nationale. Mme Marois devient chef de l'opposition après avoir assuré à son parti une récolte étonnante de 51 sièges, comparativement à 36 en 2007.
«Les résultats vont surprendre plusieurs personnes...» a ironisé Mme Marois, triomphante. Elle a remercié ses troupes, galvanisées par les résultats. «On va former l'opposition officielle la plus forte depuis la Révolution tranquille», a-t-elle lancé. Le Parti québécois «a retrouvé sa fougue», a-t-elle insisté, relevant la «courte majorité» de Jean Charest.
«Il y aura un parti souverainiste à l'Assemblée nationale tant et aussi longtemps que la souveraineté ne sera pas faite», a-t-elle déclaré. Elle a toutefois invité ses supporters à «la nécessaire patience». «Aujourd'hui, on a monté une marche. La prochaine fois sera la bonne. Et ensuite, tout sera possible !»
Le PQ récupère l'essentiel de la vingtaine de circonscriptions qu'il avait cédées à l'ADQ dans le 450, dans Lanaudière et dans les Laurentides aux élections de 2007.
Adéquiste en 2007, la circonscription baromètre de Saint-Jean ne retrouve pas son titre: elle sera péquiste. Lisette Lapointe, la femme de Jacques Parizeau, conserve Crémazie. Les vedettes Bernard Drainville, Pierre Curzi et Camil Bouchard sont réélues. Louise Beaudoin vient les rejoindre. François Rebello, élu dans La Prairie, fera aussi son entrée à l'Assemblée nationale.
La totalité des ministres du gouvernement Charest ont été réélus, y compris Claude Béchard dans Kamouraska, qui combat actuellement le cancer. Pierre Corbeil, ministre défait en 2007, était en voie d'être réélu dans Abitibi-Est.
En fin de soirée, les libéraux avaient récupéré 13 circonscriptions des mains de l'ADQ, dont Portneuf et Bellechasse, en périphérie de Québec. Le PQ, lui, a fait un gain de 21 sièges, aussi aux dépens du parti de Mario Dumont.
L'ADQ a été repoussée dans ses retranchements à Québec et dans Chaudière-Appalaches. Plusieurs défaites sont douloureuses, dont celles de Sébastien Proulx, le leader parlementaire, qui a terminé troisième à Trois-Rivières, et de Gilles Taillon, qui a mordu la poussière dans Chapleau.
Les deux adéquistes passés au PLQ, Pierre Michel Auger dans Champlain et André Riedl dans Iberville, ont mordu la poussière.
lundi 7 juillet 2008
S’appuyer sur l’histoire pour écrire l’avenir
Tribune libre de Mario Dumont, chef de l'Action Démocratique du Québec ( ADQ ) et chef de l'opposition officielle au Parlement de Québec publiée dans Le Devoir du 5 juillet 2008
Le 3 juillet 1608, Samuel de Champlain choisit Québec pour établir une première présence francophone permanente en Amérique. Cette date marque la fondation de la capitale nationale des Québécois. Ce 400e anniversaire, c’est plus qu’une fête. Il s’agit d’une occasion particulière dans la vie d’un peuple. Elle nous permet de faire le point sur notre histoire, de réfléchir à ce que nous sommes et de voir plus loin, là où nous voulons nous rendre en tant que société distincte en Amérique.
Le 400e anniversaire de Québec nous rappelle le courage, le goût de l’aventure et de la découverte de ceux et celles qui ont défriché le Québec, qui ont bâti notre société. Ce 400e anniversaire nous permet de nous rappeler que Québec est la porte d’entrée d’un continent, le point de départ des explorateurs qui l’ont cartographié, un lieu de rencontres et d’alliances entre Européens et Premières Nations. Ce 400e nous permet également d’exprimer haut et fort toute notre fierté d’avoir comme capitale nationale l’un des joyaux du patrimoine mondial.
