02-04-08
Débat sur l’Afghanistan : les députés non-inscrits interdits de parole !
Communiqué de Nicolas Dupont-Aignan, député non-inscrit de l'Essonne publié le 1er avril 2008
Suppression du temps de parole des non-inscrits dans le débat sur l’Afghanistan : un déni de démocratie parlementaire sur une question qui fâche
Contre tous les usages et le respect du plus
élémentaire pluralisme démocratique, la Conférence des présidents de
l’Assemblée Nationale vient de supprimer, pour le débat sur l’envoi de
renforts français en Afghanistan, le temps de parole ordinairement
attribué aux députés non-inscrits.
En effet, dans chaque débat parlementaire, les
non-inscrits disposent toujours d’un temps d’expression, même réduit,
afin que l’ensemble des sensibilités du Parlement, qui représente la
Nation dans toutes ses composantes, puisse avoir voix au chapitre.
Il en avait été ainsi par exemple lors du débat ayant
suivi le discours de politique générale prononcé par le Premier
ministre, au début de la mandature, débat dans lequel je m’étais
exprimé, tout comme François Bayrou.
Aujourd’hui, de manière mesquine et parfaitement scandaleuse, la Conférence des présidents bâillonne ainsi en douce la démocratie parlementaire. C’est dire que le projet d’alignement de la France sur les Etats-Unis et l’OTAN, au travers de l’affaire afghane, est une question des plus sensibles sur laquelle on ne souhaite pas entendre de propos qui dérangent !
Alors que le gouvernement n’a à la bouche que son projet de revalorisation du rôle du Parlement, on aimerait bien que les actes se joignent à la parole !
27-03-08
Nicolas Sarkozy à Londres : le bon petit soldat de Georges Bush
Communiqué de Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la République du 27 mars 2008
En annonçant depuis l’étranger la relance de
l’intervention militaire française en Afghanistan, Nicolas Sarkozy
rompt tous les usages et aggrave dangereusement la dérive atlantiste de
la diplomatie française.
C’est bien sûr un camouflet infligé aux Français
eux-mêmes, qui étaient en droit d’attendre que cette question, qui les
concerne au premier chef, soit lancée et débattue au Parlement.
Ensuite, cette annonce est d’autant plus choquante qu’elle a été faite
en Grande-Bretagne, alliée indéfectible des Etats-Unis en Europe, ce
qui lui donne presque les allures d’un alignement, pour ne pas dire
d’une allégeance.
On a affaire à un double reniement :
- Reniement de la promesse d’entre-deux-tours faite par
le candidat Sarkozy, qui a déclaré le 26 avril 2007 qu’il
« poursuivrait la politique » de rapatriement des forces françaises
d’Afghanistan, engagée par Jacques Chirac.
- Reniement de la diplomatie pluriséculaire de la France,
traditionnellement réfractaire aux logiques de blocs impérialistes, que
la Vème République du Général de Gaulle et de ses successeurs a
toujours portée.
La France n’a rien à gagner et tout à perdre si elle
joue les bons petits soldats de l’OTAN dans les conflits hasardeux
voulus par Georges Bush. A quelques jours du sommet de Bucarest, où il
est hélas question de la réintégration de la France dans le
commandement intégré de l’OTAN, il est impératif que le président de la
République rende des comptes au peuple français sur sa politique
étrangère.
24-03-08
Européanisation de la dissuasion française : un nouveau coup d’éclat au détriment de l’intérêt supérieur de la France
Communiqué de Nicolas Dupont-Aignan publié le 21 mars 2008
Le président de la République vient de resservir la
vieille lune de la mise au pot commun européen de la force de frappe
nucléaire française.
Une européanisation de notre dissuasion nucléaire, tout
comme celle de notre droit de veto au Conseil de Sécurité des Nations
Unies régulièrement préconisée par exemple au Parlement européen,
serait une triple faute :
faute stratégique,
car il est évident que les 27 pays de l’UE, majoritairement atlantistes
ou neutres, ne peuvent s’entendre sur une doctrine d’emploi du feu
nucléaire, ultime élément de la défense d’intérêts vitaux bien compris.
La France risque ainsi d’aliéner sa dissuasion nucléaire, élément
majeur de sa politique d’indépendance nationale, sans pour autant
parvenir à bâtir aucune dissuasion nucléaire européenne, à ce jour sans
objet.
Faute diplomatique
aussi, car la France n’obtiendra rien de significatif en contrepartie
de cette européanisation paralysante de sa dissuasion, en particulier
sur le terrain économique et monétaire où l’urgence d’une réorientation
européenne, elle, se fait chaque jour plus pressante.
Faute politique
enfin, car le peuple français ne pardonnerait pas à ses dirigeants
d’abandonner, au nom d’un geste européen aussi hasardeux qu’inutile, le
principal élément de sa sécurité et de son indépendance.
En s’inscrivant dans la dérive supranationale au lieu
de l’infléchir, la France sacrifierait pour rien son rang de puissance
nucléaire, ce que n’envisage nullement son alter ego britannique. Le
président Sarkozy, qui ne manque jamais une occasion de proclamer son
attachement à l’héritage du général de Gaulle, commettrait en réalité
une faute très lourde vis-à-vis de notre pays.
17-03-08
Municipales et cantonales : DLR réagit à l’échec de la majorité
Communiqué de Nicolas Dupont-Aignan, président de DLR publié le 17 mars 2008
L’échec de la majorité aux municipales oblige le président à changer !
L’UMP a beau faire la sourde oreille, les élections
municipales n’en constituent pas moins un cinglant désaveu pour la
majorité, bien plus d’ailleurs qu’une victoire pour une gauche toujours
sans projet ni chef de file.
Le style présidentiel, l’ouverture tous azimuts et
l’orientation trop libérale de Nicolas Sarkozy, ont été clairement
sanctionnées hier soir :
A force de cultiver des attitudes peu compatibles
avec la dignité de la fonction présidentielle, Nicolas Sarkozy a semé
l’inquiétude et la déception dans le cœur des Français. La première
urgence est que la France ait à sa tête un vrai président, au service
de tous ses concitoyens.
Le débauchage individuel de personnalités plus ou
moins médiatiques est une source de profonde confusion, que l’électorat
de la majorité rejette à juste titre. Le respect des électeurs de mai
2007 commande une ligne claire mise en œuvre par des personnalités
enracinées dans le pays.
