LE BLOGUE DE YANN REDEKKER

01/12/ 2009 : jour de deuil pour la France et l'Europe

lundi 30 novembre 2009

Minarets : n’ayez pas peur !

drapeau_suisse_1Commentaires.com

Article de Philippe Barraud publié le 29 novembre 2009

Ceux qui s’étonnent de l’acceptation de l’initiative anti-minarets sont des hypocrites: tout le monde savait que, malgré des sondages mensongers, les Suisses allaient dirent oui. S’il faut s’étonner de quelque chose, c’est d’une entreprise détestable de déstabilisation des électeurs, et c’est des appels à la violence dans les médias.

Au cours de la soirée électorale de dimanche soir en effet, les journalistes du monopole de service public (La Première, donc) ont parlé une bonne vingtaine de fois de «drapeaux suisses qui brûlent», d’attentats, de montée de la violence islamique en Suisse, de victoire pour Kadhafi – toutes évolutions purement hypothétiques, mais sans doute secrètement souhaitées, et dont les auteurs de l’initiative étaient rendus par avance responsables.

Cette façon de culpabiliser les Suisses, en les faisant passer pour des crétins qui suivent le premier agitateur venu et ne comprennent rien à rien, comme l’a fait l’ambassadeur Lorétan, est parfaitement odieux. Mais elle permet d’éviter de voir les choses en face. Par leur vote, les Suisses ont montré qu’ils avaient un problème avec l’islam, en particulier avec sa faible capacité d’intégration et d’adaptation aux valeurs qui permettent à la Suisse de tenir debout.  C’est un réel motif de préoccupation, tout le monde le sait, mais personne n’ose le dire. Mieux, on se cache la tête dans le sable, en demandant au peuple de faire de même, pour ne pas déranger les autres confessions.

Les Suisses, comme d’habitude, ont voté en leur âme et conscience et dit tout haut ce qu’ils avaient à dire, sans se laisser manipuler par la classe politico-médiatique, sans se laisser culpabiliser par des Eglises dont on ne sait plus très bien ce qu’elles défendent, et sans se préoccuper de l’image que cela pourrait donner à l’étranger, pour peu que l’étranger s’intéresse à ce qui se passe dans notre pays. En cela, les électeurs suisses sont admirables, ils sont beaucoup plus honnêtes et conséquents que leurs élus, car ils osent, eux, exprimer le fond de leur pensée. Malgré de détestables tentatives pour leur flanquer la trouille avec des menaces imaginaires, malgré les appels des Verts aux juges étrangers pour casser le système démocratique suisse, les électeurs tiennent bon et défendent leur mode de vie.

Quoi qu’on en dise, les Suisses sont tolérants et ouverts, mais ils ne sont pas stupides. Les étrangers désireux de s’intégrer et d’adopter notre mode de vie sont les bienvenus; ceux qui veulent changer ce mode de vie et exiger des Suisses qu’ils s’adaptent à leurs mœurs, ne sont clairement pas les bienvenus. Ce n’est pas faire preuve d’intolérance ou d’ostracisme que de poser clairement les règles du jeu, de dire qu’au-delà de telle limite, rien ne va plus. Toutes les sociétés réagissent ainsi, sauf celles qui ne croient plus en leur destin.

Il ne fait pas de doute que si les Français, les Italiens, les Allemands, les Hollandais ou les Danois avaient été conviés à un tel référendum, ils auraient voté comme les Suisses. Nous avons la chance, mais peut-être plus pour très longtemps, de bénéficier de droits populaires très étendus. On aurait tort de croire qu’ils sont là pour l’éternité. Plus les Suisses votent contre la classe politico-médiatique, plus les manœuvres pour les faire taire vont se multiplier.

Il faudra s’en souvenir, si d’aventure la Cour européenne des droits de l’homme s’avisait de dénoncer le nouvel article constitutionnel. Il faudra rappeler, à cette occasion, que la voix du peuple suisse prime celle des juges de Strasbourg, dont les arrêts ne sont de toute façon pas contraignants. Il faudra d’en souvenir, car dans de tels cas la règle, pour nos gouvernants, est de se coucher.

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dimanche 29 novembre 2009

Non aux minarets: entre surprise et indignation

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édition du 29 novembre 2009


Les réactions étaient multiples dimanche après l'acceptation de l'initiative contre les minarets. Le Conseil fédéral tente de calmer le jeu, alors que les opposants à l'initiative sont sous le choc. Sur internet et dans la rue, des manifestations spontanées ont été organisées.

Dimanche, peu après 18h00, 300 à 500 personnes se sont rassemblées près de la gare de Berne pour protester contre l'approbation de l'initiative. Elles ont entamé un cortège funèbre en direction de la Place fédérale. Les participants essentiellement des jeunes, portaient des bougies, des minarets en carton et des T-shirts contre l'initiative. «Ce n'est pas ma Suisse», pouvait-on lire sur une banderole. Une manifestation similaire a réuni environ 200 personnes à Zurich, alors qu'un rassemblement est d'ores et déjà annoncé mardi soir devant la Cathédrale de Lausanne.