Capitale de la Nouvelle-France jusqu’à la Conquête, siège de notre Assemblée nationale et de notre gouvernement, Québec est aussi une ville politique. Nous devons nous rappeler que sur ses terres s’est joué le destin de l’Amérique. C’est également à Québec que nos ancêtres ont développé les premières institutions qui façonnent encore la société québécoise d’aujourd’hui.
Samuel de Champlain
De tout temps, le Canada a su puiser dans les symboles
québécois pour nourrir son identité. Depuis quelques semaines,
plusieurs se questionnent sur la place que l’on doit accorder à Samuel
de Champlain dans nos livres d’histoire. Est-il le premier gouverneur
de l’État canadien comme on se plaît à l’afficher à Ottawa sur les murs
de Rideau Hall ? Cette vision a certes le mérite de renouer avec la
notion des deux peuples fondateurs qui est au coeur des revendications
traditionnelles du gouvernement du Québec. Michaëlle Jean n’est
cependant pas l’héritière de Champlain pour autant.
La fonction de Samuel de Champlain n’était pas honorifique. Il avait le mandat de veiller à l’établissement d’une première présence permanente de francophones en Amérique, d’en assurer la pérennité et la sécurité. Il avait également le mandat de développer le commerce et les échanges commerciaux à partir de Québec. Il avait aussi le mandat de signer des ententes avec les nations autochtones, ce qu’il fit. Il disposait enfin du pouvoir politique et civil sur l’administration de la nouvelle colonie.
Rôle du premier ministre.
Pour autant qu’il soit possible de transposer le mandat
de Champlain dans les institutions politiques du Québec d’aujourd’hui,
c’est la fonction de premier ministre du Québec qu’il occuperait. René
Lévesque, tout comme Maurice Duplessis et Honoré Mercier avant lui, ont
vu dans la fonction de premier ministre du Québec le rôle de gardien
d’un héritage qui nous vient de la Nouvelle-France. Dans le même
esprit, on se souvient tous que Robert Bourassa faisait abondamment
référence à la défense des intérêts supérieurs du Québec. Cette formule
est riche de sens. Elle inscrit le rôle du premier ministre du Québec
dans la continuité, comme le dépositaire des avancées du peuple
québécois depuis l’établissement même de la colonie.
Le devoir d’un premier ministre du Québec n’est pas
celui d’un administrateur de services publics comme les autres. Il a la
responsabilité ultime de veiller à ce que le peuple québécois puisse se
développer et s’épanouir en français sur un continent majoritairement
anglophone. Il lui appartient de s’assurer que notre culture et nos
traditions puissent s’affirmer, être transmises aux nouvelles
générations ainsi qu’aux nouveaux arrivants.
L’avenir du Québec
Le premier ministre du Québec doit également oeuvrer à
la prospérité de notre population. Pour surmonter les défis du Québec
sur le plan démographique et économique, nous sommes collectivement
condamnés à nous dépasser. Enfin, comme premier représentant de la
nation québécoise, le premier ministre du Québec est le gardien de sa
personnalité internationale. Il lui revient donc, avec l’appui de
l’Assemblée nationale du Québec, de protéger et de transmettre un
héritage de plus de 400 ans.
Tout en nous appuyant sur notre histoire, nous devons
projeter le Québec vers l’avenir. Cet avenir est encore à écrire.
Quatre cents ans après la fondation de sa capitale nationale, il est
plus que temps que le Québec ait sa propre constitution pour affirmer
son identité, ses valeurs et le projet qu’il porte en français en terre
d’Amérique. Il importe également de travailler à rendre le Québec plus
autonome sur le plan économique. Un Québec plus riche est un Québec qui
a les moyens de ses ambitions. Dans la même veine, il nous incombe de
poursuivre le chemin d’une plus grande autonomie politique du Québec.
Nous le devons à ceux et celles qui nous ont précédés, aux Québécois
d’aujourd’hui et à ceux de demain.
Bonne fête Québec !