N’en déplaise aux centristes, l’orientation de la
politique gouvernementale ne pêche pas par un défaut de politique
libérale-européenne, mais au contraire par un manque de rééquilibrage
au profit d’une ligne nationale, républicaine et sociale. C’est sur
cette ligne que Nicolas Sarkozy a séduit l’électorat populaire en 2007,
électorat qui lui fait logiquement défaut après l’aveu d’impuissance
sur le pouvoir d’achat, l’Europe et la croissance.
Les semaines à venir, notamment le temps fort de la
présidence française de l’Union européenne, seront cruciales pour le
mandat du président : soit Nicolas Sarkozy entend les Français et
répond à leurs aspirations profondes, soit il persiste dans la surdité
et l’erreur et la France pâtira alors, une fois de plus, d’un
quinquennat pour rien.
31-01-08
Le 4 février, trois fois historique
Article de Paul-Marie Coûteaux, député européen, publié le 25 janvier 2008 dans Valeurs Actuelles
A Versailles, le 4 février prochain, l’année qui devait voir la
célébration du cinquantième anniversaire de la Constitution s’ouvrira
par une modification plus que substantielle de ce qui est depuis 1958
notre texte fondamental, aux fins de l’adapter à ce qui est devenu la
nouvelle référence suprême, le droit dit “primaire”, en ce que tout le
reste en découle, de l’Union européenne ; c’est européenne que sera
désormais notre Constitution, puisqu’il faut bien appeler ainsi un
traité de Lisbonne reprenant, de l’avis même du Conseil constitutionnel
tel qu’exprimé par sa décision du 21 décembre, la défunte Constitution
Giscard. Désormais soumises à une norme supérieure, la Constitution de
1958 et avec elle la Ve République cèdent le pas à un État
supranational qui, à partir du 1er janvier 2009, fédérera 27 États
autour d’un gouvernement central et de son premier ministre (la
Commission et son président), d’un Parlement, et désormais d’un
“président de l’Union” dont la suprématie sera sans doute verrouillée
par l’autorité la plus souveraine de toutes, la Cour de Luxembourg,
chargée de veiller à ce que toute norme européenne (traité, directive,
décision de politique étrangère, principes de la Charte des droits
fondamentaux) s’impose à toute norme nationale – ,y compris, donc, ce
que l’on n’appelle plus que par habitude “la Constitution de la
République française”.
Ce fait est encore mal
perçu – il n’est pas jusqu’à l’Action française qui n’évoque encore «
la suprématie de la Constitution nationale », comme si de rien n’était
! Mais, depuis 1992 et le fameux traité de Maastricht, les “retouches”
constitutionnelles se sont tant multipliées (il y en a eu deux fois
plus au cours des 15 dernières années que dans les 35 précédentes !)
que ses fameux équilibres se trouvent complètement bouleversés. Il y
eut en 1986 la cohabitation, dyarchie à la tête de l’État, qui fut
avant tout revanche de l’Assemblée, et dyarchie de l’État ; il y eut en
1997 une dissolution si bien ratée qu’elle en périme la formule même ;
en 2001, le quinquennat fit coïncider mandat présidentiel et mandat
législatif, les mélangeant finalement, exact contraire de ce qu’avaient
recherché les constituants. Or, chacun de ces “tournants” a
discrètement réhabilité la prééminence non pas tant du Parlement que
des partis, alors que c’était pourtant l’objectif de 1958 que de
rabattre leur prétention à incarner par eux-mêmes le Bien commun ; et
voici que se périme à présent le référendum, autre arme de la
démocratie directe contre les oligarchies partisanes – il est piquant
d’observer que le grand remue-méninges de la commission Balladur se
traduira principalement, outre quelques révérences au pouvoir
parlementaire, par la suppression de l’obligation de référendum avant
l’admission de tout nouvel État dans l’Union européenne, ce qui ne
supprime pas seulement le verrou à l’entrée de la Turquie ou de tout
autre pays, mais érode un peu plus encore la formule référendaire,
l’affaire même du prétendu “traité simplifié” montrant que la décision
populaire ne compte plus pour grand-chose…
En 1958, l’objectif premier de la Ve République était de restaurer avant tout la souveraineté, celle de l’État sur les féodalités intérieures, partisanes ou autres, et celle de la nation, incarnée par une tête assez ferme pour résister aux pouvoirs extérieurs. Le professeur Frédéric Rouvillois rappelle opportunément dans les Origines de la Ve République la phrase de Michel Debré expliquant que la Constitution devait permettre que la France demeure « une vraie et libre nation »… En vérité, la Ve République est morte depuis longtemps dans son esprit comme elle l’est maintenant dans sa lettre, drame d’ailleurs habituel aux républiques françaises : la Ire République finit dans la Terreur, la IIe dans le coup d’État, la IIIe dans le désastre, la IVe dans le ridicule : voici qu’à présent la Ve s’achève dans l’abdication pure et simple, ce dont le grand Congrès du 4 février restera sans doute, pour l’histoire, le symbole le plus marquant.
C’est donc une triple responsabilité qu’endosseront nos parlementaires à Versailles : en permettant la ratification du traité supranational, ils renonceront à presque tout ce qui reste à la France de souveraineté ; réformant encore la Constitution, ils renonceront aussi à la Ve République ; enfin, ils contrediront à angle droit la voix du peuple telle qu’exprimée le 29 mai 2005, c’est-à-dire qu’ils nieront le primat du suffrage universel, dont pourtant ils procèdent eux-mêmes. Nous entrerons alors dans une tout autre ère, qui ne sera pas plus républicaine (au sens de la res publica, primat de l’intérêt supérieur de la nation) que démocratique, et qui ressemble fort à ce stade oligarchique que décrivait déjà Aristote quand il prévoyait les décadences fatales des républiques.
11-01-08
Incohérences
Nicolas Dupont-Aignan
Article de Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne, président de Debout la République publié le 8 janvier 2008
Décidément, à gauche comme
à droite, la journée du 8 janvier aura été marquée par l’affichage
assumé de positions politiques incohérentes. Comme si dans notre pays
on pouvait dire sans aucune gène tout et son contraire !
Pour une fois commençons par le Parti socialiste, qui vient
d’annoncer le boycott du Congrès de Versailles pour soi-disant
protester contre la ratification parlementaire du Traité de Lisbonne.
Le plus sérieusement du monde François Hollande appelle pourtant à un
référendum !
Comment peut-on à ce point se moquer des Français quand on sait que
c’est justement en allant à Versailles voter contre cette modification
parlementaire de la Constitution préalable à la ratification du Traité
européen, que les députés et sénateurs PS pourraient, s’ils le
voulaient, vraiment forcer le Président de la République à consulter
les Français.