Et sur internet, de nombreuses initiatives personnelles ont été lancées, notamment sur le site communautaire Facebook, où plusieurs groupes condamnant l'acceptation de l'initiative ont été lancés. Les groupes "Profondément révoltés par l'initiative anti-minarets" ou "Pour que le 29 novembre devienne le jour officiel de la Honte d'être suisse" ont réuni plusieurs centaines de membres en quelques heures.

Widmer-Schlumpf calme le jeu

Le «oui» à l 'initiative contre les minarets est «l'expression de certaines craintes au sein de la population au sujet des courants islamistes extrémistes», selon Eveline Widmer-Schlumpf. «Ces craintes doivent être prises au sérieux», a-t-elle analysé dans un communiqué.

Dans ce texte, le Conseil fédéral affirme respecter la décision du peuple. Conséquence concrète, la construction de nouveaux minarets est désormais interdite en Suisse. Les quatre minarets existants ne sont pas concernés. Il reste également possible de construire des mosquées. Les musulmans de Suisse peuvent donc toujours pratiquer leur religion, comme ils le faisaient jusqu'à présent, individuellement ou en réunion avec d'autres, a fait valoir le gouvernement.

Pour Mme Widmer-Schlumpf, le nouvel article constitutionnel approuvé par les citoyens ne vise que la construction de nouveaux minarets et ne constitue pas l'expression d'un rejet de la communauté musulmane, de sa religion ou de sa culture. Le Conseil fédéral s'y engagera. Et d'ajouter que la paix religieuse est un élément essentiel du modèle qui a fait le succès de la Suisse. Le dialogue entre les groupes religieux et sociaux et les autorités doit se poursuivre et se renforcer.

Mauvais pour l'image de la Suisse

Le gouvernement n'exclut pas des représailles. Certaines relations économiques risquent de devenir plus difficiles, même si on ne peut pas encore l'affirmer. La branche touristique pourrait elle aussi ressentir les effets du vote, a admis la Grisonne.

Pour l'heure, le Conseil fédéral n'a pas encore reçu de réaction officielle. Mais des communiqués de presse de l'étranger lui sont déjà parvenus. Ils font état d'une grande déception après le «oui» à l'initiative et du mauvais signal donné, notamment pour l'économie et le tourisme.

Quant à savoir si la crise avec la Lybie a joué un rôle dans le vote des Suisses, le doute demeure. Il faudra encore analyser les résultats du scrutin, a ajouté Moritz Leuenberger.

Partis sous le choc

Les partis opposés à l'initiative anti-minarets ont subi une douche froide dimanche à l'annonce des résultats. Les milieux économiques qui n'ont pas ouvert leur bourse sont pointés du doigt pour n'avoir pas mesuré les conséquences d'un tel résultat.

Les Verts envisagent même de recourir. L'initiative qui interdit les minarets est anticonstitutionnelle. «Nous allons étudier la possibilité de saisir la Cour européenne des droits de l'Homme à Strasbourg» pour l'invalider, a dit à l'ATS Ueli Leuenberger, président des Verts. A l'image des autres opposants, le Genevois s'est dit consterné. Il a dénoncé «une propagande extrêmement bien faite».

«Les partisans ont joué sur les préjugés et la peur de l'islam», ont renchéri les conseillers nationaux Jacques Neirynck (PDC/VD) et Hugues Hiltpold (PLR/GE) .

Milieux économiques critiqués

Pour le libéral-radical, les milieux économiques ne se sont pas assez investis. «Lorsque nous avons créé notre comité, nous avons demandé une aide financière qui nous a été refusée», a expliqué Hugues Hiltpold très critique envers l'économie. «Les conséquences pour la Genève internationale notamment ont été complètement sous-estimées».

Jacques Neirynck craint lui un boycott des produits suisses par les pays musulmans. «Les pertes pourraient alors se chiffrer en milliards de francs», note-il.

«L'UDC a joué avec le feu, elle devra désormais assumer les conséquences de ce oui», a dit la conseillère nationale socialiste Ada Marra. Le résultat aura des effets sur nos liens avec l'étranger et peut-être sur le sort des otages suisses en Libye, prédit-elle. La Vaudoise pense aussi que des recours seront déposés devant la Cour européenne de Strasbourg et que la Suisse sera déboutée.

L'UDC assume

«Nous assumons sans difficulté ce résultat», a répondu le vice-président de l'UDC Yvan Perrin. «Un mouvement d'humeur des pays musulmans est possible, mais si nos entreprises continuent à produire des produits de bonne qualité, elles n'ont rien à craindre», a-t-il dit.Yvan Perrin estime que la Suisse a juste saisi le problème avant les autres: on verra par la suite qu'elle a joué un rôle de précurseur en lançant le débat sur l'islam et en posant clairement des limites. «Nous avons gagné en respectabilité», affirme le conseiller national neuchâtelois.

Musulmans de Suisse déçus

Le oui à l'initiative anti-minarets est indigne de la Suisse, selon le président de la Coordination des organisations islamiques en Suisse (COIS), Farhad Afshar. Les partis suisses auraient dû davantage s'engager dans la campagne, estime-t-il. Cette votation touchait aux droits fondamentaux et à la protection des minorités.

Malheureusement, les partis n'ont pas pris au sérieux cet enjeu, critique Farhad Afshar. Les organisations islamiques ne sont pas en mesure de mener un combat politique, c'est le travail des partis. «Le plus douloureux pour nous n'est pas l'interdiction des minarets, mais le symbole renvoyé par cette votation», a-t-il ajouté. «Les musulmans ne se sentent pas acceptés en tant que communauté religieuse».

Conférence islamique surprise

La surprise et la déception domine au sein de l'Organisation de la conférence islamique (OCI) après le «oui» à l'interdiction des minarets. «Nous nous attendions à un rejet massif», a indiqué l'ambassadeur de l'OCI à Genève.

Ce résultat est une porte ouverte à la remise en cause des libertés fondamentales, s'est exclamé l'ambassadeur Babacar Ba, interrogé par l'ATS. L'OCI appelle donc à la vigilance. Les musulmans de Suisse risquent de se sentir menacés. Une discussion sur leur rôle en tant que membres de la nation suisse est nécessaire.

Babacar Ba ne craint pas de réactions violentes de la population dans les pays musulmans. Les leaders politiques et religieux de Suisse ont clairement dit qu'ils n'étaient pas favorables à l'initiative, ce qui devrait jouer un rôle. Mais ce résultat aura certainement un effet très négatif sur l'image de la Suisse.

Note YR : Comme on le remarque les gauchistes et autres rouges-verts sont bien partout les mêmes c'est à dire de vrais démocrates puisqu'aussitôt les résultats connus et alors que ces derniers ne sont pas en leur faveur ils déclenchent une initiative internationale ( Cour européenne des droits de l'homme ) et appellent à des manifestations contre le choix du peuple ! Comme pour les irlandais, José Manuel Barroso et son compère Herman Von Rompuy vont-ils menacer la Suisse ( qui n'est pas dans l'UE ) de sanctions diverses et variées si elle ne revote pas ? C'est hélas fort possible.... Il faut que la Suisse résiste. 

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vendredi 27 novembre 2009

Suisse : "Le vote sur les minarets risque d'être un vote sur l'islam"

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édition du 27 novembre 2009


" La construction des minarets est interdite". Voilà la question à laquelle les Suisses doivent répondre par "oui" ou "non" ce dimanche. Il s'agit de l''aboutissement d'une "initiative populaire" qui a recueilli plus de 100.000 signatures, le seuil requis pour être soumise au vote. Elle est partie de Langenthal, une petite ville du canton de Berne où la communauté musulmane a déposé en 2006 une demande de permis de construire pour un minaret près de sa mosquée.

Les partisans de l'initiative, menés par l'UDC, le parti populiste, affirment que le minaret, plus qu'un simple signe indiquant la présence d'une mosquée, est "le symbole du pouvoir politico-religieux" que l'islam veut imposer, éventuellement par la force, en Suisse. Aujourd'hui, seulement quatre minarets existent dans le pays et deux sont en projet, dont celui de Langenthal. Matteo Gianni, politologue, chercheur à l'Université de Genève et membre du Groupe de recherche sur l'islam en Suisse (GRIS), décrypte pour TF1 News les tenants et les aboutissants de ce référendum.

TF1 News : Cette "initiative populaire" s'apparente-t-elle à une opération électoraliste menée par l'UDC sur fond de populisme ou présente-t-elle également un aspect sociétal ?

Matteo Gianni : Il y a un peu des deux. Traditionnellement, l'UDC thématise les questions de l'altérité, de l'étranger et plus globalement de l'immigration, qui est l'un de ses chevaux de bataille. L'objectif électoraliste de cette initiative est donc évident. Néanmoins, il ne faut pas non plus sous-estimer le réel questionnement sur l'islam dans le pays. Dans les réunions publiques, la question des minarets a souvent été utilisée pour emmener une discussion plus générale concernant l'islam en Suisse. Le débat dépasse ainsi largement la question de l'interdiction ou non des minarets.

TF1 News : Justement, le simple fait que l'initiative soit soumise au vote, donc qu'elle ait obtenu 100.000 signatures, signifie-t-il qu'une partie de la société suisse se radicalise vis-à-vis de l'islam ?

M.G. : Oui. Je suis allé dans beaucoup de ces conférences lors de la campagne. Souvent, la lutte contre le minaret était présentée par les partisans de l'initiative comme la lutte contre l'islamisation rampante de la Suisse. D'ailleurs, l'UDC, qui représente environ 25% des voix en règle générale, a touché bien au-delà de son électorat. Les derniers sondages donnent ainsi le "non", soutenu par tout le reste de l'échiquier politique,  à 53%, le "oui" à 37% et les indécis à 10%. Il faut donc s'attendre à un résultat serré.