En effet, l’UMP et le Nouveau Centre ne disposent pas de la majorité
des 3/5 pour faire modifier la Constitution. Avec les communistes, les
gaullistes et les souverainistes, les socialistes pourraient dépasser
les 2/5 et bloquer tout.
En vérité, une partie du PS approuve le Traité de Lisbonne et n’entend pas respecter l’engagement d’un référendum de la campagne présidentielle. Mais comment le PS sera-t-il crédible demain devant les Français, quand aujourd’hui il refuse de les consulter et se fait ainsi le complice du Président de la République qu’il prétend par ailleurs combattre ?
La journée d’aujourd’hui a aussi été un modèle d’incohérence du côté
droit. La conférence de presse de Nicolas Sarkozy aurait pu être un
grand moment de volontarisme politique. Comment ne pas partager les
propositions du Président de la République sur l’école, la télévision
publique, la politique industrielle, la participation, … ?.
Mais là aussi, le double langage atteint des sommets. Car comment
oser parler de « l’Europe qui protège » quand on impose aux Français un
Traité européen qui ligotera la France par un système de décisions à la
majorité qualifiée ? A 27 nous sommes en effet en minorité dans
quantité de domaines (OMC, politique de la concurrence, etc…). D’un
côté le Président affirme « la France est de retour », de l’autre il
abdique la souveraineté nationale, c'est-à-dire la liberté du peuple
français de mener la politique qui lui semble la meilleure !
20-12-07
La politique-spectacle, jusqu'à la nausée !
Article de Nicolas Dupont-Aignan publié le 19 décembre 2007
Jusqu’où ira-t-on dans
l’abaissement de la fonction présidentielle et en définitive de la
politique, de la démocratie et de la France ?
La relation privée entre Nicolas Sarkozy et Carla Bruni ne devrait
pas concerner mon blog et il est vrai que le Président de la République
a le droit de mener la vie privée qu’il souhaite.
Mais à partir du moment où il met en scène la révélation de sa
relation avec le top model, il en fait délibérément un évènement
politique qui s’impose à la chronique de l’actualité.
Oui je regrette cet abaissement de la fonction présidentielle,
entachée par cet exhibitionnisme people. Je regrette cette manière
partagée par Ségolène Royal de mélanger vie publique et vie privée, en
instrumentalisant les hauts et les bas de toute vie intime à des fins
politiques tout en jouant les vierges effarouchées lorsque les
journalistes se saisissent de l’occasion pour faire de l’audience.
Je le regrette d’autant plus que Nicolas Sarkozy n’est pas n’importe
qui. Il représente la France, il incarne la volonté politique. Par
conséquent, en imitant de fait les comportements des vedettes du show
biz, il décrédibilise sa fonction, son rôle et son action.
La politique ne devient qu’image, ragot, rumeur, balayant par
l’effet de la course à l’audience tout débat de fond sans lequel il n’y
a pas de vraie démocratie. Les médias doivent certes vendre pour
s’assurer des recettes publicitaires. Mais sont-ils obligés d’être
dupes de telles manipulations que leur plus élémentaire déontologie
commande de démystifier ? S’ils avaient le courage de les dénoncer
collectivement, nul doute que nos vedettes de la politique-spectacle
devraient aussitôt cesser cette diversion permanente !
Mais les citoyens aussi, première cible de cette non-information
dégoulinante, doivent rester vigilants, pour ne pas dire
intransigeants. Quand le lecteur feuillette les magazines pour en
savoir plus sur la vie du Président ou de son opposante, il laisse les
intérêts et les oligarchies gouverner. Le consommateur et le voyeur
prennent alors le pouvoir sur le citoyen.
Espérons simplement qu’un jour les Français, lassés de ce brouillard
destiné à tout obscurcir, à tout relativiser, se réveilleront et
exigeront de leurs hommes politiques dignité, sérieux, crédibilité et
efficacité.
02-12-07
Pour un référendum sur le traité de Lisbonne
Discours de Nicolas Dupont-Aignan prononcé le 2 décembre 2007 à Paris
Merci à vous toutes et à vous tous d’avoir répondu si nombreux à notre invitation commune.
La preuve est faite, s’il en était besoin, qu’il ne
faut pas hésiter quand il y a urgence à bousculer les frontières
politiques traditionnelles.
Il ne s’agit en aucun cas ni pour Jean-Pierre Chevènement ni pour moi-même, ni pour nos invités, de renier ce que nous sommes. Il ne s’agit pas non plus pour vous, militants
républicains du Mouvement Républicain et Citoyen, ou militants
gaullistes de Debout la République, d’oublier ou de rejeter vos
orientations politiques. Il ne s’agit pas davantage d’occulter nos
différences.
Il s’agit, comme dans tous les moments graves de notre
histoire nationale, de rassembler les volontés et les énergies parce
que l’essentiel est en jeu. Mes amis, la République et la démocratie, ne sont ni de
gauche ni de droite. L’Etat n’est ni de gauche ni de droite. La Nation
n’appartient à personne.
La France est la propriété de tous les Français, et plus encore de
toutes celles et tous ceux qui veulent la défendre !
Pour ma part je me retrouve complètement dans ce propos
du Général de Gaulle (rapporté par Alain Peyrefitte) : « Etre gaulliste
c’est être de gauche et de droite à la fois, vous voyez ce que je veux
dire, à la fois ! C’est être passionné et raisonnable, mais en même
temps ! ". Alors mes amis, mes compagnons, mes camarades, à
l’image de Pierre Lefranc, dont la présence est un réconfort pour nous
tous, soyons passionnés ensemble, soyons raisonnables ensemble.
Et puis enfin à ceux qui ne veulent pas sortir de leurs
tranchées partisanes nous répétant sans cesse que le moment n’est pas
venu, j’ai envie de répondre : « mais ouvrez donc les yeux ! qu’
attendez vous encore ? »
La gauche caviar et la droite libérale travaillent
ouvertement main dans la main au gouvernement pour liquider cette
« certaine idée de la France » que nous servons chacun à notre façon,
génération après génération, depuis tant d’années… et nous devrions
rester passifs dans nos coins respectifs à gérer nos petites boutiques ? NON, ce n’est pas sérieux. Quand l’essentiel est en
jeu, il faut savoir se lever. Or c’est bien l’essentiel qui est en
cause aujourd’hui.