Et il ne fait aucun doute que tout le débat public et politique, très intense au cours des deux derniers mois, va laisser des traces. Il est plausible de penser qu'il y aura relativement  rapidement d'autres actions politiques sur la place de l'islam, par exemple autour du voile ou de la burqa (qui par ailleurs est, de nos jours, encore pratiquement inexistante en Suisse).

TF1 News  : Peut-on parler d'une déconnexion entre les grands partis et la population sur le sujet ?

M.G. : En partie. Mais si les socialistes et la droite sont contre l'initiative puisqu'ils considèrent qu'elle va exacerber des tensions religieuses pour l'instant inexistantes, cela ne veut pas dire qu'ils ne considèrent pas qu'il n'y ait pas de problème par rapport à la présence musulmane en Suisse. Sur des sujets comme le voile ou la burqa, les lignes de front pourraient changer.

TF1 News : Au final, ce référendum peut-il se transformer en un "pour ou contre" l'islam ?

M.G. : L'hypothèse est plausible. Les débats auxquels j'ai participé ou assisté ont plus porté sur la question de l'islam en général que sur celle des minarets. En ce sens, il est probable que l'enjeu du vote sera plus interprété comme celui sur la place de l'islam que celui sur la place des minarets. Les opposants au texte vont ainsi se prononcer par rapport à la liberté de religion, en faisant remarquer que les musulmans sont plutôt bien intégrés dans le pays et qu'aucune association n'a demandé d'appliquer la charia. Les partisans de l'initiative vont, eux, voter en pensant à l'islam, pas aux minarets.

TF1 News : Les éventuelles représailles économiques joueront-elles dans le choix des indécis ?

M.G. : C'est l'un des arguments surtout avancés par les partis dits "bourgeois", à savoir ceux du centre-droit. Si la Suisse vote "oui", elle sera en effet le premier pays au monde à interdire la construction de minarets. Les pays musulmans pourraient ensuite la boycotter, voire la  stigmatiser. Généralement, ces arguments économiques réussissent à mobiliser chez nous. Mais, paradoxalement, ils sont aussi repris par les partisans du texte. L'UDC fait ainsi remarquer que si les minarets sont acceptés par peur des représailles, cela prouve que l'islam nous impose sa puissance et qu'il faut donc y mettre un frein. Cependant, dans ce cas précis, il semble que la crispation identitaire soit plus forte que l'argument financier.

TF1 News : Comment les musulmans appréhendent-ils cette proposition ?

M.G. : Difficile à dire. 85% des musulmans (ndlr : sur une population estimée à environ 400 000, soit 5%) sont étrangers. Seulement 15% ont la nationalité suisse. Sans surprise, les leaders associatifs se sont prononcés contre le texte, mais de manière modérée, en mettant en avant le risque d'amalgame. La population musulmane elle-même, très hétérogène, n'a pas beaucoup participé aux débats. D'ailleurs, l'une de mes recherches en cours montre que les musulmans se sentent bien intégrés. Ceci peut expliquer leur incompréhension face à l'initiative. Ils sentent donc qu'il s'agit surtout d'un prétexte pour discuter des modalités de leur présence en Suisse.   

Par Propos recueillis par Fabrice Aubert le 27 novembre 2009

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mardi 24 novembre 2009

Muettes sous la burqa

Gouv_Suisse24 Heures

édition du 6 novembre 2009

Ni Micheline Calmy-Rey, ni Eveline Widmer-Schlumpf, ni Doris Leuthard ne réagiront à l’affiche qui les représente en voile intégral sur la photo officielle du Conseil fédéral (24 heures d’hier). Leurs départements respectifs laissent le soin à André Simonazzi, porte-parole du Conseil fédéral, de préciser: «La Confédération n’envisage pas de réagir à ce photomontage.» Mais le gouvernement reprend la balle au vol et recommande une nouvelle fois de rejeter l’initiative antiminarets. «Le Conseil fédéral rappelle également que le texte de l’initiative porte sur une interdiction des minarets en Suisse et sur rien d’autre», ajoute André Simonazzi.

La placidité affichée à Berne sur ce détournement de la photo officielle du gouvernement laisse le champ libre au comité «Question Islam». La Société Générale d’Affichage (SGA) laisse entendre que la pose de ces affiches est prévue pour la semaine prochaine, mais ne pipe mot sur l’ampleur de la campagne. «Cette votation est fédérale», se borne à préciser Bernard Develey, chef de la succursale Léman de la SGA. A Savièse (VS), David Luyet confirme faire partie du comité, en taisant les noms des soutiens et des autres personnes qui le composent. Proche d’Ecône et de l’UDC, le vigneron donne rendez-vous lundi matin à 8 h sur le site internet comite-qi.ch pour plus d’informations. Habitant la même commune, Oskar Freysinger précise que l’UDC n’est pas officiellement à l’origine de l’affiche.

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Le climat change tout le temps. Et vite !

Jour_d_apr_sCommentaires.com

Article de Philippe Barraud publié le 23 novembre 2009

Si vous aimez les films catastrophe, vous n’aurez pas manqué The Day After Tomorrow, de Roland Emmerich, sorti en 2004. Pour faire court, rappelons que le réalisateur tablait sur un brusque arrêt du Gulf Stream, entraînant un phénomène de glaciation quasi instantané en Europe et en Amérique du Nord.

A l’époque, les scientifiques avaient levé un sourcil sceptique, disant qu’un tel phénomène, qui est certes de l’ordre du possible, prendrait au minimum des dizaines d’années, voire des siècles. Or il semble que finalement, l’auteur de 2012 (eh non ! ça ne s’arrange pas…) n’était pas si loin de la réalité.

Il y a 12′800 ans, l’hémisphère nord était frappé par un mini âge glaciaire – qui dura tout de même 1′300 ans –, le Dryas récent. La cause en a été établie:  le ralentissement du Gulf Stream et du Courant nord-atlantique qui le continue, ces courants océaniques tempérés qui remontent l’Atlantique du Sud au Nord. La conséquence la plus spectaculaire de ce mini âge glaciaire fut le déclin de la civilisation des Clovis, une peuplade de chasseurs qui furent parmi les premiers habitants de l’Amérique du Nord.

Ce qu’on ignorait jusqu’à aujourd’hui, c’est que le Dryas récent s’est installé non pas en 50 ou 100 ans, mais en quelques mois. C’est en tout cas les conclusions auxquelles arrivent William Patterson et ses collègues, de l’Université du Saskatchewan, au Canada. Les scientifiques ont analysé les sédiments d’un ancien lac irlandais, le Lough Monreagh, dans le Clare County, en prélevant des tranches de matériau épaisses de 0,5 mm à 1 mm, chacune représentant approximativement une durée de trois mois, soit une précision inconnue à ce jour pour cette période de la préhistoire. Dans chaque tranche, ils ont mesuré les isotopes du carbone, qui révèlent la productivité du lac, et les isotopes d’oxygène, qui renseignent sur la température et les précipitations. Les analyses ont révélé qu’au début de la glaciation, en quelques mois seulement, la température avait chuté, tandis que la productivité du lac tombait à zéro. Ce n’est qu’au bout de deux siècles que le climat s’est réchauffé, et que le lac a retrouvé une activité.

Ces résultats n’ont pas surpris Hans Renssen, climatologue à la Vrije University d’Amsterdam, selon qui des découvertes faites récemment dans des carottes glaciaires au Groenland indiquent que le Dryas récent s’est installé dans un laps de temps de un à trois ans.

Selon Patterson, de tels basculements du climat n’ont rien d’exceptionnel dans l’histoire géologique. Mais comment celui-là est-il arrivé? Le coupable est un vaste lac glaciaire, recouvrant la plus grande partie du nord-ouest canadien, qui a rompu ses côtes et s’est déversé dans l’Atlantique nord et l’Océan arctique. Cet énorme flux glacé d’eau douce a dilué les grands courants nord atlantiques, mus par leur salinité, et en particulier le Gulf Stream, qui s’est ralenti. Deux études publiées en 2006 ont montré que le phénomène s’était reproduit il y a 8′200 ans, lorsque l’hémisphère nord connut un nouveau coup de froid. En cause cette fois: le lac Agassiz, un volume de 100′000 kilomètres cubes d’eau résultant de la fonte de la calotte des Laurentides, et qui s’est vidé en quelques mois.

Certains scientifiques ont émis l’hypothèse qu’un tel phénomène pourrait se reproduire, avec le glissement de la calotte glaciaire du Groenland dans l’Atlantique. Toutefois, le rapport 2007 du GIEC conclut qu’un tel événement est peu probable au cours de ce siècle.

Tibert, N.E., Patterson, W.P., Diefendorf, A.F.*, Stanton, C.*, and Martini, A. 2008. Late Glacial and early Holocene atmospheric temperature change in western Ireland: Evidence from limnic Ostracode paleoecology and stable isotope values. Micropaleontology (in press).

Voir aussi l’article du New Scientist

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jeudi 12 novembre 2009

Suisse : Réveil difficile au Petit- Saconnex

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édition du 7 novembre 2009

C’est aux alentours de 7h du matin ce samedi que des militants identitaires ont fait retentir pour la première fois un appel à la prière dans le quartier du Petit- Saconnex. Ce lieu n’a pas été choisi par hasard puisqu’en 1978 la deuxième mosquée de Suisse dotée d’un minaret y a été construite.

Avec cette action, les Jeunes Identitaires Genevois marquent ainsi leur soutien aux riverains qui subissent depuis des années la présence de cette mosquée et les désagréments qui vont avec. Ainsi la fermeture des rues le vendredi est la conséquence de l’afflux de plus en plus massif de musulmans les jours de prières. Plus grave, les violences de fidèles, qui se sont récemment illustrés en brusquant et en insultant de « sales petites blanches » des jeunes collégiennes qui avait le tort d’avoir leurs cours de sport près de la mosquée et d’être selon ces derniers, pas assez habillées.