Pour moi, comme pour vous, je le sais, l’Etat, la
République et la Nation forment un bloc. La démocratie est
indissociable de la souveraineté populaire et qu’on le veuille ou non,
cette dernière ne peut s’exercer que dans le cadre de la Nation. Alors oui ce qui est en cause aujourd’hui c’est bien le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Ce qui est en cause aujourd’hui, c’est bien la survie
de la France comme Nation libre de choisir son mode d’organisation
républicaine et sociale comme sa politique étrangère. Ce qui est en cause aujourd’hui, c’est la nature de
l’Europe que nous voulons bâtir et, à travers elle, notre vision du
monde de demain. Oui mes amis, c’est bien parce que je tiens à la
démocratie, à la France et à l’ Europe, je pourrais dire parce que
j’aime la démocratie, parce que j’aime la France, parce que j’aime
l’Europe, que je me battrai jusqu’au bout et à vos côtés, contre ce
traité scélérat européen qui est, vous le savez bien, la copie conforme
du traité Giscard rejeté par le peuple français, et à une très large
majorité, le 29 mai 2005.
Je veux tout d’abord m’adresser aux démocrates, aux vrais, pas à ceux qui se disent démocrates et qui font tous le contraire. A ceux qui placent au-dessus de leurs propres convictions le respect de celles d’autrui. A ceux-là mêmes qui ne partagent pas obligatoirement notre vision de l’Europe, ceux qui ont voté oui le 29 mai 2005 mais refusent de biaiser avec la démocratie lorsqu’elle ne donne pas le résultat qu’ils en attendent. Je leur dis très franchement : vous devez résister avec nous à cette nouvelle tentation des élites de court-circuiter le peuple en faisant adopter cette « Constitution bis » par le Parlement.
Vous me permettrez un parallèle : en matière judiciaire la préméditation est une circonstance aggravante.
Or pour ce traité, je le répète scélérat, la préméditation est avérée, entière, transnationale. Elle est cynique et brutale.
Elle l’est d’autant plus que ceux qui nous regardaient
avec commisération avant le 29 mai 2005 savent aujourd’hui que nous
sommes majoritaires. Le peuple est avec nous ! Pas seulement les 16
millions d’électeurs qui ont dit non il y a deux ans, mais les 45
millions de citoyens français collectivement solidaires d’une loi de la
majorité qui s’applique à tous et à chacun, humble ou puissant. Imaginez une seconde quelle aurait été la réaction de
ceux qui veulent aujourd’hui une ratification parlementaire, si un
président de la République avait décidé juste après son élection, par
exemple en 1995, de soumettre au Parlement l’abrogation du traité de
Maastricht et le retour au franc !
Alors oui, l’objectif des manipulateurs est limpide :
pour imposer leur mauvaise Europe, il leur faut violer les peuples, à
commencer par le plus libre d’entre eux depuis 1789, le peuple français. Souvenez-vous ! Au lendemain du référendum, les
dirigeants européens n’ont jamais cherché à comprendre les causes de ce
rejet populaire pour corriger leur projet, mais ils ont préféré jouer
la politique du pire. Aidés en cela par les élites (qui se sont senties
clairement désavouées tant elles avaient pris parti pour la
Constitution Giscard), ils ont tout fait pour culpabiliser les Français
de leur choix.
Deux années d’hypocrisie et de mensonge pour faire croire que l’Europe était en panne par la faute des Français et des Néerlandais alors qu’à l’inverse, bien sûr, le vote du peuple n’a fait que traduire l’impasse dans laquelle le piège supranational comme les politiques économiques et sociales menées depuis Maastricht ont plongé l’Europe. Pire encore. Alors que la belle idée européenne est censée réconcilier les peuples, ils les ont opposés en caricaturant les Français en moutons noirs du continent. Mais il suffit de voyager, d’écouter, de regarder pour comprendre que la coupure n’est pas entre les Français et les autres européens, mais entre les peuples et leurs élites sourdes et aveugles à leurs préoccupations.
Lech Walesa n’affirmait-il pas au lendemain du NON français : « un jour, ils remercieront les Français ». Toutes les enquêtes ont démontré d’ailleurs que si des référendums avaient eu lieu dans les autres grandes nations, le résultat aurait été le même qu’en France. Et Nicolas Sarkozy lui-même l’a reconnu dans les salons feutrés du Parlement européen, le 13 novembre dernier en osant dire tel que cela a été rapporté « si l’on faisait des référendums, le NON l’emporterait encore ». Mais la culpabilisation ne suffisant pas, les dérives des politiques monétaires, budgétaires, commerciales ou de la concurrence s’aggravant, les dirigeants européens ne se privèrent pas d’enfoncer le clou. A la massue d’ailleurs, plutôt qu’au marteau ! La méthode Coué tint alors lieu de politique. Monsieur Barroso osa ainsi affirmer devant la représentation nationale, l’un des temples de notre démocratie : « je suis convaincu que le soutien de l’opinion publique [française] en faveur de la modernisation des institutions que prévoit le projet de traité constitutionnel viendra en son temps. »
Surtout si on ne consulte pas le peuple ! Madame Merkel est même allée jusqu’à menacer à mots couverts le peuple français d’une exclusion de l’Union européenne. Mais il leur fallait quand même trouver un complice en
France. L’élection présidentielle a été l’occasion d’une manipulation
sans précédent des esprits.
Le candidat Sarkozy a eu l’habileté de faire campagne
en dénonçant les dérives qui avaient conduit au rejet de la
Constitution Giscard (l’euro cher, la concurrence déloyale, le
démantèlement des services publics) reprenant d’ailleurs
systématiquement notre discours et nos arguments. Le candidat Sarkozy a juré la main sur le cœur devant
des millions de Français lors du débat télévisé de l’entre deux tours
avec Ségolène Royal que pour lui, je le cite : « la Constitution
européenne est morte ». Comme des millions de Français, j’ai eu, c’est
vrai, la faiblesse d’ y croire. De croire que son « mini-traité »
serait sinon une réconciliation, à tout le moins un compromis honorable
entre le oui et le non, comme le promettait d’ailleurs Nicolas SARKOZY
lui-même. Dans ce cas de figure, la ratification parlementaire aurait
été, à la rigueur, acceptable. Malheureusement une fois élu, tout en continuant
d’ailleurs ses diatribes contre l’euro cher, les délocalisations ou
l’entrée de la Turquie pour brouiller les cartes, le nouveau Président
a tout de suite donné son accord pour ouvrir de nouveaux chapitres de
négociations d’adhésion de la Turquie et surtout a signé ce traité
scélérat qui est la copie conforme de la Constitution Giscard.