Cette action s’inscrit dans le cadre de l’initiative pour l’interdiction des minarets, dont nos politiques nous promettent qu’ils ne serviront jamais à l’appel à la prière. Ces derniers oublient que d’autres pays d’Europe occidentale ont déjà cédé sous la pression des revendications islamiques. L’Allemagne en est un triste exemple.

Après ce réveil des plus désagréables, les Petit-Sacconesiens ont pu découvrir dans leur boîte aux lettres un tract expliquant notre action. Plusieurs habitants ont profité de la présence des militants identitaires pour faire part de leur énervement en étant persuadé que l’appel venait de la mosquée. Preuve que cette éventualité ne leur semble pas du tout impossible et qu’ils y sont fermement opposés.

Comme eux, faites preuve de bon sens et votez oui à l’interdiction des minarets !

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lundi 9 novembre 2009

Tous semblables, tous athées !

crucifix

Commentaires.com

Article de Philippe Barraud publié le 9 novembre 2009

Savoir qu’un simple citoyen peut tenir tête à une institution ou à l’Etat s’il estime être victime d’une injustice, est plutôt rassurant. C’est à cela que devrait servir la Cour européenne des droits de l’homme. Il est en revanche révoltant de constater qu’une immigrée quérulente puisse, pour ce qui n’est finalement qu’un caprice personnel, heurter frontalement les sentiments culturels et religieux de tout un peuple, qui l’a accueillie en son sein.

A cet égard, l’arrêt de la Cour de Strasbourg qui enjoint l’Italie à retirer de toutes les classes d’écoles les crucifix qui s’y trouvent encore, est un pur scandale, une obscénité juridique, qui devrait amener l’Union européenne à s’interroger sur la mission de cette cour. Et dire que nous, Suisses, sommes aussi soumis à cette juridiction !

Le peuple italien vient de loin. C’est davantage qu’un peuple, c’est une civilisation, qui s’est développée en étroite symbiose avec l’Eglise catholique. Et même si la ferveur religieuse n’est plus ce qu’elle était au-delà des Alpes, la société italienne reste profondément marquée par cette appartenance. En ce sens, la religion représente en Italie bien davantage que l’affaire privée à laquelle les intégristes de la laïcité veulent la réduire. Dès lors, il n’est pas surprenant que l’Italie s’insurge, lorsque les sentiments profonds de dizaines de millions de citoyens sont bafoués au nom d’une idée dévoyée du «droit à l’éducation», revendiquée par une passionaria de l’athéisme. Selon un sondage, 84% des Italiens sont favorables à la présence d’un crucifix dans les écoles.

Et il est lamentable de voir le Parti socialiste valaisan plonger dans cette misérable brèche pour, lui aussi, rameuter une juridiction étrangère afin de mettre au pas le sentiment religieux des Valaisans.

Le seul aspect positif de l’arrêt de Strasbourg, c’est qu’il va susciter un mouvement de résistance, en Italie et ailleurs, contre les décrets de la tyrannie égalitaire. Tous semblables, tous athées, au nom des droits de l’homme! Il faut y faire très attention: des forces redoutables sont à l’oeuvre pour détruire ce qui fait la richesse des civilisations, autrement dit leur différence.

Il faut encourager nos voisins transalpins, et demain les Valaisans, à refuser l’arrêt de Strasbourg, comme une atteinte à leur intégrité culturelle et religieuse – ce qui relève aussi des droits de l’homme. Quitte à entrer en résistance s’il le faut, quitte à braver les flics de la pensée, lorsqu’ils viendront arracher les crucifix.

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jeudi 5 novembre 2009

L’économie helvétique redoute un boycott des pays musulmans

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Article de Serge Cumy publié le 3 novembre 2009

«Des caricatures publiées dans un journal danois ont provoqué une crise mondiale. Imaginez si les Suisses votaient l’interdiction des minarets!» Directeur général de Rüeger SA, fabricant d’instruments de mesure très actif au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est, Bernard Rüeger craint les répercussions économiques d’un oui le 29 novembre à l’initiative de l’UDC et de l’Union démocratique fédérale.

Président d’economiesuisse, la fédération des grandes entreprises, Gerold Bührer a chiffré hier les enjeux: en 2008, la Suisse a vendu pour 15 milliards de francs de marchandises aux pays musulmans (7% des exportations). Or, si le oui l’emporte, il craint des dégâts d’image pour notre pays, voire des mesures de boycott. En pâtiraient l’horlogerie, la pharma, les banques, mais aussi le tourisme. Ainsi, l’an passé, les visiteurs du Golfe arabo-persique ont valu 174 500 nuitées aux hôtels genevois (6% du total).