Nicolas SARKOZY a déterré et ressuscité la constitution européenne qu’il avait promis d’enterrer pour toujours.
Ce tour de passe-passe politico médiatique inouï est
d’autant plus dangereux pour notre démocratie qu’il s’est accompagné
ensuite d’une campagne sans précédent de dissimulation, pour ne pas
dire de désinformation. « Le traité est simplifié, l’Europe est sauvée ». Cette
ritournelle reprise en boucle n’avait qu’un objectif : endormir les
Français pour mieux faire accepter une ratification parlementaire
indigne de notre république. Le président de la République a tort de se
retrancher derrière son engagement d’en passer par la voie
parlementaire. Chacun comprendra qu’il y a un monde entre un vote
parlementaire sur un « mini-traité » réellement consensuel, et un
passage en force du Parlement pour imposer une Constitution-bis ! Non seulement les Français étaient trahis mais de surcroît ils ne devaient pas le savoir ! Le double langage porté à ce niveau de cynisme et de mensonge relève d’un art que je reprouve.
Monsieur le Président, vous qui affirmiez le jour de
votre entrée à l’Elysée : « le peuple français ne veut pas que l’on
décide à sa place et par-dessus tout ne veut plus que l’on pense à sa
place », comment pouvez-vous refuser de consulter les Français par
référendum sur un texte identique à celui qu’ils ont rejeté deux ans
avant par référendum ?
Monsieur le Président, vous qui osez dire à Strasbourg
devant le Parlement européen : « l’Europe se fera avec les peuples,
elle ne se fera pas sans eux, elle ne se fera pas contre eux », comment
pouvez-vous organiser un coup de force contre la volonté populaire et
même vous en vanter devant les dirigeants européens ? Les Français ne
seront pas dupes longtemps. Il ne s’agit pas d’un traité simplifié mais
d’un véritable coup d’Etat simplifié.
Il est vrai que vous n’êtes pas le seul dans le pays à
vouloir ainsi vous passer du peuple. Aussi étrange que cela puisse
paraître (et preuve que le cynisme est la chose la mieux partagée à
gauche comme à droite), votre adversaire à la présidentielle Madame
Royal s’est évanouie. En trois petits coups de cuillère à pot, au
détour d’une interview fleuve consacrée à sa stratégie de conquête de
l’appareil PS (qui comme chacun sait, passionne les foules), elle a
glissé en catimini six misérables petites lignes expliquant sans
l’expliquer que le référendum n’était plus une question de principe
digne d’être défendue ! Toute honte bue, la promesse d’un référendum
n’était donc qu’un leurre de plus ! Et malheureusement seuls quelques
femmes et hommes de gauche, libres et de convictions, se lèvent
aujourd’hui pour exiger une consultation populaire.
Malheureusement certains qui avaient voté NON rentrent aujourd’hui au bercail partisan, laissant penser d’ailleurs que leur NON du 29 mai s’apparentait davantage à une posture politicienne qu’à une conviction profonde… Ce déni de démocratie, cette instrumentalisation de parlementaires, de sinistre mémoire, sont acceptés sans sourciller par la très grande majorité de la classe politique, médiatique, économique. Pourquoi ? Pour la raison très simple qu’une partie de la classe dirigeante française ne croit plus à la capacité de la France à mener sa propre politique, de choisir démocratiquement son destin dans le contexte de la « mondialisation clochardisation » d’aujourd’hui. Le contenu du traité ne choque pas bon nombre de nos dirigeants, et tout au contraire les arrange car il signe la fin de l’indépendance, c’est-à-dire de la responsabilité politique devant le peuple avec ses risques et ses périls. Il est tellement plus simple de s’en remettre à d’autres pour définitivement aligner la politique de notre pays sur la leur. Il est tellement plus simple d’épouser le « laisser faire-laisser aller » général, habillé d’une mythologie européenne en carton pâte qui n’a rien à voir avec la belle idée européenne de départ.
Il est tellement plus simple de parler que d’agir.
Il est tellement plus simple d’escamoter le débat et même carrément la démocratie, pour laisser les intérêts gouverner. Il est tellement plus simple de se faire les chantres de la « BOF Génération » ! Simple mais dangereux, très dangereux tant les conséquences peuvent être lourdes pour le pays et périlleuses pour ceux qui s’accommodent de la servitude. Car vous le savez tous, si nous sommes rassemblés ici pour réclamer un référendum c’est bien parce que nous contestons les choix institutionnels majeurs contenus dans le traité comme ils l’étaient dans la Constitution Giscard. Je refuse la ratification parlementaire, car j’aime la démocratie.
Je refuse ce traité car j’aime la France. Et, comme
Romain Gary, j’ai envie de dire : « mon pays ce n’est pas la France,
c’est la France libre ». Et il faut lire ce traité (combien l’on lu
d’ailleurs ?) pour comprendre qu’il qu’ il sonne le glas de la liberté
du peuple français à disposer de lui-même. On altère, on enterre un peu plus la démocratie française sans pour autant bâtir une démocratie européenne alternative. Avec l’Acte unique, les traités de Maastricht,
d’Amsterdam et de Nice, l’ampleur de la dépossession démocratique en
cours aurait du pourtant sauter aux yeux de chacun ! Une double dépossession : A l’échelon national où elle
devrait pouvoir fonctionner le plus naturellement, la démocratie est
empêchée au profit de l’échelon européen où elle est dématérialisée et
ne peut s’exercer en réalité. Dépossession aussi du législatif au profit de
l’exécutif car, tout le monde le sait, ce sont les ministres qui
arbitrent en conseil à Bruxelles des matières de nature législative. Pourquoi ne pas tirer les leçons de l’impasse politique
dans laquelle nous mène pourtant depuis 20 ans cette organisation
bruxelloise tentaculaire ? Quelques exemples révélateurs :
A Paris le Grenelle de l’environnement débat de
l’éventualité d’interdire les cultures d’OGM en plein champs… A
Bruxelles le lendemain, un communiqué de la Commission rappelle qu’une
directive l’interdit ; le prix des produits alimentaires flambe et on constate que la
dénaturation de la PAC a réduit l’indépendance alimentaire de l’Union ;
Le secteur des jeux et des courses libéralisé dans beaucoup de
pays n’est pas un modèle d’intégrité mais la France est sommée de
privatiser son secteur ;
EDF offrait le prix le plus bas de l’électricité en Europe
donnant un vrai atout de compétitivité à nos entreprises mais nous
démantelons une des entreprises publiques les plus performantes
d’Europe ;
La loi de la jungle se généralise sur tout le continent, avec des travailleurs utilisés comme une main d’œuvre corvéable à merci et pourtant, à Bruxelles la directive Bolkestein refusée à hauts cris a été adoptée dans la plus grande discrétion. A chaque fois les mêmes arguments : « C’est la loi de la majorité. Nous l’avons acceptée. A 27 ce n’est pas comme à 6 ou 9, nous ne sommes plus majoritaires. Prenons garde à ne pas nous isoler. Il vaut mieux un mauvais compromis que rien du tout. ». Voilà les résultats parmi tant d’autres du fameux passage à la majorité qualifiée tant vantés par les avocats de l’Europe dite « politique ». Voilà les fruits de la fameuse « stratégie de l’influence » qui s’apparente plutôt à une politique d’abdication permanente qui n’ose pas dire son nom.
Vous avez aimé Bolkestein, les OGM en plein champs, l’absurde libéralisation de l’électricité, du gaz, de la poste, l’arrivée des mafias dans les jeux, la fin de la langue française, les jachères, vous allez adorer les conséquences du passage de l’unanimité à la majorité qualifiée dans 52 domaines supplémentaires de compétences.
Des domaines choisis avec attention par nos amis britanniques et acceptés avec naïveté par la France. Car, malheureusement, il n’est pas question de passage à la majorité qualifiée dans le domaine fiscal où cela pourrait sous certaines conditions permettre d’éviter le dumping fiscal et social d’aujourd’hui. Non, il s’agit du passage à la majorité qualifiée dans des domaines de compétences où la France est, minoritaire dans l’Europe à 27. Très concrètement cela veut dire qu’en perdant son droit de veto dans des domaines clés pour son avenir, la France devra se plier à la loi de la majorité de ses 26 partenaires et renoncer de fait à son indépendance. Comme le dit si bien Hubert Védrine, vouloir dans ces conditions bâtir l’Europe sociale, cette tarte à la crème de toute la classe politique française, relève de la pure incantation. Quelle absurdité de s’imaginer ou de faire croire que les pays qui rejettent notre modèle national, social et républicain, nous permettront de le conserver chez nous, lors de votes à la majorité qualifiée au Conseil ! Madame Royal nous dit que l’Europe sociale est désormais à portée de main, mais un mois plus tard la Commission de Bruxelles oppose un « niet » définitif au principe d’une directive-cadre sur les services publics en Europe !
De la libre circulation des travailleurs à la sécurité sociale, de la propriété intellectuelle aux contrôles aux frontières, du fonctionnement des services d’intérêt économique général (les services publics) aux négociations commerciales internationales, la France se met avec inconscience, avec naïveté, avec lâcheté, la corde au cou. Choix d’ailleurs d’autant plus incompréhensible pour le Président de la République, qu’il a gagné l’élection présidentielle sur son volontarisme politique et justement sur sa conviction communicative qu’il était possible de « changer les choses ». Je ne comprends toujours pas cette ligne absurde qui consiste à accepter de se priver des moyens de mener la politique promise aux Français. Et je le lui ai dit en face, en tête à tête.
Comment peut-il ainsi s’interdire d’atteindre les objectifs qu’il s’est lui-même fixé ?
L’exemple des négociations commerciales internationales
est tout à fait significatif. Jusqu’à présent seule la menace du droit
de veto de la France permettait de raisonner le négociateur européen.
Qu’en sera-t-il demain ? Comment le Président de la République a-t-il
pu le 23 juin au matin dans son discours aux parlementaires menacer
d’un veto sur les négociations en cours et se rendre l’après midi même
au Conseil européen pour signer la fin de ce droit de veto !
Vous comprendrez dans ces conditions pourquoi j’ai décidé de siéger parmi les non-inscrits et pourquoi j’ai refusé de voter la confiance au gouvernement ! J’ai compris que la majorité, une fois de plus, se privait des moyens de respecter ses engagements électoraux. Or le redressement de la France passe aujourd’hui par la réorientation de la construction européenne.
Nous sommes là au cœur de la schizophrénie française,
celle qui affaiblit notre pays depuis Maastricht. D’un côté des
campagnes électorales comme si l’Europe n’existait pas, d’un autre côté
une gestion gouvernementale comme si le peuple n’existait pas. François Mitterrand avec le tournant de la rigueur de
1983, Jacques Chirac avec l’abandon de la fracture sociale… les
Français seraient-ils alors condamnés à vivre une troisième fois la
même désillusion ? Nul doute que les échecs, les déceptions, les revers de
tous les gouvernements, s’expliquent en grande partie par cette
incapacité à mettre en cohérence les discours à Paris et les décisions
à Bruxelles. Signer ce traité, c’est perdre encore davantage la
maîtrise de notre destin. C’est condamner encore plus la politique
française à n’être qu’un jeu de rôles, un théâtre d’ombres. Signer ce traité, c’est voir grandir toujours plus de
frustrations, transformer le citoyen en consommateur, en spectateur
puis ensuite en révolté. Car, n’en doutez pas, à partir du moment où la
démocratie disparaît, les décisions ne servent plus le peuple mais des
intérêts souvent extérieurs, tant Bruxelles est sous influence
étrangère à l’Europe.
Ajouter à cela la Charte des droits fondamentaux dont a
abondamment parlé Anne-Marie Le Pourhiet, qui minera notre pacte
républicain faisant le jeu des communautarismes et des séparatismes, et
vous aurez le visage d’une France (où de ce qu’il en restera)
impuissante et traversée de douloureuses convulsions. « Mais n’êtes vous pas trop sévère ! » me dira-t-on.
« Certes, reconnaissent certains de mes anciens amis politiques, nous
avons accepté certains compromis mais regardez la France est de retour
en Europe et c’est ainsi que l’on pèsera ! ».Je regarde et je ne vois rien venir. Car le comble du
sommet de Lisbonne est justement d’avoir vu la France abdiquer sans
même avoir essayé d’infléchir la politique européenne .
J’entendais récemment Mr Valls se gargariser de la prétendue disparition de la partie III dans le nouveau traité. Quel aplomb ! La partie III a disparu tout simplement car les traités qu’elle reprenait demeurent en place ou parce que ses « innovations » ont été savamment dissimulées entre les lignes du texte approuvé à Lisbonne. Non seulement la France a signé un texte qui la privera, s’il était ratifié, de sa liberté. Non seulement la France a accepté une charte des droits fondamentaux contraire à son modèle républicain. Non seulement la France a accepté le déséquilibre de sièges au conseil au profit de l’Allemagne (contraire en cela à tous les principes de la réconciliation franco allemande fondée sur la parité entre les deux Etats). Non seulement la France a accepté la dépendance de la politique de défense européenne vis-à-vis de l’OTAN.