Pour l’heure, toutefois, la campagne de votation n’entrave pas la marche des affaires en terre d’islam. «Mais l’interdiction des minarets aurait un écho considérable et des groupes radicaux ne manqueraient pas de l’instrumentaliser», avertit Christoph Lindenmeyer, de Schindler Management.

Priorité aux armes

En dépit de l’importance de l’enjeu, economiesuisse s’engage sur la pointe des pieds dans cette campagne: quelques affiches et des encarts publicitaires dans les journaux, une conférence de presse et basta! Tout cela pour un montant gardé secret. Le lobby économique ne versera rien aux partis, alors qu’il investit plusieurs centaines de milliers de francs contre l’initiative visant à interdire les exportations de matériel de guerre.

Pourquoi ces deux poids, deux mesures? A cause des «retombées économiques directes» en Suisse si les antimilitaristes venaient à l’emporter, explique Gerold Bührer. Le risque, en ce qui concerne le texte antiminarets, paraît plus limité: tous les sondages le donnent perdant.

Membre du comité d’initiative, Oskar Freysinger refuse cependant de s’avouer vaincu. «Tant que les musulmans ont la garantie que le secret bancaire les protège, ils continueront de placer leurs fonds dans nos banques. Or, ce sont ces mêmes milieux économiques qui ont bradé ce secret bancaire!»

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mardi 3 novembre 2009

Minarets: il n’y a pas de honte à voter oui

Suisse_L_manCommentaires.com

Article de Philippe Barraud publié le 2 novembre 2009


La campagne contre l’initiative sur les minarets se fonde essentiellement, comme d’habitude, sur la culpabilisation des électeurs. Même les milieux économiques s’y mettent, arguant de la liberté religieuse – tiens, les milieux économiques se soucient donc de la liberté religieuse ?  Première nouvelle ! – et surtout de l’image de la Suisses à l’étranger.

Ah ! L’image de la Suisse à l’étranger… Que ne nous bassine-t-on pas avec cette rengaine! L’affaire Polanski, le secret bancaire, les accords bilatéraux, la pantalonnade libyenne, tout est bon pour s’interroger sur l’image de la Suisse à l’étranger, et s’offrir une bonne dose d’autoflagellation.

Cela signale une faiblesse grave de nos gouvernants et de nos médias, qui ont besoin des lunettes de l’étranger pour percevoir ce qu’est la Suisse aujourd’hui. Un pays conscient et fier de son identité, et qui sait où il va, ne met pas la vision qu’en a l‘étranger au premier plan: c’est sa vision propre qui compte, parce qu’elle est ancrée dans un passé, une Histoire, une tradition. La France, la Grande-Bretagne, les États-Unis, s’embarrassent-ils de savoir chaque matin ce que le reste du monde pense d’eux? Bien sûr que non: ils ont leur propre image en tête, et cela seul compte.

Les Suisses qui ne sont ni politiciens ni éditorialistes ni évêques ni pasteurs, c’est-à-dire la grande majorité, partagent la même approche. Ils ont leur idée sur ce qu’est leur pays, et le fait que d’autres nations puisse en avoir une idée différente leur importe peu – beaucoup moins qu’à ces leaders d’opinions sans colonne vertébrale dont nous sommes couverts, et que personne ne suit, ce qui est fâcheux pour un leader d’opinion.

Il faut rendre hommage au libéral vert Jacques-André Haury, qui a osé dire des choses essentielles et courageuses à propos de la votation sur les minarets. En particulier, il est juste d’affirmer que l’islam, en tant que religion minoritaire et implantée récemment en Suisse, ne peut prétendre à se voir traiter d’égal à égal avec les religions historiques. Cela d’autant moins que la Suisse est une terre imprégnée de tradition judéo-chrétienne, labourée par l’histoire du christianisme, et qu’une telle appartenance n’a pas à être discutée ou remise en question sous prétexte de tolérance mal comprise. On imagine mal qu’un pays du Moyen-Orient, terre d’islam, accepte un partage égalitaire avec les religions chrétiennes. Et tout le monde trouverait cela normal.

Un sondage prédit que l’initiative sera rejetée. Peut-être bien mais, avec l’expérience, on ferait bien de se méfier des sondages. On sait que sur des sujets sensibles, et celui-là en est un, les sondés mentent éhontément, par peur de se faire mal voir des sondeurs. Vu la pression ambiante, les gens ont tendance à taire leurs véritables sentiments, qui s’exprimeront plus librement au fond des urnes. Les Suisses, c’est un fait, n’ont pas envie d’entendre le muezzins en alternance avec les cloches de leur quartier ou de leur village. Certes on nous dit qu’il n’y aura pas de muezzin dans les minarets, mais alors à quoi sert un minaret? Il est évident qu’avant longtemps, il y aura des muezzins (ou des haut parleurs) dans les minarets, aussi vrai qu’il y a des cloches dans les clochers. C’est la classique tactique du salami.