Mais de surcroît elle n’a rien, mais vraiment rien,
obtenu en contrepartie, pas même sur le front des questions économiques
et sociales. Ni réforme de l’Euro, ni réforme de l’OMC, ni réforme de
la Commission.
L’euro caracole à 1,50 dollar asphyxiant notre
économie, et faisant à chaque fois que l’on vend un avion, perdre de
l’argent à Airbus, Monsieur Mendelson, Commissaire européen multiplie
les concessions commerciales dans les négociations de l’OMC. La
Commission s’acharne contre nos services publics imaginant maintenant
la séparation des réseaux d’électricité de la commercialisation. La PAC
est tout simplement menacée de disparition, l’OTAN s’impose comme le
patron de la défense européenne.
Est-ce cela le retour de la France en Europe ? Le Général de Gaulle avait bien raison de mettre en garde en affirmant : « A force de dire oui à tout on disparaît soi-même ». Et pourtant la France avait toutes les cartes en main au début de l’été pour défendre ses intérêts et promouvoir une autre Europe. La force du NON du 29 mai, la légitimité de l’élection présidentielle sur des thématiques identiques (la carte électorale des 2 votes se superposent), donnaient au Président de la République les moyens d’agir pour réorienter l’Europe pour le plus grand bien à la fois de l’Europe et de chacun des pays qui la composent. Malheureusement, pour briller le temps d’un sommet au lendemain de son élection, le président de la République a signé ce traité. La France n’a pas fini de payer la légèreté de cette décision. Mais pas seulement la France, toutes les nations d’Europe vont payer cher la capitulation du pays qui pouvait réorienter l’Europe. Car ne l’oublions jamais, mes amis, si nous contestons ce traité scélérat, c’est aussi parce qu’il est dangereux pour l’Europe elle-même.
Je demande un référendum non seulement parce que j’aime
la démocratie, parce que j’aime la France mais aussi parce que j’aime
l’Europe. Expliquons inlassablement à nos concitoyens que
l’Europe peut et doit se bâtir autrement. Il y a la bonne Europe, celle
des coopérations respectant les peuples et qui a fait ses preuves. Il y
a malheureusement la mauvaise Europe, supranationale et bureaucratique
dont l’échec est criant. C’est justement à force de laisser les
intérêts gouverner le continent au détriment des peuples que l’on est
en train d’éloigner les jeunes générations, les actifs, ceux qui
souffrent de la belle idée de réconciliation européenne. Regardez ce qui se passe entre l’Italie et la Roumanie.
Observez les problèmes d’immigration en Angleterre. Ecoutez la colère
des chômeurs de tous les pays dont les emplois ont été délocalisés.
Or, contrairement à ce que l’on veut nous faire croire,
il n’y a pas de fatalité à subir cette implosion du continent.
L’expérience historique démontre que ce sont souvent les exigences
françaises qui ont forcé l’Europe à évoluer. Jamais la PAC n’aurait
existé sans la politique de la chaise vide en 1965. C’est en étant
libre, forte, démocratique, ouverte aux autres peuples que la France
servira le mieux la belle idée européenne, la réconciliation des
peuples, le progrès social et l’indépendance du continent. Contrairement à ce qu’on a voulu faire croire, le plan B est possible.
L’Europe peut tout d’abord être démocratique. Une Europe qui s’appuie sur les nations et leurs peuples. C’est pourquoi il faut veiller à laisser au niveau national le maximum de compétences. De même entre les votes à l’unanimité qui bloquent et ceux de la majorité qualifiée qui peuvent violer un peuple sur des sujets donnés, je crois indispensable d’inventer une Europe à géométrie variable. Projet par projet, les Etats coopèreraient en participant à des agences européennes sur le modèle de l’agence spatiale. Dans ce cadre, en acceptant les règles du jeu à l’avance, je ne vois pas d’objection à des délégations de compétences et à des votes à la majorité.
L’Europe de demain peut être indépendante. Dans le domaine de la défense (dont pourrait parler abondamment Jean-Pierre Chevènement) en bâtissant une coopération non assujettie à l’OTAN. Dans le domaine scientifique et universitaire en mettant en œuvre des universités européennes concurrentes de celles des Etats-Unis : en soutenant des projets industriels, en investissant massivement dans les nouvelles technologies.
L’Europe de demain peut être humaniste. Pour cela bien sûr, il faut veiller au respect au niveau mondial d’une concurrence loyale et oser militer pour un monde de grandes entités commerciales comme le recommande le Prix Nobel Maurice Allais. Seule la mise en œuvre d’une véritable préférence communautaire fondée sur un droit de douane environnemental et social sera en mesure d’éviter la ruine du continent et la paupérisation des pays soi-disant émergents. De même, seule une nouvelle politique monétaire, une refonte de la BCE, sera de nature à relancer la croissance, les salaires et l’emploi.
Vous le voyez, mes chers amis, au niveau national comme
au niveau européen, la démocratie, l’indépendance et le progrès vont
ensemble et se renforcent les uns les autres. Mais, vous vous en doutez, ce n’est certainement pas en
étant effacée que la France se fera respecter et sera capable d’être le
levain de cette nouvelle pâte européenne que nous appelons de nos vœux.
C’est au contraire en étant libre, porteuse des valeurs universelles
qui l’ont toujours grandie.
Voilà pourquoi la question du référendum est cruciale pour l’avenir de notre pays comme pour celui de l’Europe. Il nous reste peu de temps pour ouvrir les yeux des
Français, comme les yeux des autres européens. La tâche est difficile,
je le sais. Chacun peut se sentir isolé alors qu’en vérité nous sommes
des millions. A nous donc tels des ruisseaux dans nos vallées
respectives d’irriguer de nos idées et de nos propositions, l’opinion. Ne cherchons pas à fusionner ce qui ne peut pas l’être.
Procédons par additions et qu’importe s’il y a plusieurs pétitions ici
ou là pour un référendum. Tout cela prouve d’ailleurs la vitalité
démocratique de notre pays qui se retrouve sur Internet. (Merci à vous,
Etienne Chouard, pour tout ce que vous faites !). Veillons simplement à coordonner nos efforts comme nous le faisons symboliquement aujourd’hui pour la première fois.
Rappelons toujours et partout que c’est pure folie de vouloir bâtir l’Europe en bâillonnant les peuples. Affirmons sans complexe que si par malheur ce traité devait être ratifié par le Parlement français,il n’engagerait en rien le peuple français, c’est-à-dire la France, puisque, sous les apparences de la légalité, il serait profondément illégitime.
Proposons avec sérieux et rigueur une autre Europe car n’en doutez pas celle qu’ils veulent imposer par ce coup de force est condamnée d’avance. Rassemblons nos amis européens comme Jens-Peter Bonde, dont l’action est déterminante au Danemark, car dans tous les pays la colère des peuples gronde. Mobilisons enfin les citoyens français et des autres pays européens autour de cette idée d’un référendum dans chaque pays le même jour et pourquoi pas le 9 mai.
Oui un référendum dans tous les pays, car il n’y a pas que le peuple français qui est frustré de ne pouvoir s’exprimer.
Oui un référendum le 9 mai pour « la Fête de l’Europe »
car nous sommes convaincus que l’Europe est une nécessité pour
l’avenir, une Europe des peuples, une Europe au service des peuples,
une Europe véritable multiplicateur de puissance pour donner à chaque
nation épanouie et fière d’elle-même, la capacité de peser dans la
mondialisation.
Oui, mes chers amis, mes chers compagnons, mes chers camarades, l’heure de la résistance a sonné.
15-11-07
La politique de la posture, toujours et encore...
Article de Nicolas Dupont-Aignan publié le 15 novembre 2007
La grève des transports
symbolise vraiment l’incapacité de notre pays à résoudre intelligemment
les problèmes auxquels il est confronté. A l’exception des usagers, la
dureté du conflit semble arranger tous les acteurs.
Du côté des syndicats, c’est le moyen d’éviter de perdre leur base
ulcérée d’être pointée du doigt comme des privilégiés. Du côté du
gouvernement, il y a une certaine satisfaction à afficher le visage
d’une fermeté au service de la justice, alors même que sa politique
économique et sociale est incompréhensible et dangereuse. On sent bien
l’ambition du président de la République de réussir là où d’autres,
avant lui, ont échoué…
Bien évidemment la réforme des régimes spéciaux est incontournable.
Les propositions des directions d’entreprises sont d’ailleurs beaucoup
plus souples qu’on ne veut le faire croire et il n’y a pas d’alignement
complet sur le secteur privé
Il reste qu’il faut aussi prendre en compte la pénibilité des
métiers (horaires de nuit, travail du week-end). Mais surtout cette
réforme ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt des défis de
l’économie française.
On peut sans cesse allonger la durée de cotisation et repousser
l’âge du départ en retraite, mais cela n’aboutira à rien si la France
continue de battre le record des départs en préretraites à 50 ou 55
ans, pour cause d’insuffisance de compétitivité ! C’est une génération
entière qui risque de s’enfoncer dans la misère au moment de la
retraite, faute du nombre requis d’années de cotisation.
Seul un regain de croissance économique, résultant d’une
augmentation de la productivité et de la compétitivité de nos
entreprises, peut permettre à la nation de payer l’effort à la fois
pour les retraites et pour la santé. Ne nous y trompons pas, il faudra
dégager une part plus importante de notre richesse collective pour
accompagner dignement le développement du grand âge, c'est-à-dire du
risque dépendance. Est-ce d’ailleurs si choquant ?
Depuis 1950 la France a augmenté sa part de PIB consacrée à la santé
et aux retraites dans des proportions déjà considérables. C’est aussi
le signe d’un pays à la fois plus prospère et plus juste, bref d’un
pays civilisé. Toute la question est de savoir comment on dégage cette
part nécessaire et comment on répartit l’effort.
C’est pourquoi, plutôt que de consacrer 20 minutes du journal
télévisé au fonctionnement des trains comme si nous étions en guerre,
il serait peut-être utile de comprendre comment on peut éviter les
délocalisations ; pourquoi l’euro cher asphyxie nos entreprises ;
pourquoi le travail des enfants ou le saccage environnemental en Chine
nourrit des échanges déloyaux en faisant la fortune de quelques
centaines de nababs. Utile aussi de parler des politiques natalistes
qui permettraient de revenir à un taux de fécondité de 2,1 (nous n’en
sommes pas loin) et de régler une partie du problème à échéance de 20
ans !
Utilité enfin d’aborder la question du fonds de réserve des
retraites qui aurait dû être abondé des recettes des privatisations. La
Norvège a su, par une politique prudente, se doter d’un tel fond
exceptionnel. En un mot, seul le renforcement de nos entreprises, notre
capacité à défendre nos intérêts, en même temps qu’une nouvelle
organisation du système de protection sociale qui devra s’opérer dans
le souci d’une vraie justice, servira nos retraites.
La tragicomédie des régimes spéciaux trahit en vérité la complaisance générale pour les postures politiciennes, au détriment de la recherche de l’intérêt général. Au risque de laisser pourrir les vrais problèmes…
08-11-07
Manifestation le 11/11/2007 : Non à la constitution européenne bis !
Manifestation du 11 novembre 2007 à 15 h de la place de l’Opéra à la place des Pyramides.
Le rassemblement aura lieu à partir de 14 h 30 place de l’Opéra.
Métro Opéra (lignes 3, 7 et 8 et RER A via Auber)
Seul signe distinctifs :
le drapeau français sans aucun autre symbole. Merci de vous en munir !
Toutefois, des drapeaux seront remis aux personnes qui en seront dépourvues.
Le nouveau traité « simplifié » ou « modificatif » élaboré dans le
secret d’un « sommet européen » n’est qu’une Constitution européenne «
bis » dont seuls les symboles les plus voyants ont disparu. Les
dispositions les plus nocives pour la souveraineté nationale et
populaire sont maintenues :
- Personnalité juridique accordée à l’Union qui devient donc un Etat à part entière,
- Président de l’Union, indépendant des Etats membres, élu pour deux ans et demi,
- Haut Représentant pour la politique étrangère, alignement sur l’O.T.A.N.,
- Décisions à la majorité qualifiée permettant à un groupe de pays d’imposer son point de vue aux autres.
La ratification par la voie parlementaire choisie par le président
de la République vise à annihiler la volonté du peuple français qui a
dit NON par référendum le 29 mai 2005 à toute constitution européenne.
Il s’agit donc d’une forfaiture que nous devons combattre sans
faiblesse.