On nous dit encore que pour la majorité des musulmans de Suisse, l’existence de minarets n’a aucune importance religieuse. Très bien, mais alors pourquoi se battre si fort contre l’interdiction, si vraiment personne ne veut en construire?

Devant son bulletin de vote, le citoyen suisse ne doit pas se demander ce que l’étranger va penser, ni si telle boîte commerciale va perdre un marché – ce qui reste à voir. Il doit se demander s’il accepterait de voir se dresser un minaret à son horizon de tous les jours, duquel un muezzin appellerait les fidèles à la prière. C’est de cela, et uniquement de cela, qu’il s’agit. Et il n’y a pas de honte à voter selon son cœur.

Note YR :Mon lieu de résidence étant à moins d'une centaine de kilomètres de la frontière et mon épouse ayant la nationalité suisse, je suis particulièrement intéressé à ce qui se trame dans ce pays voisin du nôtre d'où les nombreux messages qui jalonneront les jours suivants concernant la Confédération helvétique.

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vendredi 23 octobre 2009

Entendez-vous, dans nos campagnes, les coassements du politiquement correct ?

Suisse_votationCommentaires.com

Article de Philippe Barraud publié le 19 octobre 2009

A un mois de la votation, la campagne contre l’initiative sur les minarets devient déjà terriblement lourde, chacun s’en servant comme faire-valoir.

Entendez-vous, dans nos campagnes, les coassements du politiquement correct? C’est à qui prendra les poses les plus avantageuses, en maniant l’indignation, l’insulte, et pourquoi pas la censure, tout en couvrant de paroles tendres les musulmans de Suisse. Politiciens, éditorialistes, gens d’église, intellectuels étrangers condescendants, c’est l’habituelle coalition des Justes, la confrérie de ceux qui ont tout compris – sauf, éventuellement, ce peuple encore capable de mettre les pieds dans le plat.

L’interdiction des minarets n’est peut-être pas la bonne réponse, mais elle met en évidence un problème bien réel: le monde entier a un problème avec l’islam, et donc les Suisses aussi. L’islam fait peur, c’est un fait têtu, parce que le modèle de société qu’il sous-tend, et la violence qu’il engendre,  font peur. Sociétés verrouillées sous un obscurantisme accablant, femmes humiliées et rabaissées, activités et menaces terroristes un peu partout dans le monde – et vous voudriez que les gens n’aient pas peur ?

On a probablement raison de nous dire que les Suisses n’ont rien à craindre des musulmans qui vivent en Suisse, qu’ils rejettent dans leur majorité tout ce qui nous révolte et nous effraie dans l’islam. Il n’en reste pas moins une très grande méfiance, qui s’alimente du récit quotidien d’attentats aussi aveugles que meurtriers dans le monde, et d’informations sporadiques révélant, à la stupeur générale bien entendu, des activités dangereuses pour la sécurité de la population. On peut être un ingénieur doué travaillant pour le CERN et l’EPFL, et n’en manigancer pas moins au sein d’une mouvance extrémiste pour fomenter des attentats en Europe, au nom de l’islam. Cela non plus n’est pas rassurant, puisqu’alors l’extrémisme n’est pas que le fait de talibans analphabètes et de jeunes désœuvrés.

Si de nombreux Suisses ont signé l’initiative de l’UDC, et si nombre d’entre eux vont probablement voter en sa faveur, c’est parce que personne ne veut entendre leurs craintes, parce que personne ne veut les prendre au sérieux, car elles touchent à toutes sortes de sujets tabou dans notre société – une société qui devient totalitaire à force de vouloir être consensuelle: la religion, les étrangers, la différence, les valeurs fondamentales. A leurs interrogations légitimes ne répondent que paternalisme et mépris. Analysez les mots des adversaires de l’initiative, leur violence, leur virulence, voyez comment ils sont prêts à bazarder des notions aussi fondamentales que la liberté d’expression pour écraser les sentiments incorrects.

Le rôle des politiciens et des médias serait de se pencher sur ces inquiétudes, voire d’y trouver des solutions. Mais c’est ingrat et difficile. Il est beaucoup plus intéressant de flanquer la trouille au peuple en lui disant que le monde entier va nous détester, que l’image de la Suisse sera à jamais détériorée ou, catastrophe suprême, qu’elle sera traînée devant la Cour européenne des droits de l’Homme… On tremble déjà. C’est évidemment faux, mais nos dirigeants croient toujours que le monde n’a d’yeux que pour nous, suspendu à nos scrutins trimestriels.

En réalité, quoi que votent les Suisses fin novembre, le monde s’en f… éperdument. S’ils devaient accepter l’initiative, cela ne ferait jamais qu’une nouvelle de 20 secondes sur France-Info, de nombreux Français… approuveraient les Suisses, et les envieraient de pouvoir ainsi prendre les décisions qui les concernent ! Le monde, Dieu merci, à mieux à faire que de disserter sur notre politique intérieure et nos problèmes d’ego.

Posté par Redekker à 10:58 - Suisse - Commentaires [0] - Permalien [#]
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